Après la publication du message de Ntumi : Sassou Nguesso, Ntumi et les fils du Pool dans l’histoire du chasseur, du buffle blessé et de l’épine.

Suite à la levée du mandat d’arrêt qui était émis contre lui et deux de ses proches collaborateurs, par la justice, l’ancien chef rebelle, Frédéric Binsamou alias Ntumi, a publié, le jeudi 31 juillet 2018, un message dans lequel il remercie, entre autres, le gouvernement de la République pour la diligence dans les engagements pris et félicite, par ailleurs, la jeunesse, on ne sait pas laquelle, pour sa maturité. Patati patata.

« Est-ce que étali biso ? Etabli biso té !  » lui rétorquent les Congolais qui ne veulent plus se mêler d’une affaire plus ténébreuse que jamais.

Quant à nous, nous avons bien voulu être indifférent à ce message parce que nous ne voulons pas vomir nos boyaux à cause de la crasse qu’il contient. Mais, nous nous sentons interpellé par ce message, lorsque Ntumi, avec les accents d’un Président de la République, commence par la formule : « chers compatriotes, chers frères et sœurs, mesdames, messieurs. » Trop c’est trop.

Faisant partie de ce peuple congolais à qui Ntumi a adressé son message, nous avons décidé de réagir. Mais, avant tout, nous lui disons que et la levée du mandat d’arrêt qui était émis contre lui et son message publié récemment, «  on s’en contrebalance ». En clair, les Congolais ne veulent plus se mêler de ses affaires. Il n’a qu’à remercier son Alter Ego Denis Sassou Nguesso solidaire dans le massacre les populations du Pool.

Le message du général Norbert Dabira sonne encore dans nos oreilles : « les armes qu’il utilise dans les guerres récurrentes du Pool, lui sont données par Sassou Nguesso via le général Ngatse Nianga Mbouala. » Puisque Ntumi était dans la brousse, nous imaginons qu’il n’a pas suivi le procès et n’a pas eu cette information.

Ntumi, indigne d’être appelé tata c’est- à -dire père

Nous ne vous appellerons pas « Tata Ntumi » parce que depuis notre naissance, notre mère, Ma Oumba, ne nous a montré qu’un seul père. Il s’appelle Ange Zanzala. Il est originaire de Malela Bombe à Vindza. Ancien moniteur, il a travaillé dans beaucoup de villages dans le Pool. Comme un sac à dos dans l’armée, il a commencé par être instituteur avant de monter au collège d’enseignement général, après son baccalauréat , et continuer sa carrière au lycée où il a dispensé les cours d’histoire et de géographie, après avoir obtenu sa licence es histoire. Il a fini sa carrière en Angola, notamment à Luanda où il a formé les enseignants du collège et du lycée. Malheureusement, il est décédé en août 2006. Nous sommes fier de lui. Quant à ses péchés sur la terre, c’est une affaire de Dieu !

Non, vous n’êtes pas digne d’être appelé Tata. Un Tata ne livre pas ses enfants à l’ennemi. Or vous, vous avez transgressé cette loi sacrée. Vous avez livré et tué.

Nous ne vous appellerons pas non plus « Président. » Tout simplement parce que nous ne sommes pas dans votre formation politique. D’ailleurs, votre parti a été, parait-il, dissout. Peut-être va-t-il ressusciter puisque vous faites partie du pouvoir !

Nous ne vous appellerons pas « Pasteur », parce qu’un pasteur respecte la vie humaine. L’homme est créé à l’image de Dieu. On ne peut donc pas se permettre de donner gratuitement la mort à quelqu’un sans être barbare. La guerre du Pool dans laquelle vous jouez un grand rôle est loin d’être une guerre sainte ou une guerre de libération. Pour que nous, fils du Pool, nous vous pardonnons les crimes commis et dont vous êtes coauteurs il faudra montrer la seule bataille remportée contre Sassou après ces années de guerre. La justice, la vraie, statuera sur votre cas. Même après des années ! Parce qu’il faudra que la lumière soit faite sur toutes les guerres du Pool.

Les armes de Ntumi viennent des casernes

Sans autres commentaires, nous vous rapportons ce que le général Norbert Dabira a dit : vos armes viennent des casernes de Brazzaville. Elles vous sont remises par l’entremise du général Ngatse Nianga Mbouala.

Il y a beaucoup à dire là dessus. Mais, nous nous arrêtons là. « Ta sa kua mpiri, ka mboma ko !  » Ne faisons pas long ! Vous sortez de la forêt. Vous avez besoin de vous installer et de refaire votre santé. Nous savons que vous allez être dédommagé pour les missions accomplies dans le Pool. D’ailleurs, nous supposons que votre conseiller spécial et représentant dans vos affaires avec le gouvernement, Gustave Ntondo, vous a déjà fait le point.

L’histoire de Ngouala-le-chasseur, le buffle blessé et mussussumbi-l’-épine

Voici l’histoire de Ngouala-le-chasseur, le buffle blessé et mussussumbi-l’-épine, en guise de parabole pour expliquer aux Congolais, notamment aux fils du Pool la collusion entre Sassou Nguesso et Ntumi dans la guerre dans le Pool avec la complicité de plusieurs filles et fils de cet département : Isidore Mvouba, Claude Alphonse Nsilou, Guy Brice Parfait Kolelas, Ello Matsoni Mampouya, Bernard Tchibambelela, Yvonne Adelaïde Mougani, général Konta… Ces complices se sentent paradoxalement offensés par la levée du mandat d’arrêt émis contre Ntumi et deux de ses proches, par le gouvernement. Ca leur ôte du pain dans la bouche. Car, pour l’heure, notre grand ennemi, ce n’est pas Ntumi mais Denis Sassou Nguesso. On ne suit pas plusieurs lièvres à la fois N’ouvrons pas plusieurs fronts. Au risque de perdre le combat partout.

L’épine au pied

Tenez ! Un jour, Ngouala-le-chasseur décida d’aller à la chasse. Il avait l’habitude d’aller seul dans la forêt. Cette fois-ci, il décida d’aller chasser les buffles. Il traversa vallées, montagnes, forêts, savanes et rivières avant d’arriver dans une grande clairière appelée kinzoua-kia-ba mpakassa ( le refuge des buffles.)

Effectivement, dans cette clairière viennent paitre toutes les espèces d’animaux sauvages qui broutent l’herbe. Ngouala vit, au loin, une horde de buffles. Il chargea son fusil, visa et tira.

Malheureusement, ces grands mammifères qui sont proches des bœufs esquivèrent la balle. Néanmoins, un buffle fut légèrement blessé. Mais, Ngouala n’eut pas le temps de recharger son fusil et tirer un deuxième coup. Le buffle l’avait repéré et venait à sa rencontre pour le mettre hors d’état de nuire.

Cependant, dans sa fuite, non seulement Ngouala fit tomber son fusil et sa musette en peau de biche dans laquelle il avait mis toutes les cartouches ; mais aussi ils marcha sur mussussumbi-l- épine.

En tout cas, le piquant qui avait les dimension d’une pointe de fer, avait bien pénétré dans son talon. Ngouala saignait et courrait difficilement pour chercher un abri.
Mais comme le grand danger venait du buffle qui voulait le tuer, Ngouala continua sa course en tirant son pied et supportant les douleurs que lui provoquait l’épine dans son talon. Ce n’est qu’au moment où il trouva un abri, une grotte dans laquelle le buffle ne pouvait pas pénétrer qu’il s’assit et prit son temps pour extirper l’épine qu’il trainait dans son talon.

Explications

A travers cette histoire, le chasseur c’est le fils du Pool. Vous nous direz sans doute que les fils du Pool n’ont pas tiré sur Sassou Nguesso. Vous avez raison ! Pourtant, Sassou Nguesso vit son échec aux élections présidentielles anticipées du 20 mars 2016, à l’issue desquelles il n’avait qu’obtenu 8% des suffrages exprimés comme ce buffle qui est blessé par une balle. Son cœur saigne par l’effet de la colère. Pourtant, les élections avaient eu dans tout le pays, pas seulement au Pool où on ne vota pas. Mais, sa haine viscérale envers les Bakongo, notamment les lari, le pousse à vouloir les massacrer et les faire tous disparaitre de cette terre. Sassou Nguesso, c’est donc le buffle blessé qui pourchasse les enfants du Pool.

Mussussumbi-l’-épine, c’est Frédéric Binsamou alias Ntumi qui s’est intercalé et qui, lui aussi, saigne le Pool. Certes, le mal qu’il fait n’est pas moindre pour le laisser continuer dans sa complicité avec le pouvoir de Brazzaville. Mais, pour le moment, nous pouvons le mettre entre parenthèse, le temps de nous mettre à l’abri de la furie de Sassou Nguesso.

Lorsque nous serons à l’abri du buffle, Sassou Nguesso, c’est à ce moment là que nous aurons le temps d’extirper de notre talon mussussumbi-l-épine. Parce qu’on ne suit pas deux lapins à la fois.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain