Alassane Ouattara, de ses propres aveux, ne se présentera pas aux prochaines présidentielles en Côte-d’Ivoire. L’opinion a félicité le geste même si le gars n’a fait que respecter la Constitution qui lui interdisait un troisième mandat. Du coup tout le monde a les yeux tournés vers les autres dictateurs du continent noir. Suivez notre regard.

Monsieur le Secrétaire général, nous ne voulons pas, d’entrée de jeu, nous immiscer dans la gestion de votre parti, le Parti Congolais du Travail (Pct). Puisque nous n’en sommes ni militant ni sympathisant.

Mais, permettez nous, tout de même, qu’en tant que Congolais épris de paix et ouvrier dans la construction de la Nation et du Peuple congolais que nous apprécions le choix du candidat à la prochaine élection présidentielle, celle de 2021, que votre parti a fait, au cours de son dernier congrès qui a eu lieu, à Brazzaville, du 27 au 30 décembre 2019. Et qui porte sur la personne de Denis Sassou Nguesso. Nous voulons aussi dire un mot sur votre première et grande activité politique à savoir la mobilisation des militants de votre parti et ceux de ses alliés lors de la visite de travail de Denis Sassou Nguesso à Pointe-Noire.

Chrétien, journaliste et écrivain, donc prophète de notre temps, nous nous sentons dans l’obligation, comme les prophètes de la bible qui parlaient au peuple d’Israël et à ses rois, de vous parler et de tirer la sonnette d’alarme pour vous informer sur les dangers que présente le choix que votre parti a porté sur la personne de Denis Sassou Nguesso, comme candidat à l’élection présidentielle de 2021. Car, mieux vaut prévenir que guérir.

Nous, ouvriers de la Nation et du Peuple congolais

Dans nos écrits : œuvres littéraires, essais et articles de presse, post publiés dans les réseaux sociaux, nous avons souvent fait l’onomastique du mot Congo ou Kongo pour sortir à partir de la racine Ngwe, Ngo ou Ngoué auquel on ajoute soit un préfixe soit un suffixe pour avoir certains noms patronymiques, des rivières et des villages, afin de sortir la vraie signification du nom de notre pays, et prouver que le Congo est une Nation, et les Congolais, un Peuple.

A travers le nom de notre très cher pays et quelques noms patronymiques comme Kungwe ou Kongoué, Mbongo, Mbongoué chez les Mbongo ou Mbenga que votre pouvoir a débaptisé en leur donnant le nom de « peuples autochtones  » comme si leurs noms initiaux n’avaient pas de sens ; Angwe ou Angoué, Edingwe chez les Ngala ; Mengo, Mongo, Kuengo et Ongoué ou Ongwe, Ngoayoulou chez les Teke ; Nzongo, Kongo, Ngongo et Ngo ma sesse (devenu Goma Tsé-tsé) chez les Nsundi ; ainsi que Ngoma, chez les Loango et Kota, nous pouvons reconstituer l’écosystème social du Congo que Denis Sassou Nguesso a fragilisé, depuis son accession au pouvoir. Heureusement, millénaire et devenu naturel, cet écosystème a résisté et résiste encore. Mais, jusqu’à quand résistera-t-il puisque votre pouvoir veut le détruire complètement ?

Aussi, voulons-nous vous rappeler, pour vous rassurer de la véracité de notre discours et de la peine que nous sentons en écrivant cet article, que dans la deuxième page de notre télégramme envoyé à Mgr Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, nous avons proposé que l’apostolat de la Confrérie Cardinal Emile Biayenda soit focalisé sur la paix et l’unité du Congo. Le Cardinal Emile Biayenda étant un martyr de la paix et de l’unité nationale.

Revenons à nos sujets

Le choix du candidat de votre parti à la prochaine élection présidentielle qui aura lieu, selon le calendrier politique de votre pouvoir, en 2021, et votre première et grande activité politique.

Le choix de Denis Sassou Nguesso

Monsieur le Secrétaire général, vous savez mieux que nous et en votre âme et conscience que Denis Sassou Nguesso n’a jamais gagné une élection présidentielle libre et transparente. Il a toujours utilisé les armes pour voler la victoire du peuple. Il en est de même pour votre parti qui, à chaque élection, est obligé d’organiser un holdup ou d’user la violence pour avoir des élus. Etes-vous sûr que c’est en 2021 que Sassou Nguesso et votre parti vont opérer des miracles et gagner librement ? Alors que le bilan de Sassou Nguesso de quarante ans à la tête du pays est totalement négatif. Que des crimes de sang, de démocratie et économiques.
En plus, partant du tribalisme qu’il a érigé en une doctrine politique, sociale et économique, il est le seul responsable de la crise multidimensionnelle que connait le Congo.
Non seulement sa gouvernance est très mauvaise et décriée par l’opinion nationale et internationale ; mais il est lui-même impliqué dans les crimes de sang, de démocratie et économiques qui ont eu lieu dans le pays. Il ne se passe pas un mois, pour ne pas dire une semaine, sans que les Sassou ou les Nguesso soient éclaboussés par les Ong internationales ou ne défraient la chronique.

Pire, ses homologues présidents ou chefs de gouvernements ne le prennent plus au sérieux. Comme le prouvent son voyage à Paris lorsqu’il n’était pas reçu, au pied de son avion, par un officiel français ; sa réception par le ministre français des Affaires étrangères qui lui avait sommé de libérer les prisonniers politiques, notamment Jean-Marie Michel Mokoko ; son entrée à l’Elysée par la petite porte, sans tapis rouge, fanfare et presse nationale et internationale accréditée à l’Elysée ; son petit entretien avec le secrétaire général des Nations unies, lors du sommet de Paris sur le climat, et au cours duquel il s’était fait remonter les bretelles ; mais il y a aussi, dernièrement, le refus du premier ministre britannique, Boris Johnson, de lui serrer la main parce qu’elle dégouline de sang. Sassou Nguesso étant un criminel. Nous ne voulons pas y ajouter la pression des lobbies anglophones qui veulent que les dictateurs de l’Afrique centrale ainsi que ceux de la région des Grands lacs libèrent l’espace politique de leurs pays respectifs. Devant ce décor Sassou Nguesso est obligé de retenir longtemps ses interlocuteurs en serrant leurs mains, pour qu’il ait le temps de se faire filmer et de se donner du courage à travers ces images. Pourtant, on voit bien qu’il n’a pas bonne mine lorsqu’il est dans ces grands milieux.

Devant ce tableau qui suscite, à la fois, pitié et révolte, ne pensez-vous pas, Monsieur le secrétaire général, que la coupe est bien pleine. Et, qu’il faudra sauver le peu d’honneur et de dignité qui lui reste ? Sassou Nguesso est aussi un père de famille. Un patriarche qui a des neveux, fils, petits-fils et arrières-petits fils et qui a besoin d’honneur et de dignité devant sa descendance bien qu’il soit un homme politique, public et chef de votre parti.

Craindre la scission du pays

Mais, ce qu’il faut retenir et craindre déjà est que la candidature de Denis Sassou Nguesso à l’élection présidentielle de 2021, soit vécue comme une provocation par les Congolais, notamment ceux de la partie australe du pays qui sont victimes de sa politique, et qui sont visés par l’Opération Mouébara qui est destinée à dépeupler le sud du Congo. Ces compatriotes veulent répliquer en dépoussiérant le projet de division du Congo en deux, et celle de la création d’un Etat indépendant que l’on appelle déjà Sud Kongo. Nous vous informons que l’opinion qui soutient cette thèse va grandissante dans le pays et dans la diaspora, et que plusieurs institutions internationales sont déjà informées de cette réplique que les Congolais du sud pourront faire à la candidature de Denis Sassou Nguesso à la prochaine élection présidentielle. Et, nous sommes sûr que cette scission ne se passera pas sans faire couler le sang des Congolais. Denis Sassou Nguesso ayant déjà le goût du sang.
Néanmoins, les questions que les Congolais se posent sont, entre autres, celles-ci : pourquoi encouragez-vous Sassou Nguesso d’aller jusqu’au suicide alors qu’il peut négocier sa sortie ? Pourquoi veut-il être candidat à sa propre succession alors qu’il a lamentablement échoué et mis le pays dans un gouffre. Son entêtement ne serait-il pas provoqué par la peur du principe de votre parti : « Tu avances, on te suit. Tu t’arrêtes, on te pointe. Tu recules, on t’abat.  » ? Pense-t-il, un instant, à ce que pourront devenir ses enfants et petits-enfants lorsque lui, le patriarche et le grand protecteur de la famille et du clan, ne sera plus de ce monde ? Pourquoi veut-il leur laisser un héritage fait de conflits ou des affaires dont lui seul est responsable ? N’y a-t-il pas au sein de votre parti, le Pct, des cadres qui sont dignes d’être présentés à une élection présidentielle que Denis Sassou Nguesso ? Votre parti politique ne peut-il pas, cette fois-ci, épargner le pays d’un autre conflit postélectoral qui s’annonce plus sanglant que les précédents vu le nombre des mercenaires étrangers en augmentation, et l’arsenal militaire stocké à Tshombitsho, la caserne privée de Sassou Nguesso. Où sont les députés démocrates pour interpeller le gouvernement sur l’existence de cette caserne privée. Qui seront les victimes de cette énième guerre politique ? Encore les populations du Pool puisque le département est toujours assiégé, depuis la dernière guerre ? Redevenez des humains, au Parti Congolais du Travail ! Néanmoins, vous devez craindre que ce conflit se généralise et gagne les pays étrangers là où vous, les dignitaires du pouvoir, avez mis à l’abri vos familles, acheté des appartements et caché l’argent des Congolais.

Votre première grande activité politique, ratée !

Après votre élection, pour ne pas dire nomination comme le font croire vos détracteurs, les Congolais s’attendaient à ce que votre parti sorte de ses vieux schémas : mensonge politique, idolâtrie, déification du président de votre parti...

Malheureusement, la première et grande activité politique que vous avez organisée, l’accueil de Denis Sassou Nguesso à Pointe-Noire où il s’est rendu pour une visite de travail, a montré que la médiocrité, la barbarie et la dictature sont intrinsèques au Parti Congolais du Travail. Bon gré mal gré, cette visite a eu les allures d’une campagne électorale. Or votre pouvoir interdit aux leaders politiques de l’opposition de rencontrer leurs militants ou de parler aux Congolais, pas même à travers les médias qui appartiennent au peuple à savoir la radio et la télévision nationale. Pire, vos militants ont crié victoire dans les réseaux sociaux avec des cris :« Pointe-Noire est tombée ». Mais, c’est la pancarte sur laquelle était écrit « Diaspora du nord  » qui révèle et résume la conception du pays que se fait votre pouvoir à laquelle beaucoup de nos sœurs et frères du Nord ont adhéré par ignorance. C’est vraiment triste ! Vous avez vu cette pancarte, et vous ne vous êtes pas scandalisé. Scandaleux !

Aussi, la ville morte décrétée, comme au vieux temps du monopartisme, par les autorités politico-administratives de la ville économique du Congo, les menaces de fermeture des boutiques et des ateliers ainsi que celles qui ont étaient faites aux vendeurs des marchés en cas de désobéissance à l’ordre de votre parti, et les somations aux églises ont fait rater votre première et grande activité politique. Tout cela montre bien que le Congo est bel et bien une dictature.

Achetez votre indulgence : faites comme Ouattara.

Armand Zanzala, journaliste et écrivain