Congolaises Congolais,
Mes chers compatriotes,

L’année 2017 vient de s’achever.

En cette année 2018, les Assises Nationales du Congo, par ma voix, vous apportent un soutien indéfectible dans la lutte pour un Congo meilleur. Le despotisme de l’année 2017 a été le pire depuis la crise politique issue du coup d’état militaire d’octobre 1997.

L’obsession du changement de Constitution au moyen des armes en octobre 2015, exacerbée par la fabrication d’une guerre contre les populations civiles dans le département du Pool, pour détourner l’attention de la communauté internationale du hold-up de l’élection présidentielle du 20 mars 2016, a plongé notre pays dans une crise sans précédent qui vient d’être mise à jour par les différentes missions du Fonds Monétaire International (FMI).

Même dans les périodes les plus sombres de notre histoire, les populations congolaises n’ont vécu un tel délabrement de nos institutions de santé publique. En ce sens, la fermeture du Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville (CHUB), le plus grand centre hospitalier du pays, constitue une première en Afrique.
Jamais notre pays n’a connu une faillite économique et un endettement aussi insupportables.

Jamais notre pays n’a amassé tant de ressources financières ; et pourtant nos populations se retrouvent parmi les plus pauvres du monde.
Jamais, enfin, la situation des droits et libertés fondamentaux ne s’est trouvée aussi aggravée. Des cas patents d’atteintes aux droits humains sont devenus légion : arrestations arbitraires, emprisonnements, embastillements, enlèvements, éliminations sommaires, empoisonnements, tortures, viols, etc.

Mes chers compatriotes,

Au regard de tous ces faits, les Assises Nationales du Congo, compatissent aux difficultés multiformes que les Congolais rencontrent au quotidien : salaires, bourses et pensions impayés ; chômage, maladies, décès, famine ; errance dans les forêts du Pool et dans les départements limitrophes ; insalubrité dans les grandes villes et érosions avec perte d’habitats.

Aussi, face à ce chaos dans lequel sombre notre pays, les Assises Nationales du Congo, ne ménagent aucun effort pour montrer au monde entier la situation réelle que vit notre pays.

Nous avons contré le mensonge d’Etat, en portant sur tous les fronts internationaux le cri de détresse des Congolais qui survivent dans une misère indescriptible. Cette extrême pauvreté est inacceptable au regard des richesses qui ont été amassées, détournées, cachées dans les paradis fiscaux ou englouties dans l’acquisition des armes qui servent à intimider et à tuer le peuple.

Mes chers compatriotes,

Le responsable majeur de cette banqueroute financière, de la gabegie économique et de ces atteintes à nos droits fondamentaux, n’est autre que le Général-tyran Denis Sassou-Nguesso.

Il est la cause majeure de toutes les souffrances que connaissent, aujourd’hui, les Congolais de Bétou à Pointe-Noire, et de Liranga à Kelle.

Comment notre pays peut-il sortir de cette impasse, sans retomber dans les travers de la mauvaise gouvernance, largement mise à l’index par la Conférence Nationale Souveraine de 1991 ?

Nous avons commencé à fissurer le mur du silence diplomatique qui s’était érigé contre le Congo. Grâce à vos apports, nous avons pu informer le monde entier sur l’extrême cruauté du régime dictatorial terreur qui nous gouverne.

Les Assises Nationales du Congo restent convaincues que, sans une refondation préalable du pacte politique, sans la réhabilitation de l’Etat de droit démocratique, sans le préalable politique qui intègre l’éthique de la gouvernance, le FMI n’apportera aucune rénovation durable sur les structures financières et économiques congolaises.

Ce qu’il nous faut, c’est de créer, dorénavant, les conditions permissives et irréversibles de l’unité de la Nation. Cette œuvre doit être menée sans le Général-tyran qui est la cause même de la désagrégation du peuple congolais. Ceux qui préconisent la solution du dialogue avec le pouvoir de fait, oublient qu’on ne peut pas transformer un pyromane en sapeur-pompier. C’est sa nature intrinsèque qui, depuis 1977, repose sur un triptyque criminogène bien rodé, à savoir : le meurtre politique, le coup d’Etat permanent et le détournement des deniers publics.

La fin du système actuel nous permettra de reconstruire méthodiquement notre vouloir-vivre-ensemble, notre économie et notre démocratie, sur des bases nouvelles. C’est au travers d’une commission Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation que seront établies, les responsabilités sur les crimes humains, politiques et économiques. On ne doit plus parler d’impunité ou de réconciliation sans justice. C’est pourquoi, pour une première fois, dans l’histoire de notre pays, confions, dans un cadre organique et procédural consensuel, à nos magistrats, à nos avocats et aux meilleurs de nos juristes qualifiés, la responsabilité historique de nous tracer le chemin juridique de la réconciliation et de la paix.

L’unique défi immédiat, qui désormais doit préoccuper le peuple congolais dans son ensemble, est celui de la fin du régime de Sassou Nguesso et de son système.
Cette exigence suprême des populations congolaises ne peut plus être masquée par des démarches dilatoires de type dialogue et amnistie, surtout lorsque ceux-ci sont organisés dans le cadre d’une constitution inique, rejetée par la grande majorité de la population, et par laquelle est consacrée l’impunité du Dictateur-tyran. C’est à la justice refondée de dire le droit et d’établir les responsabilités. Tel est l’horizon immédiat que les Assises Nationales du Congo préconisent pour le Congo : se débarrasser de la tyrannie. A moyen terme, l’horizon est de réussir une transition vers un Etat de droit démocratique, garant de la paix, de la stabilité politique et économique, du progrès social et écologique.

Héritiers d’une longue histoire faite de persécutions, nous savons que le salut de notre pays ne viendra que de notre propre action combattante.
Voilà le défi suprême qui nous incombe à nous tous, filles et fils de ce Congo meurtri et disloqué. En effet, l’histoire des nations nous montre qu’un peuple n’est jamais vaincu par une dictature quelle qu’elle soit.

Mes chers compatriotes.

Comme un seul homme, levons-nous ensemble, pour mettre fin au régime de terreur qui nous étrangle, pour relever la veuve et l’orphelin et écrire, ensemble, les pages du nouveau Congo libre que nous voulons.

Que l’année 2018 soit une année de libération de notre pays, le Congo.
Vive le Congo, un et indivisible.
Vive la République.


Paris, le 06 janvier 2018
Le Coordonnateur Général
MAWAWA G. Mâwa-Kiese

Assises Nationales
du Congo
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du 20 mai 2014
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