« Faugus Izéidi, redoutable guitariste rythmique de Tabu Ley des années 1970 estime que le répertoire du Seigneur Rochereau a été taillé en pièces par des producteurs brazzavillois véreux, avec la complicité des Kinois Nyboma, Faya Tesse et Caen. L’accusation a jeté du kérosène sur le feu des relations déjà tendues entre les deux rives, sur arrière-fond de l’opération Mbata. Voilà exhumé le vieux débat sur le leadership musical entre Kinshasa et Brazzaville. »

LES BRADEURS

Les bradeurs, c’est le titre de la charge menée par Faugus Izéïdi.

« Cette réflexion (écrit le célèbre guitariste accompagnateur), n’engage que moi. Mais je ne suis pas seul défenseur de notre patrimoine musical. Bientôt nos classiques de la RDC n’auront plus de valeur à cause du travail de vulgarisation réalisé par nos voisins.
La braderie à commencé du vivant de Rochereau Pascal avec Tabira (le général Dabira ? NDLR), en passant par Koffi qui chanta également Rochereau. Depuis, je me suis posé beaucoup de questions ! Pourquoi Rochereau Pascal ? Il n’est pas non seulement chanté sans déclaration de ses droits d’auteur, mais ses œuvres sont mises sur des supports, sans contrôle ! S’agit-il d’un sabotage ? Mais au profit de qui ? Ne vous fâchez pas. Partagez plutôt mon raisonnement et ne « cherchons pas que ceci soit mis sur la place publique » (...)

Faya Tess, Nyboma, Caen ; le trio qui brade les classiques de la musique congolaise par les vautours du Congo-Brazza.

LES BANTOUS EPARGNés

Pourquoi ces soit-disant producteurs de l’autre rive ne démolissent-ils pas les classiques des Bantou de la capitale et d’autres brillants orchestres de Brazzaville ? Ne les trouvent-ils pas bons ? Je me demande comment les peuples de Brazzaville peuvent-ils accepter que leurs artistes soient considérés comme des va-nu-pieds par leurs propres compatriotes ? Leur argent ne sert qu’à faire perdre, à la longue, la valeur les œuvres de Rochereau ?

Que Faya Tess chante dedans, je suis d’accord, que Caen joue aussi, je n’ai rien à redire. Mais quel est le rôle de Nyboma si ce n’est trouver des étrangers qui peuvent brader les chansons de Rochereau alors qu’il n’a rien à avoir ni de près ni de loin avec le Seigneur Ley ? Pire ; Nyboma utilise le titre provisoire qu’il a dans Congo Sebene pour impliquer cette association. A-t-il eu l’approbation de l’assemblée générale pour utiliser ce titre à des fins privées ? Il a des œuvres comme Kamale, pourquoi ne les brade-t-il pas ? Un conseil d’aîné : si vos têtes ne produisent plus rien, prenez la retraite. Les défenseurs de la musique Congolaise version Kinshasa vous jugeront tôt ou tard.

Laissez vos commentaires, même une injure je l’assumerai . »

Cordialement votre Faugus Izeidi Lebagata

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RIPOSTE D’UN ARTISTE BRAZZAVILLOIS INDIGNé

Notre compatriote Faugus IZEIDI, de Kinshasa a écrit les mots ci-dessus qui m’ont indigné à plus d’un titre.

Au nom des musiciens de Brazzaville et pour notre honneur, je me permets de lui répondre, car l’heure est grave… Mais aussi vous, dirigeants du Congo-Brazzaville, qui distribuez l’argent à travers le monde pendant que les Congolais souffrent dans tout le pays, je donne raison aux Sénégalais que vous enrichissez à Brazzaville. Les Ouest-Africains rient sous cape en clamant : « Congo zoba » (Congolais idiots) . Qui est Zoba dans tout ça ? En tout cas, pas les musiciens. Car « l’idiot », c’est celui qui, au lieu de balayer d’abord devant sa propre porte, passe son temps à voler au secours des autres.

Réponse à Faugus

- Gand Faugus, premièrement, tu as foulé aux pieds le serment des pères fondateurs de la musique congolaise, dont Kallé Jeff « … Ebale ya Congo édjali lopango té, édjali ndé nzela. Mitema ndoki, bakaboli ékolo, ba bosani Afrika… », promoteur de l’école musicale dont tu te réclames, L’African-Jazz . « Faugus, ngai Gaulard na ko finga yo té lokola oséngui na mokanda na yo. Na zali kaka na motuna moko : Faugus, ferais-tu partie de ces mitéma ndoki dont parle Kallé ? Où bien veux-tu continuer à perpétuer l’ordre colonial ? Pourquoi Faugus, es-tu toujours dans la provoc ? » O lingui kaka ko suana (Tu es un féru de la diatribe).

« To komi ba koko » (on a tous pris de la bouteille), « Yo na ngai, liteya nini to ko pesa na bana mike ba zali ko tala biso ? » Pour nous musiciens de Brazza, Faya Tess, Nyboma et Caen sont des Congolais. Les deux Congo sont un seul et même pays. Ce sont les hommes politiques qui ne sont pas à la hauteur des attentes de leurs peuples. Ce débat-là est clos. Ce n’est pas de sa faute si le trio a été subventionné pour un travail mal fait.

Avons-nous un conservatoire de musique qui aurait dû exiger que les reprises de Tabu-Ley soient conformes à l’original ?
Là où je te trouve gonflé Faugus c’est quand tu nous injuries de la manière suivante « je me demande comment les peuple de Brazzaville accepte que leurs artistes soient considérés comme des va nu pieds par leurs propres Compatriotes ? ». Tu sais bien que la situation est politique au Congo-Brazzaville. Et toi qui parles d’ailleurs pourquoi ne roules-tu pas ta bosse à Kin ? Tu aurais pu défendre l’œuvre de Tabu Ley sur place.

Le musicien brazzavillois est intègre et n’est pas un courtisan comme le font certains de tes frères de Kinshasa qui se prostituent auprès du pouvoir de Brazzaville. Ils sont en service commandé : contribuer à la dépravation des mœurs. Les musiciens du Congo-Brazza ne mangent pas de ce pain-là. Ce sont des gentlemen à l’image des Jazz et blues men aux USA. Nous pensons que la musique, la chanson doit participer à l’élévation de l’esprit, de l’homme, mais non à sa bestialisation.

Or il y a un deal entre les pouvoirs de Brazzaville et ceux de tes frères qui chantent « …Etutana, etutana yango na yango eh ! ah ça c’est bon ça… », pendant qu’en pleine campagne contre le sida on se tuait de demander aux gens de porter les préservatifs. C’est un crime contre l’humanité. Et ça c’est politique.

Moi Gaulard, de la République du Congo-Brazzaville, je suis indigné vis à vis :
des autorités politiques de Brazzaville qui ont fait du chemin d’avenir, un chemin de croix pour les musiciens et artistes de Brazzaville. En effet depuis que vous avez pris les rênes du pays, bientôt près de 20 ans, on constate (que ce soit au Fespam, ou aux manifestations officielles) que vous avez porté votre dévolu sur les musiciens de Kinshasa, que vous enrichissez, au détriment de ceux de Brazzaville. Cela ne nous a jamais posé de problèmes, car nous musiciens de Brazzaville, nous exerçons cet art de manière professionnelle.

Il nous revient de faire notre autocritique ; la faute nous incombe, parce que nous ne caressons pas le politique dans le sens du poil. Mais le plus grave, dans tout cela, c’est qu’à côté, vous auriez pu équilibrer, prendre les autres et ne pas oublier les artistes du terroir.

Le gouvernement de Brazzaville travaille contre ses propres artistes, contre ses propres artisans, contre ses propres enfants, contre ses propres cadres... contre lui-même. Tout ce qui tient au développement du pays, à la nourriture est confié aux étrangers.

Le marché total que vous avez construit, est dirigé par un Sénégalais. Savez-vous qu’au Sénégal, un étranger n’a même pas le droit d’avoir une table au marché ? Le gouvernement sénégalais travaille d’abord pour les Sénégalais. Si vous politiciens Congolais travaillez pour les étrangers, connaissez-vous un pays au monde qui travaillera pour les Congolais ?

Boundzéki cadavré

Le pauvre Rapha Bounzeki est mort parce que la direction de la culture qui gère les droits reversés par la Sacem ne voulait pas lui donner ses propres sous. Il n’avait jamais été invité au Fespam. Sa maison qu’il avait construite à la sueur de son front avait été cassée pendant la guerre. Et Les Bantous de la capitale , pourquoi ne les invitez-vous pas au Fespam.

Pourquoi ne couvrent-ils pas les manifestations officielles ? La fête de l’indépendance ? Drôle de pays. Vous avez lu ce que les musiciens de la rive gauche par la plume de Faugus pensent de vous ?

Faugus, faux gus ?

Savez-vous ce que les Sénégalais que vous enrichissez pensent de vous ? « CONGO ZOBA » (Ces idiots de Congolais) , c’est même écrit à Dakar sur le fronton d’une épicerie. Allez-y comprendre. Ce n’est pas aux musiciens d’éduquer les ministres. Que font les idéologues du PCT et du Chemin d’avenir ?

A notre époque, le ministre de l’éducation distribuait du travail chez les menuisiers du pays pour la fabrication des tables-bancs. Un pays producteur du bois commande des agglomérés de bois, fixés sur du métal en France avec une surfacturation en milliards. C’est grave, mais comme c’est « Congo zoba », c’est normal. Mais nous musiciens ne sommes pas des « Zoba ya Congolais  ».

Non il n’y a pas que dans la musique que ça ne va pas. Comment pouvez-vous organiser un Baccalauréat avec 10% d’admis. Aucun pays sérieux au monde ne peut en arriver là. Que ferez-vous des 60000 enfants que vous avez recalés. C’est vraiment « Congo zoba-zoba ».

Nianzi Gaulard