Suite aux propos de Me Aloïse Moudiléno-Massengo recueillis par Me Massengo-Tiassé sur l’ancien ministre des Affaires Etrangères, David-Charles Ganao (photo ci-contre), le fils de ce dernier a tenu à faire le « recadrage » suivant.

MONSIEUR MOUDILENO MASSENGO,

Je suis stupéfait des propos que vous avez tenus à l’égard de Monsieur David Charles Ganao, mon défunt père. Vos propos sont méchants, fabriqués de toutes pièces. Des propos mensongers et haineux. Mon père est mort en juillet 2012, à l’âge de 85 ans, votre âge actuel puisque vous avez célébré votre anniversaire le 11 mars dernier. Mon père Ganao est mort serein, sage. Depuis, il repose en paix en terre tékée, cette terre sacrée et si chère de ses ancêtres. Malheureusement son repos vient d’être perturbé, et je suis indigné.

Monsieur Moudiléno Masséngo, vous ne pouvez pas vous imaginer le mal que vous venez d’infliger à notre famille et à bien d’autres, avec ces mensonges que vous avez étalés sur la Toile. Mais comme nous y sommes, je souhaiterais vous dire deux ou trois choses.

●Vous dites que les prisonniers Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko et leurs camarades ont été assassinés en avril 1973 au Ministère des Affaires Étrangères, dirigé, selon vous, par David Charles Ganao. Faux, mon père se trouvait à cette date, à Ouagadougou, en Haute-Volta (actuel Burkina Faso), comme fonctionnaire international au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Vous auriez, Monsieur Moudiléno, pu tout d’abord vous renseigner au lieu de balancer des contre-vérités. Décidément vous êtes fâché avec l’histoire et les dates.

● Par ailleurs, vous affirmez sans vergogne que la livraison des prisonniers au gouvernement congolais s’est passée en présence des Ministres des Affaires Étrangères des deux pays, à savoir le Zaïre et le Congo. Ma question : qui sont ces Ministres ? Je suis surpris que Monsieur Masséngo Tiassé, un communiquant avéré et pétri d’expérience, ne vous ait pas recadré afin de vous faire éviter de tels dérapages. C’est triste et révoltant.

Monsieur Moudiléno, nous sommes dans un pays fragilisé par des divisions ethniques et politiques. On pourrait comprendre votre acharnement sur le Président Sassou Nguesso puisque vous dites être un ennemi politique, mais ce que je ne saisis pas c’est votre tendance à vous auto-glorifier. Vous proclamez être le seul détenteur de la vérité sur les divers assassinats politiques qui ont émaillé notre pays à différentes époques de son histoire. A la conférence nationale de 1991 que vous évoquez, vous n’aviez pas été convaincant, et vous êtes même apparu décalé et déconnecté.

Pourquoi l’avocat brillant que vous êtes (ou que vous fûtes) déclare sans preuves que le corps du Président Alphonse Massamba-Débat avait été jeté aux animaux du Parc zoologique de Brazzaville ? Si cela est vrai, je souhaite que vous en informiez la famille du défunt Président qui reste sans information sur le décès de leur patriarche. La famille Massamba-Débat ? Une famille digne, fière, responsable, noble selon nos traditions bantoues, (elle) ne mérite pas ça.

Pour ce qui concerne Ganao, vous qui le fréquentiez, à Paris et ailleurs, pourquoi n’avoir pas fait état, avant 2012, de cette situation à celui que vous considériez comme un « grand-frère » ? Ce n’est pas moi qui vais vous apprendre que le respect pour les morts est une « loi » fondamentale dans nos traditions bantoues. Vous avez choisi la formule la plus lâche pour le faire : la délation, la haine.

Vous avez poignardé un mort et toute une famille. Intolérable. Au fond, vous agissez pareil avec tous les morts : l’ex-Premier Ministre André Milongo à qui vous imputez votre cuisant échec pour la candidature au poste de premier ministre de la transition. Vous le traitez d’amateur en politique. Le président Pascal Lissouba (aujourd’hui très fatigué par la maladie) que vous dénigrez systématiquement. S’il vous plaît Maître Moudiléno Masséngo, un peu d’humilité !

Je reviens sur Ange Diawara et ses compagnons. J’espère discuter un jour avec vous sur ces révolutionnaires qui ont marqué leur court temps sur terre et néanmoins séduit de nombreux jeunes Congolais. J’espère que nous deviserons avec respect et honnêteté. En attendant, je me permets de vous faire savoir que mon père a occupé cette fonction de Ministre des Affaires Étrangères au sein du gouvernement de M. Henri Lopes, nommé premier Ministre en juillet 1973, soit quatre mois après ces évènements douloureux ; y aurait-il une erreur sur la personne ?

Voyez-vous, Monsieur Moudiléno, le Congo a besoin de tous ses enfants pour son développement. Mon père David Charles Ganao nous disait souvent : « Il n’y a pas une seule tribu, une seule ethnie, une seule religion, qui soit mieux lotie que l’autre. Pour que le Congo aille de l’avant, il nous faut arrêter de penser en téké, en tsangui, vili, kongo, mbochi… Nous devons penser Nation, Congo. »

Monsieur Moudiléno Masséngo, vos propos divisent. Prêchez l’union et la réconciliation nationales, et on vous écoutera. Je n’ai aucune haine contre vous. Je vous ai toujours respecté. Vous avez sali la mémoire de mon père David Charles Ganao. Ce qui est difficile à accepter. Mais, simplement, je vous prie de laisser mon père reprendre son repos que vous avez osé déranger. La mémoire de mon père n’a pas besoin de cette comédie.

Monsieur Moudiléno, ne volez pas l’histoire de notre pays. Et surtout ne la réécrivez pas en vous basant sur des mensonges et sur vos fantasmes.

Très respectueusement,

César GANAO, Fils aîné de David Charles GANAO