samedi22 juillet 2006

Les Congolais rêvent-ils vraiment d’une "recolonisation" ?

Au regard de tous les dommages collatéraux que ce Mundial a laissés, il faudra un un jour créer une chaire de "Philosophie du ballon rond". La victoire d’une équipe -surtout celle de l’ancienne puissance coloniale - ne fait toujours pas l’unanimité, et elle est disséquée, prend de l’ampleur selon les éructations ou les transes collectives des anciens colonisés qui, semble-t-il, ne devraient pas pousser le culot jusqu’à se laisser aller au jeu des applaudissements aveugles et irréflechis... Si Karl Marx soutenait que la religion était l’opium du peuple", rayez donc de nos jours le mot religion, mettez "football", et vous aurez l’état d’esprit actuel de certains. Pour preuve, une tribune aux accents bien lyriques d’un certain Musi Kanda, tribune qui a retenu mon attention et qui est parue sur le site congolais Mwinda.org sous le titre plus qu’affirmatif et sans voies de recours : "Les Congolais rêvent de la recolonisation". L’auteur de ce billet, après avoir appris que les Congolais étaient en liesse à Brazzaville pour fêter alors la victoire de la France se qualifiant en finale, entonne d’entrée de jeu :

Quand je lis que des Brazzavillois envahissent l’avenue de la Paix pour fêter les victoires de l’équipe de France à la coupe du monde de football, je suis très mal dans mon être. Et quand je lis encore que ces heureux fêtards voient en la France leur patrie, je suis tout simplement effondré et au bord des larmes. Ce ne sont malheureusement pas des larmes de bonheur, mais de honte. Quarante-cinq ans d’indépendance pour en arriver-là, voilà qui dépasse tout ce que j’avais jusqu’ici imaginé sur notre degré d’aliénation et d’indignité. André Matsoua et ses compagnons qui se sont battus pour notre liberté et pour l’égalité des droits entre Blancs et Noirs des colonies sont morts pour rien. Nos grands-parents, victimes des atrocités du travail forcé, ont sacrifié leur vie pour rien. Nous avons oublié le code de l’indigénat qui faisait de nous des sous-hommes. Les cris de révolte de Franklin Boukaka se perdent dans la forêt du Mayombe...

Musi Kanda - regrettant cette attitude des Brazzavillois, rajoute, avec un regard vers les départements d’outre-mer :

Même dans les départements français d’Amérique qui ont subi trois siècles d’esclavage et de colonisation, nos frères antillais et sud-américains se disent et se vivent d’abord Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais avant d’être des citoyens français. Ils se battent chaque jour pour la reconnaissance de leur histoire, de leur langue, de leur identité et du rayonnement de leur culture. Le 20 mai passe avant le 14 juillet.

L’article est accompagné d’images qui montrent des autochtones tout rachitiques et presque tout nus construisant le chemin de fer Congo-Océan devant des hommes coiffés de casques coloniaux. Une autre image affiche le Mausolée en cours de construction à Brazzaville, à la mémoire de Savorgnan de Brazza...

L’auteur s’interroge alors, un peu plus loin : « Qu’avons-nous donc fait au bon Dieu pour refuser de grandir ? » Et, presque par fatalité, il fait le constat suivant : « Je nous plains pour nos illusions. Je nous plains pour notre stupidité. Je nous plains pour notre lâcheté et pour notre servilité. »

Comme quoi, jamais une Coupe du Monde n’aura autant soulevé la question identitaire et l’épine qu’est la colonisation, bien enfoncée dans le pied de la France. La France ? On aurait presque envie de dire : elle n’avait qu’à la gagner, cette Coupe, et nous n’en serions pas là...

Commentaires

  1. Posté par Mayombe82, le 22 juillet 2006 à 08:36

    J’avais lu en effet ce texte sur www.mwinda.org. Je partage une partie des interrogations de ce frère, mais je me demande pourquoi il met tous ses compatriotes dans le même panier (y compris lui-même je suppose) ? Les personnes (combien ? qui ?) qui sont allées célébrer leur joie dans les rues de BZV représentent-elles le pays ? Si ça pouvait le rassurer, ni ma mère, ni mon père, ni mon petit frère, ni ma petite soeur ne faisaeint partie de cette "équipe". Mais quand on sait que boss local est un fan de l’équipe du Brésil, et combien le peuple "adore" cet homme, comment ne pas lui rendre cet amour en célébrant les victoires des "Bleus" ? @+, M82

  2. Posté par Pitou, le 22 juillet 2006 à 10:02

    Salut Alain, Et toi, quel est ton avis personnel sur la question ?

    Voir immédiatement un déni de la lutte contre le pouvoir colonial dans cette euphorie d’après-match m’apparaît quelque peu exagéré, je le dis. Certains ont une abjecte tendance, peut-être dans un souci de nationalisme poussé, à raviver les braises du passé, de vraies plaies, plus pour polémiquer et exciter les foules que se le remémorer et aller vers l’avenir. Car c’est cela qui importe au fond : l’avenir des Africains. Seront-ils à jamais considérés comme les descendants des esclaves et des colonisés, sans pouvoir être optimistes et aller de l’avant, éternellement empêtrés dans un passé culpabilisateur - ils y étaient les victimes ??!! La preuve, Musi Kanda, que je ne connais pas, voit plus en ces Brazavillois des gens irrespectueux du combat anciennement mené, donc avant tout des descendants de colonisés, que des citoyens d’un pays, les habitants d’une ville, le peuple d’un continent... ok, célébrant la victoire de joueurs français. Et alors ?

    J’ai vu des Allemands supporters de l’équipe de France, enthousiastes et contents de son parcours ; avons-nous pensé un seul instant que ces gens, tout simplement heureux, étaient de sombres soutiens à l’ancien ennemi français ?

  3. Posté par moko pericle, le 22 juillet 2006 à 10:45

    Alain, On aimerait aussi savoir ton avis en tant que congolais.Rêves-tu vraiment derechef de la colonisation ? Quant à moi, je ne vois pas que des hooligans extasiés de foot soient dans la trame d’acception d’une quelconque recolonisation. De toutes les façons , sans la nier ni la contester énergiquement par devoir patriotique, nous sommes de plein fouet à l’heure de la "recolonisation". A commencer primo,par le pouvoir en place, lorsque Henri Lopez disait,je cite sans le paraphraser littéralement :" Hier,ce sont les oncles que nous accusons pour nos malheurs,aujourd’hui,les oncles sont partis,les mêmes maux continuent...". Voyez-vous, de quoi je parle. Secondo, les réseaux de la françafrique ou de la françe-à-fric nous édifient largement sur les nouvelles formes de colonisation en Afrique. Quoi de plus, que je vous dise,on ne peut pas informer celui qui détient l’information, à mon avis.

  4. Posté par D.O.W., le 22 juillet 2006 à 11:25

    Quiconque se souvient de mes posts récents sur le sujet sur R. Confiant, comprend que je fais mien tous les propos de ce monsieur. Y compris dans leur virulence. Et il me semble évident, Mayombe, qu’il ne s’adresse qu’aux concernés que tout le monde sait reconnaître. Et moi aussi comme beaucoup, je suis curieux de savoir quelle est la position de notre hôte sur cette affaire...

  5. Posté par Petite Momie, le 22 juillet 2006 à 15:33

    Que les congolais fassent la fête parce que l’équipe de France marque un but, un deuxième, un troisième et se retrouve en final ne me surprend nullement.

    Est ce réellement parce qu’ils dansent pour la victoire de la France que l’on doit en conclure que ce peuple rêve d’une récolonisation ?

    Ce peuple congolais sait il en effet ce que la colonisation a réellement été et ce qu’elle a engendré comme dégats dans nos sociétés (Tribalisme, domination culturelle, et autres) ?

    Il faut pour un noir, avoir vécu en occident, avoir vu ce qui s’’y passe réellement, avoir cotoyé les difficultés qu’induisent la couleur de la peau ou la simple conotation du nom pour comprendre réellement.

    En Afrique, le Français est l’héros, celui qui nous a "sorti de notre sauvagerie", il nous a apporté la science, fais connaitre l’usage du français, sa langue. En gros en Afrique, on s’est évertué pendant des années à nous présenter la colonisation sous un angle positif.

    L’histoire de l’esclavage nous a été enseignée avec des livres de blancs, écrits de leurs mains, avec leur philosophie. On a enseigné l’histoire à la maniière occidentale en veillant à chaque fois à nous expliquer que sans la colonisation le noir serait encore à l’état primitif.

    Pourquoi s’étonne t-on aujourd’hui que le congolais saute de joie quand son "sauveur" gagne un match ? Pourquoi tant d’étonnement quand au Congo "mourir sans voir Paris est un péché" ?

    Je crois que c’est à nous aujourd’hui. Nous les africains qui ont cotoyé l’occident, c’est notre mission d’aller dire à nos frères en Afrique : "L’histoire vous a été mal enseignée, on ne vous a dit que ce qu’ils voulaient vous faire croire. Ne les acclamez pas, le mal être dont souffre l’Afrique vient en grande partie d’eux. Ne rêvez même pas d’alller chez eux, notre avenir est chez nous, chez nous et nulle part ailleurs."

  6. Posté par moko pericle, le 22 juillet 2006 à 16:37

    Bien dit petite momie (viendra d’après une chanson). Suis d’avis mais pas tout à fait d’accord avec toi, quand tu dis : " mourir sans voir Paris est un péché".C’est des aphorismes galvaudés, caducs voire désuets. C’était le temps des dandies à la peau noblement couverte, et à la tronche vide ; ce temps est révolu. Vous poursuivez : Ne les acclamez pas, le mal dont souffre l’Afrique vient en grande partie d’eux. "Ne rêvez même pas d’aller chez eux, notre avenir est chez nous et nulle part ailleurs" Actuellement, les flux migratoires Sud-Nord sont renforcés par l’instinct de survie, par la misère...ce n’est plus " voir Paris" . C’est pour cela, que je pense que les responsabilités sont partagées. Il ya une (re)colonisation de nos dirigeants africains en 1er et ensuite celle des "oncles" implicitement. "Un peuple qui trouve de quoi manger chez lui, ne va pas mendier coûte que coûte chez le voisin outre-atlantique", en référence aux sacrifiés de Ceuta et Melila.

  7. Posté par A. Mabanckou, le 22 juillet 2006 à 16:49

    Chers amis,

    J’ai toujours preche l’ouverture, et si un match de football peut reconcilier les antagonismes, tant mieux. Mon regard va plus loin : j’aimerais que cette admiration penetre egalement les arcanes des societes africaines en general, et de la societe congolaise en particulier, qu’une equipe du sud du Congo fasse danser les supporters du nord, que celle du nord fasse danser les amateurs de foot du sud. Et c’est ainsi que la victoire ne sera pas celle d’un seul pays, d’une seule region, mais celle du football qui n’a ni race, ni religion, ni ethnie...

    Bien a vous

  8. Posté par Pitou, le 22 juillet 2006 à 16:52

    Merci Alain. Je suis ok !

  9. Posté par Sami, le 22 juillet 2006 à 17:34

    Quand le Cameroun gagnait, l’Afrique (pas tout le monde) dansait. Roger Milla, même certaines filles se faisaient appeler ainsi chez moi au Togo.

  10. Posté par Jean-PierreD, le 22 juillet 2006 à 19:57

    La coupe du monde fut intéressante et notamment cette équipe de France en tant que révélateurs.

    Je suis toujours étonné de l’incroyable dimension donnée au football, dimension qu’il n’a évidemment pas.

    Déjà la démesure, j’apprends que des Brazzavillois ont envahi l’avenue de la Paix. Pour montrer mon ignorance, je ne sais même si cela fait référence à des habitants de la ville Brazzaville ou les nationaux congolais. Combien ont envahi ? 100 ? 1000 ?10 000 ? 100 000 ? Comment en conclure la volonté de recolonisation ?

    Une caractéristique primordiale est oubliée : la nullité sans fond du jeu proposé. Jeu fermé, arbitrage partial, absence de réel jeu collectif, joueurs prêts à tous les expédients pour passer un tour...Le spectacle de cette coupe du monde ne valait que si on tenait pour un côté. Sans cela, c’était l’ennui assuré. Sans l’investissement émotionnel de la partisanerie, c’était le vide car sur le terrain, au niveau football, il ne se passait pas grand-chose. Or, pendant un mois, cette coupe du monde a été un gros sujet de discussion sur les lieux de travail ou autres lieux de socialisation. Le schéma général du supporter est de soutenir son équipe "nationale" et une fois qu’elle a perdu, de soutenir les équipes qui vont affronter l’équipe responsable de l’élimination de son équipe fanion.

    A partir de là, je me mets à la place de tout personne qui est immergée dans le bain de la ferveur de la coupe du monde et dont l’équipe nationale n’est pas représentée. Avoir une préférence basée sur le fond de jeu, ce n’est pas possible car du fond de jeu, il n’y en a pas eu. Avec quelle équipe se relier pour vivre émotionnellement l’événement ? On se replie sur l’équipe avec laquelle on a un vécu common, avec laquelle on peut s’identifier un tant soit peu. C’est là l’exagération de l’auteur du billet : cette équipe de France ne peut pas être perçue seulement comme l’équipe de la France colonisatrice. Il y a plein d’autres facettes à la France, avec lesquelles on peut communier. Le raccourci fait que les Congolais célébrant l’équipe de France célèbrent forcément la France colonisatrice n’a aucune base.

    La spécificité du spectacle de la coupe du monde n’est pas prise en compte. Ce spectacle ne vaut que pour la partisanerie émotionnelle d’un soutien inconditionnel à un côté. Sinon, il n’y a rien à ressentir. Donc le problème est de savoir quelle équipe on va pouvoir supporter.

    Je suis d’accord avec une partie des propos de l’auteur mais on ne peut pas établir un lien entre soutien à cette équipe de football et envie de recolonisation. On donne beaucoup trop de qualités à l’activité football.

  11. Posté par Pitou, le 22 juillet 2006 à 20:38

    Ca gêne que ce soit le football qui réunisse "les gens"... même quelques instants, trop courts, mais quelques-uns quand même... le football, et pas autre chose. C’est déjà mieux que rien. Voir les gens heureux ne me déplaît jamais, moi.

  12. Posté par D.O.W., le 22 juillet 2006 à 20:56

    Quelqu’un a dit "je suis ok". Moi je ne suis pas du tout ok, et même s’il n’y a pas mort d’hommes, cette affaire n’est pas aussi anodine qu’on le voudrait. Au risque de me répéter (voir mes avis dans sujet sur R. Confiant), je voudrais préciser que ce n’est pas le fait pour les Africains d’admirer une équipe de foot étrangère qui est en soi criticable. Au contraire, c’est souvent preuve d’une ouverture d’esprit. Mais je disais aussi que pour beaucoup d’Africains (pas tous !), ce n’est malheureusement pas autre chose que le signe d’une aliénation qui n’a que trop duré. Et qu’on ne m’accuse pas comme Timba de mettre tout le monde dans le même panier, je fais bien cette différence entre une saine admiration et ce qu’il faut bien appeler de l’aliénation. Et on me dira qu’est-ce qui prouve que c’est de l’aliénation ? Je réponds ceci : beaucoup de peuples étrangers ont admiré l’épopée camerounaise en coupe du monde en 1990. Mais ces peuples-là ne fêtent pas systématiquement le Cameroun. Alors que les Africains qui descendent dans la rue pour fêter la France du football, font un triomphe à la France pour absolument tout : Pasqua pour eux est un héros ; de Gaulle et tous les hommes politiques hexagonaux sont vus comme des dieux ; le chocolat de France est bon ; les voitures françaises sont les meilleures ; bref, ces gens-là font une allégeance automatique à la France. Au-delà du nord et du sud du Congo, on aimerait en effet que par des affinités sans frontière, une équipe du Nord tout court, fasse de temps en temps danser les supporters du Sud. Et Jean-PierreD suggère que quand son équipe nationale est hors compétition, on reporte son enthousiasme sur une autre. Alors oui à tout cela, mais pourquoi donc le report de l’enthousiasme africain se fait toujours sur la France ? Pourquoi les Congolais, les Centrafricains, les Camerounais, ne descendent jamais dans la rue pour fêter une victoire de l’Allemagne, ou de l’Italie ? Eh bien, parce que tous ces you-yous dans la rue sont des you-yous d’aliénation. Et Petite Momie a raison : le peuple est seulement partiellement coupable, car il a été conditionné pour cela. Mais précisément, c’est notre devoir à nous, de lui dire avec sévérité qu’il s’aliène, qu’à ce rythme-là, il va finir par chérir la France davantage que sa propre patrie. Voilà mon avis mes frères (et soeur). Il est peut-être discutable, mais on aura beaucoup de mal à me convaincre que les Africains qui fêtent la France du football célèbrent seulement son beau jeu.

    Bien à vous.

  13. Posté par Sami, le 22 juillet 2006 à 21:30

    DOW, je te rapporte une anecdote truculence servie par un homme de plus quatre-vingt-dix ans, Joseph Ki-Zerbo. A une table ronde, lors du salon du livre de Paris en 2004, aux longs discours des autres pour expliquer l’aliénation des gens vis-à-vis de la France, il la sort, cette anecdote : une Burkinabè devait subir une opération à Ouagadougou ; le docteur lui dit, Ce n’est pas très compliqué, je vais vous faire une anesthésie locale. La dame s’indigne : Docteur, hé, parce que je suis pauvre ? Pourquoi anesthésie locale, hein ? Faites-moi anesthésie de France, hé !

  14. Posté par Claudine, le 22 juillet 2006 à 22:10

    C’est affligeant ! Le mettre en gras en plus !

  15. Posté par MwaneBwale, le 22 juillet 2006 à 22:54

    Claudine, je ne vous connais pas, mais, Dieu, qu’est-ce que c’est rafraichissant d’avoir des commentaires comme le vôtre sur ce blog !

  16. Posté par jean-michel, le 22 juillet 2006 à 23:12

    Sami, il y a une autre qui est d’égale truculence : "c’est l’histoire d’un vieux retraité congolais qui ne voyant pas venir sa pension de retraite depuis deux ans se tournent vers ses enfants et leur demande : alors mes enfants c’est pour quand la fin de votre indépendance-là". Je crois que c’est Henri Lopès qui la raconte très bien !

  17. Posté par Timba Bema, le 22 juillet 2006 à 23:17

    Et si la re-colonisation de l’Afrique était inéluctable ? Aprés quarante ans d’indépendance les africains n’ont-ils pas prouvé qu’ils sont incapables de créer les conditions de leur épanouissement ? A mon avis, pour lutter contre l’immigration clandestine d’origine africaine, les pays européens seront contraints de recoloniser l’Afrique pour fixer la population qui commence à présenter un réel danger à la stabilité de l’Europe..

  18. Posté par jean-michel, le 22 juillet 2006 à 23:46

    Chiche Timba Bema, on commence par quel pays d’Afrique ? Barbesse ou château rouge ?

  19. Posté par A. Mabanckou, le 23 juillet 2006 à 00:13

    Chers amis,

    J’ai donc efface, grace a la vigilence de Jean-Michel, ces insultes envoyees en lari contre les intervenants a ce Blog, insultes que j’ai lues en retard entre deux aeroports - merci pour celui qui a invente l’ordinateur portable et le "wireless".

    Que dire de plus quant a ces messages ? C’est bien dommage de polluer de la sorte un espace qui est le votre et que nous devons tous entretenir.

    Bien a vous,

  20. Posté par M. Kanda, le 23 juillet 2006 à 00:23

    Je suis l’auteur de cet article dont le titre (Encore un succès à l’actif de Sassou : les Congolais affamés rêvent d’être recolonisés par la France) est volontairement provocateur. Pour le reste, oui, je fustige notre attitude de soumission envers les Blancs. J’en ai rien à foutre que les gens s’abreuvent de bière en célébrant la victoire de leur équipe. Ce qui me tue, c’est d’entendre des Congolais dire que la France c’est notre patrie. Ils ne savent pas que nous ne sommes que des immigrés ici et que cette France-là ne veut pas de nous, sinon pour occuper les emplois et les logements les plus pourris. Ce n’est pas l’auteur de Blanc blanc rouge qui me contredira.Voyez comme nos compatriotes sont humiliés pour l’obtention d’un simple visa. S’il y a des gens que cette politique française ne choque pas, tant mieux pour eux. Moi, elle me heurte et je l’écris plutôt que de le garder pour moi. Je ne supporte plus de voir mes frères et soeurs africains courber l’échine en permanence devant nos anciens colonisateurs. Cet épisode de foot en a été la goutte d’eau.

  21. Posté par Kitmien, le 23 juillet 2006 à 00:26

    Il serait intéressant de bien lire l’article de Musi Kanda à :http://www.mwinda.org/article/musikanda4.html Pour comprendre son indignation car à mon avis il argumente son point de vue de façon admirable.

    Les anecdotes du temps passé sont nombreux mais il est clair qu’aujourd’hui, il est encore difficile d’imaginer les outils à donner à nos compatriotes restés au pays pour faire évoluer la connaissance de nos luttes...de toujours.

    Et Petite momie a raison, de pointer du doigt ce qu’il y aurait à faire, à montrer ou à vivre pour que le plus grand nombre se réveille...( !?).

    Tout cela restera insuffisant, mais on aura tout de même avancé certainement un peu plus.

  22. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 00:43

    jean-michel ; Par le Congo bien sûr ; puisqu’ils sont, les congolais, nostalgiques de la belle époque.

  23. Posté par ayo, le 23 juillet 2006 à 00:44

    Je suis tout a fait d’accord avec l’analyse de Musi kanda, de meme que celle de D.O.W. Je partage votre indignation. Il ya de quelques annees lorsque la France remporta la coupe du monde, j’ai ete surprise de voir des Africains francophones dansant au rythme de "vive nos ancretres les gaulois." Ce genre de reaction et celle decriee par Mr. Kanda sont symptomatiques des profondes sequelles psychologiques laissees par le colonialisme. Le foot est juste un exemple parmi tant d’autres de ce complexe colonial si profond. Il me semble que lorsque nous tracions nos programmes de decolonisation, d’independance et de contruction nationale, nous avons neglige (nos dirigeants et les acteurs des luttes anticoloniales) le volet psychologique, mental et spirituel. je me demande aussi si ce genre de posture identitaire est typiquement francophone.

  24. Posté par M. Kanda, le 23 juillet 2006 à 01:17

    Non Ayo, cette attitude n’est pas que francophone. On rencontre des comportements comparables chez nos frères africains anglophones, sauf que les Britaniques sont moins hypocrites. Ils n’ont jamais fait croire aux nègres qu’ils étaient leurs égaux, contrairement aux Français. La réalité ? C’est simple, regardez l’organisation spatiale de nos villes : il y a la ville, c’est-à-dire les anciens quartiers des Blancs, et les cités, villages ou communes indigènes. Rien à envier à l’apartheid en Afrique du Sud avec ses townships. Moi, je m’intéresse aux faits. Et les faits, c’est que jamais, jamais un chef d’Etat d’un pays d’Afrique noire n’a eu à protester à chaque fois qu’un de ses ressortissants était victime de mauvais traitement, voire carrément assassiné pour la couleur de sa peau dans un pays européen. Quand c’est l’inverse, on en entend parler. Et puis, c’est quoi cette manie de fermer des écoles, de convoquer des groupes folkloriques pour danser et applaudir devant les dignitaires européens en déplacement en Afrique alors que nos présidents débarquent ici incognito, qu’aucun média n’en parle ? Je suis pour une égalité de traitement. C’est le début de notre véritable émancipation.

  25. Posté par jean-michel, le 23 juillet 2006 à 10:08

    Chouette Timba Bema comme ça une fois recoloniser, il y aura un grand bal chez le Gouverneur général à la case De Gaulle où ils pourront chanter : et dépendance chacha to gagné, et dépendance chacha tu bakidi. Il y aura du manioc à foison, n’en déplaise à l’ami Gaston, du poisson braisé au pilipili, du poisson séché à la sauce dakatine, du poulet à la mwambe, du poulet bicyclette, du saka saka !!!!

  26. Posté par bruno ossébi, le 23 juillet 2006 à 10:39

    L’échec de 45 ans d’indépendance ( en terme d’amélioration de nos qualités de vie) doit-il nous conduire vers un sentiment de recolonisation ?

    Ces 45 ans ne doivent-ils pas être perçus comme une simple étape historique qui doit aboutir vers la mise en place de notre " propre" système de gouvernance issu de notre sociologie avec divers mélanges de politiques " sociales-libérales" ?

    N’est-il pas dommage que des vieux faux marxistes reconvertis à un éhonté enrichissement personnel retardent cette évolution ?

    Musi n’a-t-il pas oublié d’analyser la fête comme exutoire momentané des problèmes du quotidien...

  27. Posté par Henri, le 23 juillet 2006 à 10:40

    Cher(e)s ami(e)s du village Mabanckou,

    J’ai vu passé dans la rue un petit blond, il peut avoir 5 ans, avec un maillot de Samuel Etoo, peut-on imaginer un seul instant que ce gamin reve de recoloniser l’Afrique ? Et si la joie des congolais, ceux qui l’ ont manifesté dans la rue s’expliquait par la présence de Thuram, Gallas, Diarra, Vieira...dans l’équipe de France ?

  28. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 10:42

    Parfaitement jean-michel. Je dirais même que l’Afrique noire a deux options : soit accepter pacifiquement la colonisation des chinois qui est déjà en marche, soit alors se retourner vers l’ancien colonisateur. Et au vu ,par exemple, de l’expérienre rouge au Congo, je pense que le choix naturel se portera vers l’ancienne puissance colonisatrice.

  29. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 10:54

    jean-michel Une question ; Si aprés un référendum favorable à la recolonisation la France décide de recoloniser le Congo, es-tu es prêt à prendre les armes pour défendre la souveraineté nationale et à tuer d’autres congolais ?

  30. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 11:07

    M. Kanda ; Tu écris : « C’est simple, regardez l’organisation spatiale de nos villes : il y a la ville, c’est-à-dire les anciens quartiers des Blancs, et les cités, villages ou communes indigènes. Rien à envier à l’apartheid en Afrique du Sud avec ses townships » Je te réponds : Toute les villes au monde se développent ou se sont développées avec un centre et une périphérie.

    Tu écris : « Moi, je m’intéresse aux faits ». Je te réponds : As-tu intérrogé quelque uns de ces manifestants pour connaître les motifs de leur épanchement ? En tous cas, ça n’apparaît pas dans ton article.

  31. Posté par jean-michel, le 23 juillet 2006 à 11:23

    J’ai une passion pour le respect de la dignité profonde de l’Homme. Je ne me sens pas l’âme d’un prédateur. J’ai hérité des lumières le respect de la vie qu’elle soit celle d’un bonobo, d’une fourmi magnan, d’un singe ou d’un congolais vu que l’homme descend du singe. J’ai bien peur qu’en tuant un congolais, je n’ai pas suffisamment de savon pour toiletter ma conscience. L’idée même de tuer ne m’effleure pas. Je serais plus du côté des accoucheurs de talents. Comment stimuler ce que chacun d’entre nous a de meilleur au fond de lui. Je ne mange pas le pain de la haine et de la guerre. Je n’ai jamais joué à la guerre des boutons. Je suis une pierre brute dont j’essaie d’arrondir les aspérités, même si de Voltaire je goûtte l’ironie caustique.

  32. Posté par jean-michel, le 23 juillet 2006 à 11:30

    Timba Bema,

    Pour ce projet de guerre que tu évoques, as-tu déjà acheté les bottes, les kalachnikov et la quantité de drogue en nombre suffisant ? Tonton Kabila me semble-t-il avait commencé par là !

  33. Posté par Jean-PierreD, le 23 juillet 2006 à 12:06

    Ceux qui m’ont lu avec un peu d’attention auront noté que j’exclue la possibilité que les Africains (ou quiconque d’ailleurs) puissent célébrer la France pour son beau jeu pour la simple raison : du beau jeu, il n’y en a pas eu et ce de la part d’aucune équipe.

    Ce qui est passé sous silence et qui fausse l’analyse est la nullité affligeante du jeu proposé lors de cette coupe du monde qui rendit totalement impossible de se passionner pour une équipe pour le jeu qu’elle déployait. C’était impossible.

    Sans soutien partisan à une équipe, le spectacle coupe du monde était un vrai soporifique, avec par moments de réels passages nauséux (volonté ostentatoire de gruger l’arbitre, tackles karaté...), ce qui rend absolument impossible de regarder un match en entier sans avoir le sentiment de perdre son temps.

    Les supporters soutiennent très rarement leurs équipes pour le jeu qu’elles déploient. Comme je l’ai rappelé, une fois son équipe nationale éliminée, le soutien va aux équipes adversaires de l’équipe responsable de l’élimination. Ou alors, on reprend des vieilles rivalités : en 1998, les Anglais soutenaient le Brésil en final car ils ne voulaient pas que la France gagne une coupe du monde.

    Non seulement le jeu est très peu souvent le facteur motivant un soutien à une équipe, mais en plus, dans cette coupe du monde, du jeu, il n’y en a pas eu !

    Dès lors, il faut s’interroger sur les motivations : pour moi, une certaine proximité avec la France entraine ce soutien. Les Camerounais sont proches en quoi des Italiens ? Je pense que l’on trouverait plus aisément des Camerounais supporters de l’équipe d’Allemagne que de l’équipe d’Italie.

    Ce sujet enfle : on ne sait pas combien de Congolais sont allés célébrer la victoire de l’équipe de France et surtout comment on peut supputer que leur soutien trouve racine dans une envie de recolonisation.


    Je ne pense pas que l’Europe puisse s’offrir une recolonisation car cette recolonisation aggraverait la situation.

    On voit bien que les matières premières venant d’Afrique sont en quantité limitée et que toute intrusion d’un autre acteur visant à briser le monopole de jouissance exclusive actuelle soit bénéfique au niveau de vie des Européens.

    Une fois encore, je doute qu’une filière intégrée diamantaire (exploitation minière + taille de la pierre+ distribution diamantaire) soit très bien ressentie à Amsterdam.

    Pour l’instant, le seul rôle acceptable de l’Afrique est celle de gardien du garde-manger avec les tensions internes pour savoir qui va garder le garde-manger.

  34. Posté par jean-michel, le 23 juillet 2006 à 13:11

    Jean-PierreD écrit : "Pour l’instant, le seul rôle acceptable de l’Afrique est celle de gardien du garde-manger avec les tensions internes pour savoir qui va garder le garde-manger."

    Est-ce à dire que les massacres d’ituri sont un bienfait pour le Congo. Comme quoi ya bon miamiam alors !

  35. Posté par Mayombe82, le 23 juillet 2006 à 14:02

    Sami, le Vieux Joseph Ki-Zerbo est certes âgé, mais il « n’a que » 84 ans depuis le 21 juin dernier. Cela n’empêche rien à la causticité de l’anecdote. Cher D.O.W, comme tu peux le lire toi-même sous la plume de l’auteur qui nous a rejoints dans le mbongui mambanckouen, que le titre choisi « est volontairement provocateur ». C’est ce qui m’a un peu fait bondir. J’entendais bien que cet article s’adressait d’abord à ces manifestants (c’est leur droit à mon avis, j’ai aimé l’URSS en football, pourtant ils ont aussi abruti certains de nos compatriotes, pas autant que la France, il est vrai !), mais il vise à surtout à susciter le débat. Il n’est qu’à voir les réactions sur les 2 sites Internet. Musi Kanda a dit : « Pour le reste, oui, je fustige notre attitude de soumission envers les Blancs. » Cheikh Anta Diop l’a dit il y a fort longtemps, et c’est encore d’actualité. Certains d’entre nous ressemblons souvent à cet esclave qui une fois affranchi s’en va et au bout d’une certaine distance revient vers la maison du maître. Ce n’est pas la phrase exacte, mais bon... « Ce qui me tue, c’est d’entendre des Congolais dire que la France c’est notre patrie. » Mon frère, si tu n’éduques pas tes enfants et tes jeunes congénères en leur inculquant des valeurs dignes de ce nom, en leur expliquant ce qu’est REELLEMENT la Colonisation, l’Esclavage et la Traite, comment veux-tu que des phrases aussi débiles disparaissent ? Quelles places occupent ces 3 crimes particulièrement odieux, dégueulasses dans nos programmes scolaires ? Que faudrait-il aux Nègres comme souffrances, humiliations pour qu’ils lèvent la tête et arrêtent de courber l’échine ? Timba Bema, la Re-Colonisation de l’Afrique n’est pas inéluctable : elle est en place depuis 1960. En 1960, le Colons « sont partis sans partir ». Comment peut-on expliquer que juste après le 17/08/60, Léon Mba, 1er président du Gabon va demander de l’aide à la France ? Comment la BEAC peut-elle accepter que des Français siègent dans son conseil d’administration, avec une minorité de blocage ? (idem pour la BCEAO, la Banque centrale des Comores) Où est l’indépendance ? Nos Princes vont tous se faire soigner à Paris (même Boutef qui fustige à raison la France) : où est l’indépendance ? On s’agenouille devant les Clubs de Paris et de Londres pour payer les fonctionnaires, pour faire des routes (qui n’exitent pas) : où est l’indépendance ? D.O.W., Musi Kanda pourra sûrement te dire en toute sincérité combien de Brazzavillois sortaient (années 70/80) des inepties du genre : « Mourir sans voir Paris est un pêché ! » C’est dans la tête, frères et sœurs, tous ces complexes, ces soumissions. Une petite lecture d’une rencontre que je rapportais sur CP l’an dernier, http://www.congopage.com/phpBB/viewtopic.php ?t=5483&highlight=martial. Petite momie a écrit : "L’histoire vous a été mal enseignée, on ne vous a dit que ce qu’ils voulaient vous faire croire. Ne les acclamez pas, le mal être dont souffre l’Afrique vient en grande partie d’eux. Ne rêvez même pas d’alller chez eux, notre avenir est chez nous, chez nous et nulle part ailleurs." C’est en partie le sens du combat mené par les Editions Menaibuc avec des publications remarquables d’hommes courageux tels le très bouillonnant J-Ph. Omotundé, les Pr Bwemba Bong, Molefi Kete Asante, Th. Obenga. Mais quelle audience ces frères ont-ils en Afrique ? @+, M82

  36. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 14:17

    Merci Dow, je lui ai ajouté dix ans dans ma soustraction, il est en effet né le 21 juin 1922 à Toma.

  37. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 14:21

    Mayombe82 ; il me semble que les personnalités que tu cites ont parlé de néo-colonisation (nouvelle-autre forme de colonisation). Moi je parle de re-colonisation c’est-à-dire du retour à une situation telle qu’elle a été (ou qu’on pense qu’elle a été)par le passé.

  38. Posté par Musi Kanda, le 23 juillet 2006 à 14:54

    Je partage totalement ce qu’écrit Mayombe82. Timba B, dans toutes les villes il y a un centre et une périphérie, mais je crois que tu ne m’as pas compris. As-tu comparé le niveau d’équipement des quartiers européens à celui des nègres ? Chez les blancs, il y avait l’eau courante, l’électricité, un réseau d’assainissement, etc. Chez nous ? Ca se passe des commentaires. Et puis, il faut savoir que les colons avaient interdit aux Congolais d’habiter dans leurs quartiers dès les années 1920, d’où les lotissements de Bacongo et de Poto Poto. Je n’ai pas envie de m’étendre là dessus. Pour revenir à mon article, colonisation, néo colonisation, recolonisation, etc, ce ne sont que des mots tout cela. Ce qui m’intéresse ce sont les rapports de domination engendrés par cette situation. Ce qui m’intéresse, c’est accéder à la dignité, c’est cesser d’être ces hommes et ces femmes dont on ne parle qu’en termes de guerres ethniques, de famines, de sida, de malnutrition et d’autres calamités. Ce qui m’intéresse, c’est de voir nos Etats cesser de tendre la main pour quemander l’aumône auprès des pays riches même pour payer nos fonctionnaires. Ce qui m’intéresse, c’est de pouvoir vivre librement et fièrement chez nous, du fruit de notre travail. Ce qui m’intéresse, c’est de ne plus lire ou entendre qu’une barque au large des côtes espagnoles ou italiennes bourrées d’immigrés africains a encore échoué et que l’on déplore des dizaines de morts, ce qui m’intéresse, c’est de ne plus voir dans nos pays les scènes que nous rapportent des films tels que le complexe de Darwin ou encore tout récemment Congo River. Ce n’est pas être contre les Blancs ni traités tous les Congolais de débiles que de dire cela, mais accéder au statut d’homme libre qui a foi en l’avenir.

  39. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 14:54

    DOW, BCEAO, si c’est la banque centrale des Comores, ce que j’ignorais, c’est le même sigle pour la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest, la puissante BCEAO

  40. Posté par Sami, le 23 juillet 2006 à 14:55

    Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu deux fois à DOW alors que je voulais m’adresser à Mayombé ! Mayombé, mes excuses !!!

  41. Posté par Musi Kanda, le 23 juillet 2006 à 14:56

    Lire "Cauchemar" et non "Complexe" de Darwin.

  42. Posté par Musi Kanda, le 23 juillet 2006 à 15:10

    Je partage totalement ce qu’écrit Mayombe82. Timba B, dans toutes les villes il y a un centre et une périphérie, mais je crois que tu ne m’as pas compris. As-tu comparé le niveau d’équipement des quartiers européens à celui des nègres ? Chez les blancs, il y avait l’eau courante, l’électricité, un réseau d’assainissement, etc. Chez nous ? Ca se passe des commentaires. Et puis, il faut savoir que les colons avaient interdit aux Congolais d’habiter dans leurs quartiers dès les années 1920, d’où les lotissements de Bacongo et de Poto Poto. Je n’ai pas envie de m’étendre là dessus. Pour revenir à mon article, colonisation, néo colonisation, recolonisation, etc, ce ne sont que des mots tout cela. Ce qui m’intéresse ce sont les rapports de domination engendrés par cette situation. Ce qui m’intéresse, c’est accéder à la dignité, c’est cesser d’être ces hommes et ces femmes dont on ne parle qu’en termes de guerres ethniques, de famines, de sida, de malnutrition et d’autres calamités. Ce qui m’intéresse, c’est de voir nos Etats cesser de tendre la main pour quemander l’aumône. Ce qui m’intéresse, c’est de pouvoir vivre librement chez nous, du fruit de notre travail. Ce qui m’intéresse, c’est de ne plus lire ou entendre qu’un barque au large des côtes espagnoles ou italiennes bourrées d’immigrés africains a encore échoué et que l’on déplore des milliers de morts, ce qui m’intéresse, c’est de ne plus voir dans nos pays les scènes que nous rapportent des films tels que le complexe de Darwin ou encore tout récemment Congo River. Ce n’est pas être contre les Blancs ni traités tous les Congolais de débiles que de dire cela, mais accéder au statut d’homme libre qui a foi en l’avenir.

  43. Posté par Timba Bema, le 23 juillet 2006 à 17:40

    Musi Kanda ; Ton engagement ne fait aucun doute. Je t’invitais juste à une certaine prudence avant de qualifier un fait. Comme qui dirait, à force de conjurer le diable on finit par le voir partout.

  44. Posté par Mayombe82, le 23 juillet 2006 à 19:00

    Saorry la famillee et Sami ! Je voulais dire "idem pour la BCEAO ainsi que la Baque centrale des Comores (BCC)". Pas grave si tu me confonds avec DO.W. @+, M82

  45. le 23 juillet 2006 à 19:44

    Moko Pericle , vous dites : "Actuellement, les flux migratoires Sud-Nord sont renforcés par l’instinct de survie, par la misère...ce n’est plus " voir Paris" . C’est pour cela, que je pense que les responsabilités sont partagées. Il ya une (re)colonisation de nos dirigeants africains en 1er et ensuite celle des "oncles" implicitement. "Un peuple qui trouve de quoi manger chez lui, ne va pas mendier coûte que coûte chez le voisin outre-atlantique", en référence aux sacrifiés de Ceuta et Melila"

    Je partage entièrement votre point de vue, je suis pour ne pas dire tout à fait d’accord avec vous.

    La responsabilité est partagée je l’ai toujours dit. Et, comme vous l’exprimez si bien, si de plus en plus d’Africains bravent les plus terribles des dangers pour atteindre l’occident ce n’est pas seulement pour "voir Paris" mais surtout pour fuir une réalité qui est devenue de plus en plus difficile chez nous, pour fuir ces conditions de vie chiches.

    Les africains fuient parce que la vie chez nous est de plus en plus impossible.

    Nos dirigeants nous affament, ils dilapident les ressources de l’Etat, ne sont pas en mesure de faire une distinction entre le bien privé et le bien public et tout cela avec la bénédiction des occidentaux n’est ce pas ?

    ces mêmes occidentaux qui resserent les mesures d’entrée chez eux jour après jour et qui en même temps contribuent à ce que la vie chez nous soit impossible.

    Chirac soutient Sassou, ce dernier clochardise son peuple, le peuple court aux frontières de la France. La France ne peut pas recevoir tout le monde, elle n’a pas assez de place. Et l’Africain erre, ne sait où aller, que faire..... C’est un cercle vicieux en d’autres mots.

    Pauvre Afrique, j’aimerai tant conter tes merveilles mais tes années de gloire sont passées, ton âge d’or est loin là bas. Tu ressembles misérablement à cette pauvre malheureuse, si belle, si fraiche, si vierge autrefois et les européens sont venus, t’ont sauvagement violé, t’ont pris ta fraicheur, toutes les choses qui te rendaient belle.

    Et, après avoir trouvé la jouissance dans tes bras, tes amants forcés s’en sont allés.

    Aujourd’hui pauvre Afrique ce ne sont plus seulement les étrangers qui t’assassinent mais tes fils aussi. Ceux que tu as enfanté douloureusement ce sont ceux là même qui te pillent, t’étranglent.

    Afrique ton salut viendra t-il un jour ? On aimerait bien tous y croire, mais la réalité est beaucoup trop cruelle. Et dire que l’Afrique guérira un jour c’est courir le risque d’être qualifié d’idéaliste (ce que je suis).

  46. le 24 juillet 2006 à 09:09

    Je me traduis moi-meme. Je suis MALWATA. Pour moi, meme ecrire en français c’est de la recolonisation. Moi quant j’écris en langue locale, je suis recolonisé de personne. Comme YASSIN2 qui lui écris en arabe et que Alain demende la traduction. Le royaume du Kongo n’avais pas a sa base le français ?

  47. Posté par D.O.W., le 24 juillet 2006 à 13:43

    Oui pas grave Sami si tu nous confonds Mayombe et moi. Nos idées sont souvent compatibles (rires). Et pour dire encore un mot sur cette histoire, la pauvreté de l’Afrique me chagrine, mais vraiment, plus que la pauvreté, ce qui est insupportable, c’est de continuer à courber l’échine devant ceux qui nous ont causé tant de tort. Mais en disant cela, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’incrimine pas la France. C’est perdre notre temps, et nous chercher des prétextes, que de consacrer encore de l’énergie à faire le procès du colonisateur. La page est tournée maintenant. Et c’est nous à présent qui sommes en question. Et voir nos peuples, nos présidents, nos "décideurs" qui ne décident de rien et qui subissent toutes les injonctions de Washington, voir tout ce monde-là faire encore un triomphe pour quoi que ce soit à la France, me donne vraiment des boutons. Et Malwata (post 46) a bien raison : oui continuer même de décliner toute notre expression culturelle dans des langues importées est une défaite et une honte. Continuer de frayer avec la francophonie à nos dépens, est inexcusable. Nous avions déjà eu ici un débat à ce sujet et j’en avais dit ce que je pense. Vraiment, si l’on excepte même la pauvreté, l’Afrique d’aujourd’hui a bien peu de raison d’être fière.

  48. Posté par Freedaworld, le 24 juillet 2006 à 13:51

    C’est ridicule de dire qu’écrire en français c’est de la recolonisation, le français est une langue qui nous permet de communiquer, ok c’est un héritage de la colonisation, mais cela fait partie de notre culture, je ne pense pas que parler anglais pour les descendants des esclaves aux etats unis soit un signe de retour à l’esclavage. Communiquer n’a rien à voir avec la recolonisation. Ce qu’il faut pointer du doigt c’est le fait que nous pratiquons moins nos propres langues, mais sûrement pas nous blâmer d’utiliser le français. Nous avons commis nous mêmes la bêtise de négliser nos langues voilà tout... au Congo même le lingala est francisé... bref je parle français sans me sentir colonisée, tout dépend de ce qu’on ressent en soit, dans sa tête, et de ses idées. Tout ce que nous avons hérité de la colonisation, en bien ou en mal, qu’on le veuille ou non cela fait partie de notre histoire, de notre culture, de notre devenir... il ne tient qu’à nous de n’en retirer que le meilleur...

  49. Posté par Kitumba, le 24 juillet 2006 à 14:55

    Et puis, c’est quoi cette manie de fermer des écoles, de convoquer des groupes folkloriques pour danser et applaudir devant les dignitaires européens en déplacement en Afrique alors que nos présidents débarquent ici incognito, qu’aucun média n’en parle !!!bien dit M kanda....je n’ajouterai point un vain mot à cette belle phrase où suinte avec insolence le vin amer de la servitude de nous autres africains, envers les maîtres blancs........ Attendons, de voir ce qu’il en adviendra des supporters dans nos pays , le jour où cette équipe de "francia" n’aura plus que les "blancs" même issue de banlieues dites "difficiles" pour la représenter ? la joie des brazzavillois est peut-être le signe symptomatique, que de par chez nous, il n’y a plus d’état en lequel le peuple puisse se retrouver, qu’il n’y a plus de fierté nationale, car la fierté d’appartenir à un peuple , à une nation grandit sans cesse avec les grands moments où l’enthousiasme rejoint le rêve et simplement le plaisir d’être.... ? Ont-ils eu ces moments là ? lorsque la france gagne, avec des thuram, viera et zizou,ce peuple jubile...est-ce parce qu’elle rêve de france et de recolonisation ou simplement parce qu’il n’a plus trouvé un seul instant pour danser et festoyer, tout peuple en a besoin, (toutefois ça ne constitue pas un prétexte à tout) ?Comme si par un processus d’aliénation, consistant à chanter la victoire du pays dont les dirigeants avec ceux locaux, les affament et les relèguent à la pire mendicité, ce peuple reclame implicitement l’envie de vivre, le désir d’être fier et de vivre ses rêves après tant de conflits meurtriers et d’éternels tribalismes ....... Mais il faut aussi éduquer ce peuple, lui expliquer l’histoire et lui dire, comme l’a si bien dit qqun avant moi, que l’avenir de l’afrique c’est en afrique et nulle part ailleurs...Ensuite, chacun pourra librement supporter l’équipe de son choix sans être traîté d’aliéné ou de collabo.........

  50. Posté par D.O.W., le 24 juillet 2006 à 16:34

    Juste un mot à Freedaworld. En réponse à votre post, il me faut reformuler mon propos. J’ai dit les choses un peu rapidement car nous avions déjà eu ici un débat sur la francophonie où j’avais eu l’occasion de formuler les choses avec nuance. Je n’ai jamais dit que parler français c’est vouloir perpétuer la colonisation. Parler français, ou Espagnol, ou Anglais, ou Portugais est au contraire un enrichissement pour nous. De même que quand un Français parle le russe ou le chinois, c’est plutôt un atout. Mais seulement, vous dites vous-mêmes que nous avons négligé nos langues, et je ne disais pas autre chose. C’est même exactement ce que je voulais dire. Ce n’est pas le fait qu’on parle français qui est une honte, c’est le fait que le français soit la langue incontournable pour à peu près tout ce qu’il y a de décisif. Il y a longtemps que le français aurait dû devenir langue minoritaire chez nous. Au lieu de cela, la langue de l’administration, la seule langue pour communiquer à l’échelle nationale (et au-delà), la seule langue d’enseignement, c’est le français. Plus encore, toute notre expression culturelle, tous nos arts, et principalement la littérature, sont produits en Français. Cela est honteux. Je dis "français" pour faire court évidemment. Ailleurs c’est "anglais" ou autre. Et qu’on ne me dise pas qu’il y a de l’écrit en swahili. A quelle proportion infime ?

    Nous n’avons donc pas le moindre rapport avec la cognition, et avec la chose intellectuelle, qui ne se fasse par le biais de langue radicalement étrangères. Je répète, c’est honteux. Honteux et scandaleux que des pays libres depuis 50 ans n’aient pas entrevus l’opportunité de développer leurs langues nationales pour se réapproprier tout le travail de médiation locutoire. On me dira que l’Afrique n’est pas seule dans cette situation, mais moi, je n’ai jamais pu comprendre les peuples qui s’accommodent de telles situations, quand il y a lieu de procéder à des ajustements. Et à la question "quoi faire", je ne peux répondre dans ce cadre ; et d’ailleurs des spécialistes existent pour cela ;-)

  51. Posté par M. Kanda, le 25 juillet 2006 à 14:12

    Interessant le débat introduit par Freedaworde et D.O.W sur l’usage du français dans nos pays. C’est une réalité incontournable qui traduit l’absence de toute politique culturelle dans nos pays, à part les groupes folkloriques bien sûr. La francophonie ? Voilà un autre espace de domination, une autre expression du néocolonialisme français. Qui finance ? Qui fait la loi dans ce club frileux surtout destiné à défendre les intérêts du français (en recul partout dans le monde) face à l’anglais ? Mais nos dirigeants, comme d’hab, ne se posent jamais des questions du moment qu’on les invite à festoyer dans les grands hôtels. Quant au football et au sport en général, combien d’équipements sportifs dans nos grandes villes ? Je me souviens de mon frère aîné quand il jouait au foot à Pointe Noire dans une équipe locale. J’assistais aux entraînements qui commençaient vers 17h30, après sa journée de travail. Trois quarts d’heure plus tard, il faisait nuit, on ne voyait plus le ballon. Trente ans plus tard, rien n’a changé. Nos clubs de première diffusion continuent à s’entraîner dans les mêmes conditions. Voilà le Congo qui progresse...

  52. le 25 juillet 2006 à 16:25

    Posts allant dans le sens de ce que je pense (de même que Petite Momie d’ailleurs, comme quoi, on peut bien se retrouver somewhere !) Pas le temps de développer. Ce n’est donc pas étonnant si aucune de nos élites intellectuelles (en tout cas pas à ma connaissance), surtout pas politiques, n’ait réagi lorsque sa Seigneurie Abdou Diouf a dit qu’elle regrettait que Boutef (Pdt algérien) ne se soit pas exprimé en français à la tribune des nations désunies ! Préparez vos muscles les gars, il y a du boulot ! (Les sœurs aussi, mais je vois que Petite Momie les a bien bandés !) @+, M82

  53. Posté par Venga, le 25 juillet 2006 à 18:34

    On m’avait suggéré votre lecture et merci, je suis tout à fait d’accord avec ce que dit Petite Momie, Musi Kanda, Dow, Mayombe, marcher la tête haute mes frêres et soeurs, ne plier plus l’échine envers qui que ce soit, je vous soutient dans vos efforts.

  54. Posté par Mayombe82, le 25 juillet 2006 à 19:58

    Merci frangine Venga ! Musi Kanda, tu voulais dire "première division", peut-être ? Je me souviens qu’un jour, en passant vers le stade Félix Eboué (années 80), j’ai vu Patronage Sainte-Anne s’entraîner avec... 3 ballons de foot ! Pour 22 joueurs... Dire que ce club avait (déjà à l’époque) pour président le frère aîné du Princ local... @+, M82

  55. Posté par Mayombe82, le 25 juillet 2006 à 22:18

    En effet, ce débat sur les langues, nous l’avons déjà eu ici. Que dire de plus pour éviter de pérorer ? Il y a pas mal d’années, du côté de BZV, nombreux se moquaient des zaïrois qui faisaient leurs cours du CP à la 5ème en lingala. Le jeune et ignorant que j’étais faisait partie de ce lot. Eh ! oui, mes frères, nous avons négligé nos langues maternelles et nationales. Les 2 Congo, et la RCA ont une chance immense : celle d’avoir des langues nationales. 1 en RCA, 2 sur la rive droite du Congo et 4 sur la rive gauche. Combien d’argent nos dirigeants ont mis afin que les linguistes, les chercheurs travaillent là-dessus afin de nous donner des ouvrages de qualité sur lesquels nous pouvons nous baser pour « vendre » nos pays ? Nos cultures ? le Pr Théophile Obenga a fait un travail formidable à la tête du CICIBA (Centre international des civilisations bantu) à Libreville. Où sont ces travaux De combien d’Africains du Centre ces travaux sont-ils connus ? Cet immense échec rejoint malheureusement 1001 domaines, Musi Kanda, comme l’histoire de l’éclairage que tu nous narres. Nous avons mis l’argent dans l’accessoire, dans le superfétatoire, dans le clinquant. Regardons comment le s4*4 pullulent à BZV, Ponton ! Regardons comment le Cameroon est le pays d’Afrique qui consomme le plus de champagne (à moins que les chiffres aient changé) par tête d’habitant. Gamin, nous qui parlions français en famille et dans la rue étions regardés avec des yeux de biche. C’est aussi pour cela que nous nous accrochons tant au français, à l’anglais (qui sont en effet des atouts). Les gars, la francophonie ? Qui paie commande ! Ce chemin est un leurre, c’est une autre forme de soumission, de néocolonialisme. Le Liban est membre de la francophonie, il est attaqué, bombardé par Israël : où est le grand patron de l’organisation ? Il demande un « cessez-le feu » ! Lorsque Déby Itno a été attaqué par le FUC (rires !), le SCUD, la France a volé à son secours. Vous voulez un dessin ? @+, M82

  56. Posté par Musi Kanda, le 25 juillet 2006 à 22:35

    Je rectifie : je voulais écrire première division. Nos gouvernements n’ont aucune politique. Ils vivent au jour le jour. La différence avec les pays riches ne tient pas seulement aux moyens, mais à la capacité de se projeter collectivement dans l’avenir. Les riches pensent déjà à l’après-pétrole dans 50 ans. Chez nous, aucun ministre ne sait ce qu’il va faire à la fin de la semaine. Dans ces conditions, inutile de leur parler de recherche, ce mot est intraduisible dans leur tête. Le sous-développement, c’est aussi cela.

  57. Posté par Ngongui, le 26 juillet 2006 à 06:35

    Monsieur Timba Bema demande à Musi Kanda : "As-tu intérrogé quelque uns de ces manifestants pour connaître les motifs de leur épanchement ? En tous cas, ça n’apparaît pas dans ton article ".

    Musi Kanda aurait pu répondre oui. Certes pas directement. En fait on ne comprendra l’article de Musi Kanda qu’en ayant à l’esprit qu’il s’était révolté contre ce qui avait été écrit et rapporté dans un article précédent publié sur le même site : http://www.mwinda.org/article/liesse.html

  58. Posté par Bossanga Yves-Noël, le 26 juillet 2006 à 09:15

    Recoloniser le Congo ou l’Afrique ? On y arrive ! Certains y préparent déjà ce retour à la colonisation puisque nous sommes, disent-ils, incapables. Mais attention ! Ce ne sera plus le genre de colonialisme classique : des Blancs venus d’Europe qui descendent au Sud pour prêcher la bonne parole et coloniser, mais cette fois-ci ce sera bien les Noirs néocolonisés mentalement et culturellement qui vont prendre la place, en bons serviteurs de ces colonisateurs invisibles. Puisqu’ils estiment savoir et acquis de toutes les compétences pour tuer l’avenir de leurs propres ex-frères africains !

  59. Posté par Timba Bema, le 26 juillet 2006 à 12:41

    Cher Ngongui, je comprends ta tentative d’explication mais dommage que ce ne soit pas Musi Kanda qui le fasse. Dommage.

  60. Posté par Kitmien, le 26 juillet 2006 à 17:44

    Le constat, les anecdotes pleuvent pour les dirigeants, et pour tout le monde... nous allons ou sommes recolonisés.

    Mais comment nous l’éviter ? Que faire ? Nos débats ici servent (j’en suis convaincu), mais pour le reste ...

  61. Posté par Musi Kanda, le 27 juillet 2006 à 11:14

    Je n’ai pas jugé utile de répondre à la question de Timba Bemba parce que je la trouvais sans intérêt. L’etrait de l’article en question repris par Alain Mabanckou commence par "Quand je lis que... Quand je lis encore que... " Ce qui démontre bien que je me base sur une

  62. Posté par Timba Bema, le 27 juillet 2006 à 13:09

    Dans ce cas, désolé de te le dire, ton article est sans intérêt si on veut comprendre les motifs de la liesse des populations brazavilloises.

  63. Posté par Musi Kanda, le 27 juillet 2006 à 15:11

    Timba Bema. Tu as raison. Je veux juste ajouter que je n’ai jamais prétendu publier un réportage rendant scientifiquement compte de la proportion des Congolais exprimant leur liesse, mais ce que cette liesse m’inspire au-delà d’un événement ponctuel qu’est une partie du foot. Ai-je tort ? Ai-je raison ? Peu importe. C’est ma perception des choses. Aux lecteurs d’en apprécier l’intérêt ou non. Tu ne partages pas cette vision des choses ? C’est ton droit le plus absolu et je le respecte bien évidemment.

  64. Posté par Timba Bema, le 27 juillet 2006 à 16:03

    Musi Kanda ; j’ai écris précédemment que ton engagement est admirable donc ce n’est pas ce point que je me permettrais de te faire des remarques. Ton désintérêt pour la question aurait même été suspect et je sais que tu es trés conscient de la portée de ton article. C’est précisément pour cette raison que je me permets de te rudoyer. Non pas par refus de voir une réalité mais par souci de mieux la comprendre.

  65. Posté par De_Brazzaville, le 27 juillet 2006 à 21:11

    Tout d’abord dites-moi, combien de francais de souche (a la maniere de Sarko, Pasqua et Lepen) y avaient-ils dans cette equipe de "France" ?

    Si une poignee de congolais se sont retrouves sur l’avenue de la paix pour celebrer la victoire de la France c’est tout simplement pour des raisons tout a fait naturels. Je peux vous en donner plusieurs mais voici les 2 principales(a mon avis) : 1- Ils celebrent a travers cette equipe de France le travail des africains qui sont dans cette equipe. Ces africains parviennent a prouver aux yeux du monde que les africains peuvent reussir dans tous les domaines quand les conditions sont reunis. La vie des africains a travers le monde est rendue difficile par tous les lois et obstacles que l’on dressent pour les empecher d’evoluer. Il est donc normal que nos compatriotes qui sont conscients de la misere des africains de par le monde saluent la reussite des leurs de cette facon. 2-Le peuple congolais dans sa grande majorite est amoureux du football et faute d’avoir de veritable equipes (locales et nationales), il est donc naturel que les congolais s’orientent vers des prodiges du foot d’autres pays pour s’identifier a eux. QUOI DE PLUS NORMAL !

    Les congolais ne sont pas les seuls. Un peu de recherche dans d’autres pays du monde vous permettra de vous convaincre que ici et la d’autres personnes ont celebrer des victoires des equipes qui ne sont pas les "leurs" juste pour la beaute du jeux et par esprit de fair-play.

    Voici un example : Ici a Boston (USA) ou je vis, le maire de la ville avait juge bon d’installer un ecran geant a la place de l’hotel de ville le jour de la finale. (En voici les reportages de la presse : http://www.boston.com/news/local/massachusetts/articles/2006/07/09/thousands_crowd_boston_city_hall_plaza_for_world_cup/) Plein de gens sont venus (bien que les americains ne soient pas tres amoureux du "soccer") et la nuit qui a suivi la victoire de l’Italie on a vu beaucoup de gens (pas seulement les italiens ou les personnes d’origines italiennes)celebrer dans ls rues de Boston la victoire de l’Italie.

    Dire donc que des congolais (une infime portion) expriment les desirs de recolonisation en celebrant la victoire de l’equipe de France est une INSULTE POUR NOUS LES CONGOLAIS (DE TOUTES LES GENERATIONS) QUI AONS SOUFFERT ET QUI CONTNUENT DE SOUFRIR DES ACTES QUE LA FRANCE POSENT DANS NOTRE PAYS DEPUIS LA PERIODE DE L’ESCLAVAGE JUSQU’A CE JOUR EN PASSANT PAR LA PERIODE COLONIALE ET LES 2 GUERRES MONDIALES (OU NOUS AVONS PERDU BEAUCOUP DE PARENTS POUR LIBERER LA FRANCE). Au journaliste qui ecrit cette colonne de Mwinda, j’aimerai dire ceci : Next time if you want to write something think about it long enough. Don’t just write any stupid thought that comes in your mind.

    Un brazzavillois de Boston qui pense et reflechi beaucoup sur le sort de son pays.

  66. Posté par Kitumba, le 27 juillet 2006 à 22:35

    De_brazzaville, ton argumentation sur la liesse des brazzavillois après la victoire de l’équipe de france , reste ton point de vue personnel, j’ai moi-même réagi à peu près dans le même sens... "Don’t just write any stupid thought that comes in your mind", penses-tu un instant que l’auteur de cet article est stupide,moi non plus ne partage point son opinion sur le désir de recolonisation des congolais, mais de là à professer cette phrase,croyez-moi je vous trouve un peu excessif ?.

    "Un brazzavillois de Boston qui pense et reflechi beaucoup sur le sort de son pays.", avez-vous dit , mais même Lissouba, réfléchissait pour ce pays , le général sassou aussi te dira la même chose , pourtant qu’ont-ils fait de lui, guerre, famine, milices et al liste est longue. ? cHANGEZ, de signature s’il vous plaît.

  67. Posté par Freedaworld, le 28 juillet 2006 à 09:42

    God God God,... l’auteur de l’article n’a pas totalement tort dans le fond... si on lit bien l’article au delà du besoin de recolonisation qu’il a soulevé, qui ne concerne sûrement qu’une minorité, il n’a pas tort... je partage en partie son avis... Rien que de savoir que De Brazza le colon va être de retour chez nous et que ça ne semble choquer pas grand monde au pays, je me sens mal... qu’est ce que c’est, sinon de l’aliénation... j’ai lu quelque part, je ne sais plus sur quel forum, une personne dire que ce serait bien pour le tourisme au Congo et il ne faut pas mal le prendre... Alors si quelqu’un est capable de sortir ça et de ne pas voir que nous sommes entrain de nous fourvoyer c’est que c’est grave et que beaucoup sont dans ce cas. (Il y a d’autres problèmes plus urgents à régler au pays avant de penser à Debrazza nope ?) J’ai lu un autre article (sorry je ne sais plus sur quel site) où l’auteur disait combien les congolais étaient encore impressionnés par le côté "blanc" des blancs, qu’un congolais traite mieux l’étranger que son propre frère (il disait cela selon son propre vécu)... ça, ce ne sont pas des histoires, c’est la vérité dans toute sa cruauté... Et que penser alors de ces gens qui glorifient le blanc ? Des colonisés dans la tête sans aucun doute. Moi je pense que si la France ne nous respecte pas, c’est que nous n’avons pas su nous faire respecter... Au Congo le français se sent roi (en france un prof est un français moyen, j’ai connu le fils d’un prof de science au pays qui se disait de la Haute, hé oui il est blanc, fils de prof oui, mais il était de la haute société... traité comme Roi, comme il l’était comment penser autrement !)... Au pays les familles éprouvent de la fierté à conseiller à leurs enfants "toi tu devrais épouser un blanc", comme si c’était un luxe ! un Congolais posera moins de problème à sa fille qui demandera à épouser un blanc que si celle-ci choisi un homme d’une ethnie de son propre pays... Pourquoi ? Sentiment d’infériorité, beaucoup de congolais restent encore dans cette logique boiteuse et dégradante qui veut que le Blanc (français ou autre) soit exceptionnel. Alors je comprends l’auteur de cet article, mais je ne dirais pas que nous rêvons de recolonisation, nous sommes juste encore des colonisés dans l’âme, nous n’avons plus de fierté depuis longtemps.

  68. Posté par Mpwapwala, le 28 juillet 2006 à 10:58

    Je ne veux pas me faire l’intérprète de la pensée de Musi Kanda, mais quand je relis ce fameux article, je me dis que la plupart de ceux qui l’ont lu accordent trop d’importance au titre qui, à mon avis, se veut polémique. Je me permets de reproduire ici ces deux paragraphes tirés de cet article. Pardonnez-moi car la citation est un peu longue, mais je crois que cet extrait replace bien le fond du débat dans cette relation de domination qui caractérise les rapports avec les Blancs. Ce que l’extrait commenté par Alain Mabanckou ne dit pas.

    "Quand nous débarrasserons-nous enfin de nos complexes d’infériorité et refuserons d’être traités comme des moins que rien et de la sous-merde ? Il y a quelques années, j’étais en vacances à Pointe Noire, chez un ami cadre supérieur dans une société pétrolière, logé par son entreprise. Un jour, je pénétrai seul à pied dans l’enceinte de sa résidence. Un gardien posté à l’entrée m’apostropha brutalement en ces termes : « Eh, où tu vas, toi ? » J’ étais chez moi, dans mon propre pays, donc libre de me rendre où je voulais. Mais en excellent chien de garde parfaitement dressé, ce frère me voyait d’abord avec les yeux de ses maîtres blancs. J’étais Noir, donc une merde. Accompagné d’une femme blanche le lendemain, le même gardien me salua avec un stupide sourire aux lèvres et me gratifia d’un obséquieux « bonjour, chef. » Le monde du Blanc m’avait accepté, j’étais donc redevenu quelqu’un.

    Dans notre Congo indépendant, des exemples comme celui-ci ne manquent pas. S’il n’y avait qu’un vigile et le Congolais lambda qui avaient cette attitude-là, je pourrais à la limite en rire. Mais nos dirigeants, du président de la république à l’ensemble du gouvernement, en passant par les parlementaires, ne valent guère mieux. Ils montrent des muscles et jouent les durs devant leurs propres citoyens, mais se comportent tous en véritables Oncle Tom devant le premier clochard blanc en costume déguisé en homme d’affaire ou en conseiller du prince, que l’on croise dans les anti chambres de nos palais et de nos ministères."

    Je suis d’accord. Il suffit de séjourner quelques semaines au Congo pour s’en rendre compte.

  69. Posté par Petite Momie, le 28 juillet 2006 à 16:44

    J’ai lu : "Quand nous débarrasserons-nous enfin de nos complexes d’infériorité et refuserons d’être traités comme des moins que rien et de la sous-merde ?"

    Je veux bien être optimiste mais pas idéaliste. On a beau refuser de l’admettre (je le refuse encore moi même...lol) : le complexe devant l’homme "blanc" subsistera. On y peut pas grand chose dans le fond, faute ya bét’ vééé !

    Ce complexe est ancré, il est devenu presqu’iné.... on ne se débarrasse pas comme ça par un claquement de doigts d’une abérration qui nous a été implantée dans la tête depuis des siècles : LE "BLANC" EST SUPERIEUR.

    Aujourd’hui nous évoluons, nous changeons notre façon de voir les choses.

    Je comprends parfaitement ce vigile qui prend son frère pour de la merde un jour et qui lui sourit le lendemain parce que ce dernier est en compagnie d’une européenne.

    Une fois de plus : n’exigeons pas trop de nos frères africains qui n’ont jamais mis les pieds en occident ! ils ont été aveuglés (nous étions comme eux avant de venir ici) ils ne peuvent pas savoir.

    Pour ma part, J’excuse l’africain au pays qui tremble devant l’homme soit disant "blanc" mais par contre je ne pardonnerai pas à un africain qui réside en France de faire pareil.

    En effet seul celui qui a côtoyé connait quelque chose.

    C’est pareil pour ces européens qui n’ont jamais mis les pieds en Afrique, qui se sont contentés de regarder devant un écran installés confortablement sur leurs fauteuils le dénuement des africains,

    eux non plus ne peuvent pas dire qu’ils savent quelque chose sur l’Afrique.

    On pourrait les excuser de prendre le continent noir uniquement pour une terre calamiteuse ou sévissent famine, guerres, pauvreté, Sida et autres merveilles.

    Ce n’est pas leur faute, les médias ne leurs montrent que le pire de l’Afrique : Quand il faut filmer une maison on veille à choisir le taudis le plus misérable, quand il faut filmer des enfants les journalistes européens prennent ceux qui sont vêtus d’haillons. Ensuite on prend ces images là on les montre au français qui n’a jamais mis les pieds sur le continent et on lui : Tiens, regardes c’est l’Afrique !

    Eh oui....seul celui qui a vu en sait long ! j’espère qu’un jour tout le monde aura l’occasion de "voir", mais bon qui vivra monéra...

  70. Posté par le sage, le 29 juillet 2006 à 12:16

    Bonjour les gars ! Je suis agréablement surpris par la quantité, mais surtout la qualité des débats sur ce blog d’Alain Mabanckou. En fait sur l’article proposé je ne fait que retrouver la grande portée intellectuelle de Musi que j’ai déja fréquenté.Il a ce don inné de lancer de ces débats qui nous manquent tant à la télé ici au pays, ici tout est vérouillé. Je suis sûr que cela contribue aussi aux abérrations comportementales du congolais dans sa relation vis à vis de l’homme blanc. Comment voulez-vous que le citoyen "lambda" ait la tête haute quant notre "élite" se comporte comme le decrivent si bien Freedalord et Mpwapwala ? je vous assure que c’est revoltant.

  71. Posté par Fabien, le 30 juillet 2006 à 13:55

    Certainement, il faut relativiser l’affirmation selon laquelle, les congolais ou les africains de manière générale, certainement pour cause de séquelles coloniales, se sentaient inférieurs aux Français (pour le cas du Congo), au point de se sentir Français eux aussi et célébrer en liesse ses victoires footballistiques. J’ai eu "le privilège" de suivre les matchs de l’équipe de France à Brazzaville et Pointe-Noire, et je peux effectivement témoigner qu’une certaine ferveur a généralement accompagné la montée en puissance de l’équipe de France en Allemagne, surtout le talent reconfirmé de Zidane. Mais Mr Musi Kanda a oublié de mettre dans le dossier (ou de compléter son analyse sur ce blog), un fait fort inédit ! J’ai été surpris, alors qu’on attendaient (que j’attendais) qu’une certaine tristesse accompagne la défaite de la France en finale du Mondial face à l’Italie, c’est plutôt par une immense joie, un grand bonheur que les congolais (de Pointe-noire seulement ?) constataient les ratés successives des tireurs français lors de l’épreuve des tirs au but. Le dernier penalty inscrit par Grosso, fut le détenteur d’une grande clameur dans la ville de Pointe-noire. A en croire certains articles parus dans la presse, notamment dans le très sérieux "La Semaine Africaine", ce fut également le cas à Brazzaville. Alors que penser et comment interpréter ces événements contradictoires ?

  72. Posté par Freedaworld, le 31 juillet 2006 à 10:35

    Pour répondre à Petite Momie...

    je suis d’accord, il ne faut pas en vouloir au Vigile, il est aveugle, il n’a jamais connu autre réalité que celle là ; la supériorité du blanc.

    cependant, ce n’est pas que le vigile qui est au pays qui tremble devant l’homme blanc mais aussi souvent celui au dessus de lui, regardons au sommet de la nation nous verrons que nos hommes politiques tremblent devant l’homme blanc ; pourquoi cette incapacité à se dégager de l’autorité occidentale ? Eux qui sont sensés être instruits, qui savent la valeur de leurs pays, qui devraient au contraire montrer plus de fierté ?

    Même certains noirs de France ont ce même complexe. Je ne dirais pas que c’est inné comme portement, juste qu’il faut se secouer et savoir se poser les bonnes questions. Tout ceci résulte de notre éducation, séquelles de la colonisation où on nous a bourré le crâne de mensonges. Moi je condamne ceux qui ont la possibilité de changer leur vision fausse du monde et ne le font pas.

    C’est un problème profond ! regardez par exemple ce document sur la RDC combien on a colonisé les esprits par les livres http://www.cobelco.org/Agenda/colo_racisme.htm

  73. Posté par epena-kibossi, le 31 juillet 2006 à 19:26

    bonjour Alain certe c’est avec retard que je prenne gout à ton blog que je decouvre sur congopage.En lisant cet article ... du point de vue footbalistique je ne serais pas contre mais s’il faut l’etre, je serai contre la construction de ce que j’appelle le musée de la Honte. Comme a dit Karl Max pour moi le football c’est aussi un peu de l’opium à temps reduit. Donc ces personnes qui ont celebré la victoire française ce sont des fans de " l’equipe de france " et surtout que la France n’etait pas favorite avec cette etiquette eliminer le grand Bresil d’ou cet engouement. Ce n’etait pas le cas lorsque la France a battu l’espagne ... Je pense que le sport reste le moyen par lequel on s’oublie et on laisse parlé l’ame de joie. Mais des actes comme des musées ou l’on dedié à une personne ça c’est bien reflechi et voir le cout cela me fait plus que mal quand je connais bien mon pays avec toutes ses pluies de problemes. Souvent je me dis pourquoi pas un musée de Francklin Boukaka lui au moins dans sa langue il m’a appris que le candidat quelque soit le motif de la candidature me rend (citoyen) tres important pendant les echeances et apres je ne suis plus important. Où encore pourquoi ne pas promouvoir des ecoles de litterature et de poesie dans notre pays car c’est à mon avis les seuls coté de la fierté nationale. Avec tous les grands noms de l’ecriture qu’on a ... Pour finir comme c’est mon premier commentaire sur ton blog j’etais tres tres content en regardant le journal de TV5 d’entendre parler d’un livré ecris par un congolais comme moi remporté un prix que Dieu te benisse. Avant la precision de ta nationalité par le journaliste j’ai meme cru que c’etait un congolais de la RDC mais merci que ce fut le notre. Du doyen Malonga à la generation future en passant par Henri lopes je dis congo viva dans la litterature.

  74. Posté par De_Brazzaville, le 31 juillet 2006 à 21:48

    Une BREVE reponse a Kitumba avant de revenir sur la suite du debat. Cher kitumba, premierement "stupid thought" ne signifie pas personne stupide mais plutot pensee stupide. Et Dieu seul sait combien il nous arrive d’avoir des pensees betes (apres tout on est humain comme les autres) mais le plus important c’est de savoir ce que l’on fait avec. C’est pourquoi j’ai dit que l’auteur de cet article devait prendre le temps de reflechir et peser ses arguments avant de se mettre a ecrire et publier ses pensees. 2eme point : je ne reflechi pas a la maniere de Lissouba ni celle de Sassou car je n’ai nullement l’intention de diriger le Congo ni de me presenter comme l’homme providentiel qui viendra resoudre tous les maux du Congo. Ma reflexion est axee vers une autre forme d’engagement pour la cause noire (et africaine en general). Le Congo est pour moi l’exemple que je connais le mieux car c’est la ou je suis ne et c’est la que j’ai grandi. C’est la aussi que vivent les personnes qui me sont cheres : ma famille, mes amis d’enfance, .... Je crois que les gens qui viennent sur ce forum le font a l’idee de discuter et partager les idees avec d’autres congolais sur les questions qui concernent le Congo (et l’Afrique dans une moindre mesure). C’est aussi une facon de reflechir sur le sort du pays. Et ces compatriotes internautes ne sont pas tous des potentiels Lissouba ou Sassou. Si tu choisis de ne pas penser aux devenir du Congo, c’est ton choix et je le respecte. Quant a moi, je ne peux pas ne pas le faire : c’est plus fort que moi. Une fois de plus : Reflechir sur le Congo ne signifie nullement qu’on reflechi a la maniere de Sassou ni de Lissouba car ils n’ont jamais ete pour moi des modeles.

    Pour revenir au debat, j’ai aime l’idee emise par Freedaworld, Petite Momie a propos des idees preconcues quant a la soi-disant superiorite de la race blanche. Une chose est sure, les images que l’on montre en occident a propos de l’Afrique et tout le bazard que l’on voit est fait de facon delibere. A cet effet, la semaine derniere, j’ai eu la chance de tomber sur le livre

    Lies My Teacher Told Me : Everything Your American History Textbook Got Wrong ecrit par James W. Loewen

    Il est extrement interessant. On devait le conseiller meme dans nos programmes d’histoire. Il est tellement interessant que je suis reste certains jours tard dans la nuit pour le lire. Je ne sais pas s’il y a une traduction en francais mais je souhaite vivement que ceux qui ont la possibilite de le lire le lise. Pour ceux qui sont en Europe (ou meme en Afrique), je suis sur que vous pouvez trouver ca dans les bibliotheques de vos villes ou dans les centres culturels americains. Ce livre pourra apporter beaucoup de reponses par rapport a certaines des questions que l’on se pose au sujet des rapports en les noirs et les blancs.

  75. Posté par kitumba, le 1er août 2006 à 21:53

    DE_BRAZZAVILLE,je crois t’avoir posé la question si tu pensais que l’auteur de l’article fut stupide....bref . Quant à la meute de sassou et el prof lissouba, ils n’ont jamais été encore moins qu’ils me sont des modèles, là dessus tu peux dormir tranquillement.

    "Si tu choisis de ne pas penser aux devenir du Congo, c’est ton choix et je le respecte. Quant a moi, je ne peux pas ne pas le faire : c’est plus fort que moi." Bien sûr que je pense au congo, à l’afrique par dessus tout sinon pourquoi diable serais-je venu traîner mes godillots sur ce blog ? Heureusement que supposant que le congo ne me préoccupait pas , tu y joins le respect de mon opinion, ce qui est admirable à bien d’égards, même si à cela le jeu n’en vaut pas la chandelle car on est plutôt du même bord "faire que le congo,que l’afrique toute entière ne soit plus corvéable à merci et manipulée, mutilée par nos dictatuers et l’occident complaisant" , mais chacun avec ses idées .

    Merci pour le livre que tu nous recommnades, espérant qu’on le trouvera dans les librairies de la "francia".

    Toi qui es du côté des états-unis,peux-tu me conseiller un livre parlant du Colonel Harland Sanders (créateur de la chaîne de restauration KFC)et de sa supposée affiliation avec le KU KLUX KLAN auquel il aurait semble t-il légué 10% de ses bénéfices,d’autres sources prétendent que le vaillant colonel possédait de nombreux esclaves noirs. Les livres que j’ai pu trouver sur lui, ne parlent de son côté papa noel , soucieux de gaver ses gosses de frites et de " fried chicken".Quiconque croit savoir qqch sur lui, pourrait me renseigner.

    Amicalement,

  76. Posté par Mayombe82, le 2 août 2006 à 09:05

    Kitumba, ah ! ces valeureux capitaines d’industrie ! Qu’est ce qu’on n’apprend pas sur eux ! Le fondateur d’Ikéa (une des plus grosses fortunes mondiales), 80 ans aujourd’hui, avait milité dans sa jeunesse au parti nazi local ; Poilâne, fondateur du fameux pain très diététique prisé par les riches des bords de Seine et d’ailleurs était un généreux contributeur du FN de Le Pen (il tenait à ce que cela ne se sache point). Dois-je aussi parler du Mollah Omar de Libreville qui lui aussi finance le FN ? @+, M82

  77. Posté par Kitumba !!!, le 2 août 2006 à 12:40

    Mayombe, quelle confidence , le mollah Omar de libreville couvrant de pétro-cfa jean marie et Marine Cie ? Si ce que tu dis est avéré, alors là, le nabaud de l’ogoué n’a pas fini de nous faire voir des vertes et de pas mûres...Conclusion Le pen nous aime tous négros, mais seuleument quand est chez nous, comme le vaillant dictateur rapace ,noble gendre de el général 5S des armées de l’alima. Il ne reste plus que la meute de sarkozy et des Finkelkraut pour financer la TRIBU KA !!!!

  78. Posté par tchikoumbi, le 2 août 2006 à 17:46

    Cela fait longtemps que je n’ai pas visité ce site et c’est vraiment par hasard que je suis tombée sur ce blog et j’en suis ravie tant par la qualité des points de vue que par la lecture des idées qui rejoignent mes convictions Afrocentristes !Contrairement à ce qu’on pense il y a une grande partie des africains qui font 1 travaille de fond pour éclairer nos frères qu’ils soient ici ou en Afrique.Mais ce n’est pas gagné !Pour revenir au débat je suis tout à fait d’accord avec petit momie, DOW ,freedaworld,les Congolais et les AFRICAINS qu’ils soient ici en occident ou encore au pays en genéral ne se sont pas encore débarrassé de ce complexe d’inferiorité.Le fait que certains brazzavillois cèlebrent la victoire de l’équipe de france n’est pas anondin .Ce rapport à la france est tout simplement lié à la colonisation et pas à autre chose. Moi même il m’a fallu du temps pour comprendre à quel point j’étais alienée culturement !!!cette alienation est tellement insidieuse que si on ne prend pas le temps de réfléchir dessus et ne la voit pas .Un jour à strasbourg saint denis alors que je cherchais 1 distributeur pour retirer de l’argent, une jeune africaine s’est approchée de moi pour me proposer de me faire coiffer , je lui ai dit que j’en avais pas besoin, elle a insisté en me disant que c’était mieux pour moi , car avec mes cheveux crépus (afro car depuis 2 ans j’ai décidé de garder mes cheveux crépus )j’avais l’air d’une villageoise .Je l’ai regardée et je lui ai expliqué que je me sentais belle avec mes cheveux crépus et que pour sa gouverne les cheveux des africaines sont naturellement crépus et non lisse comme ce qu’on brûle avec les produits de défrissage, elle m’a prise pour une marsienne.

  79. Posté par Mayombe82, le 3 août 2006 à 17:35

    “(...) elle a insisté en me disant que c’était mieux pour moi , car avec mes cheveux crépus (afro car depuis 2 ans j’ai décidé de garder mes cheveux crépus )j’avais l’air d’une villageoise .Je l’ai regardée et je lui ai expliqué que je me sentais belle avec mes cheveux crépus et que pour sa gouverne les cheveux des africaines sont naturellement crépus et non lisse comme ce qu’on brûle avec les produits de défrissage,” : JE DIS BRAVO ! Avec les pieds et les mains ! @+, M82

  80. le 4 août 2006 à 13:49

    les pieds aussi disent Bravo !

  81. Posté par Petite Momie, le 4 août 2006 à 14:05

    Freedaworld a écrit : Tout ceci résulte de notre éducation, séquelles de la colonisation où on nous a bourré le crâne de mensonges. Moi je condamne ceux qui ont la possibilité de changer leur vision fausse du monde et ne le font pas.

    Je suis d’accord avec vous l’ami.

    Les fautifs sont ceux qui ont la possibilité de changer leur vision des choses mais qui restent cois.

    Et ces hommes et ces femmes capables de faire quelque chose, c’est nous et vous.

    Par notre langage, notre attitude, nous pouvons transmettre un message aux autres, à nos enfants surtout. leur dire que l’homme soit disant blanc n’a rien de supérieur à nous. Il rit quand il est content, se fâche quand quelque chose l’irrite, pleure quand il est triste. Nous faisons la même chose, alors en quoi devons nous nous considérer comme inférieurs ?

    Ne commettons pas la même erreur que nos ainés, nos maîtres, nos pères qui nous ont appris qu’il fallait imiter le "blanc", chercher à tout prix à devenir comme lui.

    Qu’est ce que je suis agacée de voir des africains nés en Afrique , grandis là bas, résidants en France depuis quelques années et qui veulent coûte que coûte obtenir une quelconque reconnaissance de leur appartenance à cette terre française.

    "je suis bourguignon" hurlent les uns, "je suis breton" revendiquent les autres. Mais où va t-on ? A t-on déja vu un français résidant au Congo réclamer une quelconque appartenance à l’éthnie Mbochi, vili ou Congo ?

    On ne choisi pas d’être ou de ne pas être. On ne devrait pas se battre pour affirmer ce que l’on est.

    on ne choisi pas ce que l’on veut être, on devrait simplement se contenter de prendre ce que l’on est.

    Notre nature est innée, nous la reflètons par notre manière d’être, d’agir, de penser, par la forme de nos traits.

    Quand nous avons besoin de nous battre pour que les autres acceptent notre nature. Cela veut dire que cette nature que nous revendiquons n’est pas la notre.

  82. Posté par De_Brazzaville, le 4 août 2006 à 23:35

    Salut Kitumba, Je n’ai pas trouve le livre sur le Colonel Sanders parlant de son affiliation au KKK. Sur internet, les sites que j’ai trouve disent qu’il s’agit d’une fausse rumeur. Voici un site qui en parle

    http://en.wikipedia.org/wiki/Rumor_in_African_American_culture

    Si je trouve un livre a ce sujet, je ne manquerai pas de te donner les references. Passe un bon week-end

  83. Posté par kitumba, le 5 août 2006 à 00:20

    OK, merci de_brazza, j’ai lu son histoire et celle de la rumeur de son appartenanec au KKK sur wikipedia,bref !!! je suis resté sur ma faim.

  84. Posté par ania, le 7 août 2006 à 17:48

    Moi, ça me touche de savoir que des Africains se sont enthousiasmés pour les succès de l’équipe de France de foot. Je suis peut-être "innocente", voire un peu "stupide", mais je n’y vois pas particulièrement de "l’aliénation".

    Quelle qu’ait été l’histoire, quelles qu’aient été la dureté et la cruauté de nos liens, il n’est pas honteux qu’il reste quelque chose de positif entre Congolais et Français. Une langue partagée, des éléments culturels communs, où trouvez-vous que cela soit honteux ?

    On ne peut pas faire table rase du passé, et je suppose que les Congolais d’aujourd’hui, sont à la fois le fruit de leur propre culture ET le fruit d’une histoire française. C’est compliqué, j’imagine, de vivre avec un passé douloureux, mais essayer d’aller de l’avant malgré les difficultés vaut mieux que de cultiver du ressentiment et de la haine.

  85. Posté par Freedaworld, le 8 août 2006 à 16:19

    Pour répondre à Petite Momie

    je suis tout à fait d’accord avec ce que tu as dit plus haut (post 81). Ce sont ceux qui ont grandi au pays qui revendiquent le plus leur appartenance à la France, ce sont aussi eux qui ont l’accent français le plus prononcé, qui parlent de leur pays en disant "votre pays là", ils se renient eux même en reniant leur racine, ça c’est le plus grave. Quelque soit la condition d’un pays, ses citoyens ne doivent jamais avoir honte de ce qu’ils sont, d’où ils viennent. C’est ce manque de fierté et de patriotisme qui nous bloque... quand on ne s’aime pas, on n’avance pas.

    Freed.

  86. Posté par Petite Momie, le 9 août 2006 à 15:43

    Freedaworld a écrit : "Quelque soit la condition d’un pays, ses citoyens ne doivent jamais avoir honte de ce qu’ils sont, d’où ils viennent."

    Bravo !!!!

  87. Posté par Sènami, le 12 juin 2007 à 17:38

    Bonjour à tous mes frères, j’arrive assez tard mais pas grave. Tout ce que j’aimerai vous dire c’est de faire de vos cicatrices une force, pour moi, si nous sommes sur terre c’est parce que nous le méritons autant que les autre et que par conséquent nous avons de la valeur, donc mettons le nous dans la tête, nous sommes forts, nous sommes beaux et nous en valons autant que les autres ; faisons cela tout en nous respectant par la même occasion, soyons intègres et soyons des hommes et des femmes dignes. je sais nous pouvons y arriver.

    De la part d’une bénino-togolaise qui aime l’AFRIQUE et les africains, et cela tous sans exception, car nous sommes tous des frères. Africa United ! Bisous à tous

  88. Posté par Simon Pierre de Mombassa, le 16 juillet 2007 à 14:24

    salut à tous, message tardif à ce forum intéressant. merci grand-frère pour ce débat riche. juste pour dire qu’à mon humble avis, la question à se poser aujourd’hui est : qui est africain ? je ne dis pas c’est quoi être africain aujourd’hui, mais qui est africain véritablement parlant ? car recolonisation, c’est une certitude désormais, il y aura, mais pas des puissances de l’hémisphère nord comme hier, mais des africains par les "africains" fustrés et troublés en mal de beaucoup de "choses", elle sera fatale à notre peuple. le problème c’est nous, la solution c’est nous.

    De la part d’un frère réellement panafricain qui vous prie d’éviter ces hypocrites opportunistes pénétrées de mépris pour nous... et faciles à reconnaître par leurs discours bien soporifiques.

    bien à vous.

  89. Posté par kasaku, le 8 avril 2008 à 22:11

    je suis tellement deçu quand nous fils du pays nous n arrivons pas à prendre nos responsabilites au serieux qui viendra nous aider unitule de s’ affoler contre la france mais c’est à nous de prendre l’ etandard pour lutter contrer les gaspillage de l argentdu pays.

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