Notre très cher frère, nous ne saurons commencer cette missive sans vous remercier pour vos grands talents d’écrivain.

Nous ne savons pas combien de livre avez-vous déjà publiés, même si la célébrité d’un écrivain ne vient pas du nombre des livres publiés, mais de la force de ses idées.
L’exemple de Cheikh Hamidou Kane, écrivain sénégalais et grand prix littéraire d’Afrique noire en 1962, devenu un classique de la littérature africaine, avec son unique livre « L’Aventure ambiguë » le montre assez.

Pourtant, votre ouvrage titré « Vision verte de Denis Sassou Nguesso face à un monde en danger et aveugle, évangile du management de l’environnement et du développement durable  », paru aux éditions l’Harmattan, et qui battrait le record mondial des ventes des livres, fait déjà de vous le plus grand écrivain du XXI ème siècle. Et, nous devinons qu’aucun autre écrivain n’arrivera à présenter son livre dans les grands milieux comme ceux dans lesquels vous êtes invités pour présenter et soutenir l’ingéniosité de Denis Sassou Nguesso dans la protection de l’environnement.

Nous ne pouvons que vous encourager. D’ailleurs, nous rappelons ici que Denis Sassou Nguesso est aussi écrivain.

C’est donc une grâce pour les Congolais et les Africains de vous avoir comme intellectuel. Et, croyez-nous ! Nous ne sommes pas jaloux de vos succès.

Cependant, en lisant vos nombreux publireportages dans les journaux en ligne comme Zenga-Mambu, Congopage et Congo-liberty, nous enlevons, des fois, notre veste d’écrivain et portons celle de journaliste.

En lisant vos textes, la première question qui tourne notre tête est celle-ci : pourquoi tant de publireportages sur un même livre ? Alors que les recensions ou les reportages auraient suffi pour donner à votre personne et votre ouvrage leurs valeurs.
La deuxième question est : Denis Sassou Nguesso est-il, lui-même, un grand protecteur de l’environnement ?
La troisième porte sur votre campagne mondiale sur la « Vison verte » de Sassou Nguesso. Cette campagne ne viserait-elle pas à sauver financièrement Denis Sassou Nguesso, en ces temps de vache maigre où le Congo connaît une crise financière grave ?

Définition des concepts

Nous définissons les concepts ou les termes publireportage, recension et reportage pour bien nous faire comprendre par les lecteurs et marquer la différence entre ces trois mots.

Nous nous servons du dictionnaire Larousse.
Le publireportage : Larousse pense que le publireportage serait, pour la bonne compréhension, synonyme à la « publicité rédactionnelle insérée dans un journal, une revue, et présentée sous forme d’article, de reportage. »
Et, la publicité y est, elle-même, définie comme une « activité ayant pour but de faire connaître une marque, d’inciter le public à acheter un produit, à utiliser tel service, etc. ; ensemble des moyens et techniques employés à cet effet  ».

Mais, on apprend que la publicité est parfois agressive et agaçante. C’est pourquoi les spécialistes de cette activité insistent sur la modération c’est- à-dire un « caractère ou comportement de quelqu’un qui est éloigné de toute position excessive, qui fait preuve de pondération, de mesure dans sa conduite  » pour éviter effectivement le côté agaçant et agressif de la publicité.

Et, comme toute publicité insérée dans un journal ou dans une revue est payante, nous supposons que vos multiples publireportages publiés dans les journaux en ligne pour faire la promotion de votre livre et rendre compte de ses succès ainsi que la publicité que vous faite sur la politique sur l’environnement de Denis Sassou Nguesso, ne seraient pas gratuits. Déjà une certaine opinion, vous soupçonne d’avoir comme imprésario, Denis Sassou Nguesso.

La recension. Elle est définie comme étant « une analyse ou un compte-rendu critique d’un ouvrage dans une revue ». La recension est faite par un journaliste ou un critique littéraire.

Ici, l’auteur du livre disparaît et se fait humble. Il laisse des gens parler de lui ou vanter ses talents et toutes les qualités de son livre pour les faire connaître au grand public. La recension convainc et rassure plus le grand public que le publireportage parce qu’elle est faite par des spécialistes en la matière.
Le reportage : Il est défini comme étant l’« ensemble des informations écrites, enregistrées, photographiées ou filmées, recueillies par un journaliste sur le lieu même de l’événement. »
Dans cette activité, c’est donc une ou des rédactions qui d’une manière indépendante, s’intéresse à un auteur, un ouvrage ou un rendez-vous dont elles veulent informer leurs lecteurs ou téléspectateurs.

Le reportage ressort donc et déjà l’intérêt que les medias et le public accordent à la personnalité de l’auteur et à son ou ses ouvrages.

Après les définitions de ces trois concepts, et l’analyse de vos nombreux publireportages sur le même livre. Celui qui porte sur la « vision verte de Denis Sassou Nguesso », nous voudrons vous rapporter le sentiment et les réactions d’une certaine opinion. Pourtant, nous partageons cette même opinion et crainte.

D’emblée, elle pense que vos publireportages sèment la confusion. Parce que vous faites dans un seul et même contenu, la recension, la publicité et le reportage sans marquer la différence entre ces trois activités. Ils deviennent très lourds et difficiles à digérer.

Mais pour d’autres lecteurs, ce n’est pas le fond ou la forme de vos publireportages qui les dérange. C’est plutôt la politique de l’environnement que Denis Sassou Nguesso aurait menée sur le terrain, notamment au Congo.

Denis Sassou Nguesso : grand destructeur de l’environnement

La presse congolaise et les Congolais rapportent dans les réseaux sociaux que Sassou Nguesso et ses enfants sont des grands destructeurs de l’environnement, notamment des forêts.

Ils se sont lancés dans l’exploitation forestière ; mais ne respectent pas les règles ou la législation qui régit cette activité économique.
On les accuse de ne pas respecter les populations riveraines qui vivent des forêts qu’ils exploitent. Ils détruisent leurs villages et ravagent leurs plantations.
Mais, d’autres Congolais qui sont plus critiques et sévères pensent aussi que l’exploitation du bois qui, dans un passé pas trop lointain, était encore la deuxième richesse du pays après le pétrole et dont les recettes de la vente étaient versées au Trésor public, contribuait au développement du pays et assurait le bien-être des Congolais.
Or aujourd’hui, elle est devenue une activité mafieuse et qui ne profite qu’a quelques individus, notamment le ministre Henri Djombo qui partage les dividendes de la vente du bois avec Denis Sassou Nguesso.

En plus, les enfants Sassou Nguesso qui se sont, eux aussi, lancés dans l’exploitation forestière sont plus destructeurs que protecteurs de la forêt. D’ailleurs, les Congolais attendent aussi un audit dans ce secteur très important de l’économie congolaise.
C’est ainsi que plus d’un observateur doute de la « vision verte » qu’aurait Denis Sassou Nguesso et craint, par ailleurs, que le « Fonds bleu » qu’il réclame aux investisseurs de la planète et qui viserait le financement et la gestion du bassin du Congo pour la protection de l’environnement mondial, ne soit qu’une escroquerie ou mal géré.

Et que ce fonds soit utilisé pour autre chose. Surtout en ces temps durs où le Congo connaît une crise financière très aigüe et sans pareille.
Aussi, elle ne veut pas que le pouvoir de Brazzaville se serve de vous, en tant qu’écrivain, pour l’aider à convaincre la communauté internationale sur sa politique sur l’environnement. Alors qu’il n’en a pas !
Car, vous risquerez un jour d’en payer les pots ou de ternir votre image déjà brillante. Non seulement, on vous traitera d’intellectuel de service. Mais aussi on vous accusera de complice.
Sassou Nguesso n’a jamais su gérer un fonds. Le cas du Fonds des jeunes générations suffit pour le prouver. Il risquera d’être pris pour un escroc par la communauté internationale. Parce qu’en réalité il ne va pas utiliser le fonds bleu pour protéger l’environnement, en cette période où son gouvernement a du mal à payer les salaires des fonctionnaires.
Le seul fonds que Sassou Nguesso avait bien géré, c’est le Fonds Africa qu’il avait lui-même organisé pour soutenir financièrement les Sud-africains dans leur lutte contre l’apartheid, alors qu’il était président de l’Organisation de l’unité africaine
Dans la réalité, la « vision verte  » de Denis Sassou Nguesso telle que vous la peignez dans votre livre, n’existe pas. Puisque l’homme, lui-même, est plus un destructeur qu’un protecteur de l’environnement.

Tenez ! Si l’environnement peut être aussi défini par l’ «  ensemble des conditions naturelles et culturelles qui constituent le cadre de la vie d’un individu et sont susceptibles d’agir sur lui », c’est-à-dire que l’environnement ou ceux qui le protègent doivent mettre l’homme au centre, comment peut-on croire à la «  visions verte » de Denis Sassou Nguesso, lorsque ce dernier est responsable de 400.000 morts dans la guerre de 1997, jette dans le fleuve des conteneurs qui contiennent plus de 300 personnes, pour polluer ses eaux, utilise des armes chimiques dans toutes ses guerres, et ordonne l’abattage des arbres fruitiers et la destruction des habitats dans la guerre du Pool ? De quoi mériter une volée de bois vert.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain