lundi13 février 2006

À propos de la sodomie, de la fellation et autres privautés postcoloniales

Toujours dans le cadre de l’ouverture de ce Blog aux amis - puisque nous sommes dans un village virtuel et que l’hospitalité est une de nos multiples préoccupations -, l’Intellectuel Achille Mbembe nous envoie ce jour son dernier article qu’il a publié dans le quotidien camerounais "Le Messager" et intitulé : Le potentat sexuel. À propos de la sodomie, de la fellation et autres privautés postcoloniales. L’auteur brasse ainsi un des sujets les plus tabous en Afrique : l’homosexualité. Des réflexions qui ouvrent des pistes de recherches sont negligées ou simplement écartées par les "penseurs" du continent. Voici donc pour vous les propos d’Achille Mbembe :

Il n’est pas certain que les raisons pour lesquelles la plupart des Africains éprouvent tant d’horreur et de dégoût à l’égard des pratiques homosexuelles soient très plausibles. Les organes utilisés pour l’accouplement homosexuel seraient-ils, à eux seuls, à l’origine de tant d’effroi ? Difficile d’y croire. Après tout, certains Pères de l’Église n’affirmaient-ils pas que les composantes anatomiques du coit hétérosexuel, à savoir la verge et le vagin, brillent tout autant sinon par leur abjection morale potentielle, du moins par leur hideur physique ?

Coit et lubricité

Trois arguments sont généralement mis en avant par ceux des Africains pour qui, symptôme de la dépravation absolue, l’homosexualité est une pratique que l’on ne peut que souffrir et condamner. D’une part, l’acte homosexuel serait, à leurs yeux, l’exemple même du « pouvoir du démon » et du geste contre-nature - le fait, répugnant à la droite raison, d’appliquer les parties génitales à un vase autre que le vase naturel. Question de contenant, donc.

D’autre part, les mêmes affirment que du point de vue de la morale, l’homosexualité constituerait la structure perverse et transgressive par excellence - celle qui, par le biais de l’acte charnel, efface la distinction entre l’humain et l’animal. Vile et immonde, l’acte homosexuel ne serait rien d’autre qu’un accouplement bestial contraire à la perpétuation de la vie et de l’espèce. Au même titre que la gourmandise et autres péchés du même genre, il serait une source de lubricité et un indice de l’immoderata carnis petulantia - la pétulance immodérée de la chair. Enfin - argument d’inauthenticité - l’on nous explique que l’homosexualité serait une tradition inconnue dans l’Afrique précoloniale, et qui n’aurait été introduite sur le continent qu’à la faveur de l’expansion européenne.

À la base de telles affirmations se trouvent trois présupposés centraux. Le premier, c’est l’idée très phallocratique mais partagée aussi bien par les hommes que par les femmes et selon laquelle, en état d’apoplexie ou non, le membre viril, toujours preux et gaillard, serait le symbole naturel de la genèse de toute vie et de tout pouvoir. Tel étant le cas, il n’y aurait de sexualité légitime que celle qui, toujours, sait faire bon usage du capital séminal. Tout ordonné aux tâches de reproduction, un tel capital ne saurait être dilapidé dans des plaisirs à pure perte.

Vient, ensuite, la croyance selon laquelle le coit licite ne se déroulerait que dans l’organe féminin, l’éjaculation hors du vagin (onanisme) étant la marque même de la souillure et de l’impureté, et le goût exclusif des garçons celle d’une obscène luxure. Conséquence logique de ce principe fort patriarcal, la vulve n’aurait pour fonction principale que de délivrer, en succion continue et le plus harmonieusement possible, le phallus de sa semence, de le vider le plus totalement possible, et, ce faisant, d’être le réceptacle où la semence doit être répandue et conservée. Domine, enfin, le sentiment que toute autre pratique coïtale serait une profanation de la chair et un abus abominable des organes génitaux. Tel est, affirme-t-on, le cas lorsque l’acte sexuel consiste non plus à mettre en contact immédiat les organes du goût entre eux (la vulve et le pénis en particulier), mais plutôt avec les orifices et autres voies d’excrétion (la bouche et l’anus notamment).

Répétons : de tels points de vue, qui accordent une place éminente à la verge dans les procédures de symbolisation de la vie, du pouvoir et du plaisir, sont largement partagés par tous les homophobes africains, hommes et femmes. En accordant tant de poids au travail du phallus, ils négligent les pratiques homosexuelles féminines pourtant de plus en plus répandues. En outre, de tels points de vue ne sont pas seulement en décalage par rapport aux pratiques sexuelles actuellement en cours dans les villes africaines. Ils reposent également sur une lecture très contestable de l’histoire africaine de la sexualité et de ses significations politiques contemporaines.

La machine-à-jouir

De fait, tout discours crédible sur l’homosexualité africaine doit commencer par la critique d’une culture du pouvoir et d’un régime des plaisirs qu’il nous faut appeler, provisoirement, le potentat sexuel. Le potentat sexuel est une structure du pouvoir et un imaginaire de la vie, du corps et des plaisirs qui accorde une place prépondérante à un signifiant unique : le phallus.

L’on ne saurait en effet nier qu’aussi bien avant, pendant, qu’après la colonisation, le pouvoir en Afrique a toujours cherché à revêtir le visage de la virilité. Sa mise en forme, sa mise en œuvre et sa mise en sens s’est largement opérée sur le mode d’une érection infinie. La communauté politique s’est toujours voulue, avant tout, l’équivalent d’une société des hommes ou, plus précisément, de vieillards. Son effigie a toujours été la verge en érection. On peut d’ailleurs dire que l’ensemble de sa vie psychique s’est toujours organisé autour de l’événement qu’est le gonflement de l’organe viril. Au demeurant, c’est ce qu’a si bien su exprimer le roman africain postcolonial, comme l’indiquent, par exemple, les œuvres d’un Sony Labou Tansi.

Que ce soit au Gabon, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Togo ou au Congo, le processus de turgescence fait, aujourd’hui encore, partie des rituels majeurs du potentat postcolonial. Il est en effet vécu comme le moment au cours duquel le potentat redouble sa taille et se projette lui-même au-delà de ses limites. Lors de cette poussée vers les extrêmes, il se démultiplie et produit un double fantasmatique dont la fonction est d’effacer la distinction entre la puissance réelle et la puissance fictive. Dans les jeux de pouvoir et de subordination, le phallus peut jouer, à partir de ce moment, une fonction spectrale. Mais en cherchant à dépasser ses propres contours, la verge du pouvoir expose, par la force des choses, sa nudité et ses limites et, en les exposant, expose le potentat lui-même et proclame, de manière paradoxale, sa vulnérabilité dans l’acte même par lequel il prétend manifester sa toute-puissance.

Mais il n’y a pas que le primat accordé au phallus. Le potentat sexuel repose, par ailleurs, sur une doctrine de la jouissance. Au demeurant, le pouvoir postcolonial en particulier s’imagine littéralement comme une machine-à-jouir. Ici, être souverain, c’est pouvoir jouir absolument, sans retenue ni entrave. Pour les élites dirigeantes de maints pays africains en effet, un pont relie le plaisir de manger (la politique du ventre) à la jouissance que procure la fellation. D’où la position signifiante qu’occupent l’acte sexuel et les métaphores de la copulation dans l’imaginaire et les pratiques du commandement. À titre d’exemple, la sexualité de l’autocrate fonctionne selon le principe de la dévoration et de l’avalement des femmes, à commencer par les vierges qu’il déflore allègrement, et les jeunes filles qu’il ne cesse, éventuellement, d’ajouter à son harem. Entre-temps, banquiers, bureaucrates, soldats, policiers, maîtres d’écoles, voire évêques, prêtres, pasteurs et marabouts s’en vont, partout, se vidangeant, éliminant le trop-plein et semant au gré du vent. Langage grivois et copulation sont en effet le caprice favori des élites et gens de pouvoir, comme d’autres s’adonnent aux jeux, à la chasse ou aux plaisirs de l’alcool.

Ici, c’est donc le phallus qui est au travail. C’est lui qui parle, ordonne et agit. C’est la raison pour laquelle, dans maints pays africains, la lutte politique revêt, presque toujours, les allures d’une lutte sexuelle et vice-versa. Il faut donc chaque fois revenir à la verge du potentat si l’on veut comprendre la vie psychique du pouvoir et les mécanismes de subordination en postcolonie. Adepte du viol goulu et affirmation brutale de la puissance vénale, la verge est quant à elle un furieux organe, nerveux, facilement excitable et porté vers la boulimie. Tel est en particulier le cas lorsque le potentat, à commencer par l’autocrate, s’acharne sur les femmes de ses collaborateurs et sujets, ou encore, dans le cadre des sociétés secrètes, loges maçonniques et congrégations rosicruciennes, se laisse presser par toutes sortes de garçons (ses subordonnés y compris), brouillant au passage toute distinction entre homo- et hétérosexualité.

Pour le potentat en effet, fellation, vénalité et corruption sont supposées ouvrir les écluses de la vie. L’homosexualité telle que pratiquée parmi les élites apparaît, dans ce cadre, comme un rituel païen, au même titre que la géomancie et autres cérémonies ancestrales dont la fonction est d’accroître le pouvoir occulte. Dans les pays de la forêt passés au christianisme comme en région musulmane, l’autocrate, cramponné à ses sujets, règne donc sur des gens prêts à s’abandonner à sa violence. La particularité de cette violence est d’être à la fois physique et libidinale. Pressées par la logique de la survie, élite et piétaille doivent lécher le potentat sur toute la longueur de sa verge, augmentant ainsi sa congestion et son relief. Ils doivent le mordiller de leurs petites dents, lui pomper les couilles, aspirer la peau de ses testicules, les soulever dans leurs mains en faisant glisser la pointe de leur langue sous eux. Peu importe si, en poussant son phallus au fond de leur gorge, le potentat postcolonial manque toujours de peu de les étrangler.

Refoulement

Reste à savoir si l’homosexualité a existé en Afrique avant l’expansion coloniale. Ce que l’on n’a pas suffisamment souligné, c’est le fait que les traditions patriarcales du pouvoir en Afrique sont fondées sur un refoulement originaire : celui de la relation homosexuelle.

Bien que dans la pratique cette relation ait pris plusieurs formes, c’est la relation par l’anus qui, ici, est visée par les pratiques de refoulement. En effet, dans l’univers symbolique de maintes sociétés africaines précoloniales, l’anus était, contrairement aux fesses dont on chantait volontiers la beauté, l’éminence et les courbures, considéré comme un objet d’aversion et de souillure. Il représentait le principe même de l’anarchie du corps et le zénith de l’intimité et du secret. Symbole par excellence de l’univers de la défécation et de l’excrément, il était, de tous les organes, le « tout autre » par élection. On sait par ailleurs que dans l’économie symbolique de ces sociétés, le « tout autre », surtout lorsqu’il se confondait avec le « tout intime », représentait également l’une des figures de la puissance occulte. Pour le reste, l’homosexualité existait bel et bien et était souvent, sur le plan politique, l’apanage des puissants. Elle fonctionnait aussi, parfois, comme un rituel de subordination à plus fort que soi et était présente dans les liturgies sacrées. Ajoutons, à ce qui précède, l’existence dans les contes et les mythes, de créatures à double sexe ; ou encore, dans les luttes sociales et politiques, la pratique ancestrale qui consiste à dépouiller l’ennemi de tout ce qui constitue les emblèmes de la virilité et à les consommer.

Aujourd’hui, le refus proclamé de la soumission homosexuelle à un autre homme ne signifie guère l’absence d’envie, de la part des hommes et des femmes, d’acquérir et de s’approprier le pénis idéal et idéalisé. Dans les faits, l’avilissement et le dégoût dont l’analité fait l’objet dans le discours public va de pair avec son apparition récurrente sur la scène du symptôme, sous la forme de fantasmes divers. Il n’y a qu’à voir, à cet égard, les fonctions qu’elle joue dans les fantasmes de permutation des rôles masculins et féminins, ou encore dans l’envie - éprouvée par la plupart des hommes et courante dans les techniques politiques d’assujettissement - de se servir d’autres hommes comme d’autant de femmes subissant l’accouplement et vivant leur domination sur le mode de la consommation du coit.

Révolution silencieuse

Finalement, si la carte sexuelle du continent apparaît aujourd’hui brouillée, c’est en très grande partie parce que le dernier quart du XXe siècle africain aura été marqué par une révolution sexuelle silencieuse, malheureusement peu documentée. L’on ne s’en rend compte que maintenant : celle-ci aura radicalement transformé - et pour de bon - la manière dont de nombreux Africains imaginent leur rapport au désir, au corps, au sexe et au plaisir. Cette révolution sexuelle a eu lieu dans un contexte caractérisé par une ouverture sans précédent des sociétés africaines sur le monde. À titre d’exemple, il n’y a pas, aujourd’hui, une seule ville africaine où des adolescents ne s’initient à la sexualité par le biais de vidéos pornographiques.

Il y a également le fait que le phallus, en tant que signifiant central du pouvoir et apanage de la domination masculine, a subi de profondes remises en question. Les formes de cette contestation - qui se poursuit au demeurant - varient d’un pays à l’autre. Dans certaines sociétés, celle-ci a pris la forme d’une instabilité maritale et d’une circulation des femmes relativement chronique. Dans d’autres, elle se traduit par une aggravation des conflits entre hommes et femmes. Partout, les hommes les plus pauvres ont l’impression d’être démasculinisés. Le statut de « chef de famille », généralement tenu par les hommes, a subi un déclassement parmi les catégories les plus démunies de la population, notamment là où le pouvoir de nourrir ne peut plus être pleinement exercé faute de moyens. Ici et là, on a assisté à des paniques urbaines au centre desquelles se trouvait la peur de la castration. Dans la cartographie culturelle de la fin du XXe siècle africain, on se retrouve donc confronté à une dynamique phallique qui, plus qu’auparavant, est un champ de mobilités multiples.

Les crises successives du dernier quart du XXe siècle ont affecté de diverses manières les rapports entre hommes et femmes, puis entre hommes et enfants. Dans certains cas, elles ont contribué à creuser les inégalités déjà existantes entre les sexes. Dans d’autres, elles ont entraîné de profondes modifications des termes généraux dans lesquels s’exprimaient, et la domination masculine, et la féminité. Il en a résulté une une montée de la brutalité dans les relations entre hommes et femmes. Parallèlement, des formes de sexualité auparavant réprimées petit à petit émergent dans le champ public. Le répertoire des jouissances sexuelles s’est notablement élargi. Les pratiques de fellation - bouche ouverte sur le phallus, excitation de la surface du gland, promenade sans âpreté des doigts qui font vibrer la rondeur des bourses, compression circulaire de la hampe et ainsi de suite - désormais prolifèrent. Le langage de la sexualité s’est lui aussi fortement enrichi. Parmi les jeunes, mille expressions ont vu le jour, les unes toujours plus prosaïques que les autres : « gouglouter le seigneur », « brouter la tige », « arracher le copeau », « aspirer le glandulaire », « bobiner le bolet », « biberonner la bistoune », « se faire mâchouiller le bricolet », « gloutonner le membre », « tutoyer le joufflu », « tétiner le gland ».

Chez les vieillards se multiplient les recours à des plantes et des racines dont la propriété, prétend-on, est de tonifier la verge de l’homme et de permettre la multiplication et la frénésie du coit. Une très grande partie du discours social tourne autour de la thématique de la force phallique déclinante. Toutes sortes d’adjuvants sont désormais intégrés dans la liturgie de l’accouplement, qu’il s’agisse des giclées d’encens, d’oignons bien frais, des couillons de bêtes sauvages ou d’écorces et racines transformées en poudre supposée revigorer les parties génitales, provoquer la luxure, augmenter la semence en la rendant prolifique, exciter la lubricité, voire ressusciter les couilles des vieillards. Dans un continent ravagé par la guerre, l’on a vu des pratiques de manducation se multiplier. Nombreux sont les enfants soldats qui, ayant tué un ennemi, entreprennent désormais d’émasculer ce dernier en lui ôtant son pénis et en le consommant - histoire de s’approprier, jusque dans la mort, sa puissance supposée.

Ces transformations ont lieu alors que par ailleurs, l’épidémie du SIDA touche des proportions chaque fois plus élevées de la population. À travers le SIDA, sexe et mort désormais se rejoignent.

Achille Mbembe

Commentaires

  1. Posté par nicolas, le 13 février 2006 à 17:14

    Excellent, et très courageux. Une fois de plus, Achille Mbembe force l’estime !

  2. Posté par Olivette Otele, le 13 février 2006 à 19:31

    Une analyse très pertinente et finement menée. Lorsqu’on lit ceci*, on ne peut que saluer la démarche D’Achille.

    *Cf. lien hypertexte

  3. Posté par Emma Benji, le 13 février 2006 à 20:08

    Il y a un film tunisien qui traite du problème de l’homosexualité dans les pays arabes.Pas mal du tout. J’en ai parlé dans ce post : http://emmabenji.canalblog.com/archives/2006/01/24/1265670.html

  4. Posté par diva, le 13 février 2006 à 23:43

    savoureux, ce texte d’Achille ! Quelle verve ! Il s’en donne a coeur joie. Quand les universitaires se lachent, ca decoiffe ! Mais les illustrations sont un peu gentillettes. Les petits mignons qui marchent en se tenant par la main ou les barbus grisonnants qui se font des bisous du bout des levres n’ont pas grand chose a voir avec la lubricite dechainee dont Achille nous brosse le tableau...Tiens d’ailleurs, vous avez remarque comment tous les couples homo des photos sont racialement mixtes ? Les homos seraient-ils un cran plus avance que les heteros dans la mixite raciale ? Pas de mixite des genres, mais la mixite des races, il faut bien trouver quelque chose sinon on risque de finir par coucher avec sa propre image en miroir, et par s’ennuyer ferme......

  5. le 13 février 2006 à 23:44

    Chers blogueurs

    D’Achille Mbembe, je ne résiste pas au plaisir de vous recommander la (re)lecture de son oeuvre séminale - pourtant, le bonhomme est jeune - intitulée "De la postcolonie" (Karthala) et rééditée récemment avec une nouvelle préface lumineuse et polémique au bon sens du terme. La version américaine, on la doit à l’université de Berkeley. Voilà un philosophe, un vrai ! L’amitié en l’espèce ne cache pas le plaisir. bien au contraire !

    Je profite de l’occasion, puisque nous sommes sur Radio Mabanckou, pour envoyer un salut amical à Dany Laferrière. J’ai retenu à la lecture de ses romans qu’il ne fallait pas confondre sérieux et gravité ou, pire, ennui. C’est l’homme le plus sérieux que je connaisse. Salut Dany et bon succès à "Vers le Sud" (le film et le roman !)

    Abdourahman A. WABERI

  6. Posté par diva, le 14 février 2006 à 00:33

    Alors j’essaie de faire le clown, je me lance avec mes blagues a trois sous, et Abdourahman A. Waberi arrive et me casse ma baraque avec ses revelations, ses declarations d’amour lyriques et ses couplets admiratifs. pffff. Et voila j’ai l’air d’une andouille. Moi qui essaie de marcher sur les traces de Boris et de devenir une blogueuse celebre, je suis foutue. Surtout qu’il a raison sur toute la ligne, Abourahmane A. Waberi. Inattaquable. Allez, j’arrete mes betises et je retourne a mes lectures.

  7. Posté par Abdourahman A. Waberi, le 14 février 2006 à 02:02

    chère Diva

    Take it easy, comme ils disent au pays de Mabanckou et de Bret Easton Ellis ! L’un n’empêche pas l’autre. On peut rigoler, faire l’andouille et instruire dans le même geste, le même pas. On peut dire "je t’aime" à un philosophe, un écrivain ou une diva sans tomber dans le ridicule, non ? Je vous sais très forte. Je suis sûr que vous allez retrouver rapidement votre verve habituelle.

    bien amicalement

  8. Posté par Timba Bema, le 14 février 2006 à 02:24

    Bla Bla Bla... Mr bemba qui par ailleurs dit parfois des choses intéressantes. A partir du moment où, positivement, on ne connait rien des pratiques sexuelles dans l’Afrique pré-coloniale, les conjuctures ne servent à rien car elles se basent sur les représentations et l’éthique sociale et nous sommes suffisamment avisés sur le fait qu’ils ne sont pas les principaux "motivants" de l’action.Il faut rappeler que ce propos fait suite à une campagne lynchage médiatique des homosexuels au Cameroun qui risque de dégénéré en violence sociale. Il faut immédiatement condamner cette campagne irréfléchie et insoutenable et demander au gouvernement camerounerais la dépénalisation de l’homosexualité.

  9. Posté par D.O.W., le 14 février 2006 à 03:26

    Ciel ! Vu la teneur de l’article, il faudrait peut-être mettre une signalétique mon cher Alain. “Interdit au moins de 16 ans” au moins !!! (rires). Achille Mbembe est sans aucun conteste, un de nos plus brillants intellectuels, et j’adhère inconditionnellement à (presque) toutes les thèses qu’il défend habituellement. Presque ? Oui parce qu’on est précisément ici au cœur d’un des sujets qui me mettent en un irréconciliable désaccord avec lui. (On retrouve déjà ses arguments dans l’avant-propos à la seconde édition de La Postcolonie). Ce n’est pas ici le lieu pour lui répondre point par point, mais néanmoins, les arguments à lui opposer foisonnent, et je ne me limiterai qu’à ceux que l’on peut étayer rapidement. Dans un premier mouvement, Mbembe ne cherche pas tellement à déchiffrer la répulsion qu’a l’Afrique pour certaines pratiques, il tente plutôt de l’en blâmer. Or les raisons souveraines sont nombreuses, qu’il suffirait aux Africains d’exhiber sans aucune autre forme de procès ni justification. Il peut s’agir simplement de conduites sexuelles qui ne rentrent pas dans nos mœurs (et qui n’y étaient jamais rentrées jusqu’ici - c’est mon avis, contre A. Mbembe). Doit-on s’en justifier ? Je n’en suis pas sûr. Il peut s’agir tout autant (après tout pourquoi pas) pour ceux qui se réclament du dogme chrétien, d’être simplement en accord avec la loi biblique que l’on fait sienne et que l’on défend. Dans un deuxième mouvement, Mbembe suggère que ces pratiques s’inscrivent dans la profondeur historique même de l’Afrique, et que les attitudes d’aujourd’hui sont donc la marque d’un refoulement. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les arguments pour accréditer ces affirmations sont très inconsistants. A. Mbembe souligne tout au plus que la pratique avait cours dans les cercles de pouvoir et autres sociétés secrètes, ou alors était présente dans les liturgies sacrées. Mais dans le cas général, il se contente de nous dire : “Pour le reste, l’homosexualité existait bel et bien”. Quels travaux historiques, anthropologiques, ethnologiques en attestent ? “L’existence dans les contes et les mythes de créatures à double sexe”, “la pratique ancestrale qui consiste à dépouiller l’ennemi de tout ce qui constitue les emblèmes de la virilité et à les consommer”, de tels arguments établissent-ils vraiment que l’Afrique avait une part d’homosexualité ? Dans le fond, un tel mouvement massif, radical, absolu, de refus de l’homosexualité que l’on observe aujourd’hui sur tout le continent peut-il traduire un refoulement dont la genèse et les origines n’apparaîtraient pas plus nettement que cela ?

  10. Posté par D.O.W., le 14 février 2006 à 03:27

    Dans un dernier mouvement, A. Mbembe tente de montrer que les évolutions actuelles confirment ses thèses. Mais ce faisant, il n’échappe pas à certaine contradiction, cependant que subsiste toujours une certaine légèreté dans l’argumentation. Il écrit : “Aujourd’hui, le refus proclamé de la soumission homosexuelle à un autre homme ne signifie guère l’absence d’envie, de la part des hommes et des femmes, d’acquérir et de s’approprier le pénis idéal et idéalisé.”. Là aussi, où sont les preuves ( sociologiques, psychologiques, etc.) ? Peut-on se contenter de l’affirmer ? Des hommes nourriraient certain fantasme, très bien. Mais si même cela devait traduire quelque chose de significatif, encore faudrait-il peut-être savoir quelle proportion d’hommes sont ici concernés. Mbembe clôt son article en soulignant, disions-nous, les implications des évolutions récentes. Pour lui, les trente dernières années ont marqué une “révolution sexuelle” sur notre continent. Révolution qui s’est inscrite dans un contexte d’ouverture sur le monde. Si donc, comme le dit A. Mbembe, cette révolution, ouverte sur le monde, a radicalement transformé “la manière dont de nombreux Africains imaginent leur rapport au désir, au corps, au sexe et au plaisir”, comment arrive-t-on alors à établir que les attitudes d’aujourd’hui traduisent seulement un refoulement ancestral ? Par ailleurs, d’autres objections éparses se font jour par rapport à tel ou tel point développé. Par exemple, la peur de la castration que l’on semble nous donner comme fait nouveau, n’est-elle pas de toutes les époques ? Plus loin, le recours à des plantes dont la propriété serait de tonifier la verge, est imputé aux seuls vieillards, alors que dans la réalité, une telle tendance est plus générale, et risquerait, de ce fait, de ne plus servir de la même façon la thèse d’une “force phallique déclinante”. Terminons enfin par quelques généralités. Notre sentiment profond est qu’il n’y a nul refoulement. Les sciences humaines peuvent épiloguer longtemps sur le sujet, mais la situation de l’homosexualité en Afrique apparaît comme une sorte d’exception d’extranéité, c’est-à-dire que le phénomène est totalement étranger au continent, ou en tout cas à la sphère de ses mœurs courantes et même de ses psychismes. Et cela n’est ni un avantage, ni un inconvénient, c’est simplement un fait observable. L’affirmation peut paraître péremptoire, mais je n’ai pas l’espace ici pour la consolider. Je rajoute seulement que la répulsion éprouvée à l’égard de l’homosexualité n’est d’ailleurs pas propre à l’Afrique. On l’a retrouvée dans toutes les sociétés humaines. La fin tragique d’Oscar Wilde en témoignerait. Celle du mathématicien Alan Turing également (il y a seulement 50 ans). Et une telle répulsion générale semble traduire en effet une défiance humaine (à l’occasion sélective) face aux phénomènes contre-nature (ou entrevus comme tels). Certaines sociétés ont fait le choix de juguler cette défiance, ou tout au moins de protéger ceux qui ne l’éprouvaient pas, de faire évoluer les vues et le regard social. Et on peut alors émettre des jugements sur les choix culturels normatifs opérés ici ou là-bas ; on peut souhaiter que tout homosexuel vive sereinement en Afrique et que nos sociétés leur fasse une place pleine et entière, mais pourquoi chercher absolument à inscrire dans les psychés africaines, ce qui leur est si manifestement étranger ? Non vraiment, sur ce sujet, Achille Mbembe, pour qui nous avons une admiration sans borne, n’a pas la pertinence qu’on lui connaît habituellement.

  11. Posté par Timba Bema, le 14 février 2006 à 04:00

    A D.O.W ; Pourrais-tu nous expliquer cher ami par quel processus un homosexuel chinois a hérité de son "inclination" ? et nous dire dans quel pays ou nation l’homosexualité à emergé ?(puisque pour toi, c’est un phénomène étranger à certaines sociétés).Peux être que tu nous diras aussi que la Démocratie est étrangère à l’Afrique ??????

  12. Posté par diva, le 14 février 2006 à 08:35

    Abdourahman, je ne suis pas vraiment vexee... j’etais juste jalouse de n’avoir pas eu l’idee de vos justes propos..

    Achille aborde ici un vrai sujet sensible, et sous couvert du langage code des sciences sociales, il me semble qu’il joue aussi la provocation. Timba Bema a raison de replacer son article dans le contexte d’une campagne de lynchage anti-homosexuels au Cameroun, cela donne au papier une toute autre dimension. Donc je veux bien admettre avec DOW que l’argumentaire d’Achille n’est pas parfait, part dans des directions un peu contradictoires. Mais il me semble que le propos est deja de dire, et meme de « surdire », par le cru, par le pornographique, par les expressions populaires. Une reponse au refoulement suppose par un defoulement langagier que Mbembe voudrait sans doute liberateur et dedramatisant. Et joyeux aussi car grotesque par moments.

    Quant a l’argumentaire de DOW, il ne me convainc pas. Ses preuves historiques et documentaires de l’inexistence ancestrale de l’homosexualite en Afrique sont aussi peu solides que celles dont il denonce la fragilite chez Achille. Son affirmation selon laquelle l’aversion pour l’homosexualite serait un sentiment universellement partage ne tient pas debout. voyez la culture mediterranenne, une des plus raffinees du monde, qui tenait dans l’antiquite l’homosexualite pour la forme d’accouplement qui permettaient les pratiques amoureuses nobles, et l’heterosexualite pour une concession a la survie de l’espece.

    Et pour finir, l’argument massue : l’homosexualite serait contre-nature. Comme si l’hetero-sexualite etait plus naturelle. En tous les cas, j’espere pour tous les pourfendeurs de l’homosexualite qu’ils ne pratiquent pas pour eux-memes une sexualite « naturelle », si je comprends bien celle des chiens, des singes et des poissons, parce que sinon je prefere leur dire tout de suite qu’ils sont en train de rater quelque chose...

    Car le propre de l’homme est peut-etre aussi, outre le rire pour rester en terres rabelaisiennes, d’avoir ritualise l’accouplement par l’imaginaire, jusqu’a en faire le lieu de tous les fantasmes, de toutes les passions, et de tous les plaisirs. Un rituel desormais deconnecte de ses origines naturelles, qui appartient completement a la culture, dans ce qu’elle a de plus raffine, de plus complexe, et de plus fascinant. Quel que soit le sexe des partenaires, sans aucun doute.

  13. Posté par Sami, le 14 février 2006 à 09:37

    Diva, il est presqu’impossible aujourd’hui de voir chez l’homme une pratique sexuelle totalement déconnectée de la nature, les études des comportements sexuels des animaux, avec films à l’appui, l’ont démontré : toutes nos "succulentes perversions", même les plus marginales, sont déjà multimillénaires chez certains animaux, dont les singes. L’homme rejoint, au contraire, sa dimension profondément animaile, qui, elle, s’impose peu de limites, quand il donne cette impression de s’écarter du naturel, plutôt du normatif. Il évolue dans la vaste gamme des possibles tout simplement naturels. Quant aux arguments de D.O.W., ils s’appuient sur un sentiment général que beaucoup d’études invalident pourtant. Je ne citerai ici que Boris de Rachewiltz, Eros noir. Moeurs sexuelles de l’Afrique noire de la préhistoire à nos jours (Terrain vague, 1993). L’auteur écrit : "L’homosexualité était obligatoire chez les habitants de l’oasis de Siwa, où les personnages de haut rang échangent mutuellement leurs fils et où celui qui refuse de s’adonner à cette pratique est considéré comme bizarre... Chez les Gisu et les Margole, l’homosexualité est très répandue". Il y a existence parfaitement codifiée dans les taditions sénégalaises de travestis (hommes) qui jouent un rôle dans les fêtes jusqu’à nos jours (ils ne sont pas forcément homosexuels, mais...) L’apparition d’une autre forme d’homosexualité, celle-là engendrée par l’uniformisation des pratiques sexuelles, donc pour lesquelles l’Occident aurait joué un grand rôle, pas en tant qu’inspirateur originel mais comme diffuseur à partir d’un moment même de pratiques venues de l’Orient, cette homosexualité "moderne" nous donne, à Abidjan par exemple, des homosexuels regroupés au sein d’associations pour mieux défendre leurs droits à exister. Tout le monde a pu voir la délicieuse Barbara dans un film diffusé sur Arte, Whobi Chéri, cette Barbara qui n’est en fait qu’un homme mais avec une irrésistible apparence féminien grâce à la chirurgie, seins de rêve, bouche divinement sensuelle, voie poétisée à tuer les anges, démarche à faire baver les saints...

  14. Posté par Abdourahman A. WABERI, le 14 février 2006 à 09:45

    Chère Diva

    Je plaisante moi aussi et ne vous imagine pas un seul instant vexée. L’argumentation alambique de DOW est plus que suspecte. L’Afrique serait hors du monde sensible, vierge de tout penchant homosexuel (la fameuse extraneité fleure bon la cloture identitaire et mortifère) par on ne sait quelle divine exception sexuelle. Faux, archifaux ! Pas besoin d’épiloguer sur l’absence de preuves (puisque Achille Mbembe s’est contenté d’écrire un article poiur "Le Messager" et non une étude synthétique pour le Museum d’histoire naturelle de Londres, PAris ou Douala). Les termes pour désigner le fait homosexuel abondent dans toutes les langues africaines ("goorjeen" en wolof, pour ne citer qu’un exemple). Plus sérieusement, ce genre d’argument confine au nationalisme culturel toujours dangereux, même si ici il n’est juste qu’effleuré. Avec la même grille, on pourrait soutenir que la démocratie n’a pas de substrat africain et qu’elle est une "invention" grecque. D’ailleurs, le SIDA n’est pas africain comme dirait Thabo Mbeki. Le patriarchat est méditerrannéen, le saxo est belge, le sumo japonais, le Christ juif, le wax indonesien, le thé chinois etc. Ah, j’oubliais, l’évolution n’est pas africaine mais darwinienne of course. Le refoulement a des beaux jours devant lui.

    bien cordialement

  15. Posté par Sami, le 14 février 2006 à 09:52

    Le mérite d’Achille, au-delà de la faiblesse évidente de certains arguments ou même interprétations, réside au moins dans le désir de réintroduire dans le domaine de la réflexion sérieuse des thèmes que certains considèrent non comme tabous mais comme dérisoires voire tout simplement malsains réservés aux seuls Occidents mis sur le sommet de la dépravation par rapport à l’Afrique de la pureté. Mais l’Afrique, le plus vieux continent habité serait-elle aussi la terre des êtres sans imagination pour qu’à aucun moment de l’histoire ils n’aient par eux-mêmes eu la petite envie d’emprunter toutes les pentes glissantes du corps, alors qu’ils observent les animaux, ces grands prescripteurs de nos moeurs ? Dans une étude plus récente de Bios Diallo, De la naissance au mariage chez les Peuls de Mauritanie, préfacé par le très respecté et respectable Cheikh Hamidou Kane, l’auteur nous apprend que les jeunes Peuls, après la circoncision, faute d’accéder au temple des adolescentes devant arriver au mariage vierges, faisaient du "saute-mouton" (au sens littéral du terme) ou se livraient entre eux à une homosexualité transitoire. L’Afrique, ce sont des multitudes de sociétés, une infinie variété de moeurs. Mais l’homosexualité, pratique souveraine à certaines époques, comme le souligne Diva, dans la Grèce Antique par exemple, ce qui fait que le plus beau livre qu’on puisse lire sur la question reste, pour moi, Le banquet de Platon, oui, cette homosexualité a quand même fini par se faire des adversaires tenaces dans tous les coins du monde. Il n’y a pas plus d’un an qu’on jugeait en France des jeunes ayant aspergé d’essence un homme dont ils ont brûlé le visage de façon atroce. Son crime, qu’ils n’étaient pas prêts à lui pardonner : il était et est homosexuel. Il n’y a pas qu’au Cameroun que ce choix ne trouve pas facilement une marée de mains pour l’applaudir. Wab, à Brxuelles donc !

  16. Posté par Sami, le 14 février 2006 à 09:56

    J’écrivais mon deuxième post au moment où tu affichais le tien, Waberi. On se rejoint à ce niveau inviter à la flexibilité certains arguments de D.O.W.

  17. Posté par Abdourahman A. Waberi, le 14 février 2006 à 10:14

    Salut Sami, Ces arguments sur la virginité et l’extraneité africaines m’ébouriffent le melon !!

    A Bruxelles donc

  18. Posté par sami, le 14 février 2006 à 10:42

    Références du livre de Bios Diallo : Karthala, 2004. Pour Barbara, dans mon premier post, VOIX et non voie !!!!

  19. Posté par Timba Bema, le 14 février 2006 à 11:47

    Il me semble par ailleurs que beaucoup de personnes parlent de l’homosexualité sans savoir ce que c’est ? Sami, je ne sais pas si c’est juste pour l’exemple mais Barbara n’est pas homosexuelle "stricto sensu". L’homosexuel n’est pas forcément celui qui a problème avec la représentation de son sexe. Est ce une identité ? NON. Est ce juste un penchant sexuel ? NON PLUS.Plus on s’interroge sur ce fait et plus on se rend compte que la masculinité et la féminité ne sont que des représentations idéales du corps et de l’esprit à travers les sexes ? Et lorsqu’on gratte plus profond ,qu’est ce qu’il reste ? NOUS SOMMES TOUS PEDES ET LESBOS ET HETERO A LA FOIS....OH ANTINOUS ; LE SPASME QUI FIT CHAVIRER D’EBLOUISSEMENT CARLOS.

  20. Posté par moko pericle, le 14 février 2006 à 11:48

    Oh ! mais que c’est monstrueux(je ne choque personne), mais que c’est super(je ne choque personne non plus)la St-Valentin des Homo dans la mixité de couleurs, sur le blog d’Alain, coté au delà des océans. Ces couples Homo juvéniles et séniles dans la tourmente.

    Heureusement, à ce que je sache, virtuellement bien sûr, le blog est Hétéro et non Homo, Achille(Mais qui l’ignore !).

  21. Posté par Alain serbin, le 14 février 2006 à 11:59

    Le texte d’Achille Mbembe sur l’homosexualité est l’un des plus forts jamais lus sur ce sujet. On peut aimer ou pas cette pratique,puisque la société occidentale claironne partout, chacun a le droit de faire ce qui lui plaît. Je ne sais pas si en Afrique l’homosexualité est une pratique courante ou cachée, ce que je sais ce que culturellement elle n’est pas permise. Bien entendu, comme partout, l’hypocrisie est de rigueur. La déscription qu’en fait M.Mbembe est fort pertinente. Surtout ce parallélisme avec les comportements pré et postcoloniaux, et après les indépendances où le chef de l’Etat veut à tout prix faire reconnaître sa virité, sa puissance. En Afrique centrale, un président était réputé d’avoir autant de maîtresses dans la gente féminine de son pays. Dépourvu de moralité, il a même fini par se marier avec les deux jumelles ! Une, l’officielle, et l’autre l’officieuse. Fort ressemblant, on y voyait que du feu. Et lui, il était très content. Il couchait même avec les femmes de ses ministres, ses membres du gouvernements, ses collaborateurs dans l’armée,etc. Un autre, sacré "Empereur" autoproclamé avait la réputation d’avoir plus d’une cinquantaine d’enfants éparpillés non pas dans on pays seulement, mais aussi à l’étranger(Europe, France, Italie, Espagne, Suisse, jusqu’en Indochine où il est passé servir une puissance coloniale !). Le chef doit avoir plusieurs femmes, se dit le dictateur. En Afrique de l’est, un président était réputé deposséder le phallus le plus impressionnant. Et tel autre, qui était bisexuel ! Je viens d’apprendre par un ami qu’un tel président est soupçonné de pratique homosexuelle auprès de ses jeunes conseillers...formés en occident. L’Afrique évolue sexuellement pour se mettre au même diapason que les nations modernes et développées. Certaines pratiques ne sont que des mimétismes empruntés. Et quand on sait que le tourisme sexuel continue à sévir, on imagine l’avenir de ces jeunes vicitmes de ces dépravés. Faut-il s’en plaindre ? Où est la morale ? Vieux jeu, attardé, moi ? Je crois que je vais faire une relecture de la chose.

  22. Posté par Sami, le 14 février 2006 à 12:49

    Timba Bema, oui, tu as raison, mais je ne considère pas Barbara comme homosexuel du simple fait de son changement physique, surtout qu’elle (ou il) a conservé ses attributs masculins. Mais elle définit, dans le langage propre aux gens de son association, les choses ainsi : « Les Woobies sont des hommes (biologiques) qui ont le rôle social des femmes et qui ont des rapports sexuels avec des hommes. Il y a ensuite les Yossis, des mecs qui couchent avec des hommes et des femmes et qui sont de vrais mecs ». Barbara se situe quelque part dans ces définitions où il (elle) a des rapports sexuels avec des hommes. Il y a d’elle (de lui) un entretien publié dans un numéro d’Africultures, Masculin/Féminin, que j’avais eu la chance de coordonner avec Boniface Mongo MBoussa. Il est vrai qu’en surface, on entend par homosexuel des personnes dont les pratiques sexuelles avec d’autres personnes du même sexe sont avérées. Mais au fond de l’être humain, il se joue peut-être plus de spectacles que dans les pratiques affirmées et/ou assumées. Mais on dirait aussi qu’il y a en chacun de nous un assassin, un président qui coucherait (et ça, Alain Serbin, c’est avéré dans bien de pays africains) avec les femmes de ses ministres, de ses sujets, sans oublier les rituelles sodomies des sujets (rumeurs ou vérités !!!) Je pense qu’au-delà de ce qui se joue au coeur de nos propres ténèbres, on est obligé parfois de se fier plus aux apparences, à ce qui est affiché... Ce qui laisse à l’humain, sous tous les cieux, ses petits mystères intimes. Même quand quelqu’un assume son homosexualité, il n’a encore rien dit sur sa sexualité, car, la sexualité, ce n’est pas seulement dans le genre de nos partenaires de prédilection, mais dans cet ensemble de pratiques, hétéros ou homos, de pensées, de désirs, etc., que nous ne mettrions pas forcément en mots devant autrui. L’inavouable peut se loger au coeur même de l’apparent permis, dans les pratiques des couples correspondant aux normes religieuses et morales dominantes. Si les espaces intimes se mettaient à écrire des livres, il se peut qu’il y ait soudain dans les rues une profusion d’hommes et de femmes cagoulés ou avec des lunettes sufisamment larges et noires pour les défigurer. Et c’est à ce niveau que l’homme se différencie de l’animal, je pense : il ne peut tout assumer, il lui reste ces notions culturelles de pudeur, de honte, de dignité, etc. Heureusement, peut-être, non ?

  23. Posté par D.O.W., le 14 février 2006 à 14:19

    Que l’on me permette d’être peut-être un poil trop long pour répondre à tout le monde. Mais je vais essayer d’être très concis. D’abord, je voudrais commencer par rendre hommage à Achille Mbembe, et je voudrais dire à tous ceux qui l’admirent que je suis moi-même un de ses plus fervents admirateurs !! Mais j’imagine qu’A. Mbembe lui-même, étant donné les qualités qu’on lui connaît, ne voudrait pas que l’on ait un regard complaisant sur son travail. Et la communauté du village Mabanckou n’est d’ailleurs pas réputée pour avoir un regard complaisant. Et précisément, tous les arguments que l’on m’objecte sont fondés. Et je vais essayer d’y répondre brièvement. D’abord Diva me fait remarquer que certains de mes arguments sont également peu solides. Ce que je reconnais volontiers. Il y a même une totale absence de références pour les soutenir, mais c’est seulement faute d’espace. Et toujours à ce propos, A. Waberi me fait remarquer très justement que je ne peux décemment reprocher à un court article de journal de manquer de références documentaires. Si je me le suis permis, c’est simplement parce que A. Mbembe abordait déjà la question comme je l’ai rappelé, dans l’avant propos de La Postcolonie (seconde édition, pages XXV et XXVI). Et y compris dans cet avant-propos, la liste des références bibliographiques (qui sont pourtant une des grandes richesses du reste de l’ouvrage - La Postcolonie), sur ce point particulier, est plutôt ténue. Excepté un ouvrage de Peter Geschiere (dont ce n’est pas le sujet principal), exceptés quelques travaux très spécifiques (homosexualité féminine, etc), la seule référence que donne A. Mbembe, c’est l’ouvrage de S. Murray et Will Roscoe. Et sur cette littérature des preuves historiques de l’existence anté-coloniale d’une homosexualité africaine (voir aussi les références que donne Sami plus haut), mon inculture est totale, je l’avoue humblement. Mais je ne peux manquer de m’interroger : on ne nous donne souvent à voir que des pratiques très circonscrites, inscrites souvent dans un rituel lui-même très fermé. Jamais on n’évoque de cas d’étude se rapportant au commun, c’est-à-dire à l’africain ordinaire, ou alors très rarement. Alors qu’ailleurs (en Occident notamment), les cas qui créaient le scandale, se situaient toujours dans le cadre social domestique.

  24. Posté par D.O.W., le 14 février 2006 à 14:20

    Diva par ailleurs me fait dire que l’homosexualité est contre-nature. Je n’ai nullement dit cela. J’ai seulement suggéré que ce peut-être la raison qui explique le rejet que nous discutons ici (je précisais d’ailleurs : ce qui est “entrevu comme tel”). Et puis d’ailleurs, la thèse est tout à fait défendable : dire que l’homosexualité est contre-nature, ce n’est pas porter un jugement de valeur. L’homosexualité peut paraître contre-nature comme de se renverser dans la rue pour subitement marcher sur ses mains, la tête en bas. En outre, il est souvent allé du salut de l’homme de subvertir le naturel : la science pharmaceutique, la chirurgie, la médecine, les activités humaines, en bien des aspects, sont contre-nature. Mais il faut, dans tel ou tel cas, aller plus loin, pour pouvoir émettre un jugement, si tant est d’ailleurs que l’on doive émettre un jugement. Les premiers hommes ont probablement dû comprendre “naturellement” comment ils devaient s’accoupler, avant même de se rendre compte que cela leur permettait accessoirement de se reproduire. Et c’est là la raison pour laquelle (et je réponds à Diva), l’homosexualité a probablement toujours bel et bien suscité chez les hommes, d’emblée, si ce n’est de l’aversion, du moins de la défiance. Et plus encore chez ces premiers hommes. Ce qui n’empêche pas que les mœurs aient pu changer à telle ou telle époque. Car si en effet, Diva, l’homosexualité a pu paraître noble dans l’antiquité chez certains peuples, quelle a été sa réputation chez ces mêmes peuples en des temps plus anciens ou alors plus tard dans le Haut Moyen-âge ?

  25. Posté par D.O.W., le 14 février 2006 à 14:20

    Quant aux remarques de Timba Bema, elles sont du même ordre que celle d’A. Waberi. Et je m’excuse bien volontiers de les avoir peut-être heurtés par l’utilisation de certains termes, mais qu’on me concède que je n’ai pas l’espace ici pour expliciter tous les termes que j’utilise. Je pourfends très farouchement tout ce qui enferme culturellement l’Afrique, tous ceux qui ont tendance à mettre notre continent hors de la mouvance du monde, et que l’on me fasse ici ce reproche relève d’un vrai malentendu. Lorsque je dis que la situation de l’homosexualité en Afrique est une situation d’extranéité, cela ne sous-entend en rien que l’homosexualité est propre seulement à une partie du monde, ou à d’autres parties du monde dont elle serait une caractéristique spécifique. La lecture qu’il faut faire est la suivante : l’homme a une tendance à explorer tous les champs du possible (l’homme, donc y compris l’Africain), et c’est pour cela qu’après avoir su comment il devaient s’accoupler pour se reproduire, les plus curieux ont probablement voulu expérimenter l’accessoire, l’inconnu. Mais une fois que ces précurseurs se lancent, les sociétés où ils vivent se prononcent moralement sur leur hardiesse. Et selon que ces sociétés les avalisent ou non, elles créent comme une jurisprudence sociale locale, qui elle-même va donner naissance à un comportement social caractéristique. Et ce comportement social qui existe là-bas, tant qu’il n’est pas normé ici, il est ici en situation d’extranéité. Mais on ne peut tout mettre dans ce moule explicatif (dire par exemple que la démocratie est spécifique de certaines contrées est une absurdité, mais cela je ne peux le développer ici). Je ne sais pas Timba Bema quelle est la situation de la Chine en matière d’homosexualité, mais on peut parler d’autre chose : par exemple, on peut dire que dans le domaine social, s’il existait une maison de retraite en Afrique, elle serait en situation d’extranéité sociale. On pourrait dire cela, de la même façon que pour l’homosexualité, sans sous-entendre que l’Afrique est radicalement différente, spécifique. Car ces situations d’extranéité ne sont que temporaires, contextuelles. L’Afrique sera peut-être demain le continent où l’homosexualité sera la plus ancrée dans les psychismes, mais il me semble que ce n’est pas encore le cas. Certes par ailleurs, comme dit Sami, “L’Afrique, ce sont des multitudes de sociétés, une infinie variété de mœurs”. Mais, peut-on lui rétorquer, en dépit même de cette diversité, que le rejet de l’homosexualité (sur lequel je ne porte aucun jugement) soit si unanime dans tout le continent, depuis le Maghreb jusqu’à la pointe sud du Cap, cela ne traduit-il rien de significatif, rien d’autre qu’un refoulement ? Je voudrais terminer enfin, en disant combien Timba Bema, mais mieux encore Diva, ont raison de situer le contexte dans lequel Mbembe écrit son article. Dans nos pays où l’urgence est forte de vivre en paix, et considérant les événements récents au Cameroun, le papier de Mbembe prend en effet une autre dimension. Diva le dit mieux que moi : face à ce qui ressemble à des montées d’intolérance, de toute évidence, le propos d’A. Mbembe vise en effet à “dire et même surdire une réponse par un défoulement langagier que Mbembe voudrait sans doute libérateur et dédramatisant”. Bien à vous tous. Et je ne ferai plus aussi long, promis.

  26. Posté par Sami, le 14 février 2006 à 15:06

    D.O.W., je partage la plupart de tes arguments, je ne l’ai peut-être pas laissé assez apparaître. Le rejet dont tu parles, oui, je suis d’accord avec toi qu’il est général, il n’y a pas une société africaine qu’on pourrait appeler aujourd’hui le paradis des homosexuels. Il est plutôt à remarquer que la sexualité globalement se joue toujours et joue avec les interdits, ceux-ci tentent de la canaliser, mais sont toujours et sous tous les cieux débordés. Il y a des pays où on met les homosexuels en prison ou les force à s’expatrier parce qu’ils deviennent indignes de leur patrie. C’est le cas par exemple de Cuba, même si les choses s’y assouplissent de plus en plus. Le succès du film cubain Fraise et chocolat tient en partie à ce contexte. Mais à aucun moment, la révolution n’a réussi à "éradiquer" l’homosexualité à Cuba. L’existence assez visible d’homosexuels actuellement en Côte d’Ivoire par exemple ne signifie point que ce pays soit tolérant en la matière, c’est plutôt que ses normes morales ne parviennent pas à en imposer à la totalité de la réalité du désir et des fantasmes. La sexualité est comme un océan que tente de contenir le fleuve des normes sociales. Et ton idée d’extranéité, je ne l’ai pas rejetée, si j’ai cité des exemples circonscrits dans les sociétés anciennes, j’ai bien dit que les phénomènes comme ceux qu’on observe avec les Barbara sont issus de l’uniformisation actuelle des comportements sexuels, ils ne sont pas issus de l’évolution stricte des pratiques locales anciennes. C’est deux choses différentes, je pense. Et j’ai, moi, souligné la pertinence de tes arguments contre la faiblesse de certains arguments et interprétations d’Achille MBembé. Qu’il soit un intellectuel admirable est une chose. Mais cela ne met aucun de ses travaux connus à ce jour au-dessus de la critique. Aucun. Mais cela n’existe pas non plus, des travaux au-dessus de toute critique, surtout dans des domaines où souvent la cohérence de l’interprétation en arrive à séduire qu’on ne se rend plus compte, pour peu qu’on ne soit pas soi-même relativement préparé, que cohérent ne signifie pas forcément pertinent.

  27. Posté par D.O.W., le 14 février 2006 à 16:17

    Oui on se rejoint en effet sur bien des points Sami, et je te remercie d’ailleurs pour les références bibliographiques que tu fournis et qui vont enrichir ma culture. J’ai omis également de signaler que tu es cité d’ailleurs dans les références bibliographiques de La Postcolonie, notamment pour le riche imaginaire de Place des fêtes. Enfin, je te rejoins tout particulièrement sur l’uniformisation des conduites sexuelles. C’est peut-être, à mon sens, le point qu’Achille ne met pas suffisamment en lumière dans son papier. Bien à toi.

  28. Posté par moko pericle, le 14 février 2006 à 17:45

    A Propos de la sodomie, par’do, même mon pauvre pays ne dispose d’aucune autoroute vers le Sud, par’do vers la sodomie, par’do d’une autoroute tout court. Comment accepteriez-vous posséder en vous une autoroute de voie exécrable. Par’do c’est la St-valentin qui me fait dire ça pendant que les uns, les autres débattent des vraies questions et faits de société.

  29. Posté par Boris, le 14 février 2006 à 18:33

    A propos d’homosexualite,on vit une epoque ou presque plus personne ne cache son attirance pour le derriere d’un mec, ou encore pour ses levres pulpeuse a la Angelina Jolie, ou a moins que ce ne soit pour ce gros sexe qu’on imagine dans un trou dont je prefere taire le nom.Tenez je sors de voir le film du moment(rassurez vous je ne suis pas "encore" homo)Brockback Moutain, et je vous assure que nous etions quelques heteros plonge dans la foule d’homo qui ne se cachaient pas de faire leur "mamour" dans la salle. Et quand je pense que ce film risque de remporter des oscars, c’est pour vous dire que ne soyez pas surpris de voir defiler sur le tapis rouge de la dite ceremonie le couple Elton John.

  30. Posté par Emma Benji, le 14 février 2006 à 19:11

    Non, mais je reve ou quoi. Je suis la seule a etre inspirée par l’amour aujourd’hui ? ... Normalement si on est sensible à l’art et la littérature on doit etre sensible à l’AMOUR ... L’amour est la solution a tous les maux, il suffit d’aimer... et tout pourrait aller mieux...Je parlerai de ce sujet (homosexualité) demain aujourd’hui j’ai envie de chanter "Aimer aimer Aiiimez, aimez, aimez AIMER, aimez aimez aiiimez. Dieu vous le rendra" !. Http ://emmabenji.canalblog.com

  31. Posté par Homonyme, le 14 février 2006 à 19:31

    Et Emma, tu penses vraiment que les homos c’est pas de l’amour, hein ??? C’est aussi leur Saint-Valentin aujourd’hui, ma fille ! Va donc voir les cadeaux d’Elton John à son copain, euh, pardon, à son mari !!!

  32. Posté par Mére Saguich, le 14 février 2006 à 20:41

    Pour ma part je ne dirais qu’une seule chose accepter la sexualite des Autres(homosexuelles,lesbiennes,jeunes,vieux.....)c’est avant tout etre au clair avec sa propre sexualite............. ?

  33. Posté par Sami, le 14 février 2006 à 20:53

    Merci Emma. J’espère que Céline Dion lira ce blog et comprendra qu’elle a tort avec sa chanson, par ailleurs belle, "S’il suffisait d’aimer" :

    Je rêve son visage je décline son corps Et puis je l’imagine habitant mon décor J’aurais tant à lui dire si j’avais su parler Comment lui faire lire au fond de mes pensées ?

    Mais comment font ces autres à qui tout réussit ? Qu’on me dise mes fautes mes chimères aussi Moi j’offrirais mon âme, mon cœur et tout mon temps Mais j’ai beau tout donner, tout n’est pas suffisant

    Refrain :

    S’il suffisait qu’on s’aime, s’il suffisait d’aimer Si l’on changeait les choses un peu, rien qu’en aimant donner S’il suffisait qu’on s’aime, s’il suffisait d’aimer Je ferais de ce monde un rêve, une éternité

    J’ai du sang dans mes songes, un pétale séché Quand des larmes me rongent que d’autres ont versées La vie n’est pas étanche, mon île est sous le vent Les portes laissent entrer les cris même en fermant

    Dans un jardin l’enfant, sur un balcon des fleurs Ma vie paisible où j’entends battre tous les cœurs Quand les nuages foncent, présages des malheurs Quelles armes répondent aux pays de nos peurs ?

    Refrain

    (Eh ben, même s’il ne suffit pas d’aimer, il faut aimer, et c’est toi qui as raison, Emma, et merci de le rappeler par ce jour particulier, la Saint-Valentin, même si ce n’est pas un jour qui signifie quelque chose sous d’autres cieux)

  34. Posté par Timba Bema, le 14 février 2006 à 22:35

    Au sujet de la condamnation de l’homosexualité ; pour revenir au contexte du Cameroun qui est sous jacent à notre discusiion. La condamnation a été faite par le prélat de Douala(l’archevêque TONYE BAKOT) avec comme argumentaire central que l’homosexualité était pratiquée pour des raisons d’enrichissement par des moyens sataniques(ou sectaires) et de traffic d’influence. Si on envisage son argumentaire de manière plus restrictive, il dit en fait une et une seule chose à savoir que les indivudus ont des rapports sexuels avec ceux du même sexe que pour des raisons pécunières et de promotion sociale. C’est exactement sous cette forme que cet argumentaire a été repris par les journaux pour condamner cette pratique et en publiant trois(03) listes de personnalités supposées être homosexuel(lle)s. Mais, à bien y réfléchir, est ce le traffic d’influence ou l’acte en lui même qui est jugé ? Sans aucun doute s’est le traffic d’influence. Cet argumentaire vise justement à montrer la déchéance dans laquelle se trouve le pouvoir BIYA pendant son dernier septennat. Ainsi, la critique de l’homosexualité commencera a être véritablement faite à partir du moment où on ne se concentrera que sur la pratique elle-même et non sur les aspects connexes et insignifiants. En conclusion, la critique qui est portée par ce prélat est une critique d’un système de gouvernement. A partir de ce constat, DIRE QUE L’HOMOSEXUALITE EST UNANYMEMENT CONDAMNEES EN AFRIQUE C’EST NE PAS COMPRENDRE LA NATURE DE CETTE CONTESTATION.

  35. Posté par jean-michel, le 15 février 2006 à 18:41

    Merci à toutes et à tous pour la qualité des échanges. Et dire qu’il y a encore quelques jours j’entendais certains de nos amis du blog dire que les africains ne lisent pas. Alors d’où sortez-vous toutes ces références ! ça y va du cerveau les gars ! Je ne vous dis pas la quantité de phosphore brûlée entre D.O.W., Sami, Abdourahman, Serbin, Timba Bema... Cela dit, Achille à le mérite de mettre sur le tapis un sujet demeuré longtemps tabou en Afrique. Je souligne simplement la nécessité de faire la distinction entre ce qui relève des phénomènes urbains africains et de ce qui s’applique aux campagnes africaines. Il me semble que le phénomène dont il est fortement question ici ne revêt pas la même ampleur ni ne répond aux mêmes horizons d’attente selon que l’on vit en campagne ou en ville, si je puis m’exprimer ainsi.

  36. Posté par diva, le 15 février 2006 à 21:33

    Jean Michel, tu n’as pas remarque qu’il y a aussi des filles qui pensent sur ce blog ??????? donc tu peux dire par exemple, “sur ce blog ca y va du cerveau les gars les filles”, ca ne mange pas de pain et ca nous fera plaisir.

    Merde, il faut tout leur dire.

    Quel boulot.

    Enfin, si ca peut te rassurer, tu n’es pas le seul a ne pas le remarquer. Je suppose que comme toujours on est plutot la pour la decoration. Et pourtant ya meme pas nos photos.

    Ne faites pas attention, je soir je suis de mauvais poil tout m’enerve. j’ai un boulot monstre et je vais y passer la moitie de la nuit.

    Sami, merci pour les infos et references diverses. Et bravo pour ton article dans le dictionnaire de la pornographie au PUF (je l’ai deja mentionne ici, mais je le redis puisqu’apres tout on est quand meme dans le theme).

    Allez, j’y retourne

  37. Posté par Sami, le 16 février 2006 à 00:39

    Merci Diva. Courage pour ton boulot !

  38. Posté par Infos glanees sur TV5 /par A. Mabanckou, le 16 février 2006 à 01:28

    Comme beaucoup l’ont souligne ici, c’est veritablement une chasse aux sorcieres qui se deroule au Cameroun contre les supposes homosexuels de "premier plan".

    Dans ma chambre d’hotel a Turin, en effet, je suis tombe sur le journal televise de TV5-Afrique de ce jour presente par Valerie Bambuck : il est rapporte que tous les journaux camerounais qui denoncent les hommes publics homosexuels se vendent comme des petits pains. Sur l’ensemble des pretendus homos denononces ( il y a meme un Top 50 !) seuls 5 d’entre eux sont alles jusqu’au Tribunal. Un avocat camerounais explique certaines personnalites preferent ne pas nier publiquement meme si l’accusation est fausse au risque d’alimenter le debat et de perdre quoi qu’il en soit des plumes... Jusqu’ou cette campagne va aller ? Qui le sait ? En tout cas Paul Biya, le president camerounais, s’est exprime personnellement et a demande le respect de la vie privee qui ne doit pas etre foulee sous pretexte de la liberte de presse. A suivre donc...

  39. Posté par D.O.W., le 16 février 2006 à 02:37

    Tout à fait d’accord Diva. Cette façon d’oublier quelques fois que le cerveau féminin lui aussi fume, est scandaleuse. Il fume bien plus souvent (rires). Mais à la décharge de Jean Michel, il commençait tout de même son post par "Merci à toutes et à tous". Et parlant de "décoration", je remarque tout à coup qu’A.M. ne met ici que des illustrations "mâles". Et la parité alors !? Ca existe aussi l’homosexualité féminie ! Et quant au post d’Alain, ce feuilleton des listes publiées au Cameroun et les procès engagés, ne se restreignent pas à la sphère des moeurs ou de la déontologie. Les implications politiques peuvent également être nombreuses, et l’affaire peut en effet aller très loin. Let us wait and see.

  40. Posté par jean-michel, le 16 février 2006 à 13:16

    Diva Je présente mes plates excuses à toutes les femmes de ce blog. J’offre la tournée des roses à chacune. J’aurais du être un peu plus attentif ! J’ai cru que le fait de commencer par "à toutes et à tous aurais suffit" pour me mettre à l’abri de ton ire. Mais retiens une chose, j’ai été élevé dans le respect des femmes. Et j’ai toujours entendu mon père dire que tout homme est une invention de sa femme. Je veux bien être ton invention pour une fois dès que tu l’auras souhaité. Au fait quelqu’un peut-il m’indiquer le site où je peux avoir les mots de l’hallali sur les homosexuels camerounais ? J’avoue que c’est du délire ! Courage pour ton boulot Diva ! Hé Sami ne m’oublie pas s’il te plaît ! Si jamais tu trouves le bouquin de Paul Zumthor chez un bouquiniste pense à moi s’il te plaît ! Merci tu es amour de frère !

  41. Posté par A. Mabanckou, le 16 février 2006 à 13:56

    Cher Jean-Michel,

    De nos jours il est tres simple d’aller au coeur de l’info ! En effet, il te suffit de taper "Cameroun+homosexualite" sur Google ou Yahoo, tu auras de quoi lire. Ou alors va sur sur les journaux camerounais en ligne, notamment Le Messager (Achille Mbembe est un chroniqueur regulier de ce journal)...

  42. Posté par Emma Benji, le 16 février 2006 à 16:09

    I am Sorry, mais j’ai eu du mal a terminer l’article... je ne sais pas pourquoi... je ne suis pas contre l’homosexualité. mais je pense que tout serait plus simple si tout le monde etait hétérosexuel. Je ne suis pas contre le mariage des homosexuels, mais contre le fait qu’ils puissent adopter des enfants !

  43. Posté par jean-michel, le 16 février 2006 à 18:15

    Merci Alain pour l’info.

  44. le 18 février 2006 à 15:22

    Mouélé Kibaya, Très bonne analyse, merci Achille d’ouvrir cette question. Mais tu sambles oublier dans ton analyse l’aspect du mimétisme des Africains qui croient que tout ce qui vient du Nord est bon. Un autre péché mignon c’est de toujours faire la comparaison entre nos sociétés africaines et les autres sociétés (celles du Nord) et du coup cela crée des biais dangereux. Les Africains comme tous les êtres humains de la Terre ont les mêmes phantasmes du momemnt qu’ils ont un cerveau fait pour rever. La question de savoir si l’homosexualité est une pratique endogène ou exogène n’avance pas le sujet, j’aurais souhaité surtout avoir une analyse sur les conséquences de telles pratiques, car il existe bien des homosexuels et des lesbiennes partout dans les villes africaines et bientôt dans les campagnes. C’est un mensonge de croire que l’Afrique est deconnectée de la marche de l’Homme. Ce qui est à déplorer c’est le manque de tolérance pour comprendre le problème, cela est peut-être dû au poids des problèmes économiques et manque de libertés. Pour parler de la polémique que la publication des noms d’éventuels homosexuels soulève au Cameroun, je trouve que que c’est une bonne chose et signe que la société camerounaise est en avance par rapport à d’autres pays de l’Afrique centrale (les deux Congo, Gabon) où les pratiques de l’homosexualité sont courantes depuis longtemps même s’ils étaient marginaux, à Pointe-Noire, il existe même un phénomène de jeunes garçons qui se prostituent auprès des Européens et des marins accostant au port. En politique on raconte que l’homosexualité est pratiquée comme rite initiatique, il parait, chez les francs maçons (n’étant pas moi-même franc maçon, je ne peux pas confirmer à 100% le conditionnel est de mise),surtout quand on sait ce que le réseau franc maçonnique a comme influence dans les sphères du pouvoir en Afrique francophone. Il serait interessant d’anlyser les contours de la question de l’homosexualité auprès du "petit peuple" pour voir si une pratique normale et acceptée. Le problème de l’homosexualité publique pose les fondements de la liberté et ouvre un pan vers la non soumission. C’est ainsi que la plupart des pouvoirs totalitaires africains voient le problème.

  45. Posté par Ndoi, le 21 février 2006 à 12:30

    Trop bons, vos échanges sur l’homosexualité africaine et l’africanité homosexuelle :

    1°) Si Dow affirme l’extranéité sociale de l’homosexualité ;

    2°) Si Timba avance que la Démocratie est étrangère à l’Afrique ;

    3°) Ndoi se doit de vous apporter maintenant le troisième temps du syllogisme : la Démocratie est un régime de pédés !

    Plus sérieusement, c’est intéressant de voir comment même un sujet sur les habitudes sexuelles nous conduit invariablement vers un questionnement normatif sur L’identité africaine. "le phénomène (homosexuel) est totalement étranger au continent", nous dit l’un d’entre nous. Et ses contradicteurs auraient pu laisser tomber, mais non ils choisissent de relever le point : existerait-il une "Afrique de la pureté" face à un Occident dépravé ? Il faut toujours que l’on repasse par cette question : ce que doit être l’Afrique.

    Achille Mbembe, c’est pour moi la figure même de l’Intellectuel, par sa façon d’interroger les sociétés par-delà ce qui choque et par-delà ce qui nous arrange. Quand on a finit de lire, on se dit : tiens, voilà une analyse désintéressée. Il n’écrit pas pour jusfifier son homosexualité ou son homophobie. Nos idées sont tellement souvent les reflets de nos désirs, même chez ceux qui font profession de pernser. Trop souvent, on écoute son ventre, ses peurs et ses appetits, et on met sa raison au service du ventre, on organise la production de ses organes en démonstration rhétorique. Merci, Professeur.

  46. Posté par D.O.W., le 21 février 2006 à 17:01

    Très très pertinent ce que tu dis Ndoi, et notamment dans ton dernier paragraphe. Et ton syllogisme m’a fait bien rire. Après t’avoir lu, je ne coucherai plus quelque élucubration sans me demander de quoi mon message peut être le reflet. Mais tu écris ceci : "Il faut toujours que l’on repasse par cette question : ce que doit être l’Afrique". Je dirai plutôt, "ce qu’est l’Afrique", en tout cas pour ce qui me concerne. Et je pense bien que c’est également là la motivation principale d’Achille Mbembe dans La Postcolonie. Et c’est seulement dans cette optique-là d’une lecture juste de l’identité africaine, que j’ai voulu questionner la thèse d’Achille Mbembe. Mais je te donne acte Ndoi, que le travail intellectuel fructueux et perspicace, est celui-là qui se fait sans a priori.

  47. Posté par Timba Bema, le 22 février 2006 à 00:57

    A NDOI ; je n’ écris pas que la Démocratie(si on est bien d’accord qu’elle se fonde sur la liberté de l’individu)est étrangère à l’Afrique au contraire elle incluses dans les moeurs africaines.

  48. Posté par Ndoi, le 22 février 2006 à 18:18

    Pas de problèmes, timba : je faisais exprès de te lire au premier degré, pour dire mes betises ! Mes excuses.

  49. Posté par willy wallas, le 3 mars 2006 à 22:39

    bon soir ! après avoir lu les propos,sur l’homosexuelle. je me lance sur la limite de ma réflexion : si Dieu avait jugé bon que l’homme se marie à l’homme, il n’aurai pas crée la femme par les côtes de l’homme. l’histoire d’adan et eve, ne sarait pas, on n’aurait pas parlé du péché origel. lorsque je penses qu’aujourd’hui l’homme mange à la sueur de front,et la femme règle, et accouche après avoir attendu des mois. ces sanctions, doivent éveiller l’homme à bien reflèchir. alors si mon père, s’était marié avec un homme, où serai - je aujourd’hui, l’homme rélèchit ? l’homme a t- il la possibilité de concevoir ? pourquoi St Joseph était pas la mère de Jésus ? je retiens de la bible, que l’homme quittera la maison de ses parents pour s’attacher à sa femme, les deux formeront qu’un. je n’ai jamais entendu l’homme à l’homme. que ceux qui ont des tabous, talismans, et des maisons exotériques, puissent le faire pour conduire leurs spiritualités aux étapes supérieur. ils doivent savoir que Dieu sait tout, Dieu voit ? l’homme est capable de concevoir ? multipliez - vous ? les hommes peuvent se multiplier ? ayez honte de faire ces genres d’aventures. merci !

  50. Posté par kimya, le 5 mars 2006 à 00:02

    merci cher achille vous venez de decortiquer les vices de la plus grande de toutes les oeuvres sataniques:l’homosexualité

  51. le 9 mars 2006 à 19:42

    essai dskljlkj jkdsqkd sssssssssssssssssss sdfkllllllj sjjjjjjjjjjjjjj llllllllllllllllllllz sddd

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  52. Posté par Pascal, le 9 mars 2006 à 19:46

    > > §titre : > > "Le potentat sexuel. À propos de la sodomie, de la fellation et autres privautés postcoloniales."

    MA GLOSE : L’auteur commence très fort, le titre est éloquent, espérons pour lui que ce soit par provocation plutôt que par une conviction obstinée. Faut-il penser qu’il croit qu’avant la colonie, les africains étaient de vrais ignorants et de bons petits sauvages à la Jean-Jacques Rousseau, savaient-ils même comment procréer, ne naissaient-ils d’ailleurs pas dans les choux ?

    MA GLOSE : À lire la suite de l’article, j’ai bien compris que mon esprit critique a été mis en alerte un peu vite ! Mais quelle en sera l’interprétation du commun des lecteurs ?

  53. Posté par Pascal, le 9 mars 2006 à 19:54

    §1

    > > A.M. : > > Il n’est pas certain que les raisons pour lesquelles la plupart des Africains éprouvent tant d’horreur et de dégoût à l’égard des pratiques homosexuelles soient très plausibles.

    MA GLOSE : L’auteur me paraît être assez manipulateur en usant du non-dit. J’aurais apprécié qu’il précise DIRECTEMENT le fond de sa pensée plutôt que de procéder par suggestion ; n’est-ce pas là le fondement de la sincérité et de l’honnêteté intellectuelles ?

    > > A.M. : > > Les organes utilisés pour l’accouplement homosexuel seraient-ils, à eux seuls, à l’origine de tant d’effroi ? Difficile d’y croire. Après tout, certains Pères de l’Église n’affirmaient-ils pas que

    > > A.M. : > > les composantes anatomiques du coït hétérosexuel, à savoir la verge et le vagin,

    MA GLOSE : Ah, ce ne sont donc pas le chou et la cigogne ! La précision, ici, était particulièrement nécessaire, contrairement au passage précédent ! :-)

    > > A.M. : > > brillent tout autant sinon par leur abjection morale potentielle, du moins par leur hideur physique ?

  54. Posté par Pascal, le 9 mars 2006 à 19:59

    > > §sous-titre : > > Coït et lubricité

    §2

    > > A.M. : > > Trois arguments sont généralement mis en avant par ceux des Africains pour qui, symptôme de la dépravation absolue, l’homosexualité est une pratique que l’on ne peut que souffrir et condamner. D’une part, l’acte homosexuel serait, à leurs yeux, l’exemple même du « pouvoir du démon » et du geste contre-nature - le fait, répugnant à la droite raison, d’appliquer les parties génitales à un vase autre que le vase naturel. Question de contenant, donc.

    §3

    > > A.M. : > > D’autre part, les mêmes affirment que du point de vue de la morale, l’homosexualité constituerait la structure perverse et transgressive par excellence - celle qui, par le biais de l’acte charnel, efface la distinction entre l’humain et l’animal. Vil et immonde, l’acte homosexuel ne serait rien d’autre qu’un accouplement bestial contraire à la perpétuation de la vie et de l’espèce. Au même titre que la gourmandise et autres péchés du même genre, il serait une source de lubricité et un indice de l’immoderata carnis petulantia - la pétulance immodérée de la chair. Enfin - argument d’inauthenticité - l’on nous explique que l’homosexualité serait une tradition inconnue dans l’Afrique précoloniale, et qui n’aurait été introduite sur le continent qu’à la faveur de l’expansion européenne.

    §4

    > > A.M. : > > À la base de telles affirmations se trouvent trois présupposés centraux.

    > > A.M. : > > Le premier, c’est l’idée très phallocratique mais partagée aussi bien par les hommes que par les femmes et selon laquelle, en état d’apoplexie ou non,

    MA GLOSE : Il y a d’ailleurs une chanson paillarde sur le "sujet".

    > > A.M. : > > le membre viril, toujours preux et gaillard, serait le symbole naturel de la genèse de toute vie et de tout pouvoir. Tel étant le cas, il n’y aurait de sexualité légitime que celle qui, toujours, sait faire bon usage du capital séminal. Tout ordonné aux tâches de reproduction, un tel capital ne saurait être dilapidé dans des plaisirs à pure perte.

    §5

    > > A.M. : > > Vient, ensuite, la croyance selon laquelle le coït licite ne se déroulerait que dans l’organe féminin, l’éjaculation hors du vagin (onanisme) étant la marque même de la souillure et de l’impureté, et le goût exclusif des garçons celle d’une obscène luxure. Conséquence logique de ce principe fort patriarcal, la vulve n’aurait pour fonction principale que de délivrer, en succion continue et le plus harmonieusement possible, le phallus de sa semence, de le vider le plus totalement possible, et, ce faisant, d’être le réceptacle où la semence doit être répandue et conservée. Domine, enfin, le sentiment que toute autre pratique coïtale serait une profanation de la chair et un abus abominable des organes génitaux. Tel est, affirme-t-on, le cas lorsque l’acte sexuel consiste non plus à mettre en contact immédiat les organes du goût entre eux (la vulve et le pénis en particulier), mais plutôt avec les orifices et autres voies d’excrétion (la bouche et l’anus notamment).

    §6

    > > A.M. : > > Répétons : de tels points de vue, qui accordent une place éminente à la verge dans les procédures de symbolisation de la vie, du pouvoir et du plaisir, sont largement partagés par tous les homophobes africains

    MA GLOSE : Il serait bon de préciser que ce n’est pas nécessairement un point de vue africain.

    > > A.M. : > > , hommes et femmes. En accordant tant de poids au travail du phallus, ils négligent les pratiques homosexuelles féminines pourtant de plus en plus répandues. En outre, de tels points de vue ne sont pas seulement en décalage par rapport aux pratiques sexuelles actuellement en cours dans les villes africaines. Ils reposent également sur une lecture très contestable de l’histoire africaine de la sexualité et de ses significations politiques contemporaines.

  55. Posté par Pascal, le 9 mars 2006 à 20:02

    > > §sous-titre : > > La machine-à-jouir

    §7

    > > A.M. : > > De fait, tout discours crédible sur l’homosexualité africaine doit commencer par la critique d’une culture du pouvoir et d’un régime des plaisirs qu’il nous faut appeler, provisoirement, le potentat sexuel. Le potentat sexuel est une structure du pouvoir et un imaginaire de la vie, du corps et des plaisirs qui accorde une place prépondérante à un signifiant unique : le phallus.

    §8

    > > A.M. : > > L’on ne saurait en effet nier qu’aussi bien avant, pendant, qu’après la colonisation, le pouvoir en Afrique a toujours cherché à revêtir le visage de la virilité.

    MA GLOSE : On ne saurait nier que la colonisation ait eu beaucoup d’influence en Afrique, peut-être même plus que dans d’autres colonies, mais on ne peut pas la voir comme le seul facteur d’évolution de la société africaine, que cette évolution soit considérée d’un point de vue positif ou négatif. D’autre part, il n’y a pas qu’en Afrique que le pouvoir ait revêtu le visage de la virilité. D’ailleurs, on pourrait imaginer que, dans la société occidentale moderne, les femmes veuillent partager le pouvoir pour justement disputer aux hommes une part de leur virilité. Ce n’est bien sûr, de ma part, qu’une hypothèse, mais je l’émets en pensant aux femelles bonobo, qui auraient plus d’agressivité par rapport à leur mâles que les femelles chimpanzé, non pas parce qu’elles auraient plus d’hormones mâles que ces dernières, mais bien parce que leurs mâles auraient moins d’hormones mâles que leurs homologues chimpanzés. On pourrait alors émettre l’hypothèse qu’en occident, les femmes ne parviendraient à prendre une part du pouvoir traditionnellement dévolu aux hommes que parce que ceux-ci perdraient de leur masculinité, chose par ailleurs avérée biologiquement (il est bien connu qu’étant donné les habitudes alimentaires, vestimentaires, la pollution et le mode de vie moderne en général, les hommes sont entre autres choses de moins en moins féconds), et non point par une évolution des mentalités, mais je pense que ce serait, pour le moins, un argument fallacieux. Tout ceci pour dire qu’il faut être très prudent par rapport aux déductions que l’on aurait tendance à faire à partir d’éléments qu’il ne faut certes pas balayer d’un revers de main. Bien qu’analyser notre société au travers du filtre sexuel, voire avec un esprit freudien, puisse être très intéressant puisque, nonobstant les dérives de la psychanalyse, on peut affirmer que l’animal, donc l’être humain également, est poussé dans ses actes par ces puissants moteurs que sont le sexe et la mort, on risque de dériver fortement de la vérité, qui, elle, existe bien, même si elle n’est pas visible, car le problème est bien d’évaluer à leur juste valeur les causes et facteurs qui déterminent cette vérité.

    > > A.M. : > > Sa mise en forme, sa mise en oeuvre et sa mise en sens s’est largement opérée sur le mode d’une érection infinie. La communauté politique s’est toujours voulue, avant tout, l’équivalent d’une société des hommes ou, plus précisément, de vieillards. Son effigie a toujours été la verge en érection. On peut d’ailleurs dire que l’ensemble de sa vie psychique s’est toujours organisé autour de l’événement qu’est le gonflement de l’organe viril. Au demeurant, c’est ce qu’a si bien su exprimer le roman africain postcolonial, comme l’indiquent, par exemple, les oeuvres d’un Sony Labou Tansi.

    §9

    > > A.M. : > > Que ce soit au Gabon, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Togo ou au Congo, le processus de turgescence fait, aujourd’hui encore, partie des rituels majeurs du potentat postcolonial. Il est en effet vécu comme le moment au cours duquel le potentat redouble sa taille et se projette lui-même au-delà de ses limites. Lors de cette poussée vers les extrêmes, il se démultiplie et produit un double fantasmatique dont la fonction est d’effacer la distinction entre la puissance réelle et la puissance fictive. Dans les jeux de pouvoir et de subordination, le phallus peut jouer, à partir de ce moment, une fonction spectrale. Mais en cherchant à dépasser ses propres contours, la verge du pouvoir expose, par la force des choses, sa nudité et ses limites et, en les exposant, expose le potentat lui-même et proclame, de manière paradoxale, sa vulnérabilité dans l’acte même par lequel il prétend manifester sa toute-puissance.

    MA GLOSE : Je décerne à Monsieur Achille Mbembe le prix d’interprÉRECTION phallique :-)

    §10

    > > A.M. : > > Mais il n’y a pas que le primat accordé au phallus. Le potentat sexuel repose, par ailleurs, sur une doctrine de la jouissance. Au demeurant, le pouvoir postcolonial en particulier s’imagine littéralement comme une machine-à-jouir. Ici, être souverain, c’est pouvoir jouir absolument, sans retenue ni entrave. Pour les élites dirigeantes de maints pays africains en effet, un pont relie le plaisir de manger (la politique du ventre) à la jouissance que procure la fellation.

    MA GLOSE : Pourquoi spécialement la fellation ?

    MA GLOSE : Y a-t-il des "sources" pour étayer cela ? :-)

    MA GLOSE : Ceci dit, Cléopâtre se ventait de gagner des concours de fellations, déjà bien avant la période post-coloniale !

    > > A.M. : > > D’où la position signifiante qu’occupent l’acte sexuel et les métaphores de la copulation dans l’imaginaire et les pratiques du commandement.

    > > A.M. : > > À titre d’exemple,

    MA GLOSE : Ah, ce n’est qu’un exemple ! :-)

    > > A.M. : > > la sexualité de l’autocrate fonctionne selon le principe de la dévoration et de l’avalement des femmes, à commencer par les vierges qu’il déflore allègrement, et les jeunes filles qu’il ne cesse, éventuellement, d’ajouter à son harem. Entre-temps, banquiers, bureaucrates, soldats, policiers, maîtres d’écoles, voire évêques, prêtres, pasteurs et marabouts s’en vont, partout, se vidangeant, éliminant le trop-plein et semant au gré du vent. Langage grivois et copulation sont en effet le caprice favori des élites et gens de pouvoir, comme d’autres s’adonnent aux jeux, à la chasse ou aux plaisirs de l’alcool.

    §11

    > > A.M. : > > Ici, c’est donc le phallus qui est au travail. C’est lui qui parle, ordonne et agit. C’est la raison pour laquelle, dans maints pays africains, la lutte politique revêt, presque toujours, les allures d’une lutte sexuelle et vice-versa. Il faut donc chaque fois revenir à la verge du potentat si l’on veut comprendre la vie psychique du pouvoir et les mécanismes de subordination en postcolonie. Adepte du viol goulu et affirmation brutale de la puissance vénale, la verge est quant à elle un furieux organe, nerveux, facilement excitable et porté vers la boulimie. Tel est en particulier le cas lorsque le potentat, à commencer par l’autocrate, s’acharne sur

    > > A.M. : > > les femmes de ses collaborateurs et sujets,

    MA GLOSE : Oublierait-on la "fierté" que pouvaient éprouver des courtisans lorsque certain roi de France leur faisait l’honneur d’honorer leur épouse ? C’était bien avant l’époque post-coloniale !

    > > A.M. : > > ou encore, dans le cadre des sociétés secrètes, loges maçonniques et congrégations rosicruciennes

    MA GLOSE : Tant que l’on y est, disons carrément que ce sont les ancêtres des discothèques pour homosexuels ! Si l’on ne peut plus distinguer entre le phantasme populaire concernant les cercles fermés ou secrets, qu’il y ait ou non eu des cas isolés, et la réalité des faits, il vaut mieux aller se coucher... avec l’objet de ses rêves... en espérant qu’au réveil, on ait les idées un peu plus claires, que le "cerveau" ait pu dégorger !

    > > A.M. : > > , se laisse presser par toutes sortes de garçons (ses subordonnés y compris), brouillant au passage toute distinction entre homo- et hétérosexualité.

    §12

    > > A.M. : > > Pour le potentat en effet, fellation, vénalité et corruption sont supposées ouvrir les écluses de la vie. L’homosexualité telle que pratiquée parmi les élites apparaît, dans ce cadre, comme un rituel païen, au même titre que la géomancie et autres cérémonies ancestrales dont la fonction est d’accroître le pouvoir occulte. Dans les pays de la forêt passés au christianisme comme en région musulmane, l’autocrate, cramponné à ses sujets, règne donc sur des gens prêts à s’abandonner à sa violence. La particularité de cette violence est d’être à la fois physique et libidinale. Pressées par la logique de la survie, élite et piétaille

    > > A.M. : > > doivent lécher le potentat sur toute la longueur de sa verge, augmentant ainsi sa congestion et son relief. Ils doivent le mordiller de leurs petites dents, lui pomper les couilles, aspirer la peau de ses testicules, les soulever dans leurs mains en faisant glisser la pointe de leur langue sous eux. Peu importe si, en poussant son phallus au fond de leur gorge, le potentat postcolonial manque toujours de peu de les étrangler.

    MA GLOSE : Achille Mbembe ne nourrirait-il pas le phantasme d’être à cette place semble-t-il très confortable ?

  56. Posté par Pascal, le 9 mars 2006 à 20:03

    > > §sous-titre : > > Refoulement

    §13

    > > A.M. : > > Reste à savoir si l’homosexualité a existé en Afrique avant l’expansion coloniale. Ce que l’on n’a pas suffisamment souligné, c’est le fait que les traditions patriarcales du pouvoir en Afrique sont fondées sur un refoulement originaire : celui de la relation homosexuelle.

    MA GLOSE : Je ne puis m’inscrire en faux contre cette assertion, ne connaissant pas les traditions patriarcales africaines, mais je suis, pour le moins, étonné qu’elles puissent être fondées sur le refoulement de la relation homosexuelle. Une telle assertion mériterait un développement et une argumentation préalables. J’ai déjà entendu parler du refoulement de la défécation dans certaines sociétés africaines, mais il ne me semblait pas pour autant fondateur du pouvoir patriarcal.

    §14

    > > A.M. : > > Bien que dans la pratique cette relation ait pris plusieurs formes, c’est la relation par l’anus qui, ici, est visée par les pratiques de refoulement. En effet, dans l’univers symbolique de maintes sociétés africaines précoloniales, l’anus était, contrairement aux fesses dont on chantait volontiers la beauté, l’éminence et les courbures, considéré comme un objet d’aversion et de souillure. Il représentait le principe même de l’anarchie du corps et le zénith de l’intimité et du secret. Symbole par excellence de l’univers de la défécation et de l’excrément, il était, de tous les organes, le « tout autre » par élection. On sait par ailleurs que dans l’économie symbolique de ces sociétés, le « tout autre », surtout lorsqu’il se confondait avec le « tout intime », représentait également l’une des figures de la puissance occulte. Pour le reste, l’homosexualité existait bel et bien et était souvent, sur le plan politique, l’apanage des puissants. Elle fonctionnait aussi, parfois, comme un rituel de subordination à plus fort que soi et était présente dans les liturgies sacrées. Ajoutons, à ce qui précède, l’existence dans les contes et les mythes, de créatures à double sexe ; ou encore, dans les luttes sociales et politiques, la pratique ancestrale qui consiste à dépouiller l’ennemi de tout ce qui constitue les emblèmes de la virilité et à les consommer.

    §15

    > > A.M. : > > Aujourd’hui, le refus proclamé de la soumission homosexuelle à un autre homme ne signifie guère l’absence d’envie, de la part des hommes et des femmes, d’acquérir et de s’approprier le pénis idéal et idéalisé. Dans les faits, l’avilissement et le dégoût dont l’analité fait l’objet dans le discours public va de pair avec son apparition récurrente sur la scène du symptôme, sous la forme de fantasmes divers. Il n’y a qu’à voir, à cet égard, les fonctions qu’elle joue dans les fantasmes de permutation des rôles masculins et féminins, ou encore dans l’envie - éprouvée par la plupart des hommes et courante dans les techniques politiques d’assujettissement - de se servir d’autres hommes comme d’autant de femmes subissant l’accouplement et vivant leur domination sur le mode de la consommation du coït.

  57. Posté par Pascal, le 9 mars 2006 à 20:05

    > > §sous-titre : > > Révolution silencieuse

    §16

    > > A.M. : > > Finalement, si la carte sexuelle du continent apparaît aujourd’hui brouillée, c’est en très grande partie parce que le dernier quart du XXe siècle africain aura été marqué par une révolution sexuelle silencieuse, malheureusement peu documentée. L’on ne s’en rend compte que maintenant : celle-ci aura radicalement transformé - et pour de bon - la manière dont de nombreux Africains imaginent leur rapport au désir, au corps, au sexe et au plaisir. Cette révolution sexuelle a eu lieu dans un contexte caractérisé par une ouverture sans précédent des sociétés africaines sur le monde.

    MA GLOSE : Je suis bien content de constater qu’Achille Mbembe voie cette révolution sous un angle moins afrocentriste, même si l’Afrique a ses spécificités quant à sa façon de la subir et de la vivre. Mais l’Europe, l’Asie et l’Amérique, pour ne s’en tenir qu’à des découpages grossiers, n’ont-ils pas aussi leur manière spécifique de vivre et de subir les bouleversements de plus en plus accélérés de notre monde ?

    > > A.M. : > > À titre d’exemple, il n’y a pas, aujourd’hui, une seule ville africaine où des adolescents ne s’initient à la sexualité par le biais de vidéos pornographiques.

    §17

    > > A.M. : > > Il y a également le fait que le phallus, en tant que signifiant central du pouvoir et apanage de la domination masculine, a subi de profondes remises en question. Les formes de cette contestation - qui se poursuit au demeurant - varient d’un pays à l’autre. Dans certaines sociétés, celle-ci a pris la forme d’une instabilité maritale et d’une circulation des femmes relativement chronique. Dans d’autres, elle se traduit par une aggravation des conflits entre hommes et femmes.

    > > A.M. : > > Partout, les hommes les plus pauvres ont l’impression d’être démasculinisés.

    MA GLOSE : N’était-ce pas déjà le cas dans les sociétés polygynes ?

    MA GLOSE : Toute révolution ne s’accompagne-t-elle pas de transmissions de pouvoir, de pertes de repères et de remises en question ?

    > > A.M. : > > Le statut de « chef de famille », généralement tenu par les hommes, a subi un déclassement parmi les catégories les plus démunies de la population, notamment là où le pouvoir de nourrir ne peut plus être pleinement exercé faute de moyens. Ici et là, on a assisté à des paniques urbaines au centre desquelles se trouvait la peur de la castration. Dans la cartographie culturelle de la fin du XXe siècle africain, on se retrouve donc confronté à une dynamique phallique qui, plus qu’auparavant, est un champ de mobilités multiples.

    §18

    > > A.M. : > > Les crises successives du dernier quart du XXe siècle ont affecté de diverses manières les rapports entre hommes et femmes, puis entre hommes et enfants. Dans certains cas, elles ont contribué à creuser les inégalités déjà existantes entre les sexes. Dans d’autres, elles ont entraîné de profondes modifications des termes généraux dans lesquels s’exprimaient, et la domination masculine, et la féminité. Il en a résulté une montée de la brutalité dans les relations entre hommes et femmes. Parallèlement, des formes de sexualité auparavant réprimées petit à petit émergent dans le champ public. Le répertoire des jouissances sexuelles s’est notablement élargi. Les pratiques de fellation - bouche ouverte sur le phallus, excitation de la surface du gland, promenade sans âpreté des doigts qui font vibrer la rondeur des bourses, compression circulaire de la hampe et ainsi de suite - désormais prolifèrent. Le langage de la sexualité s’est lui aussi fortement enrichi. Parmi les jeunes, mille expressions ont vu le jour, les unes toujours plus prosaïques que les autres : « gouglouter le seigneur », « brouter la tige », « arracher le copeau », « aspirer le glandulaire », « bobiner le bolet », « biberonner la bistoune », « se faire mâchouiller le bricolet », « gloutonner le membre », « tutoyer le joufflu », « tétiner le gland ».

    §19

    > > A.M. : > > Chez les vieillards se multiplient les recours à des plantes et des racines dont la propriété, prétend-on, est de tonifier la verge de l’homme et de permettre la multiplication et la frénésie du coït.

    MA GLOSE : Le thème est tout de même antique.

    > > A.M. : > > Une très grande partie du discours social tourne autour de la thématique de la force phallique déclinante. Toutes sortes d’adjuvants sont désormais intégrés dans la liturgie de l’accouplement, qu’il s’agisse des giclées d’encens, d’oignons bien frais, des couillons de bêtes sauvages ou d’écorces et racines transformées en poudre supposée revigorer les parties génitales, provoquer la luxure, augmenter la semence en la rendant prolifique, exciter la lubricité, voire ressusciter les couilles des vieillards. Dans un continent ravagé par la guerre, l’on a vu des pratiques de manducation se multiplier. Nombreux sont les enfants soldats qui,

    > > A.M. : > > ayant tué un ennemi, entreprennent désormais d’émasculer ce dernier

    MA GLOSE : Ubiquité du mythe d’Osiris et Seth ?

    > > A.M. : > > en lui ôtant son pénis et en le consommant - histoire de s’approprier, jusque dans la mort, sa puissance supposée.

    §20

    > > A.M. : > > Ces transformations ont lieu alors que par ailleurs, l’épidémie du SIDA touche des proportions chaque fois plus élevées de la population. À travers le SIDA,

    > > A.M. : > > sexe et mort désormais se rejoignent.

    MA GLOSE : Freud n’en aurait pas dit moins !

    > > A.M. : > > Achille Mbembe

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  58. Posté par Pascal, le 9 mars 2006 à 20:07

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    D’aucuns penseront peut-être qu’un inconnu, un blanc de surcroît, ne devrait pas se permettre ce crime de lèse-majesté, de lèche-majesté serait plus adéquat, que celui de répondre librement à une personne si prisée qu’Achille Mbembe, mais mon objet n’est pas de dénigrer ses propos qui ont le mérite de soulever des questions, mais bien d’en soulever d’autres, un peu en guise de réponse. Tant que les questions gardent avec suffisamment d’évidence la forme de questions et ne sont pas considérées par certains comme des vérités, la science, j’entends par là la connaissance, n’a pas à se plaindre, mais du moment que l’on assène certaines hypothèses - et même celles des hypothèses qui pourraient paraître les plus farfelues au préalable sont une nourriture bénie pour l’évolution du savoir - comme des vérités, elle ne peut, pour se défendre, que rugir avec douleur !

    Pour en revenir à la problématique du sexe, à la puissante symbolique qu’il projette sur toute activité humaine, je dirais qu’il serait intéressant de se souvenir du rapport que l’on lui entretenait à diverses époques et dans diverses civilisations. Je dirais même plus, mon cher Achille Mbembe, souvenons-nous que l’on n’a pas toujours entretenu un rapport semblable à celui d’aujourd’hui au corps en général et même à ses excréments ; j’en veux pour preuve que les Grecs et Romains anciens allaient "prendre un pot" pour s’asseoir dessus, sans réel besoin d’évacuer leur fèces, mais seulement pour être en compagnie de leurs amis, comme nous, à notre époque, allons prendre un pot, sans soif, pour des raisons identiques !

    Plus haut, je citais Cléopâtre, mais nul ne sera probablement étonné par les moeurs de cette descendante de Ptolémée qui épousa ses frères et fraya avec d’illustres personnages de la Rome Antique, puisque l’époque est connue pour cela. Mais il est plus surprenant que l’impératrice de la CHRÉTIENTÉ Irène, iconifiée avec sa sainte auréole, regrettait de ne pas avoir de trous au milieu des seins, parce qu’elle aurait voulu avoir encore plus d’orifices pour jouir d’avantage encore ! Parlons aussi de Catherine II la Grande, qui, bien qu’elle épousa l’orthodoxie chrétienne en cette époque des Lumières, n’en consomma pas moins d’hommes et se fit construire un cabinet secret, malheureusement démantelé à ce jour, mais dont on peut encore admirer certaines pièces de mobilier qui feraient rougir une catin ! Par une logique freudienne, peut-on émettre l’hypothèse que ces femmes de pouvoir aient voulu s’approprier, voire confisquer, de façon fort goulue l’objet symbole de ce pouvoir, ou serait-il plus raisonnable de penser que leur position dominante et leur égocentrisme favorisèrent ce penchant ubiquiste qu’a un être à jouir de son existence par tous les moyens qui lui soient accessibles ? Et là, je n’ai parlé que de femmes ! Henri III, quant à lui, bien que vivant à l’époque de la Ligue, n’avait aucun souci à se faire quand il s’affichait avec ses mignons, à croire que les "bons chrétiens" étaient tellement obnubilés par les hérétiques qu’ils en avaient oublié les sodomites !

    On pourrait croire que la révolution sexuelle soixante-huitarde ait libéré la femme et l’homme au point de vue charnel, mais c’est surtout le business pornographique, publicitaire et médiatique qui s’est délivré du joug judiciaire. En effet, après une courte période où il était de bon ton de coucher avec tout un chacun sous peine d’être catalogué de frigide et d’être orienté vers un psychanalyste, en occident, il n’y a pratiquement plus de place pour le toucher innocent - on le voit, par exemple, dans l’évolution de la danse - et il y a une réelle dichotomie entre le discours et l’humour populaires et ce qui est véhiculé par les médias, d’une part, et la réalité de la situation, d’autre part. Si l’on pense que l’on a fait un grand bon en avant, c’est probablement parce que l’on se réfère sans le savoir à la période victorienne.

    Car cette révolution des moeurs du vingtième siècle est de loin incomparable à la courte période suivant la révolution française. Mais, allez-vous me dire, c’est probablement parce que l’on n’y faisait plus référence au christianisme, mais bien à la Grèce et à la Rome antiques. Il ne faut pas croire non plus, comme tout un chacun, que la Renaissance, ni même le Moyen-Âge chrétiens aient été si prudes.

    Si on lit l’excellente littérature de Casanova, à qui l’on a fait si mauvaise presse, alors que, somme toute, on ne peut lui reprocher que d’avoir décrit avec une très grande franchise des moeurs communes à son époque dans la bonne société, on pourra en tirer le constat que l’on ne s’y emmerdait pas !

    Tout ceci pour dire que l’on peut, bien sûr, regarder l’Afrique au travers des yeux d’un noir plutôt qu’au travers des yeux d’un blanc - cela ne fait qu’enrichir les points de vue -, mais qu’il ne faut pas oublier de relativiser les choses par rapport à d’autres époques, à d’autres lieux, à d’autres cultures, à d’autres "filtres". Sombrer dans l’afrocentrisme, souvent même en taxant à tort ou à raison les blancs d’eurocentrisme, ne ferait, à mon sens, que faire reculer le "schmilblick".

    — -

    En espérant n’avoir blessé personne,

    Pascal.

  59. Posté par Mangoyo Loangu, le 2 juin 2006 à 13:31

    Une fois de plus, Achille Mbembe tape à côté !

    La façon dont Achille Mbembe aborde cette thématique et l’angle sous lequel il analyse la sexualité des Africains, je n’y vois qu’un fantasme colonial qu’il fructifie à l’envie avec une verve propre à tous ceux qui se font passer, façon ampoulée et ronflante, pour des experts de leurs propres fantasmes et hallucinations, histoire de donner à ruminer à leurs panses. Non, Achille Mbembe est le prototype des pseudo-intellectuels Africains qui ne connaissent pas leur Afrique et n’ont compris de ces moeurs ancestrales. Dans ce cas, comment s’étonner que ceux qui sont censés éclairer l’Afrique ne lui apporte que obscurité et colonialisme intellectuelle ?

    Achille Mbembe, Repartez voir et apprendre auprès de vos grands parents, vous comprendriez que l’homosexualité n’est pas une norme ancestrale africaine... ! N’extrapoler pas, n’analyser pas sur la base de vos fantasmes ou ceux de vos maitres penseurs, seule l’afrique est le vrai et le véritable substrat matriciel d’une analyse pertinente des phénomènes Africains.

    Courage et bon retour en terre Africaine

  60. Posté par achille fedar, le 30 octobre 2006 à 13:09

    Merci une fois de plus grand homonyme ;nous pouvons découvrir les realités dans les rues de Douala et Yaoundé sans aucune inquietude,je souhaite que ceux là soient considérés comme des brigants de la societe. De plus qu’un accent particulier soit mis dans les programmes scolaire pour expliquer aux jeunes élèves (qui sont les plus exposé lorsqu’ils chechent un emploie)les risques qu’ils encouraient s’ils optent pour ce genre de relations. merci

  61. Posté par General, le 26 janvier 2007 à 12:13

    C’est tres curieux de votre part de choisir uniquement des photos entre black et blanc...je suis black et choque et decu, mais je sais que chez nous en Afrique on ne connais pas ces "trucs" la qui sont des us et coutumes des blancs.

  62. Posté par Charles Gueboguo, le 4 février 2007 à 20:19

    La lecture des pratiques homosexuelles africaines d’hier à nos jours par Achille Mbembé n’est pas inintéressante. En effet, il a su ressortir le caractère phallocratique du fonctionnement de nos sociétés africaines, mais aussi celui lié à la domination et partant au pouvoir des détenteurs du phallus sur la gente féminine et les cadets sociaux. Toutefois, une socio-anthropologie analytique un peu plus poussée aurait aussi permis aux lecteurs de mieux comprendre le pourquoi de la répulsion contre l’acte homosexuel qu’on observe chez certains Africains, lesquels l’auteur a tôt fait de qualifier d’homophobes sans nous donner la possibilité de comprendre pourquoi. S’agit-il vraiment d’homophobie ou d’actes anti-homosexuels liés à la peur de ce qui paraît être étrange-étranger, dans un univers qui n’a pas forcément modélé une altérité dans le vécu sexuel : de l’homme vers la femme/ l’homme sur la femme ? Avant de qualifier les attitudes de rejet observées chez certains sujets Africains, il me semble que l’auteur aurait dû procéder par une construction conceptuelle de ce qu’il considère et désigne, à mon sens un peu trop hâtivement, homophobie... Toutefois il s’agit-là d’un article publié dans un journal et destiné pour un public pas toujours averti de certaines réalités épistémologiques, on peut donc l’accepter en l’état, même si pour moi, dans cette logique, il aurait aussi fallu que le niveau de langue soit à la portée de l’Africain moyen pour espérer un plus grand impact. Merci Achille C.G.

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