vendredi21 juillet 2006

Les Grands Entretiens du Blog : LILIAN THURAM. Une interview proposée par Achille Mbembe depuis l’Afrique du Sud

De toutes les sélections présentes lors de la récente Coupe du monde de football en Allemagne, les « Bleus » étaient, sans doute, l’équipe la plus grosse des interrogations politiques et des ambiguïtés et possibilités culturelles de notre époque. Qu’il s’agisse de l’éclipse des idoles que l’on a, hier, porté au firmament de la gloire et qui, aujourd’hui, sont pris dans les rets du vieillissement, ou encore des rapports complexes entre identité raciale, citoyenneté et appartenance nationale à l’âge de la globalisation, au sortir de l’esclavage et de la colonisation, aucune autre équipe n’a, mieux que celle de France, été l’expression vivante de ces dilemmes. On peut d’ailleurs dire d’elle qu’elle était l’équipe la plus postcoloniale - l’expression la plus manifeste d’une Europe tiraillée entre la nostalgie de l’Empire colonial, la mélancolie identitaire, la fermeture des frontières et la marche forcée vers une certaine forme de pluralisation culturelle, voire de cosmopolitisme. Très vite, Zinedine Zidane et Lilian Thuram sont devenus les deux emblèmes de ce procès. En lieu et place du sacre escompté sur le toit du monde, le premier a quitté la scène, héros tragique au sortir d’une carrière lumineuse - sur un coup de tête. L’autre, fidèle à lui-même, n’a cessé de revenir à une prière que les siens n’ont eu cesse d’entonner au milieu des tribulations de l’histoire : « O mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge ! » (Fanon).

C’est cet autre, Monsieur Lilian Thuram (photo ci-haut), que j’ai rencontré l’autre soir, à Johannesburg où il a été reçu par la plupart de ceux qui comptent dans ce pays hôte du prochain Mundial en 2010, à commencer par Nelson Mandela lui-même. Auparavant, il a été à Dakar, au Sénégal. Je l’ai retrouvé à Rosebank Hotel, dans cette ville parmi les plus afropolitaines au monde...


INTERVIEW :

Achille Mbembe : La Coupe du monde vient à peine de s’achever. Au lieu de prendre des vacances bien méritées, vous voici en Afrique du Sud, après un passage à Dakar, au Sénégal. Pourquoi êtes-vous ici ?

Lilian Thuram : Je suis ici pour parler d’une maladie qui, malheureusement, est très peu connue. Il s’agit de la trypanocytose. Cette maladie génétique est très répandue dans le monde. Mais elle reste relativement invisible. Je suis ici pour mettre en lumière cette maladie et pour sensibiliser les populations et les autorités en espérant que seront mis en place les mécanismes destinés à résoudre les problèmes que rencontrent les malades. Car, pour le moment, c’est une maladie que l’on ne peut pas guérir. Mais à travers des dépistages, on peut améliorer un certain nombre de choses, voire éviter la maladie. Le fait de la détecter permet que très tôt, les malades soient pris en charge et bénéficient ainsi d’un meilleur confort de vie. Il faut savoir que l’on peut très bien vivre avec cette maladie. Encore faut-il avoir accès aux médicaments et aux soins et encore faut-il éduquer les malades. On peut en effet être atteint de cette maladie sans le savoir. Il y a donc des réflexes à cultiver pour éviter des crises très douloureuses. Car, en fait, c’est une maladie de la douleur.

Ceci est loin d’être votre première visite en Afrique du Sud...

J’étais déjà venu en 2001. Nous avions joué un match ici. Je crois que nous l’avions d’ailleurs gagné. Mais le match, pour moi, était quelque chose d’accessoire.

Ah bon !

On avait eu la chance de rencontrer Nelson Mandela. Pour moi, il est plus qu’une idole. Il représente énormément de choses ; énormément de luttes pour la dignité - dignité de l’homme en général et pas seulement de l’homme noir. Car, souvent, on restreint son combat au combat pour la dignité du seul homme noir. Or, son combat consistait à faire avancer l’homme, tout simplement. Et si, aujourd’hui, l’Afrique du Sud est ce qu’elle est, c’est grâce à lui et à des personnages comme lui.

On reviendra sans doute sur cette question de l’homme, de l’avenir de l’humain et de son présent au cours de cette conversation. Pour le moment, dites-moi qu’est-ce qui, au fond, vous a emmené à réfléchir comme vous le faites, à prendre les positions pour lesquelles vous êtes connu, et à conduire votre vie de la manière dont vous la conduisez.

Je suis né en Guadeloupe, une île des Caraïbes où il s’est passé quelque chose de cruel et d’extraordinaire tout à la fois. Et d’abord quelque chose de cruel parce qu’il y a, ici, des hommes africains que l’on a réduit à l’esclavage. En Guadeloupe s’est opérée la rencontre de l’Afrique et du monde esclavagiste. À la fin de cette période de captivité, il y a eu la venue des Indiens, en conséquence de quoi la culture guadeloupéenne est mixte. Je suis un produit de cette mixité et de cette rencontre tragique de laquelle est née une nouvelle culture. C’est peut-être ce qui me porte à réfléchir sur ces questions de métissage. Le métissage culturel est une richesse. Mais il peut aussi être un traumatisme s’il n’est pas bien vécu ou bien expliqué. Je suis donc de cette terre-là.

Vous êtes issu d’une famille nombreuse.

Je suis issu d’une famille monoparentale. Ma mère avait 5 enfants. Elle avait dû « immigrer » en France ou, disons, en Hexagone, car la Guadeloupe, c’est la France. Elle était venue en Hexagone parce qu’elle avait envie de donner quelque chose de meilleur à ses enfants. Cette expérience a énormément nourri ma pensée et ma vie. Nous avons été transportés vers la recherche de quelque chose de mieux. C’est pour cela que je comprends l’expérience des immigrés. Car, si les gens étaient heureux chez eux, ils ne partiraient point.

À quel âge avez-vous quitté la Guadeloupe ?

J’ai quitté la Guadeloupe à l’âge de 9 ans.

Et vous vous êtes installés où exactement dans l’Hexagone ?

À Bois-Colombes.

Vous rêviez alors de devenir, un jour, un footballeur professionnel.

Non. Quand j’étais petit, je rêvais de devenir prêtre. À la messe, j’étais toujours frappé par cette parole concernant le partage. J’entendais la voix de cet homme qui pouvait réconcilier les gens. Le même homme avait le pouvoir de pardonner aussi. Quelque part, c’est quelque chose qui fait partie de moi et qui m’habite encore.

Et donc, vous vous êtes installés dans l’Hexagone.

Je suis resté peu de temps à Bois-Colombes. Je suis tout de suite parti habiter Avon, près de Fontainebleau. C’est une banlieue de la région parisienne. J’habitais dans une cité.

Qu’est-ce que c’était, l’expérience des cités pour un jeune de votre âge, dans ces années-là ?

À la cité, j’ai rencontré toutes sortes de gens qui venaient d’horizons divers, de pays divers. Moi, je suis Français Guadeloupéen. Dans la cité, j’avais des amis qui étaient Pakistanais, Zaïrois, Algériens, Marocains, Portugais, Espagnols. Mon meilleur ami était espagnol. J’ai grandi avec tous ces enfants, sans barrière de nationalité. On a toujours vécu en bonne entente. Il y avait une très grande amitié. On partageait tous les moments. Nous avions la chance d’habiter une cité située pas loin d’une forêt. Ensemble, nous découvrions, par exemple, les jeux des autres et leurs costumes. Par exemple, les Pakistanais jouaient au cricket, et cela nous interpellait. Les Portugais avaient leur propre jeu qui nous interrogeait aussi. J’allais souvent chez mon ami Zia. Sa maman était pakistanaise.

Vous voulez dire qu’il y avait, dans ces cités, quelque chose comme une mosaïque de cultures et de peuples. Et que votre adolescence a été vécue un peu comme une manière de découverte et de rencontre de cette diversité humaine.

Dans cette cité, tout nous interpellait - les jeux des autres, les manières de s’habiller des autres, les mets des autres, les musiques des autres, les fêtes des autres. On se faufilait dans les fêtes des adultes. La bière coulait à flots. Il y avait des musiques traditionnelles, des femmes habillées en pagnes. Et donc, je me suis nourri à tout cela. Et c’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, je ne comprends pas ces incompréhensions entre les gens.

À quoi attribuez-vous ces incompréhensions entre les gens et cet apparent refus de « vivre ensemble », de partager les différences et, éventuellement, de forger des similarités ?

Je crois que c’est parce que l’on n’apprend pas à se connaître. Il est fondamental d’apprendre, très tôt, à connaître l’Autre. Le respect de l’Autre doit se traduire par la connaissance de l’Autre. On ne peut ni respecter les gens, ni vouloir vivre avec eux si on ne les connaît pas. On ne connaît pas l’Autre si on se limite à vouloir qu’il nous ressemble. Tout le monde ne peut pas nous ressembler. Ce n’est pas possible. Nous sommes différents, mais seulement culturellement. Il faut comprendre que nous aspirons tous à la même chose, le bonheur. Nous voulons tous être heureux même si nous avons des compréhensions différentes de la vie. Nos religions, par exemple, peuvent être différentes. Mais elles nous apprennent toutes à tendre vers un bonheur qui nous situe au-delà du présent immédiat.

De la cité, vous êtes ensuite allé à Monaco...

Je suis parti à Monaco à l’âge de 17 ans. J’y suis allé pour jouer au football. Là aussi, une autre réalité s’est imposée à moi. Je quitte la banlieue et je me retrouve à Monaco - comment dire - dans l’opulence. Je n’étais pas encore adulte, mais je comprenais déjà un certain nombre de choses. Par exemple, j’ai tout de suite compris que la valeur des gens n’est pas liée à l’argent ; que ce qui compte, c’est la sensibilité du cœur. Après Monaco, je suis parti à Parme en Italie. Encore une fois, je me suis retrouvé en position d’étranger.

Vous avez donc été, très tôt, un homme en mouvement, qui n’a cessé de bouger ; aujourd’hui ici, demain ailleurs.

Voilà. Et tout çà a été un enrichissement. Je me suis chaque fois efforcé de m’adapter. Ce que j’ai appris, c’est de ne jamais se renier. Aller vers l’Autre n’implique pas que l’on se renie.

Ce souci de soi, de ne pas se renier, et cette éthique de l’Autre à la rencontre duquel on marche et que l’on embrasse en mieux le connaissant - tout cela résulte-t-il de votre position en tant que Français, Guadeloupéen et, comment dire, Noir ?

Je suis de la Guadeloupe, de la France. Je vis dans une culture qui, historiquement, a toujours cherché à enfermer le Noir dans une sorte d’homogénéité. On a pensé que les Noirs formaient un groupe homogène. Ce n’est pas le cas. Le fait de bouger et de m’adapter m’a convaincu qu’il ne faut pas avoir peur d’apprendre de ce qu’il y a autour de soi. Il faut apprendre à échanger sans se perdre. Malheureusement, on veut expliquer aux gens qu’il faut qu’ils renient leur culture pour passer inaperçu et s’assimiler. Or, l’assimilation est quelque chose de très dangereux pour soi-même et pour l’Autre parce que en s’assimilant, on n’apporte rien à l’Autre et, surtout, l’on se perd.

Passons au football. C’est quoi exactement le football ?

Eh bien, le football, c’est tout simplement le bonheur. Le football, c’est la langue du bonheur.

C’est donc plus qu’un jeu...

C’est le bonheur. Il suffit de prendre un ballon. Peu importe où vous êtes. Vous avez un ballon. Vous jouez. Vous allez voir. Quelqu’un viendra tout de suite jouer avec vous. Après, ce sera un autre. Deux contre deux. Trois contre trois. Disons que vous êtes en vacances. On va vous demander : « Tu reviens demain et on fait un match ? » Ou encore : donnez un ballon à un petit enfant. Vous allez voir. Ses yeux s’illuminent. Il joue. Il s’amuse. Pour moi, le football, c’est un bonheur. C’est pour cela que ce sport véhicule tant de passions. Ce n’est pas un hasard.

Quand avez-vous commencé à faire l’expérience de cette sorte de bonheur ?

J’ai toujours joué au football. Je jouais devant la maison, aux Antilles, quand j’étais petit. Pour ne pas abîmer les chaussures, on les enlevait. On jouait pieds nus, sur le goudron, ce qu’aujourd’hui je ne pourrais plus faire. On organisait de petits matches. Chaque quartier du village jouait contre l’autre. On s’inventait des maillots avec des numéros. On prenait des bouts de bois pour faire des buts.

Vous avez toujours joué en défense ?

Non, pas du tout. C’est difficile pour un petit garçon d’être défenseur. Comme tous les petits garçons, je voulais marquer des buts. On m’a demandé de défendre parce qu’on a vu que je ne savais pas marquer des buts. J’étais triste, mais j’ai dû accepter. Voilà.

Le football aujourd’hui, c’est quand même aussi d’énormes sommes d’argent - un business à l’échelle du globe. Peut-on en déduire que votre bonheur façon football, c’est, en réalité, le fric, le fric et le fric ?

Pour nous autres, joueurs de foot, il faut faire attention à ne pas tout mélanger. Il y a ce qui se passe sur le terrain, qui est pur bonheur, pure joie. Puis, il y a ce qui se passe autour du football. Autour du football, il y a énormément d’argent. À partir du moment où le foot attire énormément de spectateurs, énormément de téléspectateurs, il devient un grand moment pour vendre toutes sortes de choses. C’est le cas lors de la Coupe du monde. Il suffit de voir le prix des spots publicitaires, les ventes des maillots. C’est affolant. Tous les pays veulent recevoir la Coupe du monde parce qu’elle génère énormément d’argent.

Ceci dit, il faut différencier les deux. Nous, joueurs de football, devons garder cette lueur qu’on a comme enfant, afin précisément de transmettre les émotions à ceux qui nous regardent jouer.

Je ne vais pas vous demander combien vous gagnez. Cela m’étonnerait que vous soyez dans le besoin. Quelle est votre « philosophie » de l’argent ?

Je n’ai pas rêvé d’être un joueur de foot. En Guadeloupe, je ne savais pas que jouer au foot pouvait être un métier. J’ai donc toujours été un peu en décalage par rapport à l’argent. Même lorsque j’étais jeune, au centre de formation, je n’étais pas focalisé sur l’aspect financier du jeu. Aujourd’hui, je gagne beaucoup d’argent. Il y a beaucoup de business autour du foot. En retour, une partie de ces revenus est reversée à ceux qui génèrent ce business. Je n’ai pas de problème à ce sujet.

J’essaie de vivre au mieux ce rapport à l’argent. J’essaie de ne pas devenir esclave de l’argent. L’argent permet de faciliter la vie, mais il n’est pas une finalité.

Précisément, que fait-on de l’argent lorsqu’on en a autant ? À quoi le dépense-t-on ?

Avec mon argent, j’essaie de faire plaisir aux personnes qui me sont les plus proches. J’essaie de ne pas tomber dans un système ou un état d’esprit dans lequel on pense qu’avec de l’argent, on peut tout s’offrir. Il y a des choses que je me refuse de m’offrir parce que je trouve indécent de les acheter à ce prix-là. Mais en règle générale, j’essaie de faciliter ma vie et celle des autres, de ceux qui me sont proches.

Laissons-là ces questions d’argent. On m’a dit que vous lisez beaucoup.

Je cherche à m’informer sur des sujets qui m’intéressent. Je lis des livres de philosophie parce que je crois qu’il est important de se poser la question de savoir pourquoi on est là, où on va en tant qu’homme. D’autre part, je m’intéresse beaucoup à la culture noire, à l’histoire des Noirs. C’est quelque chose que, malheureusement, on n’apprend pas à l’école en France. Tout se passe comme si l’histoire des Noirs commençait brutalement avec l’esclavage. Il est pourtant évident que ce n’est pas le cas. Je cherche à m’éduquer sur tous ces sujets, pour moi-même, et pour pouvoir éduquer mes enfants.

Combien d’enfants avez-vous ?

J’ai deux enfants. Le premier a 9 ans. Le deuxième a 5 ans.

Y-a-t-il, à vos yeux, un rapport entre le football, la culture, les lettres et les arts - je veux dire ces aspects de la créativité humaine que sont, par exemple, la peinture, la musique, l’architecture, la poésie, le cinéma, ou, disons,de manière générale, l’écriture ?

Oui, il existe un rapport. On peut d’ailleurs dire du foot lui-même qu’il est un art. Ce n’est pas parce qu’il y a un aspect physique de ce sport que l’on doit penser qu’il manque de beauté. Il y a, dans le foot comme dans les autres disciplines artistiques un élément de transcendance.

Vous parlez de beauté et de transcendance.

La beauté est quelque chose de difficilement explicable. Elle a sans doute un rapport avec les sensations. Vous regardez quelque chose, une pièce, et vous la trouvez belle. Mais cela n’appartient qu’à vous. Ma beauté peut bel et bien être votre laideur. La beauté, c’est quelque chose qui vous nourrit d’émotions, qui vous plonge dans le bonheur de voir cette chose-là en particulier.

Pourquoi, lors de la Coupe du monde en Allemagne, avez-vous ressenti le besoin de répondre à Jean-Marie Le Pen qui observait que l’équipe nationale de France avait trop de « joueurs de couleur » ?

Quand on répète une bêtise plusieurs fois, cette bêtise devient une « vérité » si on ne la contredit pas. Je crois que face à la répétition de la bêtise, il est important, à un moment donné, de répondre. Il est important de s’arrêter et de dire : « Oh ! Attendez. Ce n’est pas comme çà ». Ainsi, ceux qui auront entendu la première version auront, à coup sûr, l’occasion d’entendre un autre discours. Ils pourront confronter les deux versions.

Au-delà des aspects racistes de son discours, le démagogue ne dit-il pas tout haut ce que bien des Français ordinaires pensent tout bas, parfois y compris dans les milieux les plus policés ?

Le Pen dit quelque chose que beaucoup de personnes pensent de par le monde. Les gens se disent : « Nous sommes en France. L’équipe de France est composée à 80% de joueurs noirs. Ce n’est pas possible ! ».

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J-M Le Pen

Mais on ne peut dire « ce n’est pas possible » que si on ne connaît pas bien son histoire, si on n’est pas éduqué. Ce sont ceux qui ne connaissent pas l’histoire de France qui « ne comprennent pas ». Ils voient un joueur noir ou musulman et se disent : « Tiens, des Africains et des musulmans dans l’équipe de France ! D’où sortent-ils ? Dans quel pays vivons-nous ? ».

Vous avez répondu à Le Pen en ces termes : « Je ne suis pas noir. Je suis Français ». Pourquoi ne pas dire, simplement : « Eh bien, pour le bonheur de la France, je suis noir et Français » ? Les deux choses ne sont certainement pas incompatibles.

Je voulais dire ceci : « Ce n’est pas à cause de ma couleur que je suis en équipe de France. On ne m’a pas choisi parce que je suis noir. On n’a pas choisi Barthez parce qu’il est blanc. On a choisi Barthez et Thuram parce que c’est l’équipe de France et ils sont Français ». Voilà le sens de ma réponse à Le Pen. Elle ne portait pas sur le fait que je ne suis pas noir. Car, justement, je suis noir et les gens savent très bien que je suis noir. Vous voyez ? Ce qui est important, c’est une certaine sensibilité politique et intellectuelle qui permet de dire : « Moi, je ne suis pas noir. Je suis Français ». Ou encore : « Moi, je ne suis pas blanc. Je suis Français ». C’est une sensibilité qui permet de détacher la nationalité de la tragédie qu’a été une certaine histoire de la couleur, une certaine histoire de la classification raciale.

Vous êtes l’un des rares, sinon le seul joueur de l’équipe de France à avoir publiquement émis une opinion au sujet des émeutes dans les banlieues de France l’année dernière. Qu’est-ce qui vous a poussé à le faire et comment se fait-il que vos amis Thierry Henry, Zinedine Zidane, Patrick Vieira, Claude Makelele et les autres, qui eux aussi ont pourtant grandi dans les banlieues - comment se fait-il qu’ils ne s’expriment pas publiquement sur ce genre de questions ?

C’est une affaire de sensibilité. Chacun a sa sensibilité. Dans un sens, donner publiquement son avis sur un sujet de ce genre veut dire courir le risque de ne pas faire l’unanimité. Moi, je ne cherche pas à faire l’unanimité. Je veux simplement qu’il y ait une réflexion collective.

Sur le coup, vous exprimiez également une certaine colère.

Sur le moment, j’avais le ton énervé. C’est quelque chose qui me touchait. Je me sentais blessé. Je voulais susciter une réflexion sur le fait de savoir si c’était juste de dire ce que cette personne [Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur] disait : « On va les nettoyer au Karcher ! ». Pour le reste, au fait, la « racaille », ça veut dire quoi ? Quand j’étais jeune, on me traitait de « racaille » aussi - des gens qui ne me connaissaient pas. Pourquoi ? Parce que j’habitais la cité ? J’avais un peu d’argent parce que je jouais en 4e division. On me disait : « Eh oui, il est bien habillé parce qu’il dépouille les gens dans le métro ». Il y a toujours ces préjugés. Ils reposent sur le fait de ne pas connaître les autres. Par exemple, j’allais manger chez des amis. Après quelques temps, les parents disaient : « Ah ! Il est bien ton copain. Il n’est pas comme les autres ». Mais « les autres », c’est qui ? Est-ce qu’on connaît « les autres » ? Non. Les autres sont comme moi.

Pour votre Ministre de l’Intérieur et les siens, « les autres » ne seraient-ils pas d’abord des « intrus » - Africains, Maghrébins, Antillais, Réunionnais, Kanaks, peu importe ?

Il faut savoir qu’une grande majorité de Français vivent dans les banlieues. Qu’est-ce qui se cache derrière les discours sur les jeunes des cités ? C’est peut-être les Noirs et les Maghrébins en effet. Et ce sont toujours les mêmes critères qui leur sont appliqués : « Oui, ils sont dangereux. Oui, ce sont eux qui créent l’insécurité ». Je dis : « Non ». Les vrais problèmes, ce sont le racisme, la précarité et la pauvreté.

Au fait, la sortie au Karcher fait suite à l’électrocution de deux jeunes « gens de couleur ».

Ces événements ont en effet eu lieu quelques jours après que deux jeunes garçons soient morts. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on ne s’arrête pas pour réfléchir aux causes de cette mort. Ayant cru que la police allait leur demander leurs papiers, ces jeunes se sont échappés. Il faut donc s’interroger. Comment se fait-il que des jeunes aient peur de la police ? Quelle relation y-a-t-il entre la police et les jeunes ? C’est quand même inquiétant que deux jeunes soient morts parce qu’ils ont peur et se cachent dans un transformateur. Comment cela se fait-il que la police s’en aille en sachant très bien qu’ils sont dans le transformateur ? Et ce n’est pas tout. Il y a eu à Paris des bâtiments brûlés et plusieurs familles qui ont perdu des enfants. Cette personne [Monsieur Nicolas Sarkozy] que j’ai par ailleurs rencontrée n’avait qu’un seul souci. Il voulait savoir si « ces gens avaient des papiers ».

C’est pour toutes ces raisons que vous parlez...

Je parle parce que sur ces sujets, je sais de quoi je parle. Sinon, je ne parlerais pas. J’ai grandi dans ce milieu. Je connais les préjugés. C’est vrai qu’aujourd’hui, on ne me juge plus puisque je suis Lilian Thuram, le joueur de foot. Je n’ai plus de couleur. Mais, par contre, je n’ai pas oublié. Je dis donc, simplement : « Faisons attention. Que voulons-nous dans une société juste ? » Réfléchissons à cette société de justice. Malheureusement, au lieu de le faire, on manipule et on joue à des jeux qui consistent à diviser les gens.

Je reviens tout de même à l’autre partie de ma question. Pourquoi vos amis Henry, Zidane, Vieira, Keke et les autres - pourquoi se taisent-ils ?

Attendez. Je ne sais pas.

Vous n’allez pas me demander de leur poser directement la question, à eux ?

Il faut leur poser la question, à eux. Je peux tout de même dire qu’en règle générale, ils pensent comme moi. Après, chacun ... On discute de ...

Vous discutez de ces choses entre vous ?

Oui, oui, bien sûr. Ils sont blessés eux aussi.

Au début de la compétition en Allemagne, des gens se posaient la question de savoir si les Français se sentaient « représentés » par ce que beaucoup appelaient « cette équipe ». Comment avez-vous vécu cette suspicion au sein de l’équipe ?

Elle était blessante. Car, qu’est-ce que ça veut dire de poser cette question dans ces termes ? Ça veut tout dire. Ça veut dire : « Est-ce que vous ne pensez pas qu’il y a trop de Noirs, et donc ce n’est pas l’équipe de France ? » Si l’équipe de France avait fait un mauvais résultat, qu’est-ce qui se serait passé ? C’est très grave et les gens ne s’en rendent pas compte. C’est pour cela qu’il faut ouvrir une réflexion à ce propos. Se poser ce genre de questions veut dire que l’éducation de la population n’a pas été faite. Celle-ci ne comprend pas qu’il y ait des Français noirs. Or, c’est l’histoire qui l’a voulu. Et comme on n’a pas appris l’histoire ....

Comment expliquez-vous l’extraordinaire visibilité des Français d’origine africaine (récente ou lointaine) dans le foot et l’athlétisme et leur quasi-invisibilité dans des domaines tels que les lettres, l’administration, le commerce et les affaires, la politique, l’université et les médias ?

Pour les classes défavorisées, le plus facile pour se sortir de la difficulté, ça a toujours été le sport. Car en sport, il n’y a pas de place pour les préjugés. Il y a vos qualités, et c’est tout. Je veux dire : « On fait du 100 mètres. J’arrive le premier, j’arrive le premier ! ». En règle générale, ceux qui réussissent dans le sport, ce sont ceux qui sont dans une certaine précarité. Ils sont capables de souffrir pour y arriver. C’est la raison pour laquelle l’on trouve peu de sportifs issus des milieux aisés.

Tout en reconnaissant que cela ne règle guère les problèmes de structure, beaucoup d’observateurs étrangers ne comprennent pas qu’après tant de siècles de vie commune, d’une commune destinée, la France ne dispose toujours pas, à l’exemple des Etats-Unis, de ses Colin Powell, de ses Condoleeza Rice, de ses Thurgood Marshall, Oprah Winfrey, Barak Obama.

Le plus important n’est pas de produire des Colin Powell ou des Condoleeza Rice à la française. C’est le type d’idéologie que véhicule quelqu’un comme Sarkozy. En France, ce dont nous avons besoin, c’est d’une plus grande égalité. Aux Etats-Unis, c’est vrai qu’ils ont Colin Powell, Condoleeza Rice, Oprah Winfrey. Mais lorsque l’ouragan Katrina s’est abattu sur la Nouvelle Orléans, qu’est-ce qui s’est passé et qu’avons-nous vu ? Quand on visite les prisons américaines, qu’y trouve-t-on en majorité ? L’espérance de vie d’un jeune noir américain est-elle la même que celle d’un jeune blanc ? Que veut-on dire ? Que demain, s’il y a quelques Noirs au pouvoir en France, eh bien, ce sera mieux pour tous les Noirs ?

Quel est le fond du problème à votre avis ?

Le fond du problème, c’est une plus grande égalité. Le fond du problème, c’est une éducation différente. Faut-il un journaliste noir au journal de 20 heures ? Très bien. Mais à condition que cela ne cache point la misère du plus grand nombre.

Le fait que l’équipe de France de football soit composée en majorité de Noirs et de Maghrébins ne prête donc à aucune conséquence pratique ou culturelle.

Ces Noirs ou Maghrébins, on les accepte. Mais est-ce que cela change quelque chose pour le Noir ou le Maghrébin ordinaire qui va chercher du travail ou qui cherche à louer un appartement ? Ou encore pour celui qui va en boîte de nuit et on ne le laisse pas entrer ? Il ne faut pas masquer les choses derrière des faux-semblants.

Achille Mbembe : Et c’est le genre d’arguments que vous faites valoir au sein du Haut Conseil à l’Intégration dont vous êtes membre ?

J’y parle surtout de mon vécu et de ce que l’on pourrait faire. D’ailleurs, je dois avouer que le mot « intégration » me dérange. Souvent, on s’y réfère pour parler des gens qui arrivent en France en ce moment. Mais on tend à oublier qu’il existe de vrais problèmes pour ceux qui y sont déjà. Il y a, par rapport à ces derniers, une énorme ambiguïté. Tout se passe comme s’il s’agissait de Français de seconde catégorie. Tout se passe comme s’ils ne jouissaient pas de tous les droits.

Dans ces conditions, que dire, par exemple, aux jeunes des cités ? Comment cultiver, en eux, la conscience d’une citoyenneté pleine et entière ?

Aux jeunes, j’ai dit : « Brûler les voitures, ça ne sert à rien. C’est n’importe quoi. Allez voter ! Allez voter parce qu’en votant, vous forcerez l’écoute. Vous ouvrirez des portes. Arrêtez de dire que vous n’êtes pas Français. Parce que c’est faire le jeu des forces qui cherchent à vous abandonner sur le bord de la route ». Moi, je suis Français et fier de l’être. Et comme je suis fier d’être Français et que je trouve que « cette France-là » n’est pas en accord exact avec elle-même et ses principes, alors j’essaie de tout faire pour changer les choses. Parce que, sinon, on vous met de côté et on ne s’intéresse à vous que comme facteur de nuisance.

Nous allons vers la fin de cet entretien. Des figures telles que Aimé Césaire, Frantz Fanon, Maryse Condé se sont efforcées, en leur temps, de repenser la relation entre les Antilles et l’Afrique. Que signifie pour vous l’Afrique ? Que reste-t-il de cet héritage ?

Aimé Césaire, Frantz Fanon, Maryse Condé et plusieurs autres ont accompli un énorme travail.

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Aimé Césaire

Si, aujourd’hui, nous, jeunes Antillais et Français, sommes conscients de notre histoire, c’est grâce à eux. Le travail qu’ils ont accompli, chaque génération doit le reprendre pour son propre compte et l’embrasser comme le sien propre. Il y a en effet un travail de conscience qu’il faut poursuivre. Une grande partie des Antillais, aujourd’hui, savent d’où ils viennent. Pourtant, par rapport à l’Afrique, nous n’avons pas été éduqués à cette conscience. Nous avons été éduqués à l’oubli, à la honte de ce qui a été, à la honte de l’esclavage, à la négation de nous-mêmes. Nous avons été éduqués à penser que l’esclavage a fait des Noirs des hommes. C’est précisément Victor Hugo qui le disait. Il disait que l’homme blanc a fait du Noir un homme. Cela ne peut pas rester.

Et vous, votre propre rapport à l’Afrique ?

Mon rapport à l’Afrique est très simple. Je sais que mes ancêtres viennent d’Afrique. Hier, j’étais au Sénégal et à Gorée. C’était un moment fort qui n’a fait que renforcer ce que je pensais déjà. J’ai deux enfants.

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Le panafricaniste Marcus Garvey

L’un s’appelle Marcus. Son nom fait signe à Marcus Garvey. L’autre s’appelle Kephren, en référence à l’Égypte ancienne. Il faut absolument accomplir ce travail qui consiste à redonner la dignité à ceux qui en ont été privés par la force des choses.

Gandhi disait : « Il est plus honteux d’avoir été esclavagiste qu’esclave ». Je n’ai pas honte de mon histoire. Cette histoire est fondamentale si, en France, nous voulons renverser les choses et contourner le racisme. Pour éradiquer le racisme, il faut aller à la racine. Et l’esclavage, voilà la racine. Une publicité, une banderole, cela ne suffit point. On interpelle les gens, certes. Mais il faut remonter aux profondeurs. Il faut remonter à l’esclavage pour comprendre ce qui s’est passé.

Des gens ont mis en place un système esclavagiste parce que, là encore, il y avait le gain et le profit. Et donc, à partir du moment où on met en place un système, il faut le cautionner. C’est tout comme de nos jours. On entreprend une guerre et il faut la justifier idéologiquement. Alors on prétend qu’ils ne sont « pas comme nous ». Ou encore : « Ce sont des bêtes. On va les sauver. Leur faire la guerre, c’est bien pour eux ». L’esclavage ne concerne pas que les Noirs. Il concerne tous les hommes.

Dans cette lutte, y-a-t-il des exemples historiques qui vous servent d’inspiration ?

Prenez Rosa Parks. Un matin, elle refuse de laisser sa place dans le bus et de rejoindre le compartiment réservé aux « gens de couleur ». Elle dit : « Aujourd’hui, non. J’en ai marre. Je refuse ».

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Rosa Parks

Ce refus ne fait pas seulement avancer les Noirs, mais tout le monde. Il en est de même de Mandela, de son combat et de la fin de l’apartheid. En France, on a fêté le 10 mai 2006 la commémoration de l’esclavage. Encore, dans les manuels d’histoire, on tâtonne. On se demande : « Est-ce qu’il faut faire ceci ? Qu’est-ce qu’il faut faire ? » Ce n’est pas normal. Pourtant, que ne gagnerait-on pas en éduquant les gens ?

Que comptez-vous faire après le foot ?

Je me donnerai à fond pour la lutte contre la drépanocytose. Je voudrais également jouer un rôle pour éduquer les gens à se respecter et à se connaître. Par quel biais ? Je ne sais pas.

Après la Coupe du monde, les championnats réguliers reprennent bientôt. Comptez-vous retourner à Turin ?

Il y a très peu de chances que je retourne à Turin. La Juventus a été reléguée en deuxième division. J’espère qu’il y aura un autre club qui aura besoin de moi.

Cela devrait pouvoir être réglé facilement.

Eh bien, on ne sait pas, hein ? On ne sait pas. Là, j’ai 34 ans. Je vais vers la 35ème. Ce n’est pas évident pour les clubs.

Ceux qui vous ont vu récemment à l’œuvre en Allemagne auront du mal à vous croire.

Quoi ! Seriez-vous par hasard un dirigeant de club ?

Commentaires

  1. Posté par Bossanga Yves-Noël, le 21 juillet 2006 à 09:02

    Ce qui différencie Thuram des autres, c’est qu’en dehors d’être Un Grand Joueur de football, il s’engage et ne donne pas des coups de tête, de coups de boule, et souvent, se montre à la hauteur des bêtises sur un terrain de football. Voilà un grand joueur, chers Amis !

  2. Posté par jean-michel, le 21 juillet 2006 à 09:34

    chapeau l’artiste. Voilà qui donne une image noble du foot.

  3. Posté par Hatchepsout, le 21 juillet 2006 à 09:48

    Thuram dans toute son humanite. Bravo l’ artiste.

  4. Posté par salim bachi, le 21 juillet 2006 à 09:50

    Il s’agit en fait de la Drépanocytose : une maladie qui affecte le globule rouge, qui est très répandue en Afrique, du sud au nord, aux Antilles et dans le bassin méditerranéen. C’est aussi la maladie pour laquelle j’ai été hospitalisé à Grenade et dont mon livre Autoportrait avec Grenade traite en partie. Je suis heureux qu’un homme célèbre comme Lilian Thuram cherche à briser ce tabou africain et à alerter le monde sur ce fléau. Chapeau bas, messieurs !

  5. Posté par salim bachi, le 21 juillet 2006 à 09:53

    Pour ceux que les coups de boules ennuis, je voulais préciser que Zidane était engagé lui-aussi dans la lutte contre une autre maladie génétique : la leucodystrophie, de plus, lui-même est affecté par une maladie cousine de la Drépanocytose, la Thalassémie. Aussi je crois qu’il ne faut pas verser bêtement dans le schématisme.

  6. Posté par salim bachi, le 21 juillet 2006 à 10:05

    ennuient, bien sûr...

  7. Posté par Sami, le 21 juillet 2006 à 10:10

    Zidane et Thuram : des gens engagés à cent pour cent humainement, Zidane auprès des enfants, dépensant son temps sans compter, Thuram pareil, l’un parlant beaucoup, l’autre pas si à l’aise avec sa langue qu’il l’est avec sa tête ou ses pieds. Grande leçon humaine au-delà du foot. Ces deux vieillards du foot français, mais d’autres footballeurs aussi, se valent et se respectent.

  8. Posté par Timba Bema, le 21 juillet 2006 à 10:38

    Quand les sportifs commencent à faire dans l’humanitaire celà veut dire que les structures sanitaires sont délabrées. N’est-il pas plus important de les remettre à niveau au lieu de distribuer quelques vivres et médicaments de temps en temps ?

  9. Posté par Sami, le 21 juillet 2006 à 10:59

    Tu as raison, Timba, mais à défaut de cela, les sportifs mettent leur image au service de certaines causes. Palliatif, tu diras, mais cela vaut mieux que rien. Dans El Mundo d’aujourd’hui, à Madrid donc, la romancière cubaine, Zoé Valdés, a publié un article sur Zidane. Dans le concert d’éloges à travers le monde aujourd’hui pour ce ZZ, celui de Valdés tranche par sa beauté littéraire, et surtout c’est l’une des plus belles lettres d’amour qu’une romancière célèbre ait adressées à un sportif qu’elle considère comme le plus grand de tous. Si cela peut consoler certains inconditionnels de l’équipe de France, pour Zoé Valdés, c’est la France qui a gagné... Bon, quand le coeur parle, on préfère lui laisser ses raisons, surtout quand c’est aussi bien écrit.

  10. Posté par D.O.W., le 21 juillet 2006 à 12:39

    Thuram lui ne donnerait donc pas de coup de boule. Mais si celui qui a donné un coup de boule avait été noir, on lui aurait probablement trouvé des circonstances atténuantes. Ah cette manie de ne voir la grandeur que dans ce qui nous ressemble, et de ne rien pardonner à ce qui n’est pas comme nous...

    J’ai comme Salim Bachi remarqué que le nom de la maladie était mal orthographié. Et d’autant encore que la même erreur est répétée. A qui imputer la faute ? Si c’est Achille le fautif, ce serait étonnant : c’est une maladie mal connue en France, mais très bien connue en Afrique. Et si c’est Thuthu, il serait incompréhensible qu’à force de le dire, il ne soit toujours pas parvenu à retenir le nom de cette sacrée trucpanocytose ;-))

  11. Posté par Timba Bema, le 21 juillet 2006 à 13:05

    Si il faut que le sportifs se lancent dans l’humanitaire pour susciter autant de « beauté[s] littéraire[e] » (je reprends ton expression Sami pour qualifier l’hommage Zoé Valdès à ZZ qui a quand même écopé de trois matchs de suspension)Beh alors ! Qu’ils en fassent encore plus les p’tits cons.

  12. Posté par Sami, le 21 juillet 2006 à 13:33

    Timba, non, Zoé Valdes ne faisait nullement référence à l’engagement de Zidane, elle s’en tient au sportif. Et moi je m’en tiens à l’appréciation de son style (j’aime ses romans, c’est peut-être une raison subjective suffisante). De toutes les façons, nous n’irons pas sur un terrain de foot, mais autour de notre bouteille, tu auras deux contre toi pour ce qui est de l’objet littéraire, car, comme DOW, je m’en tiens à l’idée que la littéraire couvre plusieurs genres (essais, romans, théâtre, poésie) et réside plus dans les qualités esthétiques, ce qui fait dire de beaucoup de romans qu’ils ne sont pas de la littérature.

  13. Posté par Mistigris, le 21 juillet 2006 à 13:48

    Thuram Président !!! Thuram Président !!! Thuram Président !!!

    Que de sagesse dans ses propos, ah il a l’étoffe d’un futur président de...la France, bleu, blanc, noire...

  14. Posté par A. Mabanckou, le 21 juillet 2006 à 14:08

    Cher Salim Bachi,

    La double coquille est corrigee, il s’agit bien de drepanocytose... et je l’ai fait savoir aussi a Achille,

    Bon ne cherche pas les accents sur mes mots ici, tu sais ou je suis...

    Bien a toi,

    L’Algerien noir. )) :

  15. Posté par Laure a vu passer le porc-épic, le 21 juillet 2006 à 18:44

    Ah Alain M, je me permets un hors sujet ici : ton secret a été brisé, je viens de lire un compte-rendu de tes "Mémoires de porc-épic" sur ce site hebergé par Le Monde :

    http://stellamaris.blog.lemonde.fr/stellamaris/

    Un lundi ensoleillé...

    Après avoir repris contact avec la réalité, j’ai aussi repris contact avec le travail. Ou du moins, ce qu’il m’en reste... Mais peut-être est-ce le meilleur, car j’ai pris un grand plaisir à aller discuter avec mon ami écrivain Alain Mabanckou. J’ai signé un grand portrait de lui et de sa jeune carrière, qui sera publié en août. J’ai donc eu le droit de lire en avant-première son prochain roman, excellent. Il ne sortira en librairie qu’en septembre, mais voici quelques lignes pour vous faire patienter... Le dernier livre d’Alain Mabanckou, Mémoires de porc-épic sortira chez les libraires en septembre. Dans la même veine stylistique que Verre Cassé, paru en janvier 2005, ce n’est pas pour autant une suite et pour cause : il a été commencé en 2001, au cours des vacances de l’auteur à Victoria Falls au Zimbabwe. Alors pourquoi y lit-on que le texte aurait été écrit par ledit Verre Cassé, poivrot patenté et biographe du Crédit a voyagé, fameux bar du quartier des Trois-Cents à « Brazza la verte » ? Parce que Mabanckou aime à nous raconter des histoires... à tout mélanger au point que nous ne savons plus comment démêler le vrai du faux, comme si un « double nuisible » avait été spécialement chargé de nous faire perdre le nord. Quelques explications s’imposent. Le porc-épic auquel nous avons à faire dans ce livre est un être étrange, mi-animal, mi-démon, doté du pouvoir de « manger » les humains, autrement dit de les tuer mystérieusement. Il devient le « double mystique » du jeune Kibandi le jour de son initiation, alors même que le breuvage magique absorbé par celui-ci dédouble sa personnalité, créant en supplément un « autre lui-même » que l’on verra apparaître, de temps à autres, dans le récit. Ceci posé, Mabanckou nous entraîne dans des aventures rocambolesques, ponctuées de meurtres, qui vont conduire Kibandi à sa perte et notre ami porc-épic, sympathique malgré son rôle d’assassin, à confesser sa vie au Baobab au pied duquel il se tient roulé en boule. Réalité des contes africains ? Pur délire d’un pilier de bistrot ? Veine inspiratrice puisée dans la lecture de Quiroga ou de Sabato ? Peu importe. Dans un style imagé et truculent, sans majuscule au début et aucun point, final ou pas, l’auteur nous conduit d’une traite et à une vitesse folle dans les méandres de son imagination et de ses souvenirs, sans que nous ne puissions esquisser un geste, risquer une question, nous demander si tout ceci est vrai, bref, jouer notre rôle de lecteur averti.

    On parle aussi de mon auteur "amour-haine" Waberi et ses "Etats-Unis d’Afrique"...

  16. Posté par Timba Bema, le 21 juillet 2006 à 18:49

    Ah Ouais ! Sami, je sens que les tacles autour de la bouteille seront rudes. Je prépare déjà mes protèges tiabia.

  17. Posté par D.O.W., le 21 juillet 2006 à 19:56

    Je pose la question aux spécialistes et autres "critiques très avertis" : le court compte-rendu que fait je ne sais qui (stella maris.. ?) du Monde, n’évoque-t-il pas Bret Easton Ellis ? Ce qui pour moi, ne signifierait ni un compliment ni un blâme. A voir...

  18. Posté par salim bachi, le 21 juillet 2006 à 20:31

    Cher Alain,

    Mais je ne sais absolument pas où tu es ! Tu devais partir au Congo, je crois, mais je ne sais plus quand. Merci pour le compliment final et à bientôt.

  19. Posté par Sami, le 21 juillet 2006 à 22:03

    Non, Timba, rien à protéger, il n’y aura même pas de coup de boule, tu vois ?

  20. Posté par Bakima, le 22 juillet 2006 à 06:11

    Ce footballeur a mon respect et mon admiration ! Oui, voila un monsieur qui tire profit de l’attention que son art suscite autour de lui pour faire avancer la cause de ceux de sa communaute d’origine. Francais oui, mais l’autre ne voit pas en nous un Francis d’abord, mais un black ou un beurre. Et nous voyons d’abord en l’autre, un blanc. Chapeau Lilian ! Matheu

  21. Posté par Petite Momie, le 22 juillet 2006 à 15:49

    Je n’ai jamais vraiment apprécié les footballeurs noirs qui évoluent dans l’équipe de France.

    Inutile de rappeler que c’est en grande partie à cause de ces joueurs de couleur que le football français a la renommée qu’il a aujourd’hui.

    En tant que femme noire, voir Thuram, Makélélé, Thierry Henri, Djibril Cissé et j’en passe, prendre pour épouses des femmes européennes me blesse énormement.

    Ce n’est pas par racisme..loin de là. Mais j’ai du mal à accepter que les élites noires, la petite poignée qu’on a ne fasse pas l’effort d’honorer les femmes de chez eux.

    Combien de stars Européennes, combien d’élites blanches voit on aller épouser des femmes noires ?

    Pourquoi faut il à chaque fois qu’un noir devienne célèbre qu’il oublie les siens ? Pourquoi ?

    Honnêtement n’ya t-il pas de femmes aux antilles (pour les joeurs antillais) ou en Afrique (pour les Africains) ?

    Djibril Cissé par exemple n’est pas considéré comme un ivroirien, à Abidjan on dit : "Il n’est pas de chez nous, il est français. Il ne se prend pas pour un africain".

    C’est bien le comble de l’Afrique, ces noirs qui ne se sentent pas africains, qui épousent des femmes blanches, qui font tout pour ressembler à l’homme blanc.

    Les enfants qu’ils feront, prendront assurément exemple sur leurs pères ("les enfants ne donnent que ce qu’ils reçoivent" dit on). Quand on passe sa vie à rénier ses origines, à vouloir ressembler aux blancs, les enfants nous imitent.

    Ce qui est clair c’est que ce n’est pas sur des Makélélé (ya pamba), des Djibril Cissé que l’Afrique noire peut compter.

  22. Posté par Ya Sanza, le 22 juillet 2006 à 16:31

    Me voilà profondément choqué par les propos abominablement racistes (bien qu’elle s’en défende maladroitement) de cette Petite Momie. Les africains avec les africaines, les antillais avec les antillaises, les français avec les françaises etc. et madame se défend de tout racisme.

    Ailleurs, dans un autre sujet, elle dit qu’il faut à un africain avoir vécu en occident pour comprendre les difficultés qui sont celles d’un africain en France. A-t-elle l’idée des difficultés que rencontre un petit blanc (pas un muscadet, un expatrié) plein de bonne volonté et pas sectaire pour deux ronds quand il se balade seul dans une ville africaine ?

    Le racisme et la connerie sont universels, n’importe quel homme ou femme peut le vivre dès qu’il se déplace, c’est surement moins vrai s’il est friqué, quelle que soit sa couleur ou ses origines. Mais j’en ai marre d’entendre les africains se plaindre de ce qu’ils subissent en Europe ou ailleurs quand ils agissent pire encore sur LEUR territoire.

    Petite momie quand tu te balades dans la rue les gosses te suivent-ils en hurlant négro négro ? Ici au Congoo, je suis sans cesse suivi par de gamins qui gueulent mundele, mundele, au moins en France tu aurais la possibilité de porter plainte pour discrimination raciale, ici non, si je cherche à me plaindre les flics vont me taxer un max sous prétexte que le blanc il a beaucoup d’argent.

    Moi je ne suis pas raciste, je vis avec les congolais au jour le jour, je ne suis pas riche, ma femme est black et je suis fier d’elle, mais après des années de résidence au Congo, les congolais continuent à me prendre pour un étranger. Pire que ça des copains congolais dont un des grands parents était étranger sont considérés eux même comme des étrangers.

    Le racisme apanage des français ? Sûrement pas.

  23. Posté par Prosper, le 22 juillet 2006 à 16:57

    Ya Sanza, Tu as raison. Je suis moi-même marié avec une Française blanche. En France, on regarde notre couple, avec discrétion, certes, je décèle quand même les désapprobations de l’une et l’autre race. Je m’en fous. Dans mon pays, ma femme souffre beaucoup. Les enfants l’appellent mundele, z’oreilles et j’en passe. Mes parents me voient toujours célibataire parce que ma femme n’est pas du pays. Je ne peux pas dire que je m’en fous de mes parents mais de là à quitter celle que j’aime... Juste une anecdote : nous étions invités à une fête au pays. Ma soeur aida ma femme à s’habiller local, vêtements, coiffure, parure et autres. Arrivés à la fête, elle distribuait des sourires à tout le monde, essayant de s’intégrer dans le monde de son mari. C’est là qu’un vieux m’interpella en français de France : alors, mon fils, quand est-ce que tu te maries ? Mais je suis marié, fis-je en désignant ma femme. Le vieux reprit : je veux dire, marié vraiment ! Sans commentaires. Le racisme est l’apanage de tous les peuples, seul le raciste ne se rend pas compte qu’il est haï ailleurs.

    Laure, J’ai lu l’article que tu cites. Pressé d’avoir ces mémoires dans les mains.

  24. Posté par D.O.W., le 22 juillet 2006 à 20:20

    Ya Sanza, je vous ai quelque peu devancé pour dire (post 28 du sujet "Je demande la nationalité algérienne") que le racisme était universel. Et en effet, les propos de notre Petite Momie sont passablement honteux, et vraiment d’un autre temps. Les gens sont libres d’aimer qui ils veulent, et le langage du coeur n’est pas celui des couleurs et c’est bien ainsi. Nous faut-il aller jusqu’à dire de telles banalités ? Et faut-il rappeler que tous les Noirs ne sont pas Africains ? Pourquoi se battre pour que des Djibril Cissé soient pleinement intégrés en France si c’est pour les astreindre dans le même temps à on ne sait quelles obligations envers l’Afrique ? On peut se sentir redevable à ses origines et aux lieux de ses racines mais il n’y a là nulle obligations, nul devoir. Toutefois mon cher Ya Sanza, on doit certes vous plaindre, mais tenter comme vous le faites de suggérer que ce que vous vivez au Congo est pire que tout, pardon mais on a du mal à vous suivre là-dessus. En France au moins on peut porter plainte dites-vous. Pour quel résultat ? Ces plaintes sont le plus souvent classées sans suite. Il serait absurde de vouloir hiérarchiser les souffrances et les torts, mais tout de même, permettez-moi de vous dire que si des cris de "mundele" sont tout ce que vous subissez, c’est bien peu de choses, à côté de ce que doit vivre sans rémission possible certaine engeance différemment colorée en France. Vous empêche-t-on de trouver un travail au Congo ? D’aller vous trémousser sur les dancing floors ? Vous répond-t-on invariablement quand vous cherchez un logement, qu’il vient d’être attribué ? Vous suit-on comme un voleur dans les supermarchés ? Vous avez bien compris que la liste pourrait être bien longue si je ne m’arrêtais là ;-)

    Bien à vous.

  25. Posté par Sami, le 22 juillet 2006 à 22:08

    Petite Momie a suscité une réaction normale d’indignation de la part de Ya Sanza par ses propos. Elle se justifie maladroitement, note justement Sanza, de ne pas être raciste. Moi, sans partager ses propos, je ne vois nullement du racisme là-dedans. Se demander pourquoi tous ces Noirs qu’elle cite ont des femmes blanches et souhaiter qu’ils épousent des Noires, ce n’est pas du racisme. C’est une question que beaucoup de personnes se posent : pourquoi il leur faut des femmes blanches ? L’amour ? Et presque tous sont tombés amoureux d’une femme blanche, l’amour n’a conduit presque aucun d’eux sur le chemin d’une japonaise, ni sur celui d’une noire, mais des femmes blanches ? Eh ben, ces questions, on se les posait avec nos premières élites : Senghor, Anta Diop, Wade... Certains ont émis l’hypothèse du complexe, en rappelant toutes les pratiques du blanchissement de la peau dans les Amériques. Les mêmes questions, on les soulevait dans le cas du Brésil où pour certains Noirs qui ont réussi, la femme blanche "s’impose". La première fois que j’avais lu un papier à ce sujet, on citait l’exemple du roi Pelé. Que l’amour explique beaucoup de choses, on ne peut le nier. Mais dans certains cas, la chose devient systématique pour ne pas renvoyer aussi à autre chose. Enfin, Petite Momie, moi je comprends parfaitement ce que tu veux dire, cela ne me choque pas, c’est une question qu’on ne peut évacuer par la liberté d’épouser qui on veut, ce serait même très paresseux de réduire cette question au hasard des sentiments.

  26. Posté par Sami, le 22 juillet 2006 à 22:11

    Quant au fait que les gens appellent un Blanc "Blanc, Blanc", ce n’est pas partout que cela renvoie à une discrimination. Dans le sud du Togo par exemple, les gosses suivent parfois les Blancs en disant : "Yovo - blanc en Mina-Ewe- Yovo, Yovo, bonjour, ça va bien, bonjour ?" On est dans un pays, le mien Togo, où même un clochard blanc est considéré comme un être supérieur, au point que certains n’éprouvent aucune honte à donner du "chef, patron" à n’importe quel Blanc. Et les gosses qui disent leurs "Yovo, yovo", sont heureux si le Yovo leur demande de poser pour lui, une petite photo souvenir, ou leur glisse quelques pièces, c’est normal, ils sont tous riches, les Blancs. Le racisme existe partout, mais les mécanismes de nuisance quotidienne du racisme dépendent des rapports de forces et de pouvoirs entre les "discriminants" et les "discriminés". Il y a des Noirs qui, en France, disent ne pas aimer les Blancs. Mais globalement, on est dans une société de "Blancs", du moins où dominent les Blancs. Eh ben, au Congo, peu de blancs pourraient subir les capacités des congolais à jouer, dans les affaires par exemple, sur la préférence raciale. Ils sont chez eux, mais les mécanismes du monde les met en position de dominés. Un pays pratiquement dominé par Elf par exemple. Je veux dire qu’en règle générale, beaucoup de Blancs sont, dans les pays africains, dans des situations de privilège qu’ils n’auraient jamais eues dans leur propre pays. Même des petits blancs comme on le dit sont des chefs pour Nègres. Certains, une fois revenus dans l’anonymat de leur pays, dépriment. Sanza n’est pas un privilégié, mais il ne peut ignorer qu’en règle générale, les Blancs sont, dans les pays d’Afrique, en situation de "Patron" et la immigrés noirs en france, pour ne citer que ce cas, en situation de "mendiant de survie". Le racisme est universel, mais on ne le subit pas de la même manière selon le lieu où on vit et le pays qui accompagne notre peau. Un Noir étasunien a par exemple les USA et le monde est aujourd’hui dirigé en partie par une femme noire. Je ne suis pas sûr qu’on oublie sa peau, mais quand elle l’ouvre, sa bouche, c’est l’amérique qui parle, on se fait petit.

  27. Posté par Timba Bema, le 22 juillet 2006 à 23:31

    Je pense qu’il est partial de prendre une minorité d’intellectuels africains noirs mariés à des femmes blanches et d’en faire une tendance générale. C’est refuser de voir la réalité qui indique que la grande majorité des intellectuels africains noirs sont mariés à des africaines noires le plus souvent du même pays qu’eux. A partir du moment où cette tendance est marginale pourquoi est-ce qu’elle pose des problèmes à quelques uns ?

  28. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 00:03

    Timba, les questions sont généralement posées au sujet d’un groupe précis : ici, Petite Momie parle des footballeurs noirs. Presque tous sont concernés, pas une minorité. Au moins comme simple constat...

  29. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 00:22

    Sami, c’est facile de prendre des têtes d’affiche pour prétendre représenter une situation. Est-ce que le même constat serait valable si on prenait en compte tous les footballeurs professionnels noirs (étrangers ou pas)évoluant dans les clubs de football français ? j’en doute fort.

    P.S : Il me semble que dans ton post 25 tu as fait allusion aux intellectuels noirs.

  30. Posté par Joey the kong, le 23 juillet 2006 à 03:11

    La femme de Thuram est black sauf divorce et remariage. C’est un détail, vain mais il s’agit d’une correction.

    Cela étant dit, T. Henry a sûrement compris que la méthode Dumas est le meilleur projet positif d’identification.

    Cordialement, Joey

  31. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 08:13

    Timba, j’ai bien écrit au post 25 "Eh ben, ces questions, on se les posait avec nos premières élites : Senghor, Anta Diop, Wade..." Je le mets donc au passé. Souviens-toi que le jeune Mongo Béti avait d’ailleurs écrit noir sur blanc dans un article plein de sa rage habituelle des mots assez durs contre ce comportement avant d’épouser, lui-même, ... une Blanche. Je dis que ce sont les mêmes questions que certains se posent aujourd’hui au sujet des footballeurs noirs professionnels. Et lorsque que tu fondes tes objections sur des statistiques, ce n’est pas à toi que je vais apprendre que cela ne peut toujours être crédible ! Dans tous les domaines, les comportements et psychologie qui influent le plus directement ou indirectement sur les groupes, ce sont ceux des élites, et les élites c’est toujours une minorité. Elle a le privilège d’être la représentation par le haut dans son domaine et d’être la productrice des plus fortes images-guides, elle est de par son rôle et sa position sociale, économique, politique, etc., la plus en vue, la plus observée, la plus jugée, sans doute aussi la plus enviée. Pour rester dans le foot, si certains éducateurs en France s’inquiètent de l’impact du coup de tête de Zidane, ils savent bien que la majorité des footballeurs français n’ont pas encore eu ce geste ! Quand on analyse les impacts sur le monde des stratégies d’enrichissement des milliardaires, ils ne sont pas un million, ni cent mille, et nous sommes plusieurs milliards sur la terre. Je ne rejette pas tes objections, je dis juste que dans certains domaines, on donne aux statistiques le pouvoir qu’elles ne peuvent avoir forcément. C’est là l’une des plus grandes faiblesses des analyses quantitatives qui ont hélas, parfois, l’apparence d’arguments solides.

  32. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 10:29

    Sami, je ne prétends pas que les statistiques expliquent quoique ce soit mais juste qu’elles permettent de donner la représentation d’une situation préalable à toute explication. Il faut quand même pouvoir fixer les dimensions d’un fait. Ton exemple sur l’enrichissement des milliardaires me semble relevé d’un simple effet d’entrainement économique. En effet, ces derniers sont actionnaires d’entreprises et perçoivent des divendes. Plus ils en perçoivent plus les entreprises créées des richesses et plus elles embauchent et plus elles payent des taxes et ainsi de suite. Cet effet est donc mesurable. Tandis que évaluer l’influence morale des comportements maritaux des élites footbalistiques noires (africaines ou pas) sur les futurs comportements maritaux de la jeunesse noire (africaines ou pas) ne me semble pas si évident que ça. C’est la raison pour laquelle une grande prudence est necéssaire avant de vouloir établir une quelconque influence.

    P.S : Dans le post 21 Petite momie cite quatre (04) footballeurs noirs pour soutenir son argumentation. Or parmi ceux-ci Thuram a épousé une noire(post 30), Makélélé est marié à Noémie le noir(Métisse de père français et de mère malgache), si ce n’est pas de la partialité alors mon cerveau commence à détraquer.

  33. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 10:45

    D’accord avec tes arguments, Timba, cependant je n’entends pas par impact seulement l’effet d’imitation qu’un comportement peut entraîner, mais aussi les réactions qu’il peut susciter. Des réactions comme celles de Petite Momie.

  34. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 11:40

    En effet Sami, c’est clair qu’il faut s’interesser aussi de trés prêt aux réactions en plus du fait qui sembe les avoir suscité. Peut-être même qu’il ne faut s’interesser qu’aux réactions. Mais là aussi c’est difficile à appréhender pour se laisser aller à des simplifications..

    P.S : Je ne sais pas si tu as remarqué aussi que les idées radicales en la matière sont, pour la plupart, issues de la diaspora ? Ne trouves-tu pas ça inquiétant ?

  35. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 12:51

    Si, si, Timba, je l’ai même déjà fait remarquer sur ce blog, beaucoup de sujets qui font débat au sein des disporas n’intéressent presque personne sur place dans nos pays. Mais c’est logique, au sein des diasporas, beaucoup, beaucoup d’individus ont finalement une sensibilité exacerbée par la façon dont ils vivent les problèmes qu’ils ne soupçonnaient pas forcément au moment où ils étaient dans leur pays, ou dont ils n’avaient qu’une idée très vague. Et parfois, c’est de cette manière que des idées relativement neuves naissent des diasporas et peuvent faire comme un retour.

  36. Posté par Mayombe82, le 23 juillet 2006 à 15:42

    Petite Momie a dit : « En tant que femme noire, voir Thuram, Makélélé, Thierry Henri, Djibril Cissé et j’en passe, prendre pour épouses des femmes européennes me blesse énormement. » Mais pourquoi te sens-tu blessée ? Au Congo-B, ceux et celles qui à la base ne voulaient aps que leurs enfants se mélangent avec ceux et celles issus d’autres tribus ou ethnies ont trouvé du grain à moudre après les guerres de 93/94, 97, 98/99 aussi. Où est la différence si on se met à faire la chasse à ceux qui vont se marier avec des Caucasiennes ? « Mais j’ai du mal à accepter que les élites noires, la petite poignée qu’on a ne fasse pas l’effort d’honorer les femmes de chez eux. » Moi j’irais plus loin : autant épouser nos sœurs biologiques, les sœurs biologiques de nos papas, de nos mamans, et why not ? nos filles biologiques aussi ! Trêve d’humour, Sami, je comprends tes interrogations. Mais ces mecs, ces célébrités, ces sommités politiques et autres ne seraient-elles pas les mieux placées pour répondre. A titre d’infos, la 1ère épouse de Senghor était Nègresse, fille du Gouverneur AEF, Félix Eboué. Ensuite, il a épousé sa Normande. Le frère qui vit dans la forêt du Mayombe a combien de chances d’épouser une Danoise ? Timba Bema dit (post 34) : « P.S : Je ne sais pas si tu as remarqué aussi que les idées radicales en la matière sont, pour la plupart, issues de la diaspora ? Ne trouves-tu pas ça inquiétant ? » Un aîné Ivoirien me disait il y a quelques années qu’il faisait du « racisme par réaction ». Je ne sais pas, c’est peut-être ça ? « Combien de stars Européennes, combien d’élites blanches voit on aller épouser des femmes noires ? Pourquoi faut il à chaque fois qu’un noir devienne célèbre qu’il oublie les siens ? Pourquoi ? » Un Nègre qui joue au foot en Europe a combien de chances de tomber sur une Négresse ? Une Inuit ? Une Laponne ? Dans tous les cas, les mecs cités par Petite Momie ne sont pas représentatifs (d’autant qu’ils n’ont pas tous des femmes caucasiennes...) Il faut élargir la chose et l’étudier avec des loupes, puis analyser les résultats avec des microscopes. Ya Sanza, ton témoignage est fort intéressant et il confirme bien la volée de bois noir que tu t’es prise en page d’accueil de CP lors de l’évocation de ton mariage. Concernant la police, rassure-toi (si c’est possible). Ma mère vient d’être victime d’un accident de circulation (elle n’était pas dans sa bagnole, Dieu merci) et deux voitures sont venues lui rappeler qu’il serait peut-être temps pour elle de changer de tacot. Elle s’en va à la police, et on lui réclame 12.000 FCFA pour ça ! Hallucinant ! La rebelle qu’elle est refuse, va voir le proprio de l’une des bagnoles qui dit que son assurance prend tout en charge. Arrivés chez ledit assureur, ce dernier réclame... le fameux papier e 12.000 FCFA (120 FF) ! Le serpent se mord la queue. Tout est à vendre au Congo-B. On raillait le Zaïre de Mobutu, nous y sommes presque. Pour finir, une petite anecdote concernant ces mariages. Un Congolais (Makoua) à la fin de ses études en France voulait faire sa vie avec une Française, bon teint avec qui il vivait depuis un certain temps. Mais, élevé par sa tante paternelle, une redoutable dame qui impose tout à tout le monde, il ne savait pas comment lui présenter la chose, car le « niet » tomberait de lui-même. Il rentre seul à B/Ville, s’éprend d’une fille téké, balafrée et au bout de quelques semaines l’emmène à Makoua (au Nord du pays) pour la présenter à ladite tante. Ça se passe évidemment très mal car la tante, très vieille école lui balancera : « Tu épouses qui tu veux, mais pas une Téké ! » Après son séjour à Makoua, il rentre à BZV où il abandonne la jeune fille en lui disant qu’il ne pouvait pas aller contre la volonté de sa tante (il faut éviter les malédictions, n’est ce pas ?). De retour en France, il reprend son boulot et se marie puis envoie les photos à sa tante en lui précisant bien qu’il avait obéi... @+, M82

  37. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 16:07

    Mayombé, je sais bien que la première épouse de Senghor était la fille du célèbre Eboué. D’ailleurs, les mauvaises langues avaient prétendu qu’il avait divorcé pour corriger l’erreur, et épouser sa Normande. Ce sont moins mes interrogations que celles dont j’ai découvert l’existence. Quand Mongo Béti s’emportait contre les Noirs qui épousaient des Blanches, je n’étais pas encore né. Peut-être y a-t-il une hypothèse, si cela avait été un sujet si sérieux que ça, à trouver dans tes mots : la probabilité pour eux de rencontrer dans leur milieu une Négresse. Certains intellectuels africains de la "première génération" justifiaient leur choix par le fait qu’il n’y avait pas de femmes de chez eux ayant un niveau d’instruction élevé. On était à ces périodes où l’école des femmes semblait une aberration pour beaucoup de familles.

  38. Posté par Petite momie, le 23 juillet 2006 à 17:51

    Je vois que mes propos ont choqué certains d’entre vous. On me reproche même de m’être exprimer maladroitement (ce que je reconnais).

    Pour ma défense, je dirai que je ne suis pas raciste ! comment oserais-je ? Non je ne la suis pas.

    Mais permettez moi tout de même de m’indigner quand je constate que la quasi totalité des stars africaines qui évoluent en occident prennent des femmes européennes.

    N’ai je pas le droit ? quand je sais que mon continent se meurt et que la poignée d’élite qu’elle possède s’allie à d’autres peuples et se préoccupe de moins en moins des problèmes de leurs pays ?

    Ecoutez, j’ai toujours jugé que l’élite devrait se préserver....Ceci n’est pas du racisme.

    Qu’un homme noir qui a reussi soit incapable de faire profiter sa réussite aux femmes de chez lui, je trouve ça honteux.

    Quand je suis arrivée en France, je ne revais que d’une chose : épouser un homme blanc.

    Mais avec le temps, le vécu, la prise de conscience j’ai changé d’avis et j’ai eu raison.

    Je me serai mariée à un homme blanc, j’aurai plus tard eu le coeur partagé entre deux continents, deux cultures, deux amours. Je me serais battue sans doute pour trouver ma place dans cette société (mais vainement bien entendu).

    Je crois que les malaises, les misères, les difficultés que connaissent nos sociétés africaines sont tellement énormes qu’il est utile pour l’élite aujourd’hui de savoir s’allier à une âme qui est préoccupée par les mêmes priorités qu’elle.

    L’élite doit se preserver, vous dis-je, Continuer dans cette lutte acharnée pour la conservation de nos valeurs africaines, perseverer pour la reconnaissance de notre identité collective, pour le retablissement de notre race, la race noire, tant baffouée, insultée.

    "Serait il impossible à l’élite noire d’oeuvrer pour son continent tout en s’alliant à une européenne" ? me demandera t-on. Je dirai si, il est possible à l’élite d’oeuvrer même si son coeur est attaché à une âme étrangère, mais alors son combat pour l’Afrique sera à moitié déformé. Il n’oeuvrera pas avec la même ardeur, la même passion.

    En effet, peut on critiquer ouvertement les rapports de la France Afrique, peut on s’indigner ouvertement du soutien qu’accorde la France à nos dictateurs quand on a un conjoint français qui ne partage pas forcement vos idées ?

  39. Posté par Mayombe82, le 23 juillet 2006 à 19:24

    Un universitaire gabonais, Pie Tshibanda, si je ne me trompe (je ne me souviens plus s’il est psychologue, sexologue ou autre) expliquait un jour sur Africa n°1 pourquoi il avait épousé une !antillaise lors de ses années d’étude en Europe : « Je voulais absolument une femme noire, et rien d’autre. Les Africaines, j’en voyais très peu autour de moi, sinon, quasiment pas. » Pas de quoi Sami pour Senghor, le coup de « rattraper l’erreur » m’a fait mourir de rire. La mère du 1er fils de Laurent Gbagbo, le psycholoque Michel, est Française : il a donc « réparé « l’erreur en sens inverse ? » J’aurais par contre voulu savoir comment Mongo Béti a expliqué (si jamais il l’a fait) le fait d’épouser Odile Tobner... « Certains intellectuels africains de la "première génération" justifiaient leur choix par le fait qu’il n’y avait pas de femmes de chez eux ayant un niveau d’instruction élevé. » Oui Sami, je l’ai entendu plusieurs fois moi aussi, cet argument. Comment le contester ? Excusez-moi tous et toutes, mais peut-on imaginer un homme de la carrure de Sami Tchak qui lors d’un séjour dans la forêt équatoriale s’éprendre d’une pygmée, décider de l’épouser, de l’emmener à Paris ou à Pya pour le restant de leur vie ? Difficile. Exceptionnel ! Didier Drogba a pour compagne une Sénégalaise, je suis sûr que si on cherche bien, on trouvera des ivoiriennes, peut-être même Bété comme lui s’opposer à cette union « contre nature ». Petite Momie écrit : « Qu’un homme noir qui a reussi soit incapable de faire profiter sa réussite aux femmes de chez lui, je trouve ça honteux. » Et si cet homme aide ses 10 sœurs qui à leur tour, etc... ? Petite Momie, tu dis des choses intéressantes, inch’Allah, je reviendrai vers toi. Sinon, je vous soumet à tous une solution qu’un Frère gabonais m’avait évoquée, au cas où « l’élue du cœur » n’a pas le niveau souhaité (requis ?) : prendre une maîtresse instruite, présentable que l’on emmènera dans les grandes sorties et occasions. Enfin, à vous de voir. @+, M82

  40. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 21:14

    Mayombé, ah, ce que propose ton Frère Gabonais, c’est ce que pratiquent certains, pour parfois des raisons un peu différentes : avoir une qui reste dans le rôle traditionnel( ???) de la femme, mère de famille, soumise, ne bronche pas, etc., puis celle qu’on présente en public, avec qui on voyage. Enfin... Sinon, Mongo Béti était seulement jeune, c’était un point de vue de jeunesse. Et une réponse à Petite Momie, s’il fallait un exemple d’un couple mixte dont les deux conjoints ont une grande passion pour "l’Afrique", vont jusqu’au bout de cette passion, on l’a eu avec Mongo Béti et Odile. Après la mort de l’homme, la veuve continue le combat. Je crois que seule la mort l’arrêtera.

  41. Posté par Linda, le 23 juillet 2006 à 22:56

    petite momie je trouve les propos de ton deuxieme post plus choquants que ceux du premier. qu’entends tu par :" (...) l’élite devrait se préserver...." se préserver de quoi ?

    Là où par contre je suis du meme avis que toi c’est sur le constat que tu fais des stars noirs qui prennent systématiquement femmes blanches je ne suis pas contre les mariages mixtes bien au contraire mais pas quand le choix du conjoint se fait par rapport à un complexe d’infériorité (ou de supériorité c’est selon). De nombreux noirs et aussi noires considerent le fait de se marier à une personne de race blanche comme un signe extérieur de reussite ou d’ ascension sociale ; quand je suis arrivée en france il y a quelque temps ma tante en me parlant de la vie en France m’a dit une chose qui m’a littéralement sidérée : " Tu es une fille bien tu vas te trouver ton blanc et te faire facilement une place" et de nombreux noirs raisonnent comme cela j’ai meme une amie métis russo- burkinabée dont le but supreme est de ramener un blanc au pays.Inversement, certains blancs considerent le fait d’etre avec une noire un peu comme une faveur ou un geste humanitaire.

    Je suis pas contre le fait que les gens de races différentes se marient mais si pour brandir son " blanc au pays comme un trophé là je pose des questions !

    Linda K.

  42. Posté par Claudine, le 24 juillet 2006 à 01:23

    C’est vrai, il y a des mecs qui ont une femme à la maison et d’autres filles dehors comme le dit Sami. Tous les mecs n’ont pas ce privilège. Il y a des mecs qui aimeraient bien avoir ne serait-ce qu’une femme, et une seule à satisfaire, hélas, ils n’y arrivent pas. Ces mecs-là souffrent de trouble de la virilité, ils en veulent à ceux qui, le soir venu, serrent dans leurs bras les plus belles femmes. Les impuissants passent alors leur vie à critiquer ceux qui vivent. Mais bon Dieu, pourquoi s’attarder sur les problèmes de cul de ceux qui y arrivent ?

    Sami, es-tu aimé de ta femme et vénéré par d’autres ? J’étais à un salon où Mabanckou était l’invité d’honneur, oh mon Dieu, ce gars-là, il doit être béni par le kankou, les femmes gémissaient à son passage. Moi même, j’ai perdu les pédales dès que je l’ai vu. Quel beau mec !

  43. le 24 juillet 2006 à 08:06

    eh Alain, soit cool et comprends que tu as des déclarations indirectes d’amour croisé, tantôt anne de Belgique possédant une villa au bord de la mer, tantôt léonora, tantôt claudine, ... mais enfin, tu n’aimes ni les noires, ni les blanches. Que t’es même comment toi ?

  44. Posté par Sami, le 24 juillet 2006 à 09:11

    Claudine, j’adore ma femme, et cela me suffit ! Si tu as perdu les pédales devant le charme d’Alain, perds-les davantage ! Tu seras en de bonnes mains !!! Mais écriras la suite sur ce blog, n’est-ce pas ?

  45. Posté par Jeannine, le 24 juillet 2006 à 10:02

    Alain, il n’y a pas que claudine qui perd les pédales. Moi aussi, tous mes sens sont en effervescence. Pourquoi ne pas organiser un concours de ta "future". Désolée, si tu en as déjà une positionnée.

  46. Posté par Roberte, le 24 juillet 2006 à 10:23

    Sami, Anonyme 43, claudine, Jeannine, il ya encore celles qui sont dans l’ombre, suis partante pour un éventuel concours.

  47. le 24 juillet 2006 à 10:42

    Pourquoi un concours ? Qu’avez-vous contre un harem ? Plus on est nombreuses et folles mieux ce sera pour lui, non ?

  48. Posté par Ya Sanza, le 24 juillet 2006 à 11:14

    Bien cher D.O.W.

    Je vous cite :

    Toutefois mon cher Ya Sanza, on doit certes vous plaindre, mais tenter comme vous le faites de suggérer que ce que vous vivez au Congo est pire que tout, pardon mais on a du mal à vous suivre là-dessus. En France au moins on peut porter plainte dites-vous. Pour quel résultat ? Ces plaintes sont le plus souvent classées sans suite. Il serait absurde de vouloir hiérarchiser les souffrances et les torts, mais tout de même, permettez-moi de vous dire que si des cris de "mundele" sont tout ce que vous subissez, c’est bien peu de choses, à côté de ce que doit vivre sans rémission possible certaine engeance différemment colorée en France. Vous empêche-t-on de trouver un travail au Congo ? D’aller vous trémousser sur les dancing floors ? Vous répond-t-on invariablement quand vous cherchez un logement, qu’il vient d’être attribué ? Vous suit-on comme un voleur dans les supermarchés ? Vous avez bien compris que la liste pourrait être bien longue si je ne m’arrêtais là ;-)

    Bien à vous.

    Pourquoi tentez vous d’empirer mon propos ? En aucune façon je ne tente de dire que je vis une situation invivable, si c’était le cas, pourquoi resterais-je au Congo ? Pas davantage je ne tente de comparer la situation d’un caucasien en Afrique Centrale avec celle d’un africain au Caucase ;), non bien sûr et je suis certain que vous avez compris que mon indignation ne peut venir que de la généralisation d’un propos ou d’un autre.

    Dire c’est affreux de voir comment on nous traîte en se mettant des oeillères pour ne pas voir ce qui se passe chez soi est indigne. S’il y a des degrés dans l’attitude des racistes, il n’en demeurz pas moins que le racisme est le racisme dans tous les cas. Quand les flics ici ne vous laissent pas quitter un contrôle sans que vous leur ayez abandonné u billet de 10000 quand n’importe quel "dombé" s’en tire avec 1000F, c’est du racisme. J’oserai même aller plus loin : quand un africain suréstime (et en corollaire se déprécie) en l’appellant un blanc auquel il n’est en rien subordonné "patron" ou "chef" ou quoi que ce se soit du même accabit, c’est du racisme, pour ma part j’en suis toujours gêné. En aucune façon je ne demande à être traîté différemment d’un quelconque citoyen, et je pense qu’il doit en être ainsi pour tout le monde sur la terre entière.

  49. Posté par Claudine, le 24 juillet 2006 à 12:12

    Je te trouve méchant, Sami. Sur tous tes posts, il y a de la méchanceté sournoise gratuite. Les pédales, je les ai perdues et retrouvées puisque le gars ne m’a même pas regardée. Pour le harem, je suis partante. Une nuit avec ce mec et je le laisse après à d’autres.

  50. Posté par Sami, le 24 juillet 2006 à 12:55

    Claudine, qu’ai-je pu dire de méchant ? J’ai cru que tu rigolais, et j’ai cru te répondre sur le même ton ! A une question directe pour rire, j’ai donné une réponse directe pour rire aussi.

  51. Posté par D.O.W., le 24 juillet 2006 à 12:55

    Mon Dieu, le père Mabanckou fait un tabac par ici ! ;-) Bon courage mon frère pour te dépatouiller là-dedans. Et après nos soeurs vont pleurer que nous sommes infidèles. Mais voilà comment c’est vous-mêmes qui nous poussez. Claudine offre même carrément une nuit (ne pars pas battue d’avance ma soeur. Qui sait laquelle va choisir le coeur d’Alain M. ?). Et puis tu te trompes sur le compte de Sami ; il a tous les défauts qu’on voudra, mais sûrement pas la méchanceté. Et doit-on te rappeler ma chère Claudine, que c’est bien plutôt toi (post 42 ci-dessus) qui a eu pour Sami des propos qu’on peut mal interpréter.. ?

  52. Posté par D.O.W., le 24 juillet 2006 à 12:56

    Sami, c’est peut-être paresseux de réduire le débat soulevé ici au hasard des sentiments. Mais franchement, c’est un débat d’un autre temps. Un peu comme si on se mettait à discuter des mariages "arrangés" (mariages de convenance dit-on) dans les hautes familles bourgeoises en France. Il y a probablement des choses à y creuser, mais qui valent quoi ? Sur ce terrain-là, on creuserait pour aller où ? Mais puisque vous avez ouvert le débat, Timba et Mayombe ont fourni de beaux arguments qui ne sont pas loin de disqualifier la thèse de Petite Momie. Moi je fustige l’aliénation partout où elle est, et donc, si des Africains (pas seulement les "stars") se choisissaient un parti pour la vie en nourissant des complexes, ce serait malheureux. Mais une fois qu’on a dit ça, on fait quoi ? On va sonder tous les couples mixtes pour connaître leurs motivations ? Sans compter que Timba dit qu’il faut encore que l’on nous fasse la preuve (statistiquement par exemple) que le phénomène est véritablement ancré chez nos élites (puisque c’est d’elles qu’il s’agit). Mayombe dit que Senghor a d’abord épousé une Africaine, cela seul suffit à ruiner la thèse qui voudrait qu’il ait nouri un complexe. De même, que Mongo Beti ait fustigé ce genre de "comportement" avant d’y tomber lui-même, est juste la preuve qu’il a seulement été pris au piège de l’amour, qui s’est alors chargé de lui démontrer que ses vitupérations antérieures participaient bien d’un faux combat. Imagine-t-on Mongo Beti, le Mongo Beti, choisissant son épouse par aliénation ? Laissons donc les gens s’aimer ; laissons les coeurs aller où bon leur semble ; les métissages ne datent pas d’hier, et ce n’est pas le fait pour chaque Africain d’épouser une Africaine qui va changer le sort de notre continent. Il me semble à moi, que Mongo Beti a fait bien plus pour l’Afrique que des millions d’Africains endogames réunis.

  53. le 24 juillet 2006 à 12:56

    Mon cher Ya Sanza, il ne me semble aucunement avoir empiré votre propos comme vous dites. Je laisse le soin aux autres intervenants ici de relire vos propos et de juger si je me suis mépris. Mais prétendez-vous n’avoir pas fait de comparaison, alors même que vous avez écrit : "Mais j’en ai marre d’entendre les africains se plaindre de ce qu’ils subissent en Europe ou ailleurs quand ils agissent pire encore sur LEUR territoire." (C’est juste là-haut, post 22) ? Si les autres intervenants, jouant les arbitres, estiment que vous ne faites-là aucune comparaison, je veux bien admettre mon erreur.

  54. Posté par D.O.W., le 24 juillet 2006 à 12:57

    Oublié de signer le msg précédent. So sorry...

  55. Posté par Sami, le 24 juillet 2006 à 13:16

    C’est vrai, DOW, que ce débat peut conduire loin sans déboucher sur rien de réellement constructif. Les complexes, oui, s’expriment de mille façons, peut-être chez certains par un mariage, mais chez beaucoup plus de personnes par le fait même que l’histoire a réussi à "nous" atteindre profondément. On peut tout en mangeant son manioc avoir des complexes plus gros que le nez que le visage. Autrement, Peau noire masque blanc aurait-il eu le destin que nous lui connaissons ? Il nous parle, même malgré nous, et il ne nous suffit même pas de prendre conscience des complexes, de les dénoncer, pour en être absolument préservés ou guéris. J’avais suivi Petite Momie sur une partie de sa piste, mais surtout pas sur l’autre piste qu’elle a précisée dans son dernier post. Sûr et certain que Mongo Béti a eu ses propres sentiments comme objection, et il n’a pas eu tort d’écouter son coeur.

  56. Posté par Mayombe82, le 24 juillet 2006 à 13:29

    Me voilà rassuré : ma sœur Claudine ne va toujours pas sur Internet (c’est le diable pour elle). D.O.W., « infidélité » ? C’est quoi ce gros mot encore, hein (rires !) ? Moi aussi je vole au secours de Sami, il n’est pas méchant ! Sami, Claudine a prêché le faux pour savoir le vrai au sujet de ta femme...) ! Quelle stratège ! DO.W. (eh ! oui, encore toi) : un frère me disait il y a 11 ans : “Epouser une étrangère serait une grave erreur, au pays, il y a des familles qui attendent que tu fasses le bonheur de leurs filles, leurs bonheurs. Regarde la misère qu’il y a au pays ! » Ca rejoint parfaitement les idées de Petite Momie (que je ne partage évidemment pas !) @+, M82

  57. Posté par Mayombe82, le 24 juillet 2006 à 13:44

    Petite Momie, comme promis, je reviens vers toi (post 38). Ce qui me choque le plus dans tes propos, c’est le fait que tu ne veuilles pas laisser libre choix aux uns et aux unes de choisir avec qui se marier, avec qui coucher. En Islam, une femme ne peut épouser qu’un Musulman. Un Musulman ne peut épouser qu’une femme d’une religion du livre (Chrétienne, Juive ou Musulmane), à condition qu’elle se convertisse par la suite ! Nous sommes nombreux à critiquer ce genre de vues, mais dis-moi franchement quelle est la différence avec ce que tu préconises ? En 93/94 après la guerre entre certains partisans de Kolélas et certains partisans de Lissouba, de part et d’autre, des parents ont interdit à leurs rejetons de prendre femme ou mari dans l’autre région ! Elle est où la différence avec tes idées ? La guerre de 1997 a aggravé les choses. Des couples se sont même déchirés en Europe suite à la guerre de 1997. Faut-il se marier entre Nordistes d’un côté et Sudistes de l’autre ? Là, je peux t’assurer qu’on n’est pas sortis de la merde. J’ai évoqué plus haut cette maman makoua qui ne voulait pas que son neveu épouse une Téké... Crois-moi, à cette allure, nos pays ne feront que s’enfoncer (c’est valable pour tous les pays dits pauvres). Youssou N’dour avait vu sa 1ère demande en mariage refusée car le père de la convoitée estimait que sa caste était inférieure à la leur. La fille de ce bonhomme est-elle heureuse pour autant ? « Quand je suis arrivée en France, je ne revais que d’une chose : épouser un homme blanc." Pourquoi ? « En effet, peut on critiquer ouvertement les rapports de la France Afrique, peut on s’indigner ouvertement du soutien qu’accorde la France à nos dictateurs quand on a un conjoint français qui ne partage pas forcement vos idées ? » Il existe des familles où chacun a sa vision politique, ses membres sont-ils pour autant obligés de sortir couteaux et machettes ? La femme de Patassé est Togolaise ; Celle de Compaoré est Franco-Ivoirienne ; Celle de Mandela est Mozambicaine. Ca doit être très grave tout ça, hein ? Il y a un mot qui, paraît-il n’est pas très appréciée dans les milieux radicaux, voire modérés nègres : universalisme. Je préfère y croire, ce qui n’enlève rien à mes convictions panafricaines. @+, M82

  58. Posté par Claudine, le 24 juillet 2006 à 15:04

    Mayombe, je suis toujours sur internet, même si c’est le diable. Tu as raison, j’ai prêché le faux pour avoir le vrai avec Sami. C’est lui qui parlait de femme à la maison et de maîtresse dehors. Quoi de plus normal après cela de savoir s’il faisait ça ? En Martinique, nous acceptons mieux d’avoir un Blanc ou une Blanche dans la famille que d’avoir un Noir d’Afrique. Certains vont jusqu’à brandir leur Blanche comme un trophée, signe de statut social. Moi, je dis que dans ces couples-là, l’Autre sert d’à valoir, devient un objet et je ne voudrais pas être à sa place.

    Pardon, Mabanckou, pour tout ce que j’ai dit plus haut.

  59. Posté par D.O.W., le 24 juillet 2006 à 15:57

    Mayombe : eh ! mon frère, est-ce donc moi qui parle d’infidélité ? C’est elles ! (rires)

    Sami : tu as bien raison, on n’est pas même sûr d’être guerri de tout complexe simplement parce qu’on dénonce ceux que l’on croit identifier. Mais tu conviendras j’espère qu’il vaut mieux tenter de faire quelque chose plutôt que rien.

    Claudine : pourquoi donc ce "pardon" à l’adresse de Mabanckou ? Je crois que c’est juste un beau compliment qui va le ravir, formulé dans le ton de la plaisanterie, et à la manière badine des femmes de chez nous. Et j’ai formulé mon post précédent dans la même badinerie.

    Bien à vous tous.

  60. Posté par Ya Sanza, le 24 juillet 2006 à 16:03

    Mea culpa D.O.W, sur la phrase en question.

  61. Posté par Sami, le 24 juillet 2006 à 16:10

    Claudine, j’ai parlé de femme à la maison et de maîtresses dehors pour donner raison à l’ami gabonais de Mayombé (propos rapportés par Mayombé, post 39) : "Sinon, je vous soumet à tous une solution qu’un Frère gabonais m’avait évoquée, au cas où « l’élue du cœur » n’a pas le niveau souhaité (requis ?) : prendre une maîtresse instruite, présentable que l’on emmènera dans les grandes sorties et occasions. Enfin, à vous de voir". J’ai alors écrit : "Mayombé, ah, ce que propose ton Frère Gabonais, c’est ce que pratiquent certains, pour parfois des raisons un peu différentes : avoir une qui reste dans le rôle traditionnel( ???) de la femme, mère de famille, soumise, ne bronche pas, etc., puis celle qu’on présente en public, avec qui on voyage". Sinon, Claudine, je suis de la Guadeloupe (pays de ma femme) par alliance, ma femme est par alliance de mon petit Togo. Je connais un tout petit peu les réalités dont parles au sujet de la Martinique. Tout à fait d’accord avec toi, DOW, en parler, et même les combattre chez les autres, c’est aussi prouver qu’on en a pris conscience, peut-être chez soi aussi !

  62. Posté par Mayombe82, le 24 juillet 2006 à 19:57

    Claudine, mon intuition d’homme m’avait bien fait comprendre où tu voulais en venir avec ce pauvre, très sage et très amoureux de sa femme Sami ! Je n’ai jamais été en Martinique, mais j’ai souvent entendu ce que tu évoques, et je l’ai vu aussi quelques fois ! Si les gens sont heureux dans leurs choix, pourquoi pas ? Tout est relatif heureusement... Un de mes tontons, vivant en Martinique depuis plus de 20 ans est mariée à une locale qui m’a dit un jour que le 1er critère qui l’avait poussée à choisir ce trop calme bonhomme, c’est qu’il ne prenait même pas une goutte d’alcool... Ah ! l’amour, heureusement qu’on peut le conjuguer à toutes les formes, à toutes les sauces... Sami, le mec qui a 2, 3, 10 nanas, s’il est heureux, que demande le peuple ? @+, M82

  63. Posté par Laure, le 25 juillet 2006 à 00:37

    Claudine a écrit : "Je te trouve méchant, Sami. Sur tous tes posts, il y a de la méchanceté sournoise gratuite."

    Bof, c’est transparent, non ? Je comptais le dire aussi, et tu es allée plus vite que moi ! Ce monsieur Sami envahissant doit avoir un gros pépin dans son existence ou dans son travail. Les frustrés, il y en a beaucoup. Au nombre illimité de ses posts ici, on devrait lui décerner le titre de rédacteur en chef du Blog Mabanckou. Il est agité, le pauvre, c’est tout...

    Eh la Claudine, si on se prenait notre petit café entre meufs un de ces quatre ? J’aime bien ton tempérement. J’aime aussi les interventions de Mayombe et Dow. Des gens qui sont saints, directs et sans chichis. Chapeau les gars !

  64. Posté par Laure, le 25 juillet 2006 à 00:49

    Cher Mayombe,

    On s’est donc compris. En tant que femme je me méfie des hommes qui étalent leur fidélité ou leur amour de leur femme comme le fait Sami avec sa Martiniquaise, sommé par Claudine de répondre. Et l’autre de dire qu’il aime sa femme ! Paroles, paroles, paroles ! Il y a du faux dans tout cela, on le sent, et les touches du clavier de son ordinateur sont allées plus vite que ses pensées les plus profondes et les plus sournoises dont parle Claudine avec son flair de femme. Bon, je pars me coucher en lisant Matins de couvre-feu de Tanella Boni, sinon je vais égaler le nombre de posts de ce rédacteur en chef du Blog Mabanckou !

  65. Posté par Mayombe82, le 25 juillet 2006 à 06:10

    Laure, je te trouve un peu trop dur avec Sami ! Même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui (c’est la vie), je trouve qu’il est l’un des plus sages ici, avec des analyses très pointues. Sa femme est Guadeloupéenne, il a dit. Il a dit aimer sa femme, a-t-il dit qu’il était fidèle ? Merci pour tout Laure. @+, M82

  66. Posté par Sami, le 25 juillet 2006 à 09:53

    Laure, si le poste de rédacteur en chef du blog avait existé, je n’aurais pas pu l’avoir. Quant à mes pensées les plus profondes, tu te doutes bien que même à une psy je ne me confie pas pour qu’elle les fasse remonter à la surface. Toi tu les connais, j’ignore les tiennes, j’ignore même qui tu es, avec qui, ni surtout pour qui, tu composes tes pensées profondes et tes mots, je ne peux donc me permettre de te juger. Juste te dire bravo pour ta vie sans pépin. Des gens sur un petit nuage, ça a toujours existé et tant mieux !

  67. Posté par Claudine, le 25 juillet 2006 à 10:05

    Ouh, làlà ! Qu’on ne vienne pas m’accuser de torpiller le pauvre Sami. Je suis d’accord avec Laure quant à la fidélité des hommes en général. Ils sont toujours tentés d’aller voir ailleurs si le soleil y brille !

    Laure, je suis ok pour le café entre meufs comme tu dis.

    Sami, tu as raison de ne pas juger Laure, rien n’est plus insensé que de juger quelqu’un qu’on ne connaît pas.

    J’aime bien tes analyses quelques fois, d’autres fois, c’est vrai qu’elles sont sournoises. On peut se tromper. En tout cas, j’aime bien ce blog, les échanges sont instructifs et chacun prend sur soi sans s’offenser.

    D.O.W. je me suis excusée parce que finalement, on ne sait pas qui lit ce blog. Et puis ce gars-là ne sait même pas que j’existe.

    Bonne journée à vous tous.

  68. Posté par D.O.W., le 25 juillet 2006 à 11:46

    Ya Sanza : pas d’prob. Je ne suis même pas sûr d’avoir raison sur le fond, mais il m’aurait déplu de travestir ton propos. Bien à toi.

    Laure, merci pour ce que je prends comme un beau compliment. Toi non plus t’es pas mal ;-). Mais juste une chose : Tu es peut-être un poil trop dure Laure. Je me souviens de tes reproches adressés à Waberi. D’accord avec toi pour dire les choses franchement et directement. Mais derrière les noms, il y a des gens, et il ne sert à rien de les blesser. Mayombe a mille fois raison : vous vous méprenez sur Sami. Si vous aviez fréquenté ce blog en d’autres temps, vous sauriez que c’est un des plus pertinents et des plus mesurés. Quand il n’est pas d’accord il le dit, mais il n’a jamais offensé personne ici. Vrai de vrai. Anyway, may our talk be always peaceful.

    Bien à vous tous.

  69. Posté par Petite momie, le 25 juillet 2006 à 11:56

    MAYOMBE, vous m’interrogez : pourquoi lorsque j’étais jeune je ne revais que d’une chose, épouser un homme blanc ?

    Vous me demandez pourquoi ?

    pour la simple raison que depuis ma plus tendre enfance on m’enseigne que l’homme blanc est le modèle, l’exemple, celui dont la civilisation est l’excellence même.

    Des années durant on m’a appris qu’il fallait imiter le blanc, singer ses manières, essayer de parler, de s’habiller, de manger comme lui.

    Alors depuis que je suis enfant j’ai eu en moi ce rêve : Me faire épouser par un blanc. C’était à mes yeux le dernier recours pour atteindre le niveau de cet être extraordinaire dont le nom (blanc) est le symbole même de la pureté, de la clairvoyance, de l’intelligence.

    Et puis je suis venue en France, et j’ai vu. J’ai côtoyé ces blancs et c’est à ce moment là et uniquement à cet instant que j’ai compris qu’on m’avait menti, qu’on m’avait enseignée de faussetés.

    J’ai compris que le civilisation blanche n’était pas l’excellence, qu’aucune civilisation humaine ne devrait avoir la prétention de se dire meilleure et de juger les autres par rapport à elle en qualifiant tous ceux qui ne pensent pas et n’agissent pas comme elle de « sauvages ».

    J’ai côtoyé l’homme blanc et tous mes complexes s’en sont allés.

    Autrefois au Congo je m’efforçais de manger maladroitement avec des couverts pour prouver à mes frères africains que j’étais prête à aller vivre chez les blancs, aujourd’hui je n’éprouve aucune honte à manger à la main devant ces mêmes blancs, une manière de leur signifier que chacun à sa culture, et que ce n’est pas parce que je mange à la main que l’on doit me traiter de sauvage.

    Et puis qu’est le mot sauvage ? Nul n’est sauvage. Ce n’est pas parce qu’on est différent qu’on est sauvage. Le mot sauvage n’a pas sa raison d’exister.

    Vous vous dites choqués quand vous liez certains de mes propos, notamment quand il est question du mariage Elite africaine et femmes européennes. Mais moi je suis encore plus choquée que vous quand au XXI ème siècle je vois des africains s’identifier comme des nègres et des negresses. « la première femme de Senghor était une negresse » ai je lu de vous.

    J’ai larme à l’œil. Feignez vous d’ignorer que le mot « nègre » est une appellation raciste donnée par les occidentaux aux peuples d’Afrique ?

    Pourquoi l’acceptez vous ? Pourquoi acceptez vous que ce soit les blancs qui vous disent ce que vous êtes ?

    Les blancs se sont jugés comme race supérieure, ils ont alors cru que c’était leur mission d’écrire l’histoire des autres, de nommer les autres.

    Un congolais n’a jamais écrit l’histoire de France, mais combien de livres sur l’histoire d’Afrique n’a t-on pas lu de la part des occidentaux (avec tous les mensonges qui vont avec) ?

    Les européens ont décidé de nous nommer nègres puis peu à peu noirs.

    Nègres, parce que nous avons certainement « le nez trop écrasé » comme l’a dit l’aimable Montesquieu.

    Et noirs par ce que les européens en cherchant la signification des couleurs se sont aperçus que le blanc était le symbole de la pureté, de l’intelligence alors ils ont dit « on s’appellera blancs » et ils ont vu que le noir symbolisait le deuil, la mort, la saleté, la stupidité, ils ont dit « eux ils s’appelleront noirs » et les africains l’ont accepté, ils l’acceptent encore.

    Moi je sais ce que je dirai à mes enfants. Je leur dirai qu’ils ne sont ni nègres, ni noirs : mais africains comme leur mère. Oui je refuse d’être noire comme j’ai refusé auparavant d’être nègresse. Ce n’est pas au blanc de me dire qui je suis. Je suis africaine, et congolaise. Voilà tout !

    Et je leur dirai aussi : fils ! partez dans toute l’Afrique choisissez la femme qui vous plaira, c’est le panafricanisme ! Les femmes européennes laissez les à ceux qui sont complexés et qui croient qu’on les respectera mieux s’ils sont alliés à la race blanche.

    J’ai honte quand je vois que nos hommes africains sont avec nous lorqu’ils sont anonymes, galériens et autres.

    Mais lorsque la richesse frappe à leurs porte, lorsque la célébrité les interpelle ce n’est plus avec les femmes africaines qu’ils vont gravir les marches de Cannes ou autres mais ce sera en compagnie d’une belle européenne ; dont la robe coûte le prix de 20 ans de salaire d’un ouvrier en Afrique...Et payée par qui ? Ben par le mari africain qui a oublié la misère dans laquelle vit son peuple et qui tient coûte que coûte à trouver sa place dans le monde des blancs.

    Ne dites pas que je suis raciste. Aimer l’Afrique et vouloir la conserver, ce n’est pas du racisme.

    Et puis même si mes propos paraissent toruds à vos yeux, reconnaissez qu’il y a une part de vérité dans mes abérrations.

  70. Posté par Laure, le 25 juillet 2006 à 12:35

    Cher Dow,

    J’ai certes été dure avec Waberi - que je tiens pour un des meilleurs auteurs africains, de loin. C’est un écrivain que j’aime et j’ai été désagréablement stupéfaite par son attitude dans Culture et dépendances sur la 3. Il s’en est expliqué ici avec élégance et finesse.

    "-------------

    Ma sista Claudine, on fait comme on a dit, on se prend notre café. Je t’envoie mon email par le contact du Blog. Envoie-moi aussi le tien (et espérons qu’Alain serve d’entremetteur entre nous).

  71. Posté par Claudine, le 25 juillet 2006 à 13:55

    Ca y est, sista. J’ai envoyé mon email. J’attends ton message.

  72. Posté par Kitumba, le 25 juillet 2006 à 14:33

    Et je leur dirai aussi : fils ! partez dans toute l’Afrique choisissez la femme qui vous plaira, c’est le panafricanisme ! Les femmes européennes laissez les à ceux qui sont complexés et qui croient qu’on les respectera mieux s’ils sont alliés à la race blanche. Merci petite momiepour ce prêche à la manière christique...mais je ne peux m’empêcher de te poser une question ? combien de pays d’afrique as-tu fais ? pour que tu sois à même de croire qu’il est si facile de prendre une femme par chez nous, sans être regardé d’étranger ou considéré de l’ethnie ou de la nationalité qu’il ne faut jamais marier ? De la même façon, que t’as découvert à ton grand dam, la fausseté de la grandeur de la race blanche, une fois arrivée en france, en parcourant l’afrique, tu comprendras certainement qu’on est loin d’être des anges et qu’en pensant que nos valeurs sont les meilleurs , on se trompe.....je dors chaque jour, au réveil, je vois l’afrique sombrer, trop de barrières, pourtant semble t-il qu’on est tous noirs ? Nos religions importées d’orient ou d’occident qui n’ont servi qu’à faire de nous ce que nous sommes,puisqu’elles nous ont été imposées par le bâton et la poudre,nos ethnies et leur soit-disant grandeur passée(c’est la même grandeur que croit avoir la race blanche sur les autres) sont devenues de mesurettes de toute notre vie...Un jeune d’ethnie laari(du sud) au CONGO , se voit renier par sa famille pour s’être marié à une femme d’ethnie m’bochi (du nord)...Aminata n’diaye , est lynchée pas ses frères au SENEGAL parcequ’elle est enceinte de Pierre SARR un sérère de Thiès catholique. En côte-d’ivoire,Une bété réfuse d’être amie avec un jeune dioula considéré de "burkinabé" ...les chrétiens et les musulmans au Nigéria se massacrent d’une haine réligieuse....les prêtres et les imams s’y prêtent aussi à coeur joie, se positionnant même comme les catalyseurs de cette haine pour l’autre...En GUINEE ,Mlle KHADIDJA (d’ethnie susu) dit qu’elle pourrait prendre n’importe qui comme mari, mais jamais un jeune peul, car cette ethnie dit-elle est trop détestable....WHERE IS THE LOVE ? où est le panafricanisme ? J’aime bien ce mot, qui pourtant sur nos terres africaines n’est qu’une utopie pour l’instant....espérons que ça deviendra réalité !!!

    J’ai honte quand je vois que nos hommes africains sont avec nous lorqu’ils sont anonymes, galériens et autres.

    Mais lorsque la richesse frappe à leurs porte, lorsque la célébrité les interpelle ce n’est plus avec les femmes africaines qu’ils vont gravir les marches de Cannes ou autres mais ce sera en compagnie d’une belle européenne ; dont la robe coûte le prix de 20 ans de salaire d’un ouvrier en Afrique.Petite momie je conviens avec toi, de cette vérité, de cette attitude qu’il faut blâmer et qui sans généraliser les cas (puisque je considère que chacun a le droit de prendre pour femme qui il veut )relève certainement d’un complèxe d’infériorité sous-jacent et qui étouffait pendant que la débine frappait encore à la porte, au pied du lit que l’on partageait avec