L’écrivain Jean-Baptiste Tati Loutard, ministre congolais des hydrocarbures à été évacué vers Paris après être tombé dans le coma. Cette information nous a été confirmée par une personnalité très proche de lui.
Jean Baptiste Tati Loutard , né le 15 décembre 1938 à Ngoyo dans la commune de Pointe-Noire, est un écrivain et poète considéré comme l’une des voix majeures de l’Afrique francophone, il a publié une dizaine de recueils de poésie et obtenu divers prix.
« Le poète est ce grand oiseau qui bat des ailes pour éventer le réel afin que celui-ci respire mieux aux yeux de l’homme. »
Son activité poétique, déployée sur une trentaine d’années, a donné forme à une réflexion profonde sur l’art et la vie, la nécessaire réconciliation des contraires, la facticité de l’existence et le douloureux passage du temps.
Éminemment lyrique, la poésie loutardienne convoque les éléments de la nature dans un double mouvement contemplatif et réflexif. Parmi les éléments, la mer occupe une place privilégiée, aux côtés de l’élément féminin, abondamment célébré. La petite somme philosophique que constituent les maximes de La Vie poétique trouve des prolongements épars dans l’œuvre en prose.
Après des études de baccalauréat au lycée Chaminade, à Brazzaville, Jean-Baptiste Tati-Loutard amorce une première carrière de professeur. De 1961 à 1966, il fait des études de lettres en France (Bordeaux), obtient une licence de lettres modernes (en 1963) et d’italien (en 1964), puis enseigne la littérature et la poésie au Centre d´études supérieures de Brazzaville. Devenu leader du mouvement culturel congolais, Tati-Loutard occupe divers postes de gestion supérieure, notamment directeur de l’Ecole supérieure des lettres, directeur du Centre d’enseignement supérieur de Brazzaville, puis doyen de l’Université des sciences humaines. A partir de 1975, il conjugue la vie littéraire et la vie politique et devient tour à tour ministre de l’Enseignement supérieur, de la Culture, des arts et du Tourisme. Après être retourné à l’enseignement pendant quelques années, il devient ministre des Hydrocarbures en 1997. Tant dans sa vie d’écrivain et d’homme politique, Jean-Baptiste Tati Loutard travaille à fournir des réponses africaines aux défis de la condition humaine.
Poésie
1968 - Poèmes de la Mer, Yaoundé, CLE
1968 - Les Racines congolaises, Paris, Pierre-Jean Oswald
1970 - L’Envers du Soleil, Paris, PJO
1974 - Les Normes du Temps, Lubumbashi, Mont noir
1977 - Les Feux de la Planète, Dakar, NEA
1982 - Le Dialogue des Plateaux, Paris, Présence africaine
1985 - La Tradition du Songe, Paris, Présence Africaine
1992 - Le Serpent austral, Paris, Présence Africaine
1996 - L’Ordre des Phénomènes, Paris, Présence Africaine
1998 - Le Palmier-lyre, Paris, Présence Africaine
2007 - Oeuvres poétiques, Présence Africaine
Autres écrits
1976 - Anthologie de la littérature congolaise, Paris, C.L.É.
1977 - Les Feux de la planète, Nouvelles Editions Africaines
1980 - Nouvelles chroniques Congolaises, Paris, Présence Africaine
1987 - Le Récit de la mort, Paris, Présence Africaine
1998 - Fantasmagories, Paris, Présence Africaine
2003 - Nouvelle Anthologie de la littérature congolaise, Paris, coll. « Monde noir », Hatier International
2006 – Le Masque de Chacal, Paris, Présence Africaine
Bibliographie critique
Nkashama, Pius Ngandu. Enseigner les littératures africaines. Collections études africaines 1 (2000).
Planque, Joël. Jean-Baptiste Tati-Loutard, Paris Éditions Moreux, coll. Archipels littéraires, 2001, 189 p.
Thompson, Peter S. « Negritude and a New Africa. » Research in African Literatures 33.4 (hiver 1992) : 58-61.
Wylie, Hal. « World Literature in Review : Congan. » World Literature Today. 66.1 (hiver 1992) : 35 37.
Prix et distinctions
1999 - Prix Tchicaya U’Tamsi, pour l’ensemble de son oeuvre poétique
1992 - Médaille de Vermeil du rayonnement de la langue française, Académie française, pour l’ensemble de l’oeuvre et sa contributiion au rayonnement de la langue française
1989 - Palmes violettes, pour sa carrière d’enseignant
1987 - Prix pour la poésie Toute l’Afrique Okigbo, pour La Tradition du Songe
1987 - Grand Prix littéraire de l’Afrique Noire, pour Le Récit de la Mort
1982 - Prix des Lettres Africaines Alioune Diop, pour Nouvelles Chroniques Congolaises
[1982] - Prix Simba, pour l’ensemble de son œuvre
Médaille d’officier des Arts et Lettres de la République française
Membre de l’Académie mondiale de poésie
Membre du Haut-Conseil de la Francophonie
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