A intervalle régulier, la thématique de la dette du Congo-Brazzaville revient avec fracas sur le devant de la scène médiatique. « Il n’y a rien de caché qui ne se sache » dit La Bible. La révélation le 1er août 2017 par Florence Morice de Radio France Internationale (RFI) de la dette cachée du Congo-Brazzaville a produit l’effet d’une bombe dans les milieux financiers et a mis Sassou en disgrâce. Le Congo-Brazzaville du khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, est un « Etat voyou » dixit Jean Claude Beri qui joue au jeu du « chat et de la souris avec la communauté financière internationale. » Notamment avec le Fonds Monétaire International (FMI).

Balayant d’un revers de la main les mises en garde et foulant aux pieds les engagements pris vis-à-vis de la communauté financière internationale, le Congo-Brazzaville, avec la complicité, la complaisance et la bienveillance de quelques fonctionnaires internationaux véreux, s’est accordé de grandes libertés en matière financière en usant des pratiques prohibées avec la Chine, Les traders Glencore et Trafigura. Trafigura est une entreprise de courtage pétrolier et d’affrètement maritime spécialisée dans le transport des matières premières. Elle est dans ce secteur l’un des grands groupes mondiaux avec Glencore, Vitol et Cargill. Chose curieuse, le Congo-Brazzaville a contracté des crédits auprès des traders Trafigura et Glencore, chargés par Brazzaville de vendre l’or noir pompé au large de Pointe-Noire au Kouilou sur le marché international. On perd son lingala. De quoi s’arracher les cheveux ! 
 
Pour renflouer ses caisses, le Congo-Brazzaville s’est tourné davantage vers la Chine, nouvelle alliée pourvoyeuse de sinodollars sans conditionnalités. Pour
financer les infrastructures du Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso, Jean Jacques Bouya et Gilbert Ondongo ont eu recours systématiquement aux crédits extérieurs.
C’est un reflexe pavlovien. Toutes ces manigances visaient à entretenir la mafia de la dette fort juteuse. Or le pays de Mao ne boxe pas sur le ring de l’humanitaire. Ni sur celui de la philanthropie. C’est là son moindre défaut. Il fait des affaires. Il n’y a que Sassou Nguesso, Jean Jacques Bouya et Gilbert Ondongo pour l’ignorer. On perd son mandarin devant tant de naïveté mêlée à la cupidité.

Les crédits accordés par le dragon asiatique sont remboursables en titres miniers et pétroliers. En d’autres termes, c’est la dette gagée. Un mécanisme économique pourtant proscrit par la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international en raison de son opacité. Le dérapage de la dette du Congo-Brazzaville découle en grande partie de l’usage sans contrôle de ce mécanisme. En effet, le pays du Yang Tsé qui souhaite garantir ses approvisionnements en matières premières et en énergie déborde en interventions dans les pays producteurs, notamment en Afrique, faisant ainsi abattre une pluie de sinodollars à la grande satisfaction des monarques africains (Le Monde 16 Octobre 2007). Ils tiennent les mises en garde du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour une manifestation de mauvaise humeur des Occidentaux, dont les monopoles miniers et pétroliers sont enfin battus en brèche. Confucius disait qu’un voleur peut foncer sur l’or au milieu des cobras. Sassou est au pied de la muraille de...Chine.

Le désendettement est aujourd’hui la condition première de la croissance, dont le potentiel diminue fortement lorsque la dette dépasse 90 % du PIB, mais aussi de la capacité d’action politique et de l’indépendance économique.
 
Les documents financiers concernant la dette présentés en mars 2017 dans le cadre des négociations amorcées par les autorités en charge de la politique économiques du Congo-Brazzaville aux institutions de Bretton Woods faisaient état d’une dette estimée à 77%. Elle est en réalité de près de 120% du PIB.

Sassou Nguesso, Jean Jacques Bouya et Gilbert Ondongo sont désormais au pied du mur. Non seulement au pied du mur, mais en plus en train de se lamenter après avoir été pris en flagrant délit de mensonge. Ce sont en effet des menteurs patentés qui pensaient mener le monde de la finance en bateau. Tels les petits enfants, ils ont été pris la main dans le pot de confiture. Ils sont coupables de faux et usage de faux. Le Fonds Monétaire International a donc confirmé, samedi 5 août 2017, les informations révélées le 1er août 2017 par RFI : Brazzaville a caché une grosse partie de sa dette.

Estimée en mars dernier à 77% du PIB, la dette atteint en fait 120%. Ce ne sera pas sans conséquences sur les négociations en cours avec le FMI sur la mise en place d’un programme d’ajustement budgétaire dont les autorités congolaises se seraient bien passées. Dos au mur, on verra comment Sassou va s’en sortir. Adosser au mur des lamentations, pourra-t-il passer outre les injonctions de l’Opposition qui veut qu’il libère tous ses adversaires qu’il a enfermés entre quatre murs ?

Le Congo a bien tenté ces derniers mois de trouver des fonds ici et là pour apurer sa dette et échapper ainsi aux fourches caudines du FMI. Mais ces efforts sont restés vains. Et les dernières révélations sur l’état de ses comptes ont achevé de le discréditer auprès de ses bailleurs (RFI , 7 août 2017). La libération de l’opposant Modeste Boukadia serait-elle une stratégie du « Bâtisseur infatigable » de redorer son blason aux yeux de l’opinion ?

La dette

    Qui s’endette, peut s’enrichir croit-on savoir. Confrontée à la réalité du Congo-Brazzaville, cette maxime tombe en désuétude.    Qu’est ce que la dette sinon la somme des déficits budgétaires sur plusieurs années. L’Etat s’engage dans des dépenses publiques que ses propres ressources ne lui permettent pas de financer et contracte des dettes pour lui faire face. Au fur et à mesure que l’Etat accumule des déficits budgétaires, il empile des dettes. A cela s’ajoutent les effets dévastateurs et redoutables des intérêts cumulés. Trois mille milliards de Francs CFA, c’est le montant qu’avait atteint la dette totale congolaise, soit 300% du PIB. C’est énorme ! Il se murmure qu’après Modeste Boukadia, Paulin Makaya, prisonnier politique, pourrait également être élargi. Or pour apaiser la colère des Congolais choqués par celle folie financière, Sassou a intérêt à marquer un grand coup, par exemple libérer le général Mokoko. Seulement voilà, il se chuchote que le général n’entend pas sortir des murs de la Maison d’arrêt de Brazzaville. En tout cas pas de cette façon-là. C’est-à-dire comme monnaie d’échange afin de conserver son pouvoir « chèrement acquis » (pour reprendre la menace de Jean-François Ndenguet à l’endroit du syndicaliste étudiant, Mambéké)

Corruption

Le PIB est un indicateur économique permettant de mesurer la production de richesse d’un pays. Il correspond à la somme des valeurs ajoutée c’est-à-dire à la valeur de la production de bien et services par les agents économique à l’intérieur du pays quelles que soient leurs nationalités. Ce ratio avait été ramené à 20 % du PIB après l’effacement d’une partie de la dette juste après l’éligibilité au statut PPTE en octobre 2010. Comment expliquer que la dette soit estimée à 120 % du PIB en 2017 alors que le Congo-Brazzaville, pendant une dizaine d’années, a dégagé des budgets excédentaires ? Où sont donc passés ces excédants budgétaires ?  Le Congo-Brazzaville a enregistré d’importants excédents budgétaires entre 2003 et 2014. Pourquoi n’a-t-on pas financé les infrastructures de la municipalisation accélérée sur fonds propres ? Comment expliquer l’existence d’une dette intérieure ? En définitive, le partenariat privilégié (encore appelé partenariat stratégique global) de la Chine avec le Congo-Brazzaville n’est-il qu’un cache-sexe de la corruption ? 

Sassoufi

Mao Zedong a écrit : « Là où le balaie ne passe pas, la poussière ne s’en va pas d’elle -même » Avec Denis Sassou Nguesso aux manettes et le Fonds Monétaire International (FMI) qui n’y voit que du feu (Cf. Rigobert Ossebi in Congo-liberty.com, 10 août 2017), les plans de rééchelonnement de la dette du Congo-Brazzaville par le Club de Paris et le Club de Londres se succèderont et se ressembleront, sans effet positif. L’économie du Congo-Brazzaville qui s’est construite sur la rente pétrolière menace aujourd’hui de se défaire par la dette gagée sur le pétrole. L’endettement est un mécanisme économique incontournable. Son efficacité dépend de l’usage qu’on en fait. Ce n’est pas la dette du Congo-Brazzaville qu’il faut restructurer, c’est Denis Sassou Nguesso qu’il convient de chasser du trône. 

Et si grâce à ses législatives bidon du 16 juillet 2017 le Khalife voulait placer son fils Kiki à sa place, là aussi il a fait banqueroute.

 Benjamin BILOMBOT BITADYS