Dans un article publié le 26 novembre dernier, le journal en ligne Congo-liberty signale une alerte qui est parvenue sur sa table de rédaction et qui fait état du rachat de toute la dette congolaise.

« Sur invitation d’une société chinoise, dont le nom n’a pas été communiqué, une délégation congolaise devait se rendre en Chine, ce samedi 25 novembre, en vue de négocier avec son partenaire, l’achat de toute la dette congolaise. Officieusement, cette délégation procédera par le rapatriement des capitaux congolais auprès des banques chinoises via cette société écran.  » lit-on dans cette dépêche que le journal a publiée tout au début de cet article écrit par Rigobert Ossebi.

Pour voir clair, nous sommes allés dans les couloirs du pouvoir de Brazzaville où des sources anonymes confirment l’info. Même si nombre d’entre elles parlent d’hypothèses, toutes révèlent, par ailleurs, les raisons qui auraient poussé Sassou Nguesso à prendre cette décision, c’est-à-dire jouer au pompier pyromane.

Le pouvoir de Brazzaville fragilisé après les négociations avec le Fmi

Le pouvoir de Brazzaville s’est beaucoup fragilisé, et le clan divisé après les négociations que le gouvernement a entreprises avec le Fmi.
En effet, la mission du Fmi a, entre autres indiscrétions, révélé que trois institutions du pays à savoir le ministère de l’Economie et des Finances, la Délégation des Grands Travaux et la Société des pétroles du Congo (Snpc) jouissent, chacune, d’une autonomie de gestion qui leur permet d’engager le pays et de contracter des dettes auprès des institutions nationales et internationales.

Pour simplifier notre langage, nous disons tout simplement que les ministres Gilbert Ondongo et Jean Jacques Bouya ont, chacun, la signature et le droit de contracter des dettes auprès des institutions financières nationales et internationales, au nom du Congo.

Christel Denis Sassou Nguesso alias « Mwana Ndeya » ou encore « Deux bâbords » puisqu’il a deux épouses, même si, soit dit en passant, le mariage avec sa seconde femme qui devait avoir lieu de l’autre coté du Fleuve Congo, le mois passé, et dont le budget serait estimé à 2.500.000 euros (presque 1.637.000.000 cfa) pour 1000 invités, avait été annulé. Le fiston a lui aussi le droit de contracter des dettes à l’intérieur et à l’extérieur du pays, au nom du Congo.

Partant de cette forme de gouvernance qui est une grande première dans le monde entier, et qui a donné du fil à retordre au Fmi pour constituer les vrais chiffres de la dette publique du Congo et le pourcentage de son Pib, on ne se trompe pas en disant que le Congo est un monstre à trois têtes.

Pourtant, la bête noire serait déjà trouvée. Il s’agit du ministre Gilbert Ondongo, ancien patron des Finances du Congo dont le domicile à Owando serait perquisitionné par la garde républicaine à la recherche de l’argent pour payer les prochains salaires.

Cependant, au lieu de collaborer et de parler d’une seule voix au cours des négociations que le gouvernement avait avec le Fmi, la monstrueuse structure a non seulement joué une partition qui était très mauvaise et pleine de fausses notes et de cacophonies, en voulant cacher les vrais chiffres ; la bête a aussi joué au petit accusé devant les experts du Fmi comme devant un tribunal de grande instance.

Comme dans le principe de « chacun pour soi, Allah reconnaîtra les siens », chaque membre du trio infernal a cherché à ne défendre que les chiffres qu’il a fournis. Rusé comme renard ou comme larrons en foire, on se doute que chacun en avait aussi cachés d’autres.

Selon une opinion proche du pouvoir, la rancœur enregistrée entre les gestionnaires de ces trois institutions a gagné les autres membres du clan. Elle continue à fragiliser le pouvoir et à diviser le clan en plusieurs sous-groupes. L’unité autour de Sassou Nguesso aurait donc volé en éclats. C’est ainsi que, par exemple, le ministre des sports, Hugues Ngouelondele, aurait accusé le ministre des Grands Travaux, Jean Jacques Bouya, devant le Sénat, sur la mauvaise gestion du complexe sportif de Kintele. Dans un superbe conflit d’intérêts, c’est la société de l’insatiable cousin Jean-Jacques Bouya qui avait en effet gagné ce marché.

Le temps semble être suspendu chez les Sassou Nguesso

En attendant la décision du Fmi, le temps semble être suspendu chez les Sassou Nguesso où beaucoup d’incertitudes planent.
Mais ce qui les panique plus, c’est le dialogue national sous l’égide de la communauté internationale et la mise sous tutelle du gouvernement de la Snpc que réclament tous les Congolais et que le Fmi pourrait prendre en compte et imposer au gouvernement.

C’est donc pour contourner tous ces préalables et sauver leur pouvoir que les Sassou Nguesso ( nous disons bien les Sassou Nguesso), donc le père et les fils, (pas tous les membres du clan), auraient décidé de vite dépêcher des missions dans le Pool pour sortir les Ninjas de la forêt afin de pacifier ce département, et en Chine, pour racheter toute la dette du Congo à travers des institutions financières et des banques chinoises. On voit clair dans leur jeu car en réalité, c’est un rapatriement de fonds que les Sassou Nguesso voudraient faire.

Le rachat de toute la dette publique du Congo et le statut de « Fonds vautour  » que les Sassou Nguesso voudraient se donner n’est que l’arbre qui cache la forêt, un subterfuge à travers lequel ils pourront avoir beaucoup de profits, puisque c’est à eux que toute cette dette sera remboursée avec des intérêts colossaux.

Il va sans dire que l’arbre cache le projet du clan de s’éterniser au pouvoir ou de faire du Congo un royaume où les fils et les petits-fils vont se succéder au trône pour garantir cet investissement.

Sassou Nguesso, le maestro du clan et du pays à partir de 2018

En puisant dans leurs « propres comptes  » pour racheter toutes les créances du Congo, les Sassou Nguesso ont pris un grand risque.
En effet, au cas où ils perdraient le pouvoir, ils perdront aussi tout les fonds rapatriés et une bonne partie de leur fortune.
Les Sassou tiennent non seulement à donner à leur parrain Sassou la possibilité d’ être crédible devant les créanciers du Congo, afin de contracter d’autres dettes et renflouer les caisses de l’Etat mais aussi à faire du patriarche le maestro du clan et du Congo. Ca s’appelle faire d’une pierre deux coups. C’est-à-dire un coup foireux, digne de la foire aux escrocs.

Pour des raisons de stratégie politique qu’on imagine aisément, le clan veut mettre le père-fondateur au dessus de la mêlée constituée d’une kyrielle de milliardaires tous redevables au parrain, le Don Corleone d’Oyo.

D’ailleurs, le combat aurait déjà commencé. Et, la première victime semble être le ministre Jean Jacques Bouya qui, parfois, sort des rangs. D’autres têtes vont sans doute tomber.
Par ailleurs, pour museler l’opposition, ils entretiennent la psychose de la guerre, développent des intimidations comme l’arrestation d’un avocat, comme l’agression des journalistes dans la salle Louis Badila au siège de La Semaine Africaine à l’occasion d’une conférence de presse. Comme encore l’achat de véhicules de répressions d’émeutes urbaines. A partir de janvier 2018, ils vont passer la vitesse supérieure en accroissant la violence dans tout le pays pour estomper des velléités de révolte et ainsi préparer la succession de Sassou par lui-même.

Le clan et le Pct devenus des champs de maïs

En effet, à cause des milliards amassés, certains membres de ces deux institutions sont devenus très audacieux et ont créé des petits groupes d’agitation qui se font la guerre au sein du clan et au sein du parti (le Parti congolais du travail). Ces agitateurs bloquent parfois les initiatives de Denis Sassou Nguesso. Chacun voulant faire sa démonstration de force, le clan et le Pct sont devenus des champs de maïs où tout le monde est barbu.

Selon une rumeur pas totalement fausse, étant donné le conflit larvé entre Jean-Dominique Okemba et le général Nianga-Mbouala, même au sein de l’armée, il y aurait des officiers ou des subalternes qui ne veulent plus se soumettre aux ordres de la hiérarchie militaire. C’est ce qui justifierait le climat d’insécurité qui existe encore dans le pays. Car, on ne sait pas qui fait quoi et qui est sous les ordres de qui ?

Le flou artistique est total. Par exemple, certains dignitaires du pouvoir ne savent pas en réalité quelle est l’institution qui a mobilisé les négociateurs dans la crise du Pool ? Quel est leur cahier de charges pour que le budget alloué soit de plus de 700 millions de Francs Cfa, par axe ?

Selon nos sources, les premiers Ninjas, dans l’axe de Mbanza Ndounga que supervisent Joachim Mbanza et le ministre Claude Alphonse Silou, seront censés sortir ce mardi 5 décembre 2017. Qui croire ? Selon des rumeurs il s’agirait d’un montage et les miliciens repentis seraient des vrais-faux ninjas. Chat échaudé craignant l’eau froide, les vrais ninjas se seraient rétractés et hésiteraient de sortir puis remettre leurs armes après l’assassinat du Ninja Mikissi que le gouvernement présente comme étant leur deuxième chef après Ntoumi. En plus, il y a l’épouvantail des terroristes qui casse le moral des troupes chez les Nsiloulou (Une simple jalousie ?)

Mais, certains redoutent aussi que l’on revive la triste histoire du général Casimir Bouissa Matoko qui avait trouvé la mort après son long séjour auprès de Frédéric Binsamou alias Ntoumi alors qu’il était négociateur pour ramener la paix dans le pays, après la guerre déclenchée le 5 juin 1997 par Denis Sassou Nguesso.

En effet des négociateurs comme Joachim Mbanza seraient déjà accusés par Gustave Ntondo, proche collaborateur de Ntumi, de l’avoir jeté dans la gueule du loup. D’après Ntondo, Joachim Mbanza, alors directeur du journal La Semaine Africaine, n’est plus ou moins qu’une taupe. Mais Mbanza n’est pas le seul infiltré puisque Landry Kolelas n’est pas bien vu par les poulains de Ntumi. Il y a un troisième larron, Isidore Mvouba président de l’Assemblée, négociateur sur l’axe Mayama avec tout ce que cela comporte comme traîtrise pécétiste.

Total, en rachetant toutes les créances du Congo avec « son argent », Sassou Nguesso veut remettre tout le monde dans les rangs et sous ses ordres. « Tosa obika » c’est-à-dire pour survivre il faut flatter. Tu sors des rangs, on t’expose devant les juridictions nationales ou internationales et on te dépouille de tous tes biens.
Pour tout le monde ce n’est ni le clan, ni l’armée ou le parti qui aura sauvé le pouvoir. Mais lui, lui seul, Sassou Nguesso, avec son argent.

Abouoo, piaa !

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain