
Avez-vous fait attention aux titres de la rentrée littéraire de ce mois de janvier 2006 ? Mon Dieu, qu’est-ce qu’on apprend des choses ! A croire que les auteurs se concertent avant de choisir les titres des romans ! Et parfois cela nous passe sous le nez parce que nous ne faisons pas trop attention a ces petits détails. Regardez bien les titres de ces livres, et vous constaterez qu’un autre roman s’écrit en toile de fond... et que, le plus souvent, les romans se parlent entre eux- du moins par les titres !
La Météo

Bon, il faut bien que j’illustre ce que je viens de dire. C’est simple, prenez par exemple cette charmante animatrice de
télévision, Elizabeth Tchoungui, - une des rares personnes de couleur présentatrice dans une chaîne hertzienne en France - qui vient de commettre un premier roman chez Plon, et dont le titre diluvien est : Je vous souhaite la pluie. Et paf, n’allez pas chercher loin puisqu’un autre auteur africain, un certain Mbarek Ould Beyrouk, qui se moque des souhaits de Tchoungui « lui répond » en publiant chez Dapper un livre au titre plaintif : Et le ciel a oublié de pleuvoir.
Mais qu’est-ce qu’ils ont donc avec la météo, ces écrivains ? S’ils nous souhaitent la pluie, c’est tant mieux, surtout pour ceux qui vivent dans le désert où le ciel oublie vraiment de pleuvoir...
Le Bonheur
Du côté de la satisfaction, du bonheur, on ne pouvait pas faire mieux : le dynamique et omniprésent Philippe Sollers publie chez Gallimard : Une vie divine. Le pied, quoi. Que rêver de plus, hein ? C’est pour cela que Marie Dominique Lelièvre lui vole ce bonheur en intitulant son roman paru chez Flammarion, Je vais de mieux en mieux. Cela avait pris du temps, mais c’est de mieux en mieux ! Et comme ces deux auteurs n’ont pas le monopole des titres du bonheur, Jean Rouaud, préfère intituler par précaution son roman L’Imitation du bonheur (Gallimard). En toute chose, il faut commencer par l’imitation. Et c’est pour cela que l’auteur des "Champs d’honneur" est grand !
La Haine
Le Bonheur, vous avez dit ? Cela n’allait pas durer longtemps puisque plusieurs auteurs "s’insurgent" contre. Voyez donc cet écrivain, Marc Villemain qui donne pour titre à son roman paru chez Maren Sell : Et je dirai au monde toute la haine qu’il m’inspire. Allons, Marc, on est si méchants dans ce monde ? C’est là que mon ami Salim Bachi vient pourrir les choses en prenant un decret sans voies de recours : Tuez-les tous, roman bref, réussi, paru chez Gallimard et qui m’a bouleversé. Je crois que c’est le récit le plus étrange de cette rentrée. On voit un « Kamikaze » chargé par "L’Organisation" de participer le 11 septembre au détournement de l’avion qui
percutera les tours jumelles de la World Trade Center. C’est une première que de lire enfin une fiction dans laquelle le lecteur se mettra dans la peau d’un terroriste du 11 septembre et vivra l’angoisse du kamikaze pendant les heures qui précèdent l’évènement le plus marquant de l’année 2001, évènement qui a modifié le monde depuis. Les pages dans les discothèques de Portland (USA) sont d’une vraisemblance stupéfiante pour un auteur qui n’y a jamais mis les pieds... C’est vous dire que vous ne vous ennuyerez pas avec ce livre !!! Cher Salim, penses-tu un jour passer les frontières de l’Amérique après ce livre qu’on prendrait pour le "testament" du célèbre terroriste du 11 septembre, Mohammed Atta ???
La belle époque des Cantiques
On pourrait multiplier les titres de romans et voir comment ils se parlent. En allant chez votre libraire pensez-y, vous verrez. Ceci me fait penser d’ailleurs au mot "cantique" choisi comme un mot de leur titre par trois amis différents et qui ne se connaissent pas : Cantique de la racaille (de Vincent Ravelec, chez Flammarion), Cantique des cannibales ( de Florent Couao-Zotti, au Serpent), Cantique des tourterelles (d’Ernest Pépin, Chez Ecriture).
Et comme je ne savais plus quel cantique lire, j’ai ouvert le Cantique des Cantiques de ma Bible pour me retrouver dans ces vertiges de titres...
Le fait est en effet troublant cher Alain Mabanckou. Mais que devrait-il induire : une réflexion sur la concomitance sémantique dans la psychologie de chacun de ces auteurs, ou alors une interrogation sur les motivations du moment dans la mercatique des maisons d’éditions ? On a bien compris que je me demande là à qui, en fin de compte, revient la paternité du titre. Rien que ces deux dernières semaines, j’ai entendu ici ou là (principalement à la radio) deux ou trois auteurs (je ne sais plus lesquels, mais pas forcément africains) confesser que le titre de leur dernier ouvrage n’était pas d’eux, et qu’en réalité ils avaient adhéré au choix fait par la maison d’édition. Car en effet, que l’on trouve tel titre dans la littérature d’aujourd’hui, répondant plaisamment - et bien entendu fortuitement (sinon ce n’est pas drôle) - à tel autre titre de la littérature des années passées, voilà qui pourrait susciter en effet un étonnement amusé. Mais que l’on retrouve, non pas la même année, mais carrément à la même rentrée des coïncidences sémantiques, des synchronies de thèmes (dans le cas des titres "pluviométriques"), voilà qui, au-delà de l’étonnement, ne peut manquer de susciter chez nous de la suspicion (rires). Bien à vous.
Ce post d’Alain me fait penser à la charmante Fawzia ZOUARI de JA/I qui il y a quelques semaines évoquait certains titres parus en France au sujet de certaines femmes « issues des terres d’Islam » qui avaient eu des parcours plus ou moins similaires : brûlées vives, mutilées, etc. Elle évoquait cela avec une pointe de déception. C’est vraiment troublant en effet ces similitudes au niveau des titres. L’éditeur est d’abord et avant tout un commerçant, et à ce titre, il se doit d’accrocher, d’attirer, d’alpaguer le chaland. Qu’est ce qui nous pousse à acheter le livre d’un auteur « nouveau » ou inconnu à nos yeux ? Difficile de répondre. Certaines personnes s’inspirent des émissions littéraires à la TV ou des émissions où les auteurs apparaissent a ce palmarès, Th. ARDISSON et son tout le monde en parle arrive en tête (selon un sondage paru en fin d’année dernière, je n’ai plus les chiffres ni la source). Personnellement, le titre m’importe peu, c’est plutôt le texte de la dernière page qui emporte souvent mon adhésion, loin devant la maison d’édition et la nationalité de l’auteur. @+, M82
Cher Alain,
Je n’irai pas tenter le diable, si cela répond à ta question. Les États-Unis attendront... Je pense plutôt à l’Espagne en ce moment, après huit siècles d’absence. Je te remercie de tout coeur pour ce coup de projo bloguesque...
rectification, après cinq siècles et des poussières...d’absence
tiens Salim... Je me permets de venir faire un tour ici pour te signaler que tu as toujours en ta possession un livre qui m’appartient... avant que tu ne disparaisses de nouveau....
mais c’est ce cher nicolas ! si tu fais référence au célèste "ce jour viendra" d’un certain a.benmalek, je peux t’assurer que ce n’est pas une grosse perte. je te l’échangerai par le livre de ton choix. j’ai pas mal déménagé ces derniers temps, mais je me ferai un plaisir de te revoir.
Bonjour à tous,
Bien que je sois chez moi ici, veuillez m’excuser pour cette intrusion. N’ayant pas le mail de DIVA, je profite de l’espace de ce dernier sujet, pour lui dire, ainsi qu’à tous les fréquenteurs du mbongui du village MABANCKOU, que j’ai bien reçu le chèque qu’elle a envoyé à mon adresse en guise de participation à l’opération d’envoi de livres "d’auteurs africains" à la Bibliothèque de OUENZE au Congo-Brazzaville. Initiative qui, je le rappelle est née ici, sous nos yeux à tous.
Je suis particulièrement ému. MAIS VRAIMENT EMU. D’abord par cette confiance que me font les membres de ce village virtuel BAKIMA (depuis ses U.S.), KITMIEN (depuis le pays de la TERANGA) ont aussi envoyé leur quote part (et pas des moindres). Pour les autres (Mère Evé, Ndoi), c’est un peu différent car on se connaissait déjà (réellement ou virtuellement) avant d’arriver sur ce blog.
Du virtuel au réel, c’est une utopie avec laquelle je vis depuis 5 ans. C’est vrai, je me fais chambrer. je me fais moquer. On me dit que je suis devenu un accro d’Internet, et que je ne peux plus vivre sans. c’est devenu une drogue pour moi.
Non frères et soeurs, Internet n’est pas une drogue pour moi. Sauf que j’y crois dur comme fer. JE CROIS EN INTERNET. Aussi je me fais chaque jour violence pour y aller. ça fait 5 ans que je suis quasi-quotidiennement présent sur Internet. Non chers amis, c’est pas pour m’amuser. JE CROIS EN INTERNET. Je l’ai répété mille fois et je le dis partout où je passe, que "l’Afrique serait la plus grande bénéficiaire des autoroutes de l’Information si seulement nous savions nous en servir à bon escient". L’Internet est la voie du salut pour l’Afrique. Malheureusement 1% d’africains seulement l’ont déjà compris.
L’association NOUVELLE ELITE, dont je suis le Président (par défaut), et qui a servi de levier à cette opération d’envoi de livres à Brazzaville est née elle même sur Internet, sur le forum de Congopage et de la rencontre des gens qui ne se connaissaient pas auparavant. On l’a commencé ici, nous étions 2. Eliane C. et moi. J’ai dû afrronter toutes les foudres de guerres afin d’aller jusqu’au bout de cette initiative dans de conditions particulièrement éprouvante (merci Richard. Songo bien sûr, le Webmaster de ce site). Il a fallu que je me batte tous les jours contre tous les détracteurs. A présent cette association est officiellement déclarée en FRANCE et au Congo. Selon l’architecture que je souhaitais, c’est 2 points d’ancrage étant comme les 2 piliers essentiels du Viaduc de MILLAU. Restait maintenant à faire passer les voitures et les camions.
Arrive donc cette rencontre ici sur le blog de MABANCKOU d’avec Francis HERISSE, et surtout aussi le rôle catalyseur joué par Ndoi, que j’avais connu quelques mois auparavant sur un autre site frère. Un petit miracle est véritablement entrain de se produire, exactement comme je l’avais toujours rêvé. Nous avons pu récolter des 4 coins du monde, près de 350 euros. Sans compter la quarantaine de livres que nous avons pu également récupérer par ci, par là. Certains les puisant de leur bibliothèque personnelle, d’autres allant les acheter à occasion dans les librairies et d’autres encore à ....EMMAUS. Livre en parfaite état. Avec les sous récoltés, nous allons compléter les livres manquant en allant les acheter auprès de 2 Editeurs dont je sais pas si j’ai droit de citer les noms ici (pub gratuite ?). Les achats se feront ce samedi 14. Et tous les livres seront envoyés pour Brazza à la fin de ce même mois de janvier 2006.
J’ai commencé par verser une larme en parlant de DIVA (dont la participation est vraiment conséquente), je terminerai en versant une autre larme pour le geste de Destinée, cette jeune étudiante congolise (qui n’intervient pas ici) mais qui, ayant appris sur un site Web frère, l’info de cette collecte de livres pour la bibliothèque de Ouenzé, née sur le blog de MABANCKOU, elle nous a envoyé un chèque de 20 euros, et est venue personnellement nous remettre en mains propres 3 livres qu’elle a achetés d’occasion, parmi lesquels Ahmadou KOUROUMA : "Quand on refuse on dit Non". Merci infiniment Destinée. Merci Diva, merci Bakima, merci Kitmien, merci Mère Evé, merci Ndoi, merci Francis, merci Alain MABANCKOU, merci Richard SONGO. Merci à tous.
Je cours, je cours, les amis. Mais pour toutes infos utiles vous avez toutes mes coordonnées. De plus Ndoi est là.
Affections à Binetou FALL.
Blaise KIBONZI
Je viens de lire la liste des livres donnés et celle des achats prévus pour la Bibliothèque de Ouenzé, ça pourrait faire un drôle de texte si un talentueux se mettait à les combiner dans une histoire...
En tout cas, c’est une belle histoire de partage du virtuel vers le réel, d’amoureux des livres vers ceux qui pourront vivre aussi bientôt cet amour magique des mots et de leur agencement en pensées, rêves, magie, évasion ou connaissance !...
Congopage, outre le Blog de notre hôte Alain, racontera la suite de l’aventure, pour peu que notre ami Francis nous en rende compte... A suivre !
Je vois que Salim Bachi et Nicholas Michel, les deux auteurs Gallimard se battent en live, juste avant le message de Blaise K ! Pouvu que leur editeur Jean-Marie Laclavetine ne nous reponde pas ici !
Bon, Nicolas, Merci pour ce roman policier que je viens de recevoir apres trois mois ! Nous en parlerons bientot...
As-tu lu ce "Tuez-les tous" de ton ami Salim qui emprunte les bouquins et disparait dans la nature ? ) :
Chère Mère Evé,
je dois t’avouer que j’ai déjà brièvement commencé le texte, il paraîtra seulement fin juin 2006, comme le thème c’est "l’objet de lecture" quoi de mieux que cette histoire de Bibliothèque d’Ounzé que je n’ai jamais vue et dont vous parlez tous ici ! Ce sera ma manière de faire connaître l’action dans la francophonie.
chantal
Bijour c’est qui Salim ? Moi pas connaître lui mais je veux aussi qu’il me prête (prêtat ?) un roman. Bises à lui, où qu’il soit (est ? fut ?) Ham’doullilah ! Merci aussi à Chantal, pour ces mots subjectifs, ma nouvelle "Une histoire américaine" paraîtra avec celle de Sami Tchak, premier prix du Concours de Nouvelle William Sassine, chez Lansman, l’éditeur belge, en février 2006. Néné à tous, euh... bonne année !
Non, cher Alain, je n’ai pas lu Tuez-les tous... En revanche, je ne suis pas de l’avis de Salim sur Ce jour viendra, d’Anouar Benmalek, que je considère, de fait, comme une grosse perte ! Voilà en effet un auteur qui s’attachait - avant que l’ennuyeux Houellebecq ne le mette à la mode - à traiter d’un sujet de taille, le clonage, et parvenait à brosser une histoire prenante, loin du "tout à l’ego" et des recettes d’édition qui caractérisent une grande partie de la production française ces derniers temps... La presse, à mon avis, ne lui a pas rendu suffisamment hommage.
d’accord, nicolas, j’ai compris ; je passe commande de Ce jour viendra sur Amazon. et je suis parfois injuste dans mes critiques... cher kangni, j’attends toujours la suite de Cola cola jazz (dites Coca cola jazz pour faire plaisir à kangni), que tu ne m’as pas envoyé, ni de tes histoires de gazelle qui s’agenouille pour pleurer avec moi sur le sort des amis d’écrivains qui ne reçoivent jamais les livres de leurs potes...
Kangni , au passage, chapeau pour ton roman Cola Cola Jazz : du pur délice. On rigole du début à la fin ; ça c’est de l’humour comme je les aime ! Le commerce de croupions de dindons qui se transforme en farce ; FRANCHEMENT, FALLAIT Y PENSER. Bonne continuation. @+, M82
Salim, je ne veux pas te le faire ré-acheter, puisque tu l’as perdu... Je ne voudrais pas ruiner un jeunauteur... Bonne lecture de Canailles et Charlatans qui te permettra de faire un tour à Ti Brava, chez l’ami de ces messieurs, Faure Gnassingbé... (Je tends une perche provocatrice à Kangni et Sami...)
Oh Sami, il doit être en train d’écouter la retransmission en direct du défilé du 13 janvier sur Radio Lomé. Au tOgo, la faure-ce est avec nous, c’est une culture, une seconde nature. Nous sommes les Grecs de la sous-région, pour ce qui est de la plastique musculaire, et les Romains de toujours, pour l’amour de la légion. Salim, oh Salim, je t’enverrai tout, plus le recueil de nouvelles de Khaddafi, et le roman posthume d’Eyadéma revu et corrigé par Sami.
On vous a contactés, pour le nouveau palais de son altesse Ubu, le 38ème du nom ?
Nicolas, je suis toutes oreilles collées à la radio pour vivre le défilé du Prince. Je ne t’avoue pas que sans Kangni le 13 janvier je pensais juste aller jouer au loto pour gagner des millions d’euros, j’avais oublié que le Togo, Ti-Brava plutôt, avait quelque chose à cette date. Mémoire défaillante ! Pour le sujet, je dois dire que si beaucoup de titres sont choisis par les éditeurs, ce n’est pas forcément pour accrocher. Au contraire, il leur arrive de refuser des titres accrocheurs pour choisir, proposer, des titres neutres mais plus littéraires, avec, quand ils sont de vrais professionnels, de longs arguments qui peuvent constituer une page d’anthologie pour l’auteur et les critiques. Et Melancolia, si Gallimard n’avait pas rejeté ce titre pour choisir La nausée, un des titres cultes de Sartre, peut-être que... La nausée, ce n’est pas si vendeur. Bon, juste pour dire que parfois les éditeurs ont pour les titres un plus grand souci littéraire que l’auteur. Je retourne à Radio Lomé pour vivre la fête du Prince. Salim, tu ne lui dis pas de me tuer aussi ? J’ai le livre, je n’ai pas encore commencé la lecture ! Bonne année à Nicolas et à toi, à vous jeunzoteurs !
Tout à fait d’accord, Sami... Bonne année à toi aussi !
Ubu, lequel, Nicolas ? Sami,au secours ! En ce moment il y a Eyadéma qui défile en direct sur la radio, ils ont payé un comédien pour le rescusciter, même un romancier bègue n’aurait pas osé cela... je pense à ta phrase terrible et lucide, Sami : « Un homme politique d’un pays en haillons ne vaut pas le chien d’un comédien d’un vrai pays. »
Ubu, fils de Lunettesnoires, pas celui de chez nous, tu sais, miniUbuKozy...
Kangni, c’est le 13 janvier, c’est vendredi, une cagnotte, l’âme d’Eyadema veille. Joue au loto, joue, tu gagneras. Et le titre, tu l’as déjà pour le roman qui célébrera ce gain ?
merci, kangni, je me délecte par avance... je te fais parvenir mes coordonnées par mail. je vois que nicolas n’est pas rancunier et j’ai vraiment perdu l’opus en question dans mon déménagement. alain, un admirateur algérien pour toi, sofiane hadjadj qui s’occupe des éditions Barzakh à Alger. il me dit avoir adoré Verre cassé.
Salut à mes chers écrivains africains.
Pas tellement d’accord avec Sami et Nicolas...ou plutôt si. A condition de dater la phrase de Sami : "parfois les éditeurs ont pour les titres un plus grand souci littéraire que l’auteur". C’était il y a longtemps ça non ? N’était-ce pas une autre époque finalement, que celle de la nausée, dans le monde de l’édition ? Tant les préoccupations (légitimes) sont à présent d’un autre ordre : concurrence accrue ; croissance exponentielle du nombre de parutions ; vendre ou mourir ; vendre ou se faire racheter, etc. Mais je reconnais volontiers qu’il est bien plus commode de commenter et juger de leurs stratégies plutôt que d’être aux responsabilités et de devoirs prendre des décisions et faire des choix de nos jours dans une maison d’édition.
Drums-of-Wisdom, tu les juges sévèrement, les éditeurs. Je ne parle pas de la période de la nausée uniquement, mais d’aujourd’hui, même des livres sortis en 2005 ou 2006, les éditeurs continuent ce travail surtout en littérature. On est si sévère envers les éditeurs, et c’est dommage que les auteurs eux-mêmes n’apportent pas parfois des arguments non pour défendre leurs éditeurs mais pour permettre une meilleure compréhension d’un milieu qu’ils connaissent mieux du dedans. D’ailleurs plus que la similitude des titres il y a des cas de reprise pas forcément volontaire de titre. Un exemple : Le Chien d’Ulysse de de Salim Bachi, 2001, et Le chien d’Ulysse (1993) de Nisbet. Bleu-blanc-rouge de Mabanckou, repris par Max Gallo, Les vivants d’Annie Dillard, repris en 2000 par Pascale Kramer mais ici avec l’autorisation de l’auteur, ce qui est bien signalé dans le livre. Et plein d’autres exemples de ce genre dans l’édition. Les éditeurs continuent à faire leur boulot au-delà des coups financiers qui ne datent pas d’aujourd’hui, ce sont les méthodes qui évoluent avec leur temps.
Je confesse en effet Sami une certaine sévérité, à l’occasion bien injuste à l’égard des éditeurs contemporains. Je confesse surtout un jugement univoque et trop général sur un monde probablement multiple et complexe. Je confesse enfin ne pas connaître ce monde de l’intérieur. Et j’apprendrai donc à enrichir mon jugement, qui cela dit, ne saurait guère valoir ici que pour ce qu’il est : humeur futile, dérisoire émoi. p.s. : merci, connaissais pas Pascale Kramer.
Drums-of-Wisdom, Pascale Kramer, ce ne serait pas mal de la découvrir. C’est une romancière française d’origine suisse, une Suisse de France quoi ! avec des titres comme Les vivants, Manu, Le bateau sec, Onze ans plus tard (chez Calmann Levy), Retour d’Uruguay et L’adieu au nord (au Mercure de France), tous en folio chez Gallimard sauf L’adieu au Nord qui n’est sorti qu’en septembre 2005. Mais, crois-moi, même Dieu ne connaît pas le tiers de tout ce qui se publie seulement à Paris en une seule rentrée, en une semaine de septembre ou de janvier je veux dire. Donc, nous pauvrres humains, on y passerait un milliard d’années que cela ne suffirait pas. Sinon les éditeurs, je ne dis pas que ce sont des saints assis dans leur chapelle en train de songer au destin des belles lettres. Il faut gagner sa croûte aussi. Et assez souvent, pour certains qui ont plus de mille fiches de salaires à faire par mois, sans oublier les auteurs à payer, les belles lettres ne suffisent pas à faire tourner la machine, hélas. S’ils n’avaient pas la chance de publier des textes qui, sans être forcément de grandes références, se vendent bien, ah...
Merci Sami pour les recommandations de lecture. Et laissons nos chers éditeurs à leurs (presque)cornéliens dilemmes.
je vois que l’ecriture de Verre casse n’a pas gueri Alain de sa passion de l’agencement oulipien des titres de romans dont il fait encore un tout autre roman. Comme un maitre tapissier entrelace les fibres les plus precieuses jusqu’a obtention de l’etoffe rare, Alain tricote avec les titres, une des matieres premieres de son imaginaire...
Blaise ne pleure pas trop fort, tout cela est plutot gai, et tu n’as plus de raison de te sentir seul dans ton combat, puisque les habitues du blog vous soutiennent toi et Ndoi dans votre initiative, donc ne disparais pas, reste avec nous tu sais que tu peux compter sur nous a present.
sinon, j’ai des trucs a vous dire : j’ai vu que Pierre Bisiou (ancien du Serpent a Plumes) lance une nouvelle maison d’edition qui s’appelle Ubu et dont le premier titre est le dernier roman de Ken Bugul. A suivre, non ? Et enfin, j’ai recu un appel a candidature de l’universite du Natal a Durban, Afrique du Sud (ou j’ai vecu dans une vie anterieure) qui cherche des contributeurs pour un colloque sur les nouvelles litteratures africaines . J’en recopie ci-dessous l’integralite. Mais peut-etre qu’il vaudrait mieux le diffuser sur le site de Congopage ? Je ne sais pas ce qui est mieux. Attention, la deadline pour envoyer ses extraits est le 20 janvier, desole c’est tres court, mais j’ai recu cela la semaine derniere, et je n’etais pas online.
CALL FOR PAPERS The Changing Face of African Literature
The Centre for African Literary Studies, in conjunction with the 9th annual Time of the Writer international writers festival in Durban, is hosting a conference on The Changing Face of African Literature March 21-23, 2006, in Pietermaritzburg, KwaZulu-Natal.
African literature does not look as it did when it was first established as a field of academic study in the 1960s. Africa itself has changed enormously since the first generation of writers appeared just before and after independence, and the needs and concerns of its writers have changed greatly as a consequence. Africans have undergone terrible ordeals and have developed resourceful strategies to deal with them. A younger generation, the literary grandchildren of Senghor, Achebe, and Soyinka, have moved onto the stage with very different concerns than their predecessors, yet too often academics talk as if the die had been cast by the first generation of postcolonial writers. There are more women writing than ever before, but they are still outnumbered. There is more writing in African languages but the danger of being swamped by English and French is also greater than ever before. Colonization has receded into the past, yet globalization and neo-colonialism pose challenge ! s of their own at least as great. All the old certainties of nation-state and Pan-Africanism have been challenged ; all are still with us. Whereas the first generation of writers and academics had to prove Africa was capable of high literature, there is now more freedom to explore popular culture. There is an African film industry. And there are new challenges that literature is only tentatively beginning to explore : such as AIDS, child soldiers, the triumph of global capitalism, the destruction of the natural environment, and the rise of religion as a political force.
We invite papers (of about 20 minutes in length) dealing with aspects of what is new in African literature since 1990 or discerning the lineaments of African literature today. We are interested in literature from all of the continent south of the Sahara, written in English, French, and Portuguese as well as in languages that originated in Africa. Papers may deal with single texts, single authors, or with larger themes explored across several texts. We invite papers about pedagogy as well as literary criticism. Paper Proposals should indicate a Title, Name and Affiliation of proposer, Contact Address [including e-mail & fax], and should be accompanied by a short [one paragraph] abstract. The deadline for proposals for papers is Jan 20, 2006.
Please submit proposals to
Bernard DeMeyer or Neil ten Kortenaar Centre for African Literary Studies University of KwaZulu-Natal Pietermaritzburg Scottsville 3209 South Africa
Or by e-mail to : demeyerb@ukzn.ac.za or to TenKortenaar@ukzn.ac.za
The Time of the Writer festival runs from 20-25 March
for more information visit www.cca.ukzn.ac.za
Chere Diva,
Juste une precision : on a deja parle ici de Pierre Bisiou, de la collection UBU, des titres de janvier, fevrier et Mars, avec les couvertures des livres de Florent et Ken en image (Voir le tout premier sujet sur "l’embouteillage" de la rentree litteraire de janvier 2006). Les Editions UBU ont d’ailleurs mis en lien notre Blog sur leur site (lien qui renvoit a l’article concerne)...Bien a toi
bon j’avais rate ce post, ou peut-etre avais-je tout simplement oublie l’info. Desolee pour la myopie ou l’amnesie. je ferai plus attention la prochaine fois.
Oh, ne t’en fais pas. Un peu plus de pub pour nos amis Pierre B. et les auteurs a paraitre ne fait du mal a personne...
Bien a toi
Bonjour au très bel auteur de "Verre cassé". Vous vous êtes livré là à un exercice assez amusant, et l’on sent bien au passage tout le plaisir que vous y avez pris. Qu’il fût amusant n’exclut d’ailleurs nullement qu’il soit intéressant, et fécond, et je crois avec vous que les romans se répondent, non seulement à travers leurs titres, mais aussi à travers les âges. Alors oui, j’ai intitulé mon roman "Et je dirai au monde toute la haine qu’il m’inspire". Ce n’est pas à vous que je vais apprendre à distinguer un auteur d’un narrateur ! Cela dit, je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt - fût-il d’écrivain - et je confesse bien volontiers une certaine défiance devant le monde tel qu’il se fait - ou se défait. La "haine" de mon personnage, en l’espèce, se nourrit sans doute du monde ; mais elle trouve tout autant à puiser à l’intérieur même de ce personnage. Il faut dire que celui-ci s’est beaucoup ouvert au monde, qu’il y plongea naguère avec l’assurance de le bousculer, de le réformer, et que l’échec lui est cuisant. Alors il lui dit sa haine, oui, parce qu’il est plein de failles et de colères, mais aussi parce qu’il est impuissant à se réformer lui-même. Le monde va trop vite pour cet homme déjà mûr, et déjà trop plein de l’expérience des hommes. Le monde lui est un bouc-émissaire disponible, tentant, un exutoire obligé ; mais il sent bien, au fond de lui-même, à quel point l’échec repose aussi en lui. C’est donc aussi sur lui-même, d’une certaine manière, qu’il exerce sa colère... Je suis un peu confus... Mais en tombant par hasard sur votre commentaire, j’ai eu envie d’apposer le mien, et vous m’avez donné envie aussi de m’interroger sur ce personnage que j’ai créé et qui (vous connaissez ce phénomène aussi bien que moi) a fini par m’échapper quelque peu... A vous. Marc Villemain
Cher Marc Villemain, en effet les personnages que nous creeons finissent par nous echapper. Et c’est tant mieux, cela nous permet d’en creer d’autres ! Tel que vous decrivez votre roman Et je dirai au monde toute la haine qu’il m’inspire (qui parait chez Maren Sell), je me reconnais dans cette espece de "bourbe", dans cette sorte d’attrape-coeur... En tout cas, j’ai bien aime le titre - qui m’a d’ailleurs rappele celui de Boris Vian, J’irai cracher sur vos tombes...
Bien a vous, et merci pour ce petit tour dans notre village virtuel...
Bonjour, je voudrai rentrer en contact par mail avec Monsieur Salim bachi. Je suis journaliste à Tizi Ouzou au quotidien La Dépêche de Kabylie. Merci d’avance si vous pourriez m’aider à obtenir ses coordonnées.
Bonjour, j’aime beaucoup votre blog je cherche sans cesse des critiques ou des avis sur les romans pour me donner une idée . Le dernier roman que j’ai pu lire est celui de Yasmina Khadra "L’attentat" j’ai vraiment adoré et le conseille a tous ceux qui aime les récits osés et profond. Ce livre m’a plongé dans un monde où règne les kamikazes et les conflits. Je n’ai pu m’arréter jusqu’à la fin, il a un certain pouvoir on pourrait même le comparer à un thriller !!! J’aimerais que vous nous soumettiez plus de critiques sur des bouquins que vous auriez lu ja ne sais quoi lire en ce moment !!! Merci