Descente du Ministre des transports et de l’aviation civile dans la capitale économique.

Ce 14 juin 2006, la descente impromptue du ministre André Okombi Salissa à Pointe-Noire a eu pour principal objet la visite de pré réception de la nouvelle aérogare de l’aéroport International Agostinho Neto, mais aussi la Direction Départementale des Transports Terrestres.

L’ancienne aérogare de Pointe-Noire, agrandie, rénovée et adaptée aux normes internationales de classe A, par l’entreprise chinoise BEIGIN CHINE, est méconnaissable. Désormais, deux satellites d’embarquement en font la meilleure infrastructure aéroportuaire du Congo. Si l’ouvrage, qui a coûté sept milliards de francs CFA, est aujourd’hui presque achevé, il ne lui manque guère que son mobilier et l’équipement informatique, est à mettre au crédit de cet homme jeune et dynamique. Tout au long du chantier il n’a pas ménagé ses visites surprise afin de contrôler la bonne exécution de l’ouvrage, mettant l’accent sur les manquements et les retards. A tout instant on a pu le voir atterrir à Pointe-Noire à l’insu des autorités aéroportuaires et repartir par le même vol après une inspection marathon du chantier.

Le tour du propriétaire achevé, le ministre Okombi Salissa qui n’a cessé, durant la visite de poser des questions à son hôte, monsieur Michel Ambendé, directeur intérimaire de l’ANAC, s’est prêté aux questions des journalistes.

«  Question : Monsieur le ministre, vous venez de visiter l’aéroport international Agostinho Neto de Pointe-Noire. Quelles sont vos impressions à l’issue de cette visite ?

André Okombi Salissa : Il faut d’abord dire, comme nous l’avons constaté ensemble avec la presse, que les travaux sont achevés et nous venons là, comme pour une dernière ou avant dernière visite, avant l’inauguration de cet aéroport par le Président de la République. Il est tout à fait évident que nous venons de constater pour faire un rapport exhaustif de l’accomplissement des travaux. Donc les sentiments qu’on peut avoir, ce sont des sentiments de satisfaction. Etant donnée la portée et la modernisation de cet aéroport, qui sans risque de nous tromper est le seul à ce niveau dans notre pays, nous avons un sentiment de satisfaction pour une œuvre bien accomplie et pour avoir amélioré les conditions de voyage des congolais et particulièrement ceux de Pointe-Noire.

Q : Une œuvre accomplie, monsieur le ministre, mais il se trouve que l’emprise de l’aéroport est toujours ouverte. Qu’en pensez vous ?

A.O.S : C’est cela, nous allons prendre les mesures, et un marché est en cours de signature pour regarder comment nous devrons poser la clôture de protection. Nous allons sécuriser tout le périmètre aéroportuaire parce que ce sont là des normes imposées par l’Organisation Internationale d’Aviation Civile. Dans un futur proche nous allons recevoir un audit de cet organisme.

Q : Monsieur le ministre, la visite guidée révèle qu’il y a des finitions à faire. Partagez vous cette appréciation ?

A.O.S : Vous savez qu’une aérogare est comme une micro ville et pour bâtir toute une ville, il faut prendre son temps. Les travaux aéroportuaires sont très lourds et requièrent des investissements eux aussi très lourds. La cloture dont nous avons parlé sera longue de plusieurs kilomètres, son coût ne sera donc pas négligeable.

Je vous rappelle que la piste a été allongée pour permettre l’atterrissage de gros porteurs tels que les Airbus A330. Ceci requiert des équipements d’approche et de sécurité, c’est à dire des matériels d’aide à la navigation qui coûtent également très cher. Ils sont déjà arrivés à Pointe-Noire ; il nous reste à les installer. Vous pouvez constater que le travail d’amélioration ne cesse de se poursuivre.

Q : Excellence, l’entretien n’est-il pas aussi un de vos soucis ?

A.O.S : Tout à fait. Je vais tout à l’heure avoir un entretien avec les agents de l’ANAC, pour leur dire que nous allons devoir affronter une nouvelle culture, parce que ces équipements aéroportuaires sont une nouveauté dans notre pays, par conséquent, il faut acquérir de nouveaux comportements. Vous savez un aéroport est un lieu de vie et de convivialité. Quand on pense aux transits, aux heures que les passagers passent ici, il y a lieu d’étendre les services. Vous avez constaté que des structures de restauration et bar sont prévues. Il faudrait aussi y ajouter des cybercafés pour permettre aux voyageurs en attente d’être en contact avec le monde. Il est impératif que ceux qui ont la charge de gérer cette structure aient une culture adaptée.

Evidemment, nous construisons beaucoup mais de graves problèmes se posent au niveau de l’entretien. Nous sommes en train de réfléchir ensemble pour regarder comment faire pour que la maintenance de cette aérogare soit au niveau de sa classe. Si nos agents ne sont pas en mesure de sauvegarder l’intérêt du consommateur, nous devrons recourir à d’autres procédures et envisager un partenariat avec ceux qui ont une certaine expérience, pour voir comment cet aéroport peut être géré dans les meilleures conditions possibles. »

Le ministre a poursuivi sa descente par un discours aux agents de l’ANAC durant lequel il a particulièrement insisté auprès d’eux sur la nécessité du l’entretien de l’outil de travail qui sera désormais le leur, les avertissant que dans le cas de manquement de leur part, ils courraient le risque d’une mise en concession de la structure. Bien qu’il ait invité avec insistance les agents à lui poser des questions à cœur ouvert, une seule question lui a été posée sur le besoin d’une formation des agents à la culture aéronautique.

La visite s’est clôturée par un apéritif d’honneur.

La Direction Départementale des Transports Terrestres : la pétaudière

Bien vite la délégation s’est transportée au siège de la Direction Départementale des Transports Terrestres. La presse locale a pu y constater que le gouvernement congolais entend nettoyer au Kacher le bourbier de la circulation routière infesté par :
  Les faux permis de conduire ;
  Le trafic des cartes grises ;
  La caporalisation de la profession des chauffeurs des taxis bus par les étrangers.

Selon le ministre Okombi Salissa, ses services déconcentrés ont enregistré plus de sept cents accidents mortels en 2005. Par conséquent, il s’engage à mettre un accent particulier sur : La réglementation en vigueur (Loi n° 19-2005 du 24 novembre 2005, portant réglementation de l’exercice de la profession de commerçant en république du Congo.), la sécurité routière. Toutefois, il accorde un mois d’accoutumance à la nouvelle réglementation. Après on passera à l’application des lois et règlements en vigueurs dit-il.

Des milliers de voitures d’occasion débarquent sur le Port Automne de Pointe-Noire, elles côtoient les 4x4 flambant neufs et sont des nids de chauffards. Sans ambages, le ministre a pointé du doigt la ville océane comme première ville du pays entretenant les réseaux parallèles de trafics de dossiers de véhicules et d’usagers.

Cependant, cette visite impromptue à la direction départementale de transport terrestre DIRATT, bâtisse érigée en 1940 a permis à monsieur le ministre des transports et de l’aviation civile de se rendre compte des conditions de travail archaïques et fastidieuses de ses agents :

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Les archives des cartes grises

Bâtiment insalubre, archives en vrac à même le sol des vérandas quand bien même des meubles à étagères se trouvent vides de tout emploi, outils informatiques quasi inexistant. On trouve là les conditions idéales pour l’incubation de toutes les manœuvres mafieuses, au regard de la croissance exponentielle du parc automobile et du volume de traitement des dossiers. Très mécontent de ses constatations le ministre a promis de diligenter une inspection de cette direction départementale.

« Saminou Gabriel, (vérificateur technique et mécanicien de formation) : Nous reconnaissons que les conditions de travail sont modestes. Les ventilateurs sont en panne. Nous attendons que la direction nous en fournisse car lorsque les usagers des véhicules envahissent le bureau il est très difficile de travailler. Voyez vous tous ces lots de papiers représentent les véhicules (il désigne les doubles des cartes grises stockés en vrac dans des cartons).

DLD : Monsieur Saminou Gabriel, comment vous en sortez vous sans matériel informatique avec un tel volume de travail ?

S.G : Le bureau de transport urbain a commencé timidement. Hier les conditions de travail étaient plus difficiles, quand nous faisions un contrôle technique et de sécurité de fiction, il fallait faire en même temps le secrétariat, donc écrire à la main voyez vous que c’est très fastidieux. »

Monsieur le ministre André Okombi Salissa, a accordé une interview aux medias à l’issue de sa visite à la DIRATT.

«  Q : Monsieur le ministre, l’article 11 de la

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A. Okombi Salissa, A. Poaty Amar et le DDTT

nouvelle loi règlementant l’exercice de la profession de commerçant en république du Congo fait des remous dans la ville (Les personnes physiques, constituant la catégorie A, sont des commerçants qui exercent leurs activités en marge des formes juridiques prévues pour les sociétés, aux moyens des boutiques et des échoppes ou à l’étalage. Les commerces de détail à l’étalage, de fabrique de pains et de transport urbain ou routier sont réservés aux commerçants de nationalité congolaise.) Peut on avoir des précisions ?

A.O.S : Vous s’avez qu’une loi s’impose à tous et que nul n’est au dessus de la loi. Elle requiert de nombreux changements de comportement durant la phase d’adaptation. Evidemment Madame la ministre du commerce le sait. Je réitère que la loi s’impose à tous, et que nul n’est au dessus de la loi.

Q : Monsieur le Ministre il y a aussi les nouveaux documents informatisés notamment les permis de conduire. Or il y a des chauffeurs de taxi, qui pensent que ce qui leur est exigé est différent de ce qu’on exige aux particuliers.

A.O.S : Vous savez que dès notre arrivée à la tête de ce département, nous avons mis l’accent sur la sécurité routière. Les populations souvent ne sont pas conscientes des avantages apportés par les changements, elles ne comprennent pas pourquoi elles doivent changer de documents alors que ça leur coûte un peu d’argent.

D’abord, nous devons nous rendre à l’évidence que nous perdons beaucoup de compatriotes parce que sur nos routes circulent des gens non assermentés, non qualifiés qui soit n’ont pas de permis, soit ont de faux permis de conduire. Vous savez bien que la la ville de Pointe-Noire peut tristement s’enorgueillir d’être citée comme numéro un sur l’ensemble du territoire en ce qui concerne ce point. Il circule à Pointe-Noire de nombreux permis falsifiés et dont les signatures ont été imitées. Au plan juridique, ceci est gravissime.

Mais en dehors de tout cela, nous devons nous conformer aux normes de l’Interpol. Il était trop facile de truander une voiture et fabriquer une carte grise. Vous savez que l’ancienne carte grise était un carton que tout le monde pouvait imprimer, cacheter. Les statistiques nous montrent que sur les six premiers mois de l’année 2005 les accidents de la circulation ont causé plus de sept cent morts. Nous constatons que 80% de ces accidents ont été causés par des chauffeurs qui n’avaient pas de dossier au niveau de la direction générale des Transports. Ceci suppose qu’ils circulaient avec des permis falsifiés. En somme, cela nous a entraînés à mettre en circulation de nouveaux documents conformes avec ceux émis dans le reste de la sous région.

Ces nouveaux documents ont l’avantage d’être sécurisants car ils ne peuvent pas être imprimés localement. Ensuite, aujourd’hui le fichier est informatisé, cela veut dire qu’un permis de conduire peut être vérifié en une fraction de seconde dans ce laps de temps on peut savoir l’autorité qui l’a émis et quand elle l’a fait. Tous les dossiers de permis qui ont été délivrés irrégulièrement à Pointe-Noire ne seront pas renouvelés parce qu’ils ne se retrouveront pas dans notre fichiers. Ce qui en aval nous sécurisera pour le moins.

Après avoir réglé cette question, nous allons procéder avec mon collègue de la sécurité publique et de la police à monter des statistiques sur les accidents de la circulation, aux fins de voir si le taux des accidents de la route a baissé. Comme pour tout nouveau document nous avons laissé aux usagers le temps de s’adapter à la nouvelle donne. Six mois durant lesquels nous avons observé une trêve sans pour autant que la police ne sévisse. Ce sursis est expiré depuis le 1er juin, mais nous pensons qu’on peut proroger ce délai, encore pour un mois. Après il est évident que nous aurons recours à la police pour que tout le monde se conforme aux nouveaux permis de conduire et à la nouvelle carte grise. Ce qui va nous sécuriser tous puisque nous n’aurons dans nos ruelles que des gens qui ont le droit de conduire.

Q : Monsieur le Ministre, l’impunité sur nos routes ne réprimande pas des infractions que vous venez d’expliciter, les permis ne sont jamais retirés définitivement.

A.O.S : Aux fins de lutter efficacement contre ce fléau, nous sommes entrain de remettre en surface les anciens textes et les réadapter pour fixer les nouvelles conditions de retrait du permis de conduire et de la carte grise. Dans le temps vous savez qu’après un certain nombre d’infractions on pouvait trouer le permis, quand il portait trois trous, le permis était retiré. Alors faut-il continuer a perforer le permis ? Aujourd’hui les permis sont informatisés donc il va falloir fixer les nouvelles conditions au retrait de permis. »

A l’issue de cette descente la presse a pu constater tout l’intérêt que monsieur le Ministre André Okombi Salissa porte aux dossiers qui lui sont confiés, ainsi que de la fermeté qu’il met a faire respecter textes et usages.