L’action politique de Bonaventure Mbaya fait couler beaucoup d’encre. Certains y voient du courage, d’autres ressentent de la rage.

C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons lu la Déclaration soi-disant des fils et filles du Pool, cadres civils et militaires sur le déploiement massif et injustifié des troupes armées dans le Département du Pool. Une déclaration dont vous êtes, tous les deux, signataires.

Nous vous remercions pour votre courage, initiative et intérêt que vous accordez à notre département, le Pool.

Nous vous remercions aussi, parce que vous avez osé aborder une situation devant laquelle beaucoup de fils du Pool, en particulier, et des Congolais d’autres départements, en général, se taisent encore ou se font volontairement aveugles, sourds et muets.

Ils croient qu’ils ne sont pas concernés par les problèmes du Pool, alors que leur silence est non seulement coupable, mais aussi complice. Le Congo étant une Nation indivisible.
Cependant, avant que nous ne réagissions et ne proposions une stratégie, permettez que nous vous fassions, deux petites remarques sur le fond et la forme qui ont atténué la force de votre déclaration qui laisse deviner que vous n’avez pas un conseiller à la communication, mais aussi qui fait rater votre sortie politique.

Pourtant, en tant que président d’une formation politique, l’Alliance Social-démocrate du Congo, et membre de l’Alliance Progressiste d’Afrique Centrale (APAC) et
de l’International Socialiste, vous êtes une personnalité qui doit avoir un service communication, pour ne pas dire tout un cabinet.

Les illustrations

Dans le domaine de la communication politique, l’image qui illustre un article est elle-même un message, mais aussi une porte d’entrée dans le texte.
Cependant, les trois photos qui illustrent votre déclaration dénaturent complètement le contenu du message.
La déclaration est soi-disant faite par des fils et filles du Pool, cadres civils et militaires. Malheureusement, sur la première et la troisième photos, nous ne voyons que trois personnes. Les cadres civils et militaires du Pool ne se résument qu’à travers ces trois personnes ? Quelle est leur audience dans le Pool ? Les photos n’ont pas de légendes.

La deuxième photo ne cadre pas, elle aussi, avec le message. Les lecteurs voient quatre Congolais ( ?) assis devant deux blancs dont vous ne parlez même pas dans la déclaration. Qui sont-ils, des fils du Pool ?

Le décor

Dans ce genre de document, les chaises vides livrent un autre message qui peut susciter d’autres faux débats et écarter les lecteurs de l’essentiel.

Pire, vous dites « déclaration des fils et filles du Pool, cadres civils et militaires » mais vous n’êtes que deux à avoir signé cette déclaration : Bonaventure Mbaya, et Mr. Jean Richard Amédée Samba dia Nkoumbi. C’est une grosse erreur grave dans la communication politique , pour ne pas dire une escroquerie intellectuelle.

Le contenu

Le message de votre déclaration est vrai et choque les consciences.
Sauf que nous ne devons plus nous limiter à attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale.

Quel est le Congolais qui ne sait pas qu’à chaque élection, Denis Sassou Nguesso provoque une guerre ? Et, la victime a toujours été le département du Pool. Quelle est cette institution internationale qui n’est pas au courant de la guerre en préparation dans le département du Pool ?

Toutes les grandes institutions internationales : Onu, Union européenne, Union africaine, Banque mondiale, et les pays comme les Etats-Unis, le Vatican, la France, la Chine, la Russie, le Royaume uni… ont des représentations diplomatiques au Congo. Nous pouvons vous rassurer qu’ils sont au courant de la situation et sont parfois mieux informés que les Congolais.

Le meilleur moyen est de leur adresser un courrier officiel personnalisé pour solliciter leurs bons offices.
Car, l’opinion nationale et internationale à laquelle vous faites allusion dans votre déclaration est parfois une notion vide.

Stratégie

Devant le temps qui passe vite et pour éviter cette énième guerre inutile, alors que les troupes armées sont déjà déployées dans le Pool (parait-il tout simplement parce que Sassou Nguesso passerait des nuits à Kinkala. Craignant d’être assassiné par ses propres parents), nous pensons que nous devons aller au-delà des déclarations. A fortiori lorsqu’elles ne font qu’informer sur le déploiement des militaires qui n’est plus un événement ou une information ou encore une actualité.
Ce qu’il faut faire, c’est par exemple demander à un ou plusieurs députés, même s’ils ne sont pas du Pool, puisque les députés ont un mandat national, d’interpeller le ministre de la Défense sur la situation du Pool, notamment le déploiement massif des militaires, la présence des mercenaires étrangers dans les Forces armées congolaises, la caserne privée de Tshombitsho, l’achat des armes chimiques en Chine alors que le pays n’est pas en guerre et traverse une crise multidimensionnelle, et que les pensions des retraités, les salaires des fonctionnaires et les bourses des étudiants ne sont pas régulièrement payés.

Une autre stratégie ! Puisque vous êtes membre de l’Alliance Progressiste d’Afrique Centrale (APAC) et de l’Internationale Socialiste, ce qui suppose que vous avez un carnet d’adresse bien fourni ; c’est le moment de vous servir de toutes vos relations à l’étranger. Il faut créer des lobbies qui peuvent faire pression sur le gouvernement congolais.

Et, cette mission est confiée à tous les Congolais épris de paix qui doivent se servir de leurs relations, mêmes personnelles, pour faire pression sur le pouvoir de Brazzaville.
Par ailleurs, il faudra pousser les fils et filles du Pool : cadres civils et militaires à un sursaut.
D’ailleurs, nous remercions Benjamin Bilombot Bitadys de les avoir répertoriés dans son article.

Nous devons, dès maintenant, dégager leur responsabilité dans cette guerre en préparation. Parce que certains sont au pouvoir.
Le pouvoir étant défini comme étant l’ensemble des institutions républicaines et l’opposition. Elles ont toutes ont des missions qui leur sont confiées par la constitution.
Car, une « dictature est un régime dans lequel une personne (dictateur), ou un groupe de personnes, disposant d’un pouvoir absolu, s’y maintient de manière autoritaire et l’exerce de façon arbitraire. »
Denis Sassou Nguesso n’est donc pas seul à faire tourner la dictature, au Congo. Il a des complices dont certains sont effectivement des fils et des filles du Pool : des cadres civils et militaires qui doivent être sévèrement châtiés pour trahison et complicité au crime.

La déstabilisation morale

Commençons par déstabiliser, même moralement, les filles et fils du Pool qui sont au pouvoir.

C’est le deuxième combat à gagner dans la guerre contre le pouvoir de Brazzaville, après celui de la communication que nous avons déjà gagnée.
N’avez-vous pas encore compris pourquoi Isidore Mvouba, le président de l’Assemblée qui est fils du Pool, veut être enterré à Oyo, dans le cimetière familial de Sassou Nguesso ? Ce n’est pas parce qu’il est nationaliste et veut être membre de la famille des Sassou ou des Nguesso, alors qu’il ne l’est pas de son vivant ; mais parce qu’il est déstabilisé moralement et craint quelque chose qui peut lui arriver même dans la tombe. Le châtiment des Congolais.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain