A qui pourrait-on faire croire, en ces temps de haute tension, que ce qui se manigance au Congo échappe à l’intelligence de Sassou ? (NDLR)

Le Prédisent Sassou- Nguesso ainsi que son 1er ministre Clément Mouamba sont- ils au courant de ce qui se trame au ministère de l’Économie du ministre d’État Gilbert Ondongo qui pilote la privatisation de la Société Nationale d’électricité ( SNE) Société Nationale de Distribution d’Eau ( SN) En effet, sans avoir présenté les repreneurs ou garanti le financement, on veut dans une sorte de nébuleuse procéder aux nominations dans les sociétés dont on ne connait ni les contours ni les tenants ni les aboutissants.

Tout le monde sait que le Congo est en attente d’entrer en programme avec le FMI. A ce jour les congolais qui vivent de plein fouet les effets de la crise devenant de plus en plus dure à supporter dans les ménages, s’interrogent : où en est -on ? On sait aussi que les exigences du FMI préalables à une entrée en programme sont loin d’avoir été remplis par le Congo, notamment la restructuration de la dette, la bonne gouvernance, les reformes. Dans le cadre de ces reformes devrait intervenir la privatisation de la SNE, SNDE, les deux fleurons désormais défunts.

Ce qui est curieux, jusqu’à présent, personne ne peut identifier les grands groupes internationaux qui sont censés les reprendre. Il n’en existe pas, en tout cas, jusque-là. Pourtant la création des nouvelles sociétés a déjà été entérinée par le gouvernement. Des dés truqués sont-ils déjà jetés, le sort est donc tronqué ? Selon certaines indiscrétions au ministère de l’Économie qui pilote ce dossier, concernant la SNE, le nouveau DG et le PCA ont déjà été choisi. Et ils sont loin d’être des inconnus ou des cadres intègres. On parle d’Eugène Ondzambé et de l’actuel directeur général Kanoa.

Le premier ministre est- il saisi de cette démarche où l’on voudrait mettre tout le monde y compris le président devant le fait accompli ? Si tel est le cas, en quoi aurait consisté cette dissolution ? Et à quoi sert-elle si tel est le cas ? En tout cas, ça va se savoir. Comme toujours, les mêmes qui ont mis ce pays par terre voudraient se saisir de cette opportunité pour s’en mettre plein les poches en ces temps d’austérité, et ce toujours au détriment des intérêts des agents et du pays.

A cette allure, le pays va au-devant des graves problèmes. Les privatisations des deux derniers bijoux de la République se passent de la même manière que ceux des aéroports du Congo, de Sopeco et Sotelco, Ilogs et MAB.

En réalité, s’ agit-il de privatisation ou de simple changement de forme juridique ? On ne voit ni acquéreur, ni financement. Alors sur quelle base le ministère de l’économie semble-t-il entamer les nominations ? Procéder de la sorte, c’est suicider le pays. Toutes ces fausses privatisations, pour ne pas payer les gens par la suite, c’est créer le lit des contestations et des révoltes futures. Aerco, Sotelco, Servair, OCI, les ports, Ilogs, en sont une illustration. Aujourd’hui la SNE et la SNDE sont mises dans ce champ d’incertitude.

Où va le pays ?

Joseph MASSAMBA