Samedi 23 juin dernier (2018), quelques partis de l’opposition « présidentielle » ont signé, au Palais des Congrès, à Brazzaville, un mémorandum dit de l’opposition congolaise. Il s’agit d’une opposition qui reconnait le référendum d’octobre 2015 et les résultats du holdup électoral du 20 mars 2016, à l’issue duquel Denis Sassou Nguesso s’est autoproclamé président de la république du Congo.

Jusque-là tout est normal, puisque la vie ne serait aussi qu’une succession de choix. Et, les leaders de ces partis politiques ont choisi d’accompagner Sassou Nguesso dans sa politique de destruction du Congo et d’appauvrissement des Congolais.
Cependant, là où le bât blesse et qui ne nous laisse pas indifférent, c’est la descende qu’a effectuée le leader de l’Udh-Yuki, Guy Brice Parfait Kolelas, à Kinkala, le chef-lieu du département du Pool, où il est allé rendre compte à ses militants de la décision politique qu’il venait de prendre. Pourquoi Kinkala ? Parce que dans les calculs politiciens des Kolelas, le Pool est bel et bien leur propriété privée. Ils peuvent y aller quand ils veulent et avec n’importe quel discours. Les populations doivent suivre, même aveuglement, le guide éclairé.

Alors que c’est à Brazzaville qu’il a laissé les cadres et intellectuels de son parti et du Pool, Kolelas a préféré aller discuter avec des vieilles mamans qui ne savent pas ce que c’est qu’un mémorandum et qui ne peuvent pas comprendre son contenu. En tant que fils du Pool, nous ne voulons pas laisser passer cette énième injure des Kolelas aux filles et fils du Pool. Nous nous mettons sur son chemin.

Dans cet article, nous trouvons l’occasion de révéler ce que nous avons appris sur les origines des Kolelas, en 1997 alors que nous étions contacté par Me Louis Zoubabela Ngakama pour écrire le livre de campagne du Mcddi, et qui semble se confirmer, aujourd’hui, avec le comportement des Kolelas. Nous parlerons aussi de son manque d’ambition politique, sa fidélité au « tataboukatélisme  » hérité de son père, et de son statut de leader « nkarismatique ». Devrons-nous, nous aussi, dire avec Djess Dia Moungouansi, qui a vu le père est dégoûté du fils ?

Les origines douteuses des Kolelas

En 1997, alors que nous vivons à Makélékélé, notamment à Bifouiti, nous avons été surpris, un jour, par la visite de Me Louis Zoubabela Ngakama. L’homme ne nous connaissait qu’à travers des articles que nous publions dans La Semaine Africaine. Etait-il jaloux d’entendre que Gérard Bistindou, proche collaborateur de Denis Sassou Nguesso, et le ministre Gabriel Matsiona nous rendaient régulièrement des visites pour faire le tour de l’actualité nationale et internationale ?

En tout cas, Ya Gérard venait nous voir presque tous les jeudis dans la soirée, le jour de la sortie de la plus part des journaux, avant d’aller ou lorsqu’il revenait de son sport préféré qu’il pratiquait aussi avec Denis Sassou Nguesso à Mpila, le tennis. Gabriel Matsiona, lui, venait nous prendre les dimanches dans sa voiture personnelle. Nous restions dans sa maison de Massissia alors qu’elle était encore en construction. Malheureusement, c’est aussi là qu’il avait été assassiné par les cobras, pendant la guerre déclenchée, par Sassou Nguesso, le 5 juin 1997.

Mais, Me Louis Zoubabela se sentait gêner de venir régulièrement chez nous puisque tous les voisins du quartier le reconnaissaient. Il nous proposa donc d’aller chez lui, derrière l’hôtel Pilot à Massissia pour faire la revue de presse. Il avait exigé de nous des fiches écrites sur l’analyse de l’actualité nationale et internationale. C’est donc dans ces conditions que nous l’avons connu et que, lui aussi, nous à découvert, avant de nous faire découvrir Kolelas, le père. Me Louis Zoubabela se serait intéressé à nous. Pour preuve, il nous avait fait rencontrer, nuitamment, Bernard Kolelas. C’est aussi sur ces entrefaites qu’il nous demanda d’écrire une brochure pour la campagne de l’élection présidentielle de 1997. La brochure de plus de 100 pages avait été rédigée, gratuitement. Elle portait pour titre : « Bernard Kolelas, l’homme, le héro et le démocrate. »

Cependant, dans les recherches sur la biographie et la personnalité de Bernard Kolelas que nous avons entreprises, nous avons rencontré un originaire de Foata, dans la contrée de Kimpandzou. Cet homme connaissait bien Bernard Kolelas, puisqu’il nous avait dit que c’est dans son village, Foata, que Bernard Kolelas avait exercé son premier service, alors qu’il était infirmier d’Etat. L’homme nous avait dit, avec assurance et insistance, que Bernard Kolelas était originaire de la Lekoumou, sans pourtant nous donner d’autres précisions. Nous en avons longuement discuté avec Me Louis Zoubabela qui avait pris cette information pour un petit détail auquel il ne fallait même pas faire allusion dans la brochure.

Notre problème n’est pas celui de disserter sur les origines des Kolelas. Pourtant, aujourd’hui, ce qui était un petit détail nous permet d’analyser et de comprendre le comportement des Kolelas père et fils qui ne semblent avoir, tous, aucune compassion et aucune ambition politique pour le Pool et ses populations. Pourtant, c’est au nom du Pool et celui des fils qu’ils parlent et s’enrichissent. Nous ne voulons pas ici rappeler les violences que Kolelas père avait faites à André Milongo, Aloïse Moudileno Massengo, Jean Paul Matsima, Mgr Ernest Kombo et André Hombessa pour ne parler que d’eux. Les raisons ? Il voulait être le seul coq dans le poulailler. Nous ne voulons pas également parler de la mainmise de Guy Brice Parfait Kolelas sur les caisses du Conseil départemental du Pool. Nous en avons suffisamment parlé dans la presse nationale et au cours des sessions du Conseil départemental du Pool. Ce n’est pas Bernard Tchimbambelela et Guy Brice Parfait Kolelas (Conseillers), ou Jean Pierre Manoukou Kouba (vice-président du Conseil) ou encore Fidèle Kanza (président du Conseil) qui vont nous contredire. Et, ce n’est pas pour rien que le président Fidèle Kanza nous avait surnommé l’enfant terrible de Vindza, la circonscription dans laquelle nous étions élu. Effectivement, nous étions terrible bien que nous respections tous les membres du bureau du Conseil. Particulièrement le secrétaire général Alphonse Bayiza que nous prenions pour notre père. Puisqu’il avait connu notre père.

Kolelas manque d’ambition politique

Le comportement politique du leader du Yuki, Guy Brice Parfait Kolelas dépasse l’entendement de plus d’un observateur de la politique congolaise. L’homme passe son temps à surprendre désagréablement ses militants et tous les Congolais. Non seulement il est instable dans son discours politique mais en plus il n’a pas de morale.
En effet, malgré les importants dégâts humains et matériels qui ont été enregistrés dans la guerre de 1997, à l’issue de laquelle le Pool a payé un lourd tribu, Bernard Kolelas s’était rangé du côté de Pascal Lissouba, en acceptant sa nomination au poste de premier ministre dans le dernier gouvernement du président Pascal Lissouba, sans demander l’avis de son allié, Denis Sassou Nguesso.

Et sire qu’il était le médiateur national et avait une alliance avec lui. Nous nous rappelons comme hier de la déclaration d’Isidore Mvouba à Rfi : « En acceptant le poste de premier ministre, Bernard Kolelas a fait le choix de la guerre ». Le Pool a donc payé, dans cette guerre, à cause de son mauvais choix politique.

Aujourd’hui, Guy Brice Parfait Kolelas semble, lui aussi, reprendre le même chemin de la trahison. Il était arrivé 1er au premier tour de l’élection présidentielle anticipée de mars 2016. Honnêteté intellectuelle oblige ! Mais, si nous proclamons Jean Marie Michel Mokoko président de la république du Congo, c’est parce que l’homme est resté constant dans son discours politique. C’est à cause des Congolais qu’il est en prison. L’homme pouvait bien saisir les multiples occasions qui lui étaient présentées pour troquer sa sortie de la prison contre la reconnaissance de la victoire de Sassou. Mais le général Mokoko ne l’a pas fait.

Kolelas était donc 1er. Pourtant, il continue à se sous-estimer jusqu’ à se mettre derrière un autre leader politique, Pascal Tsaty Mabiala, qui a obtenu moins de voix que lui. Même s’il a été nommé chef de l’opposition parlementaire par le gouvernement, il n’est rien à côté de Kolélas. Il va jusqu’à signer avec lui un mémorandum dit de l’opposition. Il va jusqu’à soutenir la politique de son adversaire, Denis Sassou Nguesso, qu’il a battu aux élections. Il se pressent le premier ministre de Christel Denis Sassou Nguesso, un bleu qui fait ses premiers pas dans la politique. Kiki n’a de l’expérience que dans les détournements des biens publics et y a acquis une renommée internationale.
Alors que si Kolelas était ambitieux et de la suite dans les idées, il continuerait tout simplement le combat qu’il avait amorcé avec le général Jean marie Michel Mokoko : faire partir Denis Sassou Nguesso. Il serait devenu le grand leader politique du Congo, reconnu comme tel dans le pays et à l’étranger. Ou encore il aurait du tout simplement saisir la perche tendue par les évêques du Congo pour être l’homme de la situation politique actuelle. Mais, hélas ! Hélas, Hélas !

Kolelas, fidèle continuateur du « takaboukatélisme »

Le « tataboukatélisme  », vous connaissez ? Ne vous fracasser pas les méninges. Nous allons le définir. Au temps de Bernard Kolelas, les titres de président, secrétaire général… n’étaient pas connus au Mcddi. Les plus âgés étaient appelés tata, c’est-à-dire aîné. Cas de Tata Mampouya. Les noms des moins âgés étaient précédés par Ma , diminutif de Mama, filiation qui veut dire oncle. Cas de Ma Nzekessa ou Ma Prosper. Et, Tata boukatele : « papa a dit » qui devrait être mis au début de toutes les phrases pour prouver la véracité des messages rapportés, même ceux qui n’étaient pas de Tata c’est-à-dire de Bernard Kolelas.

Mais, c’est surtout la parole du grand tata, le tata des tatas c’est-à-dire Bernard Kolelas, lui-même, que l’on devrait prendre pour parole d’évangile. A cette parole, on ne devait rien ajouter ou retirer comme dans La Bible.
D’ailleurs, Bernard Kolelas avait, lui-même, confirmé ce qui, au début, ne paraissait qu’un préjugé ou une moquerie. Néanmoins, c’est lors de sa première et dernière sortie politique qui avait eu lieu au siège de l’Oms à Brazzaville, alors qu’il venait d’être nommé premier ministre, qu’il avait confirmé la force de sa parole.

A la question s’il avait bien réfléchi avant d’accepter sa nomination au poste de premier ministre dans le gouvernement de Pascal Lissouba, question posée par Joachim Mbanza, directeur et rédacteur en chef de La Semaine Africaine, Bernard Kolelas, devenu président de l’Erddun, sans avoir rompu au paravent son alliance avec Denis Sassou Nguesso, avait déclaré avec un ton énigmatique : « Ma conscience ne m’a jamais trompé  ». Et, pourtant…

Et, pourtant, il ne gouvernera que pendant un mois avant de prendre le chemin de l’exil lorsque la guerre s’était généralisée. Abandonnant et exposant ainsi ses militants et toutes les populations du Pool à la furie de Denis Sassou Nguesso. Bilan de cette guerre : 400.000 Congolais tués des dégâts matériels qui ne sont toujours pas évalués.

Aujourd’hui, en analysant le comportement politique de Guy Brice Parfait Kolelas, nous nous demandons si le leader de Yuki a des conseillers et s’il les consulte avant de prendre une décision politique importante. Même sur les stratégies et les discours politiques, nous nous rendons compte, comme son père, sa conscience ne l’a jamais trompé. Pourtant, le Pool regorge beaucoup de cadres et dans beaucoup de domaines.

Nous trouvons ici l’occasion d’interpeller les Fidèles Kanza, Noël Loutounou (l’oncle maternel de Kolelas), tous les cadres et intellectuels qui sont dans le parti de Guy Brice Parfait Kolelas. Nous ne voulons pas faire comme Norbert Dabira qui se serait inquiété de l’avenir des Mbochi, après Denis Sassou Nguesso ; mais nous pensons qu’il est légitime que les filles et fils du Pool s’interrogent, eux aussi, sur leur avenir et celui de leur département, puisque c’est Guy Brice Parfait Kolélas qui semble l’incarner.

Kolelas, leader nkarismatique

Le mot « nkarismatique  » nous l’avons forgé à partir du mot « nkari » qui signifie, en lari, commerce. Nous l’avons utilisé, pour la première fois dans notre recueil de nouvelles L’Inforoman, suivi de Quand la rue s’en mêle…, Fondation littéraire Fleur de Lys, Lévis, Québec, 2017, 300 pages. Dans cet ouvrage, nous parlons effectivement de Guy Brice Parfait Kolelas que ses militants prennent pour un leader charismatique, alors qu’au fond et en réalité il n’est qu’un homme d’affaires, c’est-à-dire facilement corruptible et qui fait de la politique, non pas un sacerdoce, mais une source d’enrichissement. Nous avons cru, parfois, que notre appréciation dans ce livre, était trop exagérée. Pourtant, tout se confirme avec le temps. Nous avons aussi pensé que les prophéties du premier président congolais, l’abbé Fulbert Youlou, lorsqu’il parlait des présidents voleurs qui viendront après lui, ne concernaient que les mbochi dont la gouvernance est effectivement dominée par les détournements des deniers publics et des pillages du Trésor public ; alors que sa propre maison abritait, elle aussi, des voleurs. Aussi, nous critiquons Sassou Nguesso qui a amené tous les membres de son clan dans la politique alors que les Kolelas ont fait autant. Des Kolelas ministres, députés, des oncles maternels qui sont des grandes personnalités dans le parti…

Moïse était adopté par Pharaon, en Egypte. Mais, ne s’était il pas révolté quand il a vu les conditions dans lesquelles vivaient les siens. N’avait-il pas quitté le palais pour aller sauver les siens ?

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain