vendredi8 septembre 2006

Choses vécues (4) : Enregistrement de l’émission "Le Bateau Livre", France 5

En France on se plaint désormais de l’absence d’émissions littéraires à la télévision. On ne parlerait plus de livres, les télévisions programmeraient ces émissions à des heures tardives. Bref, la littérature serait l’enfant pauvre du petit écran ! Toutefois, il en reste une, animée par Frédéric Ferney sur La Cinq (France 5), LE BATEAU LIVRE, et dont la première sera diffusée le matin du dimanche 10 septembre prochain à 10h10. J’ai participé à l’enregistrement il y a quelques jours, aux côtés de Yann Moix (Panthéon, éd. Grasset), Christine Angot (Rendez-vous, éd. Flammarion) et Yasmina Khadra (Les Sirènes de Bagdad, éd. Julliard).

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F. Ferney

L’occasion donc pour moi de vous livrer quelques moments de cette émission en avant-première. Elle se déroule en plein coeur de Paris, dans un bateau "ammaré" sur la Seine. Les auteurs arrivent tous escortés de leur attachée de presse, et, le moins qu’on puisse dire c’est que nous nous toisons les uns les autres. On calme son trac comme on peut, et on tend à peine l’oreille aux blagues de circonstances censées nous doper. C’est la première fois que je croisais Christine Angot et Yann Moix. Yasmina Khadra est un ami de longue date. L’animateur, Frédéric Ferney, m’avait prévenu : « Nous allons commencer avec un échange entre vous et Yann Moix, un regard croisé entre vos deux livres ».

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Y. Moix

Les gens bien intentionnés - et il y en a toujours, je vous dis - m’avaient averti : Yann Moix est très égocentrique, faites attention ! A ce point ? Je suis d’ordinaire hostile aux préjugés, sachant que les gens ne sont pas forcément ce que les autres pensent d’eux. On ne juge pas de loin, il faut se rapprocher, écouter, lire dans le regard la personnalité d’un individu. La réalisatrice du Bateau Livre m’avait envoyé le livre de Moix. J’avais donc lu son Panthéon à la lettre, un livre qui m’a d’ailleurs plu malgré la charcuterie que cet auteur ne cesse de subir dans les journaux. C’est un homme distant dès le départ, puis je l’ai vu s’intéresser à ce que je faisais. Je lui parle de mon ami Daniel Picouly qu’il brocarde un peu dans son livre en l’appelant Daniel Bigoudy. Il s’écrie, semble ne pas porter le personnage dans son cœur.

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C. Angot

On passe à autre chose. « Il ne faut pas que nous discutions dès maintenant de nos livres, sinon nous n’aurions plus rien à dire au moment du tournage », me lance-t-il. Et nous parlons des Etats-Unis, de son film Podium qu’il avait réalisé lui-même. Quelques petits fours ici et là. Un peu de vin rouge, puis le maquillage, puis l’installation sur le plateau, et enfin le tournage...

Yann Moix étonne tout le monde, avec ce ton libre. Il « chie » sur l’Académie française. Nous entrons dans le débat sous l’oeil amusé de Frédéric Ferney. On me demande comment j’enseignerais Panthéon aux étudiants américains. On pose à Yann Moix la même question au sujet de mon livre. Yasmina Khadra et Christine Angot nous regardent par le moniteur dans une autre cabine du bateau. Ils nous remplaceront successivement juste après le débat. Et nous les écouterons plus tard. Angot est très impériale, beaucoup sur la défensive certes, mais efficace dans ses arguments.

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Y. Khadra

Khadra est pragmatique, rappelle le sens de ses derniers livres qui en appellent au dialogue entre l’Occident et l’Orient. Il souligne son parcours, son changement de nom, sa venue en France, ses traductions dans d’autres langues. Puis on se congratule à la fin - pouvions-nous faire autrement ? Un dernier pot, dernières accolades. Avant de quitter le bateau, nous voyons arriver les auteurs qui composeront le plateau d’un autre Bateau Livre : Patrick Rambaut (Le Chat botté, Grasset) auteur que j’ai connu à Saint-Malo lors de la remise du "Prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs", et qui me lance, sourire aux livres et cendrier portatif à la main : Les temps sont durs, n’est-ce pas ? Il y a aussi Stéphane Audeguy, déjà rencontré au festival de Manosque l’année dernière. Il vient de publier Fils unique chez Gallimard. Il y a enfin Gérard Oberlé, excellent chroniqueur du magazine Lire, auteur d’un livre paru le 6 septembre, Itinéraire spiritueux, aux éditions Grasset) ...


Le Bateau livre, diffusion le dimanche matin, 10 septembre, sur France 5, à 10h10.

Commentaires

  1. Posté par May, le 8 septembre 2006 à 13:07

    Cher hôte de ce blog,

    Vous me surprenez... Allez, dites-nous en quelques lignes ce que vous avez aimé dans le livre de Moix ?

    Vous êtes poli avec vos contemporains, et cela vous honore... Vous ne faites pas partie de ceux que cet auteur dézingue dans son "roman", et n’avez sans doute pas envie de vous abaisser à ce niveau là, mais je ne vous crois tout simplement pas, quand vous dites que Panthéon vous a plu...

  2. Posté par Joey the kong, le 8 septembre 2006 à 13:08

    Belle expérience.

    J’aime beaucoup cette émission. L’animateur sait écouter et mettre en valeur le propos de ses invités. Dommage qu’elle passe le dimanche matin, jour du Seigneur. J’essayerai de me la faire enregistrer.

    En tant qu’écrivain il y a des tribunes, des émissions que l’on souhaiterait "faire", je suppose comme j’imagine un jeune joueur de tennis arrivant sur le circuit serait tout ému d’être interviewé par Mats Wilander par exemple. L’émission "Le Bateau livre" en fait elle partie partie pour toi ?

    Joey

  3. Posté par A. Mabanckou, le 8 septembre 2006 à 13:24

    May,

    La lecture d’un roman est subjective. Quand j’ai lu Yann Moix, je n’ai pas gardé en tête les critiques hostiles de la presse sur son nouveau roman, Panthéon. J’ai aimé sa folie, son côté journal d’une époque mitterrandienne. En cela, son livre est bel et bien une vraie photographie des années socialistes. Et puis, il promène son regard sur les auteurs que j’aime bien... Maintenant, qu’on le houspille, là n’est pas le problème, il en restera toujours quelque chose... mais on l’invite toutefois dans toutes les grandes émissions ! Curieux, non ? C’est sans doute qu’il y a débat, et Moix a su soulever les passions...

    Joey,

    Tout espace qui parle du livre est important pour la littérature - il faut éprouver autant de plaisir à participer à une grande émission qu’à une émission d’une petite radio associative qui n’émet que dans le quartier.

    Bien à vous

  4. Posté par Mayombe82, le 8 septembre 2006 à 13:51

    Frédéric Ferney est l’un des rares animateurs qui donne encore un sens à la TV française. Il m’arrive de suivre son émission, et il faut bien le dire en fonction des auteurs. En dehors des traditionnels auteurs français, j’ai pu y voir passer l’Ivoirien Kofi Yahulé, les Africains-Américains Toni Morrison qui parlait RE-MAR-QUA-BLE-MENT de son livre Beloved et Eddy L. Harris. Le plus chiant c’est que l’émission passe avant téléfoot...

    Yann Moix a un rapport que je qualifierai d’étrange avec les années Mitterrand : il les évoque souvent et je m’étais toujours dit qu’il coucherait sur des tas de feuilles : c’est fait. Ce garçon a l’air d’être courageux, la tête sur les épaules, dit ce qu’il pense sans crainte de fâcher. En plus il donne son gsm en direct à la télé juste après avoir dit un truc désagréable au sujet du fion d’un homosexuel. Il a ramé pour connaître cette sorte de gloire qu’il savoure, ce gamin d’Orléans.

    J’ai aimé le jour où Ch. Angot a quitté le plateau de télé d’Ardisson : grand moment de télévision comme je les aime. J’aime parfois la comparer à la Belge Amélie Nothomb : mais cette dernière est mille plus drôle.

    Mohamed Moulessehoul, alias Yasmina Khadra, est peut-être l’auteur maghrébin de polars le plus prolifique (en tout cas reconnu). Quand je le lis et l’entends, lui, l’officier qui a connu les années brûlantes avec la montée du FIS et des GIA, je pense souvent à ces officiers congolais dont on attend désespérément les témoignages écrits sur nos récents conflits. Trop désespérément.

    Je regarderai. Au moins les 2 1ers invités. @+, M82

  5. le 8 septembre 2006 à 14:04

    Mayombe, tu n’as pas pu rater Waberi qui y est déjà passé au moins trois fois, que Ferney qualifie d’abonné. Il y a aussi ses émissions en tête à tête avec Chamoiseau. L’émission est la plus intéressante du genre et la plus ouverte sur le monde.

  6. Posté par Mayombe82, le 8 septembre 2006 à 14:08

    Merci à l’aimable inconnu(e) qui me rappelle les passages de A. Waberi (Ascar ?) et P. Chamoiseau. Hélas, je n’y ai vu le Normand qu’une seule fois, et jamais le Caribéen. @+, M82

  7. Posté par Nes, le 8 septembre 2006 à 15:07

    J’espère qu’une telle émission sera un jour disponible sur TV5

  8. Posté par Freedaworld, le 8 septembre 2006 à 15:13

    Y. Moix je l’ai vu à la télé, je n’ai pas lu son oeuvre, mais je n’ai pas aimé le personnage il passe son temps à dire des phrases qui n’ont aucun sens juste pour paraîre "monsieur coup de gueule", juste histoire de se la show off tout le temps. Il a le regard qui hurle, le verbe qui assome, mais le discours est creux, peut être que s’il était plus calme le discours sonnerait plus vrai.

    C’est vrai ! je ne l’ai vu qu’une fois, je verrai l’émission du 10 histoire de me faire une autre opinion. Bref, je pense que si certains font une critique négative de son oeuvre, c’est qu’ils jugent un peu l’Homme.

  9. Posté par karo’kin, le 8 septembre 2006 à 15:55

    J’ai un bon souvenir de cette émission de Ferney un jour consacrée aux auteurs haïtiens avec, notamment, Frankétienne, Gary Victor (je crois...).

    L’un/l’une de vous peut m’enregistrer l’émission du 10 ?

    Etrange cette nuit... Après qu’une amie me fasse lecture de Laferrière (Cette Grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ? ) figurez vous que j’ai rêvé d’Alain Mabanckou : """ Une lecture publique dans un lieu parisien abominable, il ne portait ni gapette ni béret. Costume gris. Non je n’étais pas une grande blonde américaine !!!""" Ce matin je saute dans le métro et tombe nez à nez avec - non pas Mabanckou... - mais la réclame Télérama des Propos coupés-décalés d’un nègre presque ordinaire...

    Le vin était-il bon sur cette péniche ?

    Bonnes journées

  10. Posté par gilda, le 8 septembre 2006 à 16:02

    Je manque souvent le Bateau Livre car depuis 2 ou 3 ans regarder la télé me demande un réel effort, il faut pratiquement que j’inscrive une émission sur mon agenda pour ne pas l’oublier et si j’en enregistre une grosse K7 elle reste ensuite à s’empoussiérer dans son coin.

    Néanmoins, j’en ai vu certains (bateaux livres), entre autre l’an passé sur la littérature de jeunesse et qui était formidable.

    J’ai déjà vu Ferney au travail dans des débats sur différents salons du livre et je me dis qu’il prépare bien ses interventions, qu’il respecte ses invités et qu’il sait leur laisser suffisamment de champ pour des vraies réponses, ce qui de nos jours est assez remarquable.

    Je vais d’autant plus regretter de ne pas pouvoir regarder dimanche en plus que j’aime beaucoup Yasmina Khadra (son opus de "Maîtresse en maillot de bain" chez Aprèslalune m’a particulièrement émue).

    Ce n’est sans doute pas si surprenant que les personnes ne ressemblent pas aux à-priori qu’on tente de nous glisser sur elles. Tout le monde n’est pas pareil avec tout le monde et c’est encore plus vrai dés lors qu’on est médiatisé. Se dessine alors en plus de la complexité de tout être humain une sorte d’ombre portée qui est sa personnalité publique, l’image que les gens ont d’elle, ce qui ne simplifie pas.

    Intéressante relation de l’envers du décors, en tout cas.

  11. Posté par Mère Evé de Paris, le 8 septembre 2006 à 16:56

    En effet, notre hôte est partout en ce moment ! L’affiche de sa nouvelle en supplément de Télérama dans le métro et aussi une interview sur Direct8 hier soir...

  12. Posté par Mathey, le 8 septembre 2006 à 18:57

    Cher Mabanckou,

    qu’entendez-vous par "la lecture d’un roman est subjective" ?

    je vous remercie d’avance de bien vouloir ne pas éluder cette question.

    La critique littéraire ne saurait, ce me semble, etre subjective ; sinon, elle n’aurait pas sa place dans les universités.Les études littéraires n’ont pas le droit d’etre subjectives...La subjectivité qui a envahi les études littéraires est largement à l’origine du manque de sérieux dont certains taxent la critique littéraire - tant journalistique qu’universitaire. C’est là où le bat blesse. Tant que la majorité des critiques ne comprendront pas qu’il est possible de démontrer scientifiquement qu’une oeuvre littéraire est,esthétiquement, réussie ou qu’elle n’est pas très folichon, ils continueront à donner l’impression que la critique littéraire n’est que de la blague...

    Bien amicalement

  13. Posté par cathy, le 8 septembre 2006 à 19:19

    Mère Evé,

    Direct 8 , pardonnez mon ignorance, mais c’est quoi ? Désolée d’être assi peu renseignée !

  14. le 8 septembre 2006 à 20:17

    direct 8 = chaine tv française de TNT

  15. Posté par May, le 8 septembre 2006 à 21:47

    Cher hôte de ce blog,

    Vous êtes décidément un gentil garçon, vous qui savez qu’il y a une foule de raisons pour lesquelles de piètres auteurs peuvent être conviés, y compris dans des émissions dites grandes, et dont le présentateur a la réputation de lire les textes.

    Enfin, Moix ne peut pas être complètement mauvais : il aime votre livre (l’émission a été diffusée ce jeudi en première partie de soirée, sur France 5).

    Cher Mathey,

    La critique littéraire ne peut être que subjective.

    En effet, on choisit toujours son obédience théorique en fonction de sa sensibilité.

    Il y a des dizaines d’écoles en la matière (critique jungienne, lacanienne, déconstructiviste, féministe, sociologique... pour ne donner que quelques exemples des chapelles auxquelles peuvent appartenir les professeurs d’université), et ces prismes finissent par se valoir, car ils sont purement subjectifs.

    En effet, en vertu de quoi et au non de quel principe faudrait-il analyser les romans en se basant sur les théories freudiennes plutôt que d’une autre manière ?

    Au final, ce qui compte et qui vaut la peine, c’est ce qui se passe entre le lecteur ordinaire, et le livre qu’il lit.

  16. Posté par Timba bema, le 8 septembre 2006 à 22:20

    « Suceuses céliniennes, fellations proustiennes

    Les céliniennes avec les trois petits points... Celles qui te faisaient languir un peu au bout de chaque phrase, goutte à goutte dans leur salive, et hop elles s’exclamaient, avec un immense coup de langue inouï, inexplicable, ou un coup de langue inné, inexpliqué, violent, un coup de langue OVNI qui venait te surprendre, et qui venait te tuer à plein frisson, et c’était le point d’exclamation célinien. La langue ! Le style. Célinien. Le léchage par cette sorte d’à-coups ; cette sorte d’acupuncture avec des fléchettes, et même avec des flèches tout court, qu’était la langue de Louis-Ferdinand Céline. Les suceuses céliniennes n’étaient jamais laborieuses ; elles étaient saccadées ; elles te saccadaient la couille ; elles étaient hachées ; elles surprenaient ta bite. C’était l’orgasme par surprise ; c’était le plaisir-surprise. Comme dans une pochette surprise. C’était une surprise ; tu étais surpris. Une sorte de hardiesse ; une énergie d’énergie ; tu recevais comme des décharges électriques. C’était un plaisir quasiment par hématomes - des hématomes de langue, des hématomes, des bleus linguaux (linguals : j’avais toujours détesté les pluriels en " aux " des adjectifs en " als ") et linguistiques, puisque nous étions dans la littérature. Il y avait la suceuse proustienne, les longues promenades mélancoliques dans tes couilles, elle surfait sur ta couille, avec une lenteur spéciale, une gravité très profonde et qui insistait, revenait, ne s’épuisait pratiquement jamais. Une fellation dont on pensait qu’elle durerait toujours, qu’elle ne s’arrêterait jamais plus. Une fellation qui déclenchait un frisson rempli de mémoire, car à chaque seconde ce frisson contenait tous les frissons éprouvés depuis le début de la fellation ; une hystérésis de plaisir ; le plaisir qui drainait, transportait, sous forme d’une indescriptible alluvion, sa propre mémoire. Un plaisir fleuve ! Une frontière floue entre la sensation d’avant, de pendant, et d’après. Un plaisir qui s’étendait, irradiait, à chaque coup de langue de la vraie salope qui t’entreprenait notorialement la queue, la bite, le sexe, le pénis, le gland, la " biroute " - mais " biroute ", il fallait bien le dire, c’était très daté, comme " PaRtouZ ". » (Yann Moix, PartouZ, Grasset, 2004)

  17. Posté par A. Mabanckou, le 8 septembre 2006 à 22:58

    Mathey, le post 15 de May répond clairement à la question. Je fais miennes ses analyses,

    Par ailleurs, May, c’est normal que tu aies déjà vu l’émission Bateau Livre sur France le jeudi passé, il s’agit de la diffusion sur TNT, et il faut avoir le boitier. Ce dimanche par contre l’émission est diffusée sur France 5 analogique (la chaîne standard), visible sans boitier de la TNT.

    Bien à vous,

  18. Posté par A. Mabanckou, le 8 septembre 2006 à 23:03

    Mère Evé,

    Je n’ai pas pris le métro aujourd’hui - j’ai beaucoup marché ! Par conséquent je n’ai pas vu les pub de Télérama dans les stations sur ma nouvelle - Propos coupés décalés d’un nègre presque ordinaire - qui paraît dans leur hebdomadaire le 20 septembre prochain. Par contre ces jours-ci ne manquez pas tous le numéro de Télérama qui est en kiosque, c’est la nouvelle de mon confrère Eric Chevillard qui est en supplément.

  19. Posté par Boris, le 9 septembre 2006 à 03:56

    Ainsi donc a cette emission il y avait un negre, un arabe, une femme et un muzungu. Qui a dit que la France n’etait pas multiraciale, hein ? qui a ose dire que les francais sont des racistes ?

  20. Posté par May, le 9 septembre 2006 à 08:13

    Comme notre amie, j’ai vu les publicités de Télérama dans le métro.

    Je dois dire que je suis ravie de voir des écrivains issus d’Afrique, être lus et appréciés pour l’univers très personnel qu’ils proposent au lecteur.

    J’ai hâte de lire cette nouvelle de notre hôte, et de voir si elle s’inscrit dans le même cycle d’écriture que Verre Cassé et Mémoires de Porc-Epic, ou si elle annonce la prochaine période de création de Mabanckou.

    Elle ne nous sera pas livrée tout de suite, vu que tous les media de France et de Navarre se l’arrachent !

  21. Posté par Alain Serbin, le 9 septembre 2006 à 10:21

    J’aime les délires. Raison pour laquelle Alain Mabanckou m’a intéressé avec son "Verre Cassé", un roman qu’aucun écrivain Africain actuel n’osait écrire ! Yann Moix est un fou-atypique comme je les aime. Il dit ce qu’il veut et fait ce qu’il veut. Ce côté anarchiste me plaît. Mais là où il me surprend c’est ce qu’il écrit de Daniel Picouly (à lire une nouvelle lnédite "Plagiat" parue dans ELLE). Le dernier roman de Yann Moix "Panthéon" est une curiosité à découvrir. Cette façon de raconter sa naissance depuis le foetus de sa mère...Un délire de plus. Je regarderai demain l’émission Bateau Livre.

  22. Posté par Timba Bema, le 9 septembre 2006 à 14:50

    Alain Serbin, peux-tu me dire dans quel sens « “Verre Cassé”,[est] un roman qu’aucun écrivain Africain actuel n’osait écrire [?] » Merci de ta réponse...

  23. Posté par mathey, le 9 septembre 2006 à 15:53

    Cher May, cher Mabanckou,

    l’ experience contemporaine nous renseigne que la plupart des critiques litteraires adoptent une approche subjective.A cet egard, vous avez raison. Cependant, c’ est une erreur. La procede subjectif est, a mon avis, superficiel parce qu’ il ne permet nullement d’ entretenir l’ intersubjectivite - j’ entend l’ objectivite- qui doit characteriser une science.

    La plupart des critiques font fi de l’ analyse semiotique, qui constitue, en fait, la premiere etape d’ une critique litteraire serieuse. Quand bien meme ils la realisent, ils passent souvent a l’ interpretation, sans livrer aux auditeurs, au telespectateurs ou aux lecteurs les raisons qui les poussent a avancer certaines propositions ou theses.

    Il y a certes plusieurs theories en critique litteraire, mais il n y a qu’ une seule maniere serieuse d’ analyser une oeuvre ;il s’ agit de l’ analyse semiotique. Les theories, celle que May a evoquees ci-dessus, facilitent l’ interpretation. Avant d’ interpreter une oeuvre, on doit d’ abord l’ analyser semiotiquement...C’ est dans le cadre de l’ analyse semiotique qu’ on pourra savoir si une oeuvre est de bourre ou si elle ne vaut pas tripette.

    Bien amicalement

  24. Posté par Lilly, le 9 septembre 2006 à 17:10

    Oh Mathey, quelle pompe, quel serieux ! Critique objective : ca sonne comme un oxymore non ? Dire que je pensais que la litterature etait un art et non une science exacte !

  25. Posté par May, le 9 septembre 2006 à 17:35

    Cher Mathey,

    Je vois où vous voulez en venir, mais là encore, je ne suis pas d’accord avec vous.

    D’abord, la sémiologie, on ne fait que cela durant des années, lorsqu’on est étudiant en Lettres, en tout cas en France.

    Ce n’est que quand on en est gavé, et croyez-moi, je sais de quoi je parle, qu’on peut enfin passer à l’interprétation, et lire les textes de manière plus sensible (et subjective).

    Pourquoi ne suis-je pas une adepte de la sémiologie en littérature ? C’est que cet outil a tendance à nous faire oublier qu’en la matière, la question ne saurait être scientifique mais esthétique (et subjective).

    Certains auteurs sont très intéressants sur ce plan là, à cause de leur travail sur les formes, à cause des postulats théoriques qui ont présidé à l’élaboration de leur travail, mais si ces auteurs ne franchissent pas les portes de l’université, c’est bien qu’il leur manque quelque chose.

    Ils sont intellectuellement brillants, et ne parlent pourtant qu’à quelques spécialistes de la branlette intellectuelle.

    Or, lire un livre, c’est comme écouter une pièce de musique. On ne doit pas être obligé de maîtriser la technique pour être touché. Et la virtuosité technique n’est pas ce qui fait, à mes yeux les grands artistes, que ce soit en littérature ou dans un autre domaine.

    Techniquement, Billie Holliday pourrait être considérée comme une mauvaise chanteuse, et Barbara aussi.

    En effet, elles chantent faux, selon les critères techniques établis, si on devait strictement s’y tenir. Mais elles on créé une esthétique propre à elles, et trouvé le moyen d’atteindre une virtuosité d’expression qui touche les auditeurs.

    Pour moi, la littérature se place aussi sur ce terrain là.

    Alors, je comprends que vous prôniez une critique littéraire qui instruise mieux le lecteur, quant aux compétences techniques des auteurs.

    Je crois que si cette forme de critique n’est pas produite dans la presse grand public, c’est parce que ce n’est pas ce que le lecteur (qui est avant tout un acheteur de cette presse) réclame.

    N’étant pas nécessairement un spécialiste de la science littéraire (rhétorique, stylistique, linguistique, structures, ponctuation, motifs...), il veut quand même pouvoir lire des romans. C’est son droit.

    Et puis, pensez-vous qu’on puisse et même qu’on doive forcément lire toute la littérature mondiale de la même manière ? Cette sémiologie dont nous parlons est une approche occidentale des Lettres. Pourquoi serait-elle la meilleure ?

    Laissons les romanciers composer leurs romans avec leur vécu, leur imagination, leur sensibilité. Laissons-les créer les formes qu’ils veulent, celles qui sortent d’eux, sans forcément se les expliquer à eux-mêmes. La manière cartésienne n’a rien de supérieur aux autres.

    La critique littéraire est-elle une blague ? Mais oui, mon cher.Sémiotique ou pas, on reste sur une volonté subjective : vouloir faire de la science, ou vouloir faire oeuvre d’art.

  26. Posté par deboghasin, le 10 septembre 2006 à 01:18

    littérature:art ou science ?

    faisant écho à may,la littérature est bien évidemment subjectif,donc un art.

    on n’a pas besoin d’avoir lu plus de cinq livres pour s’en convaincre.

    toutefois, l’on peut démontrer scientifiquement que la littérature n’est pas une science.

    par exemple quand on résoud une équation mathématique simple à la forme a2-b2 qui donne(a-b)(a+b),nous aurons subséquemment pour des valeurs s’inscrivant dans cette formule la même application mathématique et la même suite :x2-4 donne(x-2)(x+2).

    en appliquant alors ce raisonnement inductif en littérature,voyons ce que cela donne:si et seulement si on prend le thème de l’amour comme une valeur X et le commencement ou la fin d’un roman comme une valeur Y,et qu’on se retrouve devant un principe littéraire scientifique à la forme a2-b2 qui stipulerait qu’une oeuvre romantique doive avoir un commencement de principe ou une suite établie,la résultante de cette objectivité recherchée ou de cette scientificité de l’art conduit inexorablement à une littérature de postulats digne d’un théorème de thalès ou de pythagore.

    or,la littérature naît du subjectivisme.elle se nourrit de la liberté.elle se moque souvent des traditions et des principes dogmatiques légendaires.elle titille l’iconoclasme.

    on croit l’avoir déjà dit une fois ici : mettez mille écrivains dans une tour d’ivoire et demandez leur d’accoucher d’un texte sur l’amour avec un plan à la clé,nous aurons bien évidemment mille histoires d’amour subjectives,tronquées,triturées,impudentes,truculentes,érotiques,bref,des plus comiques aux plus tragiques.

    n’en déplaise aux critiques et aux lecteurs inconciliants !

    quant aux mathématiciens,d’une fonction donnée,la réponse est une certitude collective.

    en science,la vérité est dans la certitude.

    la vérité en littérature se trouve dans l’incertitude des rapports d’antipathie et de sympathie des personnages dont l’écrivain comme d’un Dieu,par caprice,par fantaisie ou par conviction,décide de la destinée de sa création.

    bien à vous !

  27. Posté par deboghasin, le 10 septembre 2006 à 02:44

    may,c’est bien "subjective" !

  28. Posté par May, le 10 septembre 2006 à 07:44

    Cher Deboghasin,

    Merci de votre concours que j’apprécie, mais permettez-moi de venir au secours de notre ami Mathey.

    Ce qu’il souhaite, c’est que la critique travaille davantage sur la forme, sur la manière dont les choses sont écrites, plutôt que se focaliser d’emblée sur ce qui est écrit.

    Par exemple, concernant une histoire d’amour, on s’attacherait non pas à son caractère érotique ou tragique, mais à des éléments tels que le travail fait sur la langue, la manière de ponctuer, les figures du discours, la structure du roman.

    On verrait les personnages comme des êtres de papier, et on analyserait les types de caractérisation et de focalisation choisis par le texte...

    On parlerait non pas d’histoire, mais de narration et même de narratologie, pour dire qu’il n’y a pas de rebondissements par exemple, mais des événements narratifs positionnés de manière à produire tel ou tel autre effet.

    Je veux seulement lui dire que même ce travail là, qui peut et doit être fait à froid, s’effectue à travers un type d’analyse des structures, produit par un système de pensée donné.

    C’est aussi ce système que je veux récuser, en disant qu’il ne saurait être la voie unique d’approche de l’art littéraire.

  29. Posté par l’oncle Kengué Paulin, le 10 septembre 2006 à 11:21

    Salut Alain, c’est l’oncle Mâ Kengué dit Tonton Ken.

    Une fois de plus, suis content de toi pour l’émission "le bateau du livre" de ce dimanche 10 septembre. Mais, n’oublies pas qu’avant que tu ne sois dans la salle, j’y étais déjà, ton ombre d’alentours y était déjà. Et, tout ce que tu disais, c’est moi qui te les transmettais avec ma mémoire de porc-épic. Bravo ! Bravo ! encore et encore, une fois encore, Bravo, suis fier de toi, très fier de toi, sans toi je serais pas dans tous ces beaux et hauts lieux à quelques lieues de ma résidence.

    Ah ! na ngué mu ké traverser la méditerranée na makulu.

  30. Posté par jean-michel, le 10 septembre 2006 à 11:25

    Je viens de suivre l’émission sur la 5. C’était sympa !

  31. Posté par La science, le 10 septembre 2006 à 13:09

    "en science,la vérité est dans la certitude" eh bé, avec des arguments commme cela, je ne progresserai jamais !

  32. le 10 septembre 2006 à 13:16

    Science, oh, te moque pas ! On sait que si tu as progressé et continue de le faire, c’est parce que pour toi toute certitude n’est que provisoire. Donc, même pour toi beaucoup de vérités sont relatives, provisoires. C’est pour cela que tu ne cesseras de nous étonner, de nous déboussoler ! Allez, fais pas ton malin !

  33. Posté par Pitou, le 10 septembre 2006 à 14:03

    Bonne émission, j’ai pu découvrir la voix d’Alain ! Moix était intéressant par son côté un peu rebelle, Angot beaucoup moins. Et que dire de la discussion concernant les postiches et parodies : un plaisir.

  34. Posté par Papalagui, le 10 septembre 2006 à 14:52

    Bravo Alain ! Belle rentrée littéraire pour une émission de rentrée. A-t-on toujours besoin de télé pour lire de bons livres ? Pas sûr mais pas sûr que non, non plus. Le dialogue Mabanckou/Moix était de bonne tenue, de bonne facture, très plaisant et, effectivement, F.F. vous a bien sentis sur le registre des pastiches. Tous les deux ne faisaient pas du tout "Gang des postiches", mais protagonistes sincères d’une belle émission, une des rares émissions littéraires qui nous restent. J’ai trouvé l’ensemble des quatre séquences équilibré. Après le duo M/M, il n’est pas sûr que l’on aille lire Mo., mais il est certain -pour ceux qui ne l’aurait pas encore fait- que l’on ira lire Ma. Encore bravo, on n’a pas perdu son temps...

  35. Posté par La science, le 10 septembre 2006 à 15:00

    Oh, je progresse beaucoup plus sur mes incertitudes que sur ce que je sais déjà !

  36. Posté par J-C Taty, le 10 septembre 2006 à 19:51

    Prestation irréprochable d’A. Mabanckou dans cette émission de France 5. Charisme aussi... Bravo, Alain

  37. Posté par J-C Taty, le 10 septembre 2006 à 20:01

    Et j’oubliais : avez-vous remarqué cette casquette que portait notre hôte à l’émission ? Il va falloir qu’il s’en explique ! Je rigole, bien sûr. C’est même marrant de voir qu’on peut combiner un look classique (le beau costume qu’il portait, mais sans cravate) à un look branché (la casquette de Gavroche). Sérieusement, je crois qu’Alain se taille tranquillement sa place dans le cercle de la littérature française, et c’est tant mieux. Longonia papa Alain, biso to zali sima na yo ! ( Bravo Alain, on te soutient).

  38. Posté par Alain Serbin, le 11 septembre 2006 à 11:13

    J’ai suivi l’émission et cela me confirme dans mes choix des auteurs ! Excellent Yasmina Kadra !!! Oui, pour répondre à Timba Bema, "Verre cassé" est un roman très décalé par rapport à tous les romans actuels des écrivains africains. A. Mabanckou s’est laissé aller dans un délire jouissif sur le plan de la lecture et de l’imaginaire. J’ai aimé. Je viens de finir "Mémoires de Porc-épic". C’est tout à fait autre chose. Un conte, je dirai. Le style est emprunté au précédent roman et l’auteur nous dit à la fin que ce manuscrit testamentaire est de Verre Cassé ! Il paraît que c’est une triologie. Donc, on attendra encore la dernière mouture. "Mémoires de Porc-épic" est plus maîtrisé, enraciné dans la mythologie et légende africaine. C’est un roman très bien écrit, sans le délire du soulard du Crédit a voyagé... ! Un très grand roman ! Yann Moix a raison quand il dit que ce livre mériterait le Goncourt !!!

  39. Posté par Bossanga Yves-Noël, le 11 septembre 2006 à 11:51

    Mort de Simon Malley, directeur de "AFRIQUE-ASIE".

    Un militant Africain disparait. Monsieur Mabanckou, votre hommage !!!?

  40. Posté par Mayombe82, le 11 septembre 2006 à 11:57

    Alain S., je ne sais pas si Yann Moix a lu Verre Cassé, mais si le Goncourt devait consister en un duel avec son "petit frère" (Mémoires de porc-épic), je le décernetais plutôt à son aîné... @+, M82

  41. Posté par J-C Taty, le 11 septembre 2006 à 12:15

    Je dirais avec Alain Serbin et avec plus d’insistance que "Verre Cassé" est le livre de toute une génération. Je n’ai rien lu de mieux depuis longtemps chez les auteurs de notre continent ! "Verre Cassé" est un chef d’oeuvre que vient confirmer tout de suite "Mémoires de porc-épic" qui lui, est un très grand livre, original, osé, culotté, malicieux et qui montre sans voies de recours les facettes étendues de l’univers romanesque de notre hôte. Curieusement j’ai lu sans difficulés "Mémoires de porc-épic" alors que j’avais éprouvé quelques difficultés en commençant "Verre Cassé"... Mon épouse avait dû insister pour que je continue. Et là alors, chuuut ! je n’en dis pas plus...

  42. Posté par Cathy, le 11 septembre 2006 à 13:56

    MAY(15) La lectrice ordinaire te répond :

    Un livre, c’est une histoire d’amour entre lui et moi, je ne dirai pas entre l’auteur et moi, car il en est d’exécrable ! Comme le dit si joliment notre hôte dans "les petits-fils nègres de Vercingétorix" "la lecture comme tout acte d’amour, disait-il, néccessite de la tendresse, de la finesse et de l’originalité. On doit courtiser un livre, de la même manière qu’on courtise une femme, jusqu’à mériter sa complicité afin de vivre avec pour le meilleur et pour le pire. il disait encore qu’entre un homme qui lit un beau roman et un homme qui fait l’amour à une femme qu’il aime, les battements de coeurs sont semblables : le souffle est haletant, la circulation sanguine est nerveuse j’usqu’à la jubilation final où après le plaisir, les muscles se relâchent." (page 36) Je suis une femme et la réciproque est juste biensûr.Et j’ajouterai que si l’on "s’emmerde en baisant" (Brassens), ou en lisant, il faut tourner la page !! Cathy

  43. Posté par deboghasin, le 11 septembre 2006 à 15:06

    confessions !

    "ya" alain,comme je l’ai fait,peut-être en d’autres termes ailleurs,permets-moi,de profiter de cet instant,en ce jour(11septembre)de mon 28ème anniversaire,de saluer tout le monde de cette famille d’intelligence qui me donne de temps en temps la joie de réfléchir,discuter,partager,rigoler,bref,de vivre.

    bien à vous !

  44. Posté par Joey, le 11 septembre 2006 à 16:41

    Face à un personnage "turbulent" comme Moix, l’exercice n’était pas aisé. J’avoue qu’au final la présentation des ouvrages m’a paru confuse... histoire d’une enfance sous l’ère mitterandienne ? Fable tournant autour d’un porc-épic qui a lu un passage biblique ? Le meilleur de votre échange n’était sûrement pas à ce niveau. Mais il a été déjà dit ici, l’évocation de la création littéraire sur fond de parodie ou clin d’oeil à... ça été une vrai découverte. Pour le reste, c’était un échange courtois, j’ai cru un instant que Moix n’avait pas lu ton ouvrage et qu’il bottait en touche en te filant un goncourt par "ouïe-dire".

    Le fait que Ferney demande ton point de vue d’enseignant était très intéressant. Alors en route pour le Goncourt ? Je note que tu chies à l’unisson avec Yann Moix sur l’académie française.

    Pour le reste, j’ai aimé la prestation de C. Angot, coutumière du fait et dont la gestuelle abondante m’avait jusqu’à présent donné l’impression qu’elle ne maîtrisait pas son propos. Ferney peut-être. Taquin, pertinent.

    J’ai eu l’envie de découvrir ce livre. Cependant, je trouve qu’elle est, d’après sa description trop proche de son personnage pour que je sois à l’aise dans une éventuelle lecture. Il y a beaucoup de sincerité dans son discours. Je ne sais pas.

    Quant à Khadra, chapeau bas. J’avais l’impression qu’il était dans un tribunal et qu’il était son propre avocat. Etrange dialogue "des civilisations". Remarquable sang-froid, maîtrise du sujet. Intéressant.

    Joey

  45. Posté par Timba Bema , le 11 septembre 2006 à 23:18

    Alain Serbin, je crains que tu n’ais pas répondu à ma question ou alors que je n’y comprenne rien du tout à ton explication. Pour toi, quel est le sens du groupe de mots « n’osait » dans la phrase : « “Verre Cassé”,[est] un roman qu’aucun écrivain Africain actuel n’osait écrire » ? Est-ce à dire qu’ils y auraient pensé mais que pour une raison ou une autre ils se sont retractés ?

  46. Posté par A. Serbin, le 13 septembre 2006 à 08:24

    Oui, Timba Bema, les auteurs africains y auraient pensé mais s’y sont retractés. Alain Mabanckou s’est pris au jeu de la joie d’écrire tout ce qu’il veut sans se soucier de ce que penserait les autres. Et c’est cela le succès de "Verre cassé". Un écrivain chie, baise, délire, se moque, aime ou fornique. Il n’a pas besoin d’avoir peur d’appeler un chat une chatte, un con une couille, un emmerdeur un enculé ¨Ce n’est pas du tout vulgaire,,,comme dirait le professeur Claude Hagège, c’est du français. Mieux : du bon français ! Un dernier mot, pour Timba, le roman a connu du succès justement parce que l’auteur a mieux exprimer les misères morales, le mal être dans ce monde pourri !

  47. Posté par Timba Bema, le 13 septembre 2006 à 12:25

    Merci de m’avoir fait partager ton opinion en la matière A.Serbin...

  48. Posté par Red House, le 15 septembre 2006 à 18:38

    Cher Alain,

    Ton passage à cette émission était très bien et m’a donné envie de lire ton nouveau roman mais par pitié pourquoi porter ce chapeau (weird) qui ne t’avantage pas ??

    Cordialement,

    Red House

  49. Posté par NICOU, le 17 septembre 2006 à 13:31

    Pour moi un livre m’intéresse parce qu’il fait battre mon coeur, que je n’ai pas envie de le quitter et surtout le rendre à qui me l’a prêté, donc je l’achète. C’est ce que j’ai ressenti en lisant les précédants livres de Yasmina Khadra et je vais m’empresser de lire le dernier. Les sujets abordés devraient tous nous passionner car ils sont d’actualité et qu’il a le courage de les aborder avec talent (peu importe ses origines, bien au contraire, c’est faire preuve de courage et de lucidité)

    Merci également aux jeunes libraires de nous faire partager leur amour des livres et particulièrement à Aude qui m’a convaincue de lire "Well". Participer à cette émission est une expérience nouvelle qui est enrichissante intellectuellement pour nous. Je retournerai au Merle Moqueur avec plaisir

    NICOU

  50. le 18 septembre 2006 à 13:18

    Ce qui est étonnant avec notre hôte, c’est qu’il dit du bien du livre de Yann Moix alors qu’il en dit du mal par derrière.

  51. Posté par A. Mabanckou, le 18 septembre 2006 à 14:48

    Cher confrère de plume (et de masque, comme dirait Jérôme Garcin !),

    Si vous n’avez même pas le courage de signer votre post, gardez la lâcheté de vos propos. Je vous connaissais plus courageux, mais les temps semblent vraiment durs, n’est-ce pas ? Combien de fois vous dirais-je que j’ai apprécié le livre de Yann Moix, Panthéon (Grasset, 2006) que je m’apptête d’ailleurs à mettre dans mon programme d’enseignement, n’en déplaise aux moralisateurs ?

  52. Posté par Mayombe82, le 19 septembre 2006 à 13:44

    Alain M., conserve bien cet échange (posts 50 et 51) pour un prochain roman. Pourquoi pas une suite d’African Psycho dont je me souviendrai toute ma vie de la caméra A, de la caméra B, de la caméra C. Je te donne un autre "bandit" : "Sans traces" @+, M82

  53. Posté par May, le 22 septembre 2006 à 08:34

    Cher auteur du post 50,

    Seriez-vous un écrivain jaloux du succès des autres ? Vous allez devoir macérer dans votre bile jusqu’à dissolution complète !

    Le Porc-Epic a les piquants bien acérés, et si les jurys ne le couronnent pas cette année, les lecteurs l’ont déjà fait. Travaillez, prenez de la peine. Vous ne semblez avoir aucun fond.

    Si vous n’êtes pas un écrivain aigri, et d’ailleurs on s’en fiche, pourquoi ne signez-vous pas vos attaques ? Dites-nous où et quand notre hôte a dit du mal de Moix.

    Prouvez la chose, qu’on sache enfin de quoi il retourne.

    si vous n’en êtes pas capable, fermez-la une bonne fois.Moix me sort pas tous les pores, mais Mabanckou en pense ce qu’il veut.

  54. Posté par Siqaso, le 24 septembre 2006 à 11:41

    Cher tous, M. Mabanckou et les blogueurs Sachez que l’émission Le bateau livre reste en ligne pendant 15 jours sur internet et que, sans télé, ni TNT, j’écoute et réécoute cette émission à loisir. Voici l’adresse : http://www.france5.fr/bateau-livre/archives/ puis cliquez sur Ecouter.

  55. Posté par cathy, le 27 septembre 2006 à 22:50

    Sigaso, c’est sympa de nous allécher, mais c’est pas cool, car si je si je ne me trompe pas, 7+15=22, alors on ne peut plus la voir ! Tanpis, on va compenser, Notre hôte participait mardi à une émision sur france culture à 15h27, "le choix des livres" ; il a été excellent, et on peut le réécouter en allant sur le site de france culture en allant sur le site de l’emision et archive, puis écouter, combien de temps ? mystère et boule de gomme, alors allez y ça vaut vraiment le coup ! Dimanche il sera invité à "Cosmopolitaine" émission dans laquelle une autre excellent écrivain, Eugène Ebodé, a été chroniqueur pendant un moment ; il n’y est malheureusement plus ce qui aurait donné du "piquant" , mais ça vaudra le détour, c’est sûr. Elle peut être écoutée toute la semaine sur le site de france inter. je ne sais pas si c’est en première partie 14h05 ou 15h, mais à la radio, je trouve que sa voix n’enlève rien à sa présence par rapport à la télé, c’était même presque plus puissant ! alors, tous à vos radio ! Cathy

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