Roland Lévy Nitou et Alain Kimpo savaient que ça pouvait tourner au vinaigre ce lundi 20 janvier 2020. A force de faire des directs où Sassou est traité de tous les noms, ça peut déclencher des effets collatéraux dans une ville où, depuis l’épisode François Hollande sur le changement de la Constitution congolaise, l’autocrate de Mpila est reçu comme un Roi. Entendez : Sassou est ici en France chez lui. Les opposants n’ont pas encore saisi ce paradoxe du pays des « Droits de l’Homme, de la Femme et de l’Enfant ».

Evidemment ça n’a pas tardé. Le duo des Indignés du 242 en était à peu près à la 30ème minute du direct quand, tout à coup, comme un diable surgi de sa boîte, le très zélé Edgar Bokilo, a « chargé ». En deux temps trois mouvement, le portable de Roland Lévy Nitou s’est retrouvé dans la poche de Bokilo Edgar, enfant extra-conjugal de Denis Sassou Nguesso (dit-on). Tel bâtard, tel père.

La colère de Bokilo

Intelligent comme un stratège formé à l’Université Denis Sassou-Nguesso de Kintélé, le fils adultérin Edgar Bokilo s’est ensuite répandu en fanfaronnades (la même soirée) dans un direct. L’enflure ! Bokilo se vante d’avoir donné la râclée à Roland-Lévy Nitou et Alain Kimpo. La raison ? Les Indignés auraient dépassé la ligne rouge qui sépare partisans de la justice d’un côté et voyous du Bristol de l’autre. Edgar Bokilo doit prendre la Place de Paris pour Ngamakosso, quartier Nord de Brazzaville où les Cobras ont l’habitude faire la Loi. Le sauvageon !

Nuit du Pool

Donc Bokilo peut se permettre de mettre ses sales pattes à la Nuit du Pool (territoire de ses ennemis ataviques) sans courir le risque de se faire molester mais ne conçoit pas l’inverse. Par ailleurs on l’a vu sillonner la région du Pool, dansant sur les ruines des villages, camera à la main, après les bombardements de Sassou. On aurait pu le bastonner à Nanterre qu’il ne l’aurait pas volé. Passons.

C’est courageux d’avoir attaqué au Bristol les deux Résistants en compagnie d’un commando invisible. Bokilo est en train de s’aliéner toute la place de Paris. Sa toxicité fut déjà comprise du Combattant Faye Monama. Conséquence : Bokilo le Cobra le plus viral de la place de Paris reçut la gifle la plus magistrale, la plus retentissante jamais encaissée par un sassouiste dans l’histoire de la Résistance depuis André Matsoua Grenard. On comprit tous que cette armoire à glace est un tigre de papier.
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Le périmètre de l’hôtel Bristol où était descendu le dictateur Denis-Sassou était, selon Bokilo, infesté de Cobras dépêchés de Brazzavilles, renforcés de zouaves parisiens ( commando invisible dans le jargon du nervi ). Mais ça, on s’en doutait. Configuré comme un manche à balai Edgar Bokilo, s’est cru obligé de montrer dans son direct quelques éléments du commando disséminés autour du Bristol où Sassou se terre. Pour la justice, c’est très intéressant.

Eléments du dossier

Avis aux enquêteurs et aux avocats à la recherche de pièces à conviction et de flagrants-délits : Bokilo vous les sert sur un plateau d’argent. Pour un dépôt de plainte (suite logique de cette agression en plein Paris, à la barbe des flics) on dispose déjà d’aveux du présumé agresseur. Mieux : grâce à une capture d’écran réalisée par le traqueur de génocidaires Bernard Pongui du Canada, on dispose également d’un flagrant-délit de vol à la sauvette de Bokilo sur la personne de Roland-Lévy Nitou. Le dossier est d’autant plus consistant que cette petite frappe de Bokilo est connue des services de police. Ca s’appelle récidive. Allons seulement.

Une vieille connaissance

Interrogé au téléphone, l’avocat Congolais, Me Philippe Youlou, parle de « citation directe » après dépôt de plainte. Bokilo est une vieille connaissance de l’avocat congolais du Barreau de Nice. Me Youlou le croisa déjà dans une procédure où il était question de coups et blessures. Toujours sur la personne de l’indigné Roland Nitou. Le Cobra opéra à son encontre une attaque au coup de poing américain.

Défendre le territoire de Sassou est une obsession chez Bokilo qui n’hésite jamais de prendre le risque de braver des tabous de la Loi chaque fois que son papa est de passage à Paris. Ce roquet est l’avant-garde de la barbouzerie lorsqu’il s’agit de faire le coup de poing. On peut même dire que ce garçon d’origine Likouba est le Alexandre Benalla de la répression anti-Combattants. Allez savoir s’il n’est pas la tête de file du commando visible à l’Ambassade du Congo à Paris, dépêché par Brazzaville pour tuer les opposants.

Intimidation

Pour Me Philippe Youlou, « Tous les congolais, d’où ils viennent, d’où ils trouvent, doivent se constituer partie civile contre la dictature de Sassou, contre la violence du dictateur Sassou parce que celui-ci ne respecte pas la Loi. Il fait une exportation du non-Droit dans un pays comme la France où il transporte dans ses bagages ses barbouzes pour intimider les démocrates ».

Mais les amis de Sassou ne dorment pas sur leurs lauriers. Un média répondant au nom de Isi-africa.com a immédiatement enfoncé le clou dans l’attaque du Faubourg St-Honoré à un jet de pierre de L’Elysée.
Ce journal en ligne a titré : « Incident paris : Roland Nitou s’attaque au cortège de Sassou Nguesso, la police irritée. »

Un policier est cité : « On aurait pu l’abattre comme un vulgaire délinquant. Il peut remercier le ciel »
En somme, Lévy a failli perdre la vie. Pour un selfie !

Démobilisation

Selon ce journal, les flics français ont confondu la perche du portable de Roland Nitou avec une arme à feu : leur sang n’a fait qu’un tour. Dans une ville de Paris vivant dans la paranoïa des attentats terroristes, Roland Nitou était mal inspiré de se retrouver autour du Bristol. La vie de Lévy a failli basculer. Du coup a surgi la question de la descente sur le terrain en comité restreint (trop restreint). Roland Nitou a rétorqué que c’est moins le comité qui est restreint que le Congolais qui se restreint quand il s’agit d’opérer des actions directes sur le terrain.

Fake News

De toute façon : c’est faux ! Archifaux ! Roland et Alain n’ont jamais croisé le cortège de Sassou. Et puis Paris, ville où la perche d’un selfie est un objet courant chez les touristes la confusion policière avec un fusil d’assaut semble aberrante.

Puis le même journal de souligner l’embarras du Quai d’Orsay où l’agitation parisienne des opposants congolais fait envisager des expulsions dans leur pays d’origine.

Curieux. Quand on sait que les politiques françaises, en l’occurrence Jean-Yves Le Drian, n’arrivent pas à faire fléchir Sassou, c’est ce dernier qui devrait plutôt être persona non grata en Hexagone. Lui et non ceux qui s’opposent à lui. Voilà une conception des Droits de l’Homme où le tyran est choyé, le résistant fustigé. C’est ça peut-être la fameuse exception culturelle française ; une consécration du paradoxe qu’on ne verra jamais en Angleterre, une démocratie où Augusto Pinochet regretta d’avoir mis pied pour se soigner après avoir semé terreur et désolation au Chili post-Alliende.

C’est le monde à l’envers. Edgar Bokilo a donc raison de ricaner dans son dernier direct. Le bougre sait que l’impunité en France couvre ses bavures.

Simon Mavoula

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