Le personnel politique du Congo-Brazzaville est réputé dans l’usage de la langue de bois. L’ancien trublion de l’UPADS, le parti des «  Trois palmiers  » du Professeur Pascal Lissouba et actuel patron de « La Chaîne  » est sorti du bois en assénant quelques vérités à l’homme d’Edou-Penda, habitué à prendre les populations du Congo-Brazzaville pour des gogos.

Joseph Kignoumbi kia Mboungou a tourné en dérision le khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, le 22 septembre 2018 . Une fois n’est pas coutume. Le contre-pied du membre du bureau de l’Assemblée a surpris plus d’un observateur. On dirait qu’il aurait mangé du lion. Joseph Kinioumbi Kia Mboungou émarge-t-il toujours à la majorité présidentielle ? La Chaîne, son parti politique, va-t-elle rejoindre l’opposition, aile Claudine Munari Mabondzo, Charles Zacharie Bowao et Clément Miérassa ?

Indignons-nous

Les populations du Congo-Brazzaville frétillent de voir leurs conditions de vie s’améliorer. En vain. Il ne se passe pas de semaine sans qu’éclatent de scandales financiers impliquant Christel Sassou Nguesso, Jean-Jacques Bouya, Gilbert Ondongo, Jean Bruno Richard Itoua et autres membres du clan. Les révélations des « Indignés 242 » de Roland Lévy Nitou, Alain Kimpo, Elie Moussompa, Judichaël Bikouta, et José- Gabriel Andzion sur les acquisitions immobilières avec l’argent des populations du Congo-Brazzaville foisonnent sur la toile. Les derniers feux d’arme des «  Indignés 242  » ont été orchestrés sur la Côte d’Azur (Cf vidéo sur youtube et sur facebook https://www.youtube.com/watch?v=JjVxxyEvP6U : Les indignés 242 chez Sassou à Nice et à Monaco).

« Pendant ce temps, les retraités sont à 15 mois sans pensions, les étudiants n’ont plus de bourses depuis deux ans, voire plus, le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU), l’hôpital de Loandjili, l’hôpital Adolphe Cissé, l’Université Marien Ngouabi, l’assemblée nationale, le Sénat, la Présidence de la République, les Conseils municipaux et départementaux, toutes les autres institutions sont à neuf ou deux ans d’arriérés d’indemnité ou de salaire » s’est indigné Joseph Kignoumbi kia Mboungou très en verbe, lors d’une conférence de presse. Qui dira mieux ?

Contrairement à ce qu’affirme Denis Sassou Nguesso, le Congo-Brazzaville qui ne parvient pas jusque-là à conclure un accord avec le FMI est en banqueroute. Le dictionnaire Larousse définit la banqueroute comme un délit commis par un commerçant qui, à la suite d’agissements irréguliers ou frauduleux, est en état de cessation de paiement.

Colère sans raison

Le réquisitoire implacable de Joseph Kignoumbi Kia Mboungou qui envoie Sassou Nguesso dans les cordes est-il sincère ? Joseph Kignoumbi Kia Mboungou tire à boulets rouges sur Sassou et son gouvernement, sur l’opposition «  radicale » et sur l’opposition « officielle » incarnée par Pascal Tsaty Mabiala et Guy Brice Parfait Kolelas en équilibre entre liberté de paroles et loyauté à l’endroit de Sassou Nguesso.

La distribution des taloches à la classe politique du Congo-Brazzaville participe-t-elle à la volonté de Kignoumbi Kia Mboungou d’apparaître comme le premier opposant à Denis Sassou Nguesso ? Est-ce une simple posture ? On craint que oui. Le parcours du patron de «  La chaîne » incite à la méfiance et à la prudence. La chaîne peut en effet empêcher la véritable opposition de se déchaîner.

Benjamin BILOMBOT BITADYS