Certains propos de dirigeants occidentaux cachent très mal leur méconnaissance de l’histoire des civilisations passées, non-européennes.

« Nous continuerons à chercher un vaccin contre le coronavirus. Tous les pays du monde, particulièrement de l’Afrique qui ne vont pas l’utiliser, se verront couper toutes relations. Ses habitants ne viendront même pas faire du tourisme en France. L’Asie peut nous trahir mais pas l’Afrique, ce continent sait là où il était et comment l’Europe l’a aidé. » (Le président Emmanuel Macron cité par Opéra News.)

Cet extrait est charrié par un article publié par benintimes.info, titré « Coronavirus : Et. Si Macron menaçait de couper les liens avec les pays africains qui refuseraient de faire vacciner leurs populations  ». Malheureusement, il ne dit pas à quelle occasion et quand-est ce ces propos ont été tenus. Ce qui est vrai est que depuis l’apparition du coronavirus, le président français multiplie les déclarations et les sorties médiatiques.

La syntaxe est simple et ne demande pas d’être savant pour comprendre le message.

Première phrase : « Nous continuerons à chercher un vaccin contre le coronavirus. »
Elle montre que devant la pandémie du coronavirus, le vaccin qui consiste à injecter dans le corps un agent infectieux (virus ou bactérie), sous une forme inoffensive mais stimulant la réponse immunitaire de l’organisme, n’est pas encore trouvé. Jusque-là la France, comme tous les Etats du monde d’ailleurs, est dans la recherche de ce vaccin. Pour l’heure, les Etats soignent les personnes atteintes du coronavirus avec les produits que leur recommandent l’Organisation mondiale de la santé, pour certains, ou ceux qui leur sont proposés par leurs chercheurs ou médecins, pour d’autres.

Pourtant, la France qui, elle aussi, est encore dans la recherche ou l’attente du traitement et d’un vaccin semble déjà s’octroyer le monopole du traitement et du vaccin contre le coronavirus. Interdisant ainsi certains Etats indépendants, notamment ses anciennes colonies, de faire recours à leur pharmacopée ou à leur médecine traditionnelle ou encore à faire eux-aussi des recherches. Reléguant même au second plan l’Organisation mondiale de la santé. Pire, elle parle, sans en avoir reçu mandat, au nom de l’Afrique dans presque toutes les institutions internationales. Alors que les Etats africains sont indépendants et ont leurs représentants dans la plupart de ces institutions.

Deuxième phrase : « Tous les pays du monde, particulièrement de l’Afrique qui ne vont pas l’utiliser, se verront couper toutes relations. » Cette phrase s’articule sur l’adverbe « particulièrement » qui peut être remplacé par « spécialement » et compris par « d’une manière spéciale ». Pourquoi particulièrement ? Parce que soit le terrain est déjà conquis, soit l’adversaire est faible. Mais, cette phrase en dit aussi long dans les relations de la France et l’Afrique, notamment ses anciennes colonies qui, malgré les présidents qui se succèdent et le temps qui passe ainsi que tous les beaux discours qui sont tenus, n’évoluent pas. La France veut toujours rester la mère-patrie, freinant aussi la politique de l’Union européenne et d’autres institutions internationales. Alors que la France, si elle était européenne, devrait se mettre derrière l’Union européenne, et savoir se taire ou s’effacer pour laisser la place à l’Union européenne.

Troisième phrase : « Ses habitants ne viendront même pas faire du tourisme en France. »

Cette phrase semble être la plus complexe de cet extrait. Pourtant, Emmanuel Macron y dit beaucoup de choses qui lient l’Afrique à la France, et qui font que les Africains viennent dans son pays. Les motifs des voyages des Africains en France vont des études, aux visites d’Etat en passant par les voyages d’affaires, les évacuations sanitaires, les missions de services… Cependant, le tourisme semble être relégué au bas de l’échelle.

Notre analyse est soutenue par le groupe de mots « même pas » qui fait allusion à une réduction ou une abstraction. Ceci veut tout simplement dire que le vaccin contre le coronavirus sera l’une des conditions d’entrer en France pour les Africains. La France, Etat souverain, a le droit d’imposer cette condition. Mais, Emmanuel Macron oublie que son pays fait partie de l’Espace Schengen et est membre de l’Union européenne. Les Africains peuvent donc obtenir les visas d’un autre pays de l’Espace Schengen et entrer librement en France.

Quatrième phrase : « L’Asie peut nous trahir mais pas l’Afrique, ce continent sait là où il était et comment l’Europe l’a aidé. »

Cette phrase doit sa teneur à conjonction « mais » qui sert de transition et marque une différence. Dans ce cas précis, il introduit une restriction. Pourtant, dans la première proposition, elle fait allusion à un regret. « L’Asie peut nous trahir  ». En quoi l’Asie a trahi la France ou l’Europe ? Parce qu’elle a réussi à sortir du contrôle des anciennes puissances occidentales et crée, aujourd’hui, ses propres concepts, maquettes et plans de développement. Et, qu’elle se passe de ceux que lui présentaient jadis les pays européens ? Mais, si la France regrette ou est jalouse de l’envol ou l’indépendance des pays asiatiques, elle a un mauvais cœur. Puisque d’autres pays, en l’occurrence le Royaume uni, encourage le développement spectaculaire des pays asiatiques. Pour preuve, les universités anglaises ont des campus dans beaucoup d’universités des pays asiatiques. Ce qui donne aux étudiants de ces pays de suivre les mêmes cours, d’avoir les mêmes diplômes ou de venir terminer leurs études en Angleterre. Aussi, trouve-t-on les produits fabriqués dans ces pays sur le marché anglais pour soutenir cette croissance économique. Ce que la France ne fait pas.

Mais, c’est dans la deuxième partie de cette phrase qu’Emmanuel Macron révèle son ignorance sur l’Afrique et sur l’histoire de ce continent.

Une petite anecdote. Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, dit avoir choisi l’histoire à l’université, parce qu’il rêvait être président de son pays. Il pensait et en était convaincu que c’est la connaissance de l’histoire de l’Afrique qui allait l’aider à bien gérer son pays. Nous voulons tout simplement dire que connaitre l’histoire de son peuple peut aider à bien gouverner. Emmanuel Macron est financier. Peut-être pensait-il que la finance allait l’aider à être un bon président. Ce qui est faux et qui vérifie dans la gestion de la France, plus particulièrement dans celle de la pandémie du coronavirus où les lobbies pharmaceutiques influencent sa politique de santé, et où il donne l’impression de se comporter comme le père de Léandre, dans Les Fourberies de Scapin, une comédie de Molière. Macron, le financier, ne veut pas sortir l’argent public pour sauver les Français de la pandémie du coronavirus.

« L’ignorance est un danger que tout homme doit éviter ». Or, cette phrase d’Emmanuel Macron montre suffisamment que le Président français ne connait pas l’histoire africaine. Il ignore que l’Afrique héberge une ancienne grande Nation, l’Egypte, peuplée et dirigée par des noirs, qui était la première puissance mondiale. Et, quand l’Egypte était la première puissance du monde, la France n’était qu’une jungle ! Que « si les Européens et les Arabes n’étaient pas venus en Afrique pour piller ses richesses naturelles et humaines, et imposer leurs religions, les grandes puissances économiques du monde seraient toutes africaines  ». Ecrivons-nous dans notre roman You are mum ! You are dad ! Editions Edilivre.

La lecture des filigranes

La lecture ressort une menace et une ambition de vouloir toujours dominer l’Afrique. Alors que l’Afrique a grandi et n’a plus besoin du lait maternel. Néanmoins, Emmanuel Macron n’ignore pas l’histoire de l’Afrique, mais aussi celle du pays qu’il dirige et qui, pourtant, a accouché le principe de souveraineté nationale. Un principe qui a ses racines dans l’antiquité mais qui est aujourd’hui associé à l’idée de Nation par la révolution française. Comme la France et les Français, tous les Etats et tous les peuples du monde aspirent, eux aussi, à cette souveraineté. Pourquoi la France ne veut-elle pas partager avec les autres Etats les valeurs qu’elle a obtenues au bout des luttes et des révolutions ?

Les Africains, obligés de développer la corporation

Cependant, pour faire comme les pays asiatiques qui ont échappé de la domination des puissances occidentales et qui sont devenus des pays émergents, les pays africains doivent créer leur propre modèle, leurs propres concepts, maquettes et plans de développement. Mais, ce qui semble être urgent dans cette guerre d’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial, est l’organisation du Capital humain africain en corporation. Que les historiens se regroupent entre eux pour faire connaitre l’Afrique à ceux qui ignorent son histoire. Que les chercheurs s’associent et travaillent ensemble sur les produits qui peuvent aider à soigner le coronavirus avec la pharmacopée africaine. Que les économiques s’organisent pour élaborer les plans de développement ; les sociologues, les bases de la fondation des Etats-Unis d’Afrique ; les financiers, celles de la monnaie unique. Car, nous devrons prouver que même si la France coupait toutes relations avec l’Afrique, ce continent ne disparaitra pas du monde.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain