samedi1er septembre 2007

Achille Mbembe à Paris : l’Afrique et la "guérison" de ses blessures, Nicolas Sarkozy et l’homme africain.

Le Club Millenium, chapeauté par le mensuel Africa International, organise régulièrement des rencontres qui drainent une foule très attentive. J’y ai mis les pieds pour la première fois hier soir. L’endroit, situé au 29 rue du Colisée, dans le 8ème arrondissement, est des plus attrayants. Certes ce n’est pas l’architecture de l’immeuble qui m’avait poussé à y aller mais la présence d’Achille Mbembe, invité pour une conférence afin de réagir aux propos de Nicolas Sarkozy à Dakar au sujet de « l’homme africain ». On pouvait apercevoir le chapeau d’Eugene Ebodé, les « habits traditionnels » de Mevegue ou encore la barbe grise de l’acteur et « doyen » Essomba. Dans cette salle comble et silencieuse, la voix presque cassée et chaleureuse de Mbembe semblait séduire, envoûter une de mes voisins qui se retenait à peine d’applaudir dès que l’orateur approfondissait son analyse, notamment lorsqu’il insistait sur le fait que l’Africain n’avait pas besoin de repentance ou de pardon et que sa préoccupation devrait être celle de savoir comment « guérir » ses blessures. La guérison fut donc le mot de la soirée, avec en toile de fond la pensée de Frantz Fanon qui, selon Mbembe, avait su illustrer la question du colonisé en mettant en exergue l’aspect « curatif » et non l’insipidité de la repentance. Ainsi, pour ne prendre que cet exemple, le racisme serait en quelque sorte le transfert de la maladie, de la folie du raciste vers l’Autre, cet Autre qui devient la victime... Sarkozy n’avait donc pas à chanter l’antienne de la repentance – l’histoire, la littérature, les arts africains sont là pour nous éclairer quant à la richesse et au parcours que le continent africain a suivi jusqu’à présent.

Mais que faire alors ? Hé bien, l’Africain devrait plutôt penser ce qui « sera » et non systématiquement et exclusivement ce qui a été, à l’instar de la démarche d’un Martin Luther King. Notre handicap serait aussi cette difficulté à envisager, voire à inventer le futur du continent. A cet effet, nos penseurs sont loin d’avoir élagué les sentiers même si nous remarquons quelques avancées sur les plans artistique ou littéraire.

Et Sarkozy dans tout ça ? Et la France ? Il ne s’agit pas de tourner le dos à la France ainsi que l’envisage l’historien sénégalais Mamadou Diouf, professeur aux Etats-Unis, souligne Mbembe. Une telle attitude serait suicidaire. En effet, tourner le dos à la France, signifierait faire un trait sur cette "Afrique en France", sur ces Africains devenus français...

Au milieu de l’argumentation de Mbembe, il arrivait que le son se dégrade ou se coupe complètement. Du coup, mon voisin, dont l’agitationn ne cessait de monter, lançait alors : « Le son est parti ??? C’est encore un coup fourré de ce Sarkozy ! Il est vraiment partout ! »

Commentaires

  1. Posté par BAYA Pierre, le 1er septembre 2007 à 09:20

    Alain MABANCKOU vous auriez pu intituler ça : Club Millénium, les Camerounais refont l’Afrique à Paris. J’espère qu’après avoir abreuver leur auditoire de "découvertes scientifiques pour guérir l’Afrique" ils ont payé l’apéro pour tout le monde. J’ai beaucoup de sympathie pour Achille MBEMBE mais je crois qu’il va devoir "muscler" son combat s’il veut continuer à gagner en crédibilité. On ne peut pas infiniment rester à l’abri du statut d’intello et vouloir mener des combats politiques de cette envergure. Il faut qu’il se mouille. Comme Martin Luther KING, comme Marcus GARVEY qui reste un modèle dans ce domaine là (malgré 1 ou 2points sombres). Enseigner en France, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et animer des dîners-débats aux 4 coins de la planète, ça ne suffit plus. Vous êtes son ami dites-lui d’aller au front comme le Mpodol Ruben et de mener des actions concrètes pour réaliser ses idéaux. MBEMBE a clairement invité THURAM à aller en politique en France. Lui MBEMBE a déserté son pays depuis plusieurs années. Un vrai leader sa preche par l’exemple. A moins qu’il n’en soit pas et dans ce cas il faut quand même faire moins d’agitation.

  2. Posté par Ngnagna, le 1er septembre 2007 à 10:18

    Qu’est ce que ça veut dire ?

    Notre handicap serait aussi cette difficulté à envisager, voire à inventer le futur du continent.

    Joseph Pouemi avait démontré la pertinence d’avoir une monnaie indépendante en 1979. La réflexion africaine a été noyée par les discours littéraires de Senghor.

    Et Sarkozy dans tout ça ? Et la France ? Il ne s’agit pas de tourner le dos à la France ainsi que l’envisage l’historien sénégalais Mamadou Diouf, professeur aux Etats-Unis, souligne Mbembe. Une telle attitude serait suicidaire.

    ils ’agit de faire quoi alors ? Mbembé le bilinguisme est indispensable pour sortir, l’abandon du Franc CfA, le remplacement de l’assistance technique par les cadres de la diaspora etc, le rejet du CAMES etc

  3. Posté par Tinibanani, le 1er septembre 2007 à 11:36

    Pierre............................... je ne suis pas à Paris, je ne suis pas Camerounais, mais par l’intermédiaire de ce blog je refais moi aussi l’Afrique et je participe à sa production. On peut avoir un positionnement politique en adoptant une posutre philosophique (pourquoi cela vous gène-t-il autant ?). Par ses dires et ses écrits A.Mbembe a une influence qu’aucun d’entre nous ne peut sur ou sous-estimer : écrire est un acte tout aussi politique q’une manifestation dans la rue ; souvent même c’est par les idéaux que l’on mobilise l’instituant. Décréter que : Enseigner en France, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et animer des dîners-débats aux 4 coins de la planète, ça ne suffit plus me paraît tout aussi insuffisant..........

    Gnagna................................. ce qui serait suicidaire ce serait de nous mettre en contradiction (inutilement à mon sens) avec cette Afrique en France......................

  4. Posté par Mabe Liwa, le 1er septembre 2007 à 11:52

    Encore une voix de plus qui s’élève, pas des moindre. Sarko devrait apprendre à son dépend qu’il lui faudra désormais tourner sept fois sa langue avant de parler aux africains de l’Afrique... Cela dit, le discours que vient de tenir Mbembe, d’après ce que nous rapporte Mabanckou, pose le problème de la relation Afrique-France ; mais pas celle dite FrançAfrique qui représenterait cette association magico-fétichiste de la pharmaçonnerie...

    Oui, nous ne devrons "pas tourner le dos" à la France parce qu’on le veuille ou non, nos destins sont, malheureusement ou heureusement, liés. Mbembe le souligne si bien en faisant parler le Pr Mamadou. Dans ce sens, j’aimerais entendre et comprendre que l’africain devra regarder les français et tous les autres européens ou américains, droit dans les yeux, en se tenant bien debout avec toute la longueur de son corps. L’Africain se doit d’arreter de se croire incapable, un bon à rien, parce qu’un blanc le lui avait dit...

    Tous ces discours que l’élite africaine tient sont bons ; mais il faut les tenir aussi en terre africaine. Car le français peut ou ne pas preter son oreille à ces vérités venues des africains. Les choses ne bougeront pas dans ces conditions, si la prise de conscience ne s’enracine pas en Afrique. N’oublions pas que la France considère les peuples africains comme des grands enfants ; et, elle n’est pas prète à voir l’Afrique sortir de cette position abjecte. Commençons donc par réellement aimer l’Afrique ; alors l’aimer avec tous ses défauts et qualités. Cela nous permettra de changer ces défauts en qualités. C’est cela, à mon avis chercher à "guérir l’Afrique".

    Vive l’Afrique.

  5. Posté par Fosse sceptique, le 1er septembre 2007 à 15:13

    Chapeau bas à Mr Baya, qui refuse de crier bravo avec les génuflecteurs et obséquieux complimenteurs des grands « intellectuels people » Africains. Au moins, Mr Baya prend la peine de présenter l’addition à ces messieux. La question fondamentale de Baya, qui restera certainement sans réponse car nos intellectuels préfèrent parler de rentrée littéraire ou des discours de Sarkozy, est la suivante : Nos intellectuels people craignent d’affronter les pouvoirs établis (Africains), refusent de payer de leur personne (tout en delivrant des ordonnances au petit peuple Africain, depuis leurs tanières étrangères), ne prennent aucune part active dans la vie politique, sociale et souvent même intellectuelle et culturelle de leur pays, ... Vu leur maigre participation à la vie Africaine sur le terrain (oui l’Afrique n’est pas morte, son poul bât encore) On a du mal, aujourd’hui, à imaginer quel impact ces gens peuvent avoir sur l’opinion ou les pouvoirs en place. Ce ne sont pas un ou deux colloques à Paris qui changeront les choses, en depis de ce que peuvent penser les pom-pom girls du blog. Car les temps ont changé. En Afrique ausi les choses evoluent. Il y a risque de voir nos gentils intellos se transformer tout doucement en caricatures pensantes totalement superflues à nos réalités de tous les jours.

  6. Posté par silvos, le 1er septembre 2007 à 17:07

    discours de sarkozy à dakar....encore et toujours ! et finalement je trouve qu’on tourne autour du pot, on se laisse distraire et finalement on ne fait plus rien. je ne pense que nous africains, devons commencer à penser "afrique" en nous positionnant par rapport à un certain discours. c’est ce ki a été fait depuis toujours et le resultat a été tjrs désastreux : on réagit après la provacation ! les points qui me semblent essentiels et sur lesquels on devrait refléchir sont les suivants :

    - Pourquoi nous africains devrions nous attendre que l’ami Sarkozi nous parle de l’afrique ( en bien ou en mal) avant de sauter comme des cabris sur son discours et crier à tue tête " ah il nous a insulté le salaud". N’est ce pas là jouer aux grands enfants et donner parfois raison à sarko ?
    - Le fait que sarko tienne même un tel discours à notre égard prouve à suffisance que jamais nous n’avons pu nous faire respecter comme il se doit. un tel discours ne peut aucunement être tenu ni en chine ni en inde ni ailleurs sauf....en afrique !

    je crois que nous devons savoir raison garder et nous mettre sérieusement à travailler, main dans la main, pour que l’afrique d’aujourd’hui puisse espérer sortir de l’engrenage....

    par exemple Archille Membé au lieu de courir derrière le discours de sarko et en faire un cheval de bataille devrait penser à faire la même chose à l’égard des discours de nos vieux demons de dictateurs...il économisera du temps et de l’énergie mais surtout ce serait même très utile et pertinent...

  7. Posté par Ngnagna, le 1er septembre 2007 à 21:59

    A cet effet, nos penseurs sont loin d’avoir élagué les sentiers même si nous remarquons quelques avancées sur les plans artistique ou littéraire.

    Ils sont nombreux à avoir élaboré une réflexion sur l’Afrique dans les domaines politiques et économiques. Tout simplement ils ne sont pas écoutés, pas lus, pas enseignés à l’école.

    Tinibanani

    ce qui serait suicidaire ce serait de nous mettre en contradiction (inutilement à mon sens) avec cette Afrique en France

    qu’est ce que tu veux dire ? Je ne vois en quoi la réciprocité entre la France et l’Afrique serait fatale pour « cette Afrique en France ».

    Mabe Liwa

    la France parce qu’on le veuille ou non, nos destins sont, malheureusement ou heureusement, liés.

    Le développement de l’Afrique noire francophone ne dépend pas de la France mais d’elle même. Il ne tient qu’aux africains d’abandonner le Franc CFA, et d’adopter l’anglais comme seconde langue et j’en passe.

    Mabe Liwa

    mais il faut les tenir aussi en terre africaine.

    ils sont tenus en Afrique seulement les médias d’Etat et internationaux ont autre chose à montrer, les partis politiques autre chose défendre. Aminata traoré au Mali , Mathias Owona Nguini au Cameroun etc. Ils sont esseulés Mabe Liwa, ils ont besoin de relais

  8. Posté par Ngnagna, le 1er septembre 2007 à 22:14

    Silvos

    je crois que nous devons savoir raison garder et nous mettre sérieusement à travailler, main dans la main, pour que l’afrique d’aujourd’hui puisse espérer sortir de l’engrenage

    Il faut se défaire des structures dépassées héritées de la colonisation sinon le fruit du travail ne cessera d’être drainer vers la France via le CFA et les succursales de banques françaises... Les intellos ne doivent pas être abandonnés, ils doivent être relayés partout.

  9. Posté par Ngnagna, le 1er septembre 2007 à 22:18

    Vous êtes son ami dites-lui d’aller au front comme le Mpodol Ruben et de mener des actions concrètes pour réaliser ses idéaux.

    C’est l’Afrique entière qui doit suivre le combat de Ruben Um Nyobé. A Mbembé est juste là pour éclairer le peuple pour qu’il se fasse sa propre opinion.

  10. Posté par Ngnagna, le 1er septembre 2007 à 22:20

    On sensibilise plus les africains sur le SIDA que le FMI, le Franc CFA etc qui sont pourtant plus nocifs

  11. Posté par djanbaar, le 1er septembre 2007 à 22:41

    Comme disent les camerounais "je wonder sur vous hein !", pour dire que vous m’étonnez beaucoup.

    Comment des gens qui veulent (re)construire l’Afrique posent déjà comme préalable :

    "Il ne s’agit pas de tourner le dos à la France (...). Une telle attitude serait suicidaire.".

    Ça c’est n’importe quoi. Il s’agit de développer l’Afrique, par les africains et pour les africains. Et si pour ce faire il faut "tourner le dos à la France", alors il n’y a pas à hésiter, il n’y a même pas à penser à hésiter. Même la langue française, rien ne nous oblige à la conserver.

    Hey Hello !! C’est quoi ce conditionnement mental colonial là ?

    Qu’est-ce que la France nous apporte tant, pour que lui tourner le dos soit suicidaire ? Il faut arrêter ce reflexe de colonisé : oui il existe une vie en dehors de la France.

    En effet, tourner le dos à la France, signifierait faire un trait sur cette "Afrique en France", sur ces Africains devenus français...

    Lol, mais c’est JUSTEMENT à cela que nous devons arriver si nous voulons nous prendre en charge. Que ces africains qui ont crû que leurs ancêtres étaient gaulois redeviennent AFRICAINS.

  12. Posté par TEASER, le 2 septembre 2007 à 04:42

    Bien dit,poste 11. Pourquoi Mbembe et les autres sont-ils si choqués par les propos de S...que les autres ? Parce que ces derniers sont moins naïfs à propos du mépris profond des élites françaises pour les africains ! "Suicidaire" dit-il ;mais cette réponse est fausse et inutile à poser car, ce que cherche tous les pays d’Afrique, c’est d’être libre de penser leur destin. Tout État se doit d’avoir des échanges, d’être en relation. Sortir du Cames oui ; mais que Mbembe propose... Par contre, j’ai trouvé son intervention sur RFI très bien, pleine de verve et talentueuse ; lui si souvent mesuré dans ses propos. Je l’ai réécouté plusieurs fois et tout y était juste. Bon courage.

  13. Posté par BAYA Pierre, le 2 septembre 2007 à 12:14

    djanbaar,

    Ne versons pas dans l’extrémisme. Quand MBEMBE dit que tourner le dos à la France serait suicidaire parce que cela signifierait faire un trait sur ces Africains devenus Français, il faudrait d’abord essayer de voir si inconsciemment il n’objective pas simplement sa propre situation ou celle de sa progéniture etc et en défend les intérêts.

    Plus sérieusement, lorsque vous dites aux Africains de rejeter la France et amener « ces africains qui ont cru que leurs ancêtres étaient gaulois redeviennent AFRICAINS » j’ai envie de vous demander comment vous comptez y arriver ? Par décret ? ou alors en claquant des doigts ? Contrairement à MBEMBE vous êtes dans des discours philosophiques que j’entends depuis le début du 19ème siècle : redevenir Africain, être un vrai Africain, etc. Je pense que les descendants de gaulois sont gaulois quelle que soit leur couleur de peau. Ils sont gaulois et même s’ils sont Noirs seule l’Histoire se chargera de le leur apprendre. Un Antillais n’est pas un Africain et ne le "redeviendra" donc pas. Il est descendant d’Africain c’est tout. Moi je suis bantou. J’appartiens à une descendance ethnique qu’on retrouve au Liberia, au Togo, au Bénin et au Cameroun. Je n’ai pas pour autant ces 4 nationalités. Condy Rice et OBAMA sont Américains. Seule l’Histoire les lient à l’Afrique. Ils ne sont pas Africains et ne "redeviendront" jamais Africains. Idem pour TOBIRA ET CESAIRE. MBEMBE ne semble d’ailleurs pas vouloir que ces Français noirs "redeviennent" Africains. Il suggère simplement aux Africains de ne pas faire comme si la France et l’Afrique ne se sont jamais croisées car cela laisserait la possibilité à d’autres de réinventer l’Histoire et de raconter des mensonges à nos cousins des Dom-Tom devenus Français malgré eux. Par ailleurs ce ne serait pas seulement suicidaire mais aussi stupide et maso de tourner le dos à l’une des plus grandes puissances du monde. Ce que nous devons demander et avec la plus forte insistance à la France et aux Français c’est une redéfinition de nos rapports, plus d’équité, plus de respect, plus d’humanité : fin du paternalisme et du soutien aux chefs d’Etat pas démocrates, révision des règles du commerce,etc. Je comprends que par reflexe réactionnaire vous disiez "il existe une vie en dehors de la France". Soit ! Avez vous seulement essayé d’évaluer les dégâts qu’une rupture soudaine des relations entre la France et les pays d’Afrique pourrait causer ? On peut disserter à l’infini sur la responsabilité de la France dans la misère de l’Afrique. Les arguments ne manquent pas sur ce sujet là. Mais que font les intellectuels africains plein d’idées pour le continent ? Ils s’expriment dans les restaurants et écrivent des lettres que Sarkozy ne lit même pas. Ils se planquent bien au chaud en Occident, fustigent sans arrêt les faiblesses des partis d’opposition africains, attendent que le saint-esprit chassent les dictateurs au pouvoir. Les intellectuels en Inde ou en Chine ou même en France n’ont pas attendu l’oeuvre salvatrice du saint-esprit pour débarquer au pouvoir comme des deus ex machina et distribuer le bonheur à tout le peuple. Des intellectuels gros diseux petits faiseux on en a que trop en Afrique. S’ils n’ont pas les couilles pour se mouiller alors qu’ils arrêtent d’emmerder les gens avec leurs gros diplômes, leurs gros ventres, leurs grosses gravates et leurs grosses femmes blanches. Ils ne disent absolument rien que leurs prédecesseurs "je-sais-tout" n’ont pas dit. Qu’ils se mouillent comme Nyerere, comme Mandela, comme Lumumba, comme Um Nyobe etc ou alors qu’ils la ferment. En politique quand on estime être un éclairé et qu’on veut défendre son peuple on va à la bataille. On ne dit pas "j’éclaire le peuple avec mes écrits", c’est trop facile. On ne se cache pas derrière un gros titre d’intellectuel de merde pour sermoner les gens sans arrêt. Tous ces diplômés poltrons que leurs copains appellent "intellectuels" devraient avoir honte. Prenons le cas du Cameroun. Ruben UM NYOBE qui n’a jamais eu son Bac n’a pourtant jamais eu peur d’affronter la France et la Grande-Bretagne réunies sur des questions politiques, économiques, et juridiques précises, s’est rendu plusieurs fois à l’ONU pour défendre les intérêts de son pays, et a payé de sa vie pour la liberté du Cameroun. Aujourd’hui on voit des charlatans, avec des Cv longs de 5 pages, qui ne vivent que pour leur ventre, dorment dans les hôtels 5 étoiles toute l’année, vont au Club Millénium aux frais de Africa International et donnent des leçons à tout le monde. Les gros diplômes ne sont plus un gage de légitimité qui vaille. Vous avez des solutions miracle pour l’Afrique ? Bravo. Maintenant allez à la lutte si vous en avez dans la culotte. La noblesse est dans les actes qu’on pose. Elle n’est pas dans les diplômes qu’on a eus. Vous êtes de très hauts diplômés c’est vrai. Mais vous êtes des intellectuels de quoi ? Auto-proclamés ou proclamés par vos amis qui attendent que vous leur retourniez cette appelation d’origine incontrôlée. Lumumba et Um Nyobe sont des intellectuels parce qu’ils ont acquis dans d’autres domaines une légitimité qu’ils ont investi en politique pour défendre des causes connues. Les 4 ou 5 mangeurs de bâtons de manioc qui se sont retrouvés au Club Millénium sont intellectuels parce qu’ils ont fait quoi ? Parce qu’ils ont des diplômes ? Ils citent Martin Luther KING à longueur de conférences comme pour se donner de la contenance alors qu’ils n’ont pas le courage d’aller affronter un petit dictateur en Afrique. Quelle connerie ! Bande de petits charlatans sans couilles !

  14. Posté par Daioris, le 2 septembre 2007 à 12:53

    Ngnagna : Le développement de l’Afrique noire francophone ne dépend pas de la France mais d’elle même. Il ne tient qu’aux africains d’abandonner le Franc CFA, et d’adopter l’anglais comme seconde langue

    Lol... ceci dit, le changement doit se faire de l’intérieur et en profondeur, afin d’oter cette impression de sujétion à la France qui n’a pas lieu d’être... Ne plus parler français n’est pas véritablement utile (on voit bien que le Québec par exemple, ancienne colonie française, parle français au coeur des US, et ne se sent pas une seule seconde dépendante de la France à l’heure actuelle, d’autant plus que le français n’est pas l’apanage de la gaule, mais la 5e langue la plus parlée au monde !) mais peut être plutôt symbolique, comme un déclencheur à cette prise de conscience...

    Mabe Liwa : Dans ce sens, j’aimerais entendre et comprendre que l’africain devra regarder les français et tous les autres européens ou américains, droit dans les yeux, en se tenant bien debout avec toute la longueur de son corps. L’Africain se doit d’arreter de se croire incapable, un bon à rien, parce qu’un blanc le lui avait dit...

    C’est vraiment bien dit, je suis entièrement d’accord avec cette vision des choses... C’est voir plus loin, marcher vers la construction de l’avenir et la reconstruction d’une estime africaine si souvent piétinée précédemment et dont les stigmates brillent encore tous les jours ! Bravo Mabe Liwa ! Vive l’Afrique !

  15. Posté par Daioris, le 2 septembre 2007 à 13:08

    Je suis tout à fait d’accord avec Baya dans le post 13... Mais n’oubliez pas que sans intellectuels, rien ne bougerait jamais non plus. En général, dans les grandes révolutions du monde, ce sont ces mêmes intellectuels non mouilleurs de Q, qui sont parvenus uniquement par leurs mots et leur charisme, à faire bouger les foules jusqu’aux émeutes (exemple : c’est la petite aristocratie française qui a provoqué la Révolution de 1789)... En cela je rejoins la parole de Ngnagna qui disait que le véritable problème, c’est que les intellectuels africains, même très impliqués, ne sont pas écoutés... Qu’ils aillent ou non au front, s’ils ne sont pas suivis, ils n’iront quand bien même ils auraient toute la volonté du monde, pas très loin ! Il est clair que les intellos de haut vol si je puis dire, pourraient ou plutôt devraient utiliser leur notoriété pour AGIR plutôt que blablater à longueur de temps les mêmes trips...

  16. Posté par mintou, le 2 septembre 2007 à 13:59

    poste9. Héia pour ceux qui n’ont jamais rien inventé, pour ceux qui n’ont jamais rien créé, pour ceux qui ne répondent pas aux insultes de toutes sortes. Souffrez que vos intellectuels courageux répondent aux insultes qui vous sont adressées et saluez leur courage car sous d’autres cieux ça s’écoute. Ceci n’aurait pas le même impact que si c’est un français qui le faisait à votre place. Maintenant que l’intellectuel joue son rôle, faites le votre, descendez dans la rue et réclamez vos droits. Invitez le à prendre la tête de vos mouvements et il ne vous abandonnera pas.

  17. Posté par Molékinzela, le 2 septembre 2007 à 15:24

    Qu’est-ce qu’un Intellectuel ?

    Tout le monde parle d’"intellectuel" mais peu de personnes se sont attachées à définir ce qu’est un "intellectuel" ?

    Je préfère pour ma part utiliser un terme beaucoup moins prétentieux de "personne instruite" (scolairement et universitairement parlant...).

    S’il fallait à tout prix faire usage du terme "intellectuel", je dirais que mon grand-père analphabète mais détenteur d’une excellente culture traditionnelle, d’une bonne finesse de raisonnement, d’un bon niveau d’adaptation et de compréhension des situations sociale etc... est un "intellectuel". Il est simplement une personne intelligente (bien que non instruite scolairement parlant).

    Chaque fois que je discute avec lui, j’apprends beaucoup sur la vie... la compréhension des êtres humains... de us et coutumes de notre pays....

    Certes, il y a également beauoup de choses dans vie contemporaine qui échappent à son niveau de copréhension du fait du déficit de l’instruction scolaire. Mais on peut également, en appliquant le même raisonnement à l’endroit de certains de nos scripto-élucubrateurs professionnels auto-estampillés "intellectuels", penser qu’ils font preuve souvent, dans leur raisonnement, d’un déficit incroyable de connaissance et de compréhension de nos sociétés.

    Comme je l’ai dit à un autre post dans ce blog, les "intellectuels africains", ceux qu’on appelle en des termes peu élogieux, les "Bac + 10" sont souvent victimes d’une forme d’"orthopédie mentale" néfaste, façonnée par les études qu’ils ont faites. Ils ont souvent tendance, même si ce n’est pas la règle générale, à fonctionner par "plaquage" ou "pseudo adaptation" des recettes toutes faites, à quelques virgules tropicales près....

    Dans le cas du Congo, on a pu voir dans les années 70, une cargaison d’"intellectuels" s’évertuer à appliquer mécaniquement dans le cadre du fonctionnement des relations de travail en entreprise, le principe de la "trilogie déterminante" découlant tout droit des thèses marxistes léninistes très en vogue à l’époque.

    Inutile de vous faire le point sur les conséquences néfastes de l’application de ces formes de "technologies sociales" importées et plaquées sur le fonctionnement des entreprises de nos pays.

    On a pu voir également, ces mêmes "intellectuels africains" faire preuve de "perroquetisme" (selon une expression chère à Gramsci), en expliquant tous nos maux selon les théories du Centre et de la Périphérie économique, très à la mode à l’époque, développées par l’économiste égyptien Samir Amin etc...

    Enfin, sans que ce soit une règle générale, l’"intellectuel africain", se caractérise souvent par sa versatilité et son opportunisme : chacun de nous n’aura aucune peine à trouver autour de lui, des "intellectuels" au jugement très critique et virulent envers les pouvoirs en place dans nos pays pendant qu’ils sont en Europe, se transformer, une fois rentrés au pays, en "conseillers" et "chantres" inconditionnels de nos clepto-nécrocrates en service. Les grosses liasses de CFA, ayant entre temps, réussi à exercer un effet désinhibiteur efficace sur les prises de positions antérieures.

    A cet effet, nos gouvernements rengorgent d’anciens membres de la FEANF (Fédération des étudiants d’Afrique Noire), reconvertis en alliers inconditionnels des régimes politiques en place.

    Il me paraît donc illusoir d’attendre tout changement important dans nos pays, découler forcément de l’action des "intellectuels".

  18. Posté par Baboyabalinga, le 2 septembre 2007 à 16:14

    Ce qui est dommage c’est cette manière de vouloir faire la bronca aux français et leur président. Nous sommes là tous les jours à parler et critiquer la politique française. Que sommes-nous face à la France ? Rien ! Il y en a beaucoup qui se prétende être congolais, camerounais, gabonais, africains en somme. Que font-ils pour l’Afrique ? Rien ! Tout ce qu’ils font c’est pour la France. Les impôts, les documents historiques, les livres et tout c’est pour la France. Ils sont d’ailleurs français mais la majeur partie des membres de leur famille sont congolais, camerounais… et ces membres de leur famille souffrent en Afrique. Certains se tuent en voulant traverser les océans pour devenir eux aussi écrivains, historiens, footballeurs français… et critiquer la France par la suite.

    Au Congo-Brazza par exemple il n’y a pas de vraie démocratie. Il n’y a rien de bien qui marche fort en somme, par la faute d’un pouvoir étatique et clanique. Aucun de nos intellectuels réputés mondial n’y fait de conférence ou des critiques ciblées. Mais quand Sarkozy fait sa critique à lui sur l’Afrique, voilà tous les ratés de l’Afrique viennent pour défendre l’Afrique. Diable, mais que font-ils pour que l’Afrique soit mieux ? Rien, si ce n’est allé lécher les pieds de nos dictateurs pour qu’ils restent encore au pouvoir pour nous détruire. Sarkozy et les français sont pour des gens qui protègent leur intérêt. Tant qu’ils protégeront les intérêts français, la traite négrière ils s’en foutent, d’ailleurs ils l’ont fait pour les mêmes raisons d’intérêt.

    Qu’attendez-vous que Sarkozy nous raconte ? Il s’en fout du reste. Nos intellectuels qui ont la possibilité de faire savoir à nos dictateurs par le biais de leurs blogs que ces dictateurs sont nuls pour l’Afrique par des critiques concrètes et justes. Mais ils ne font rien. Ils attendent que ce soit Sarkozy qui le fasse. Là encore nous attendrons le diable sans queue. Que faisons-nous ? Nous attendons que Sarkozy parle pour venir faire des grands discours qui n’emmènent à rien. Les plus frileux eux attendent qu’un de leur ami courageux parle pour venir critiquer par son intermédiaire. Où va-t-on ?

  19. Posté par Molékinzela, le 2 septembre 2007 à 18:21

    Contrairement à une représentation mentale encore de cours, le profil de nos chefs d’Etat est en train d’évoluer.

    Les états africains ne sont plus dirigés uniquement par des présidents de la république peu instruits et qui auraient besoin de s’entourer d’une ribambelle de conseillers surdiplômés... Certains pays comme le Benin (Soglo, yayi), le Togo (Eyadéma fils), le Congo (Lissouba), Mali (Konaré) le Sénégal (Wade), la Côte d’Ivoire (Bagbo) etc... ont été ou sont déjà dirigés par des présidents au pedegree universitaire élogieux qu’on appelle communément des "intellectuels".

    Ces chefs d’état "intellectuels africains" ont-ils été ou sont ils plus compétents que les "papa bock", Mobutu des année 70 ?

    Permettez-moi d’en douter...

    Le profil d’un chef d’état africain des années 2000 n’est plus forcément le même que celui des années 70 ou 80 avec les Amin Dada et autres Bockassa... Il a évolué comme je viens de le montrer.

    Je n’ai pas le sentiment, dans le cas du Benin, que la gouvernance d’un Soglo (Enarque et haut fonctionnaire de la banque mondial), ait été particulièrement salutaire pour son pays.

    Pour ce qui est du reste, le passage des "intellectuels" ne semble pas, à mon sens, avoir eu des effets marquants sur le développement de leur pays.

    Tout au plus , se plaisent-ils à postériori, à externaliser les raisons de leurs échecs ou de leurs incompétences par des facteurs exogènes (on les a empêché de... c’est à cause de la chute des cours des matières premières... de la dévaluation du franc CFA... de la France... des Etat Unis, etc...).

    Un "intellectuel africain" se trouve toujours de mauvaises raisons pour justifier son incompétence.

  20. Posté par Ngnagna, le 2 septembre 2007 à 18:33

    Mais que font les intellectuels africains plein d’idées pour le continent ? Ils s’expriment dans les restaurants et écrivent des lettres que Sarkozy ne lit même pas.

    Que font les réligieux, les fonctionnaires, les commerçants, les députés, les journalistes africains ? C’est un combat collectif, les intellectuels ne doivent pas être utilisés comme bouc émissaire.C’est toujours sur une démission collective que les tyrans fondent leur puissance Maurice Druon.

    Daioris

    Ne plus parler français n’est pas véritablement utile

    il ne s’agit pas d’abandonner totalement le français, mais de donner aux citoyens africains(étudiants, commerçants, scientifiques etc) une ouverture sur le monde anglo-saxon, et une abolition du clivage francophone/anglophone en Afrique et aux gouvernements des relations plus direct avec le monde anglo-saxon. La langue est encore un facteur de balkanisation de l’Afrique.

  21. Posté par Ngnagna, le 2 septembre 2007 à 18:44

    Molékinzela

    Certains pays comme le Benin (Soglo, yayi), le Togo (Eyadéma fils), le Congo (Lissouba), Mali (Konaré) le Sénégal (Wade), la Côte d’Ivoire (Bagbo) etc... ont été ou sont déjà dirigés par des présidents au pedegree universitaire élogieux qu’on appelle communément des "intellectuels".

    Amadou Toumani Touré, Sassou, Bongo, Bozizé ont quels diplômes universitaires ?

  22. Posté par Ngnagna, le 2 septembre 2007 à 18:55

    Je pense qu’une contestation médiatique des intellos africains en France pourrait avoir un impact Baya. Veulent-ils utiliser le pouvoir qu’ils ont là bas ? J’aimerais bien voir Mabanckou défendre l’adoption de la langue anglaise au Congo, la sortie du CAMES pour avoir un système de professorat plus conforme aux besoins de formation des congolais et etc. Malheureseument la liberté c’est aussi ça : choisir le silence

  23. Posté par djanbaar, le 2 septembre 2007 à 19:17

    djanbaar,

    Ne versons pas dans l’extrémisme.

    Si pour vous être prêt à couper les ponts avec la France c’est de l’extremisme, mon cher, c’est qu’on n’est pas près d’être sorti de l’auberge. Et relisez-moi bien. Je dis ceci : on ne peut pas vouloir construire l’Afrique en posant comme préalable "en aucun cas ne couper les ponts avec la France, c’est une hérésie". Bien sûr s’il y’a des domaines où la France s’avère être le meilleur partenaire, on la prend, mais sinon, on la zappe tout de suite, sans état d’âme.

    Plus sérieusement, lorsque vous dites aux Africains de rejeter la France et amener « ces africains qui ont cru que leurs ancêtres étaient gaulois redeviennent AFRICAINS » j’ai envie de vous demander comment vous comptez y arriver ? Par décret ? ou alors en claquant des doigts ?

    En claquant des doigts.

    Par ailleurs ce ne serait pas seulement suicidaire mais aussi stupide et maso de tourner le dos à l’une des plus grandes puissances du monde. Ce que nous devons demander et avec la plus forte insistance à la France et aux Français c’est une redéfinition de nos rapports, plus d’équité, plus de respect, plus d’humanité : fin du paternalisme et du soutien aux chefs d’Etat pas démocrates, révision des règles du commerce,etc

    AMEN !

    Vous fustigez les intellectuels, mais vous faites exactement leurs erreurs ! Les Etats se fichent pas mal des grands discours. Seuls leurs intérêts comptent. Vous pourrez demander à la France pendant 100 ans de vous traiter en égal, elle n’en fera rien, tant que ses intérêts sont ailleurs. Mais le jour où vous menacerez de mettre ses entreprises à la porte et de donner le contrat à une autre, là subitement, elle changera. Vous n’avez qu’à voir le cas Areva il y’a quelques semaines.

    Si ce n’est pas de son intérêt de nous traiter avec équité, pourquoi le ferait-t-elle subitement parce que nous le lui aurions demandé ? Faut arrêter de rêver en plein jour. La France n’est pas la seule puissance sur cette terre. Il existe d’autres pays tous aussi puissants et à même d’entretenir des relations saines et équitables avec nous, sans paternalisme ni reflexe d’exploitation.

    Je comprends que par reflexe réactionnaire vous disiez "il existe une vie en dehors de la France". Soit ! Avez vous seulement essayé d’évaluer les dégâts qu’une rupture soudaine des relations entre la France et les pays d’Afrique pourrait causer ?

    Le reflexe n’est pas seulement réactionnaire, il est aussi existentiel. Des pays comme l’Allemagne ou les asiatiques (Japon, Hong Kong, etc...) peuvent nettement plus nous apporter que la France.

    Avez vous seulement essayé d’évaluer les dégâts qu’une rupture soudaine des relations entre la France et les pays d’Afrique pourrait causer ?

    Loool, vous êtes sérieux ? Quels dégats la rupture soudaine des relations en la France et l’Afrique pourrait causer ? J’en vois aucun pour l’Afrique en tout cas. Les autorités nigeriennes bombaient le torse dernièrement pour avoir "réussi" à arracher 30% sur l’exploitation du minerai par Areva. Quels dégats je vous prie y’aurait-il à trouver un partenaire autre qu’Areva, mettons une firme nippone par exemple, où ca serait "vraiment" gagnant-gagnant. Quels dégâts y’aurait-il à abandonner le Franc CFA ? Quand on sait que la France retient 65% de nos avoirs, soit-disant pour garantir la convertibilité ? Quels dégats y’aurait-ils à remplacer Elf Total par une entreprise qui, elle, paierait ses impôts locaux sans prétendre avoir fait un exercice déficitaire ? Nommez-moi, s’il vous plaît, ces fameux dégats auquels nous serions exposés en cas de rupture avec la France. Faut arrêter la psychose.

    amener « ces africains qui ont cru que leurs ancêtres étaient gaulois redeviennent AFRICAINS »

    Ici je fais allusion aux africains en Afrique. Les africains en France ne m’interessent pas. Vu qu’ils ont choisi leur camp.

  24. Posté par djanbaar, le 2 septembre 2007 à 19:31

    Ne plus parler français n’est pas véritablement utile (on voit bien que le Québec par exemple, ancienne colonie française, parle français au coeur des US, et ne se sent pas une seule seconde dépendante de la France à l’heure actuelle, d’autant plus que le français n’est pas l’apanage de la gaule, mais la 5e langue la plus parlée au monde !)

    Sauf que les quebecois sont des francais à la base, leki Daioris, qui sont allés s’installer sur le nouveau monde. C’est normal qu’ils parlent francais puisque c’est leur langue. Les africains ne sont pas des francais à la base. Et le francais n’est pas notre langue, c’est la langue du colon. Et la langue est un instrument extrêmement efficace d’alienation culturelle.

    En tout cas, en ce qui me concerne, si on s’entend pour choisir une langue africaine, comme langue officielle en Afrique, c’est très volontiers que j’abandonnerais la langue francaise.

  25. Posté par Molékinzela, le 2 septembre 2007 à 19:51

    Mon cher Gnagna (post 21)

    Prends la peine de bien me lire. S’agissant du Mali, j’ai parlé de Alpha Omar Konaré (Dr en histoire), du Congo (Lissouba, Dr en biologie).

    Ce dernier, dans ses errements élucubratoires, promettait aux Congolais avant son élection, de faire de leur pays, "La petite Suisse" d’Afrique Centrale. On entend par là, le pays africain au niveau de vie le plus élevé. Il se voyait lui-même en prix Nobel de médecine dont la nomination aurait été contrariée par De Gaulle, sous les recommandations de Youlou (sans doute jaloux de lui), le premier chef d’état congolais. Tout ceci figure dans son livre autobiographique qui avait pour titre, "Les fruits de la passion partagés".

    Le tout s’est conclu en définitive, par deux guerres civiles extrêmement meurtrières dont il n’a pu empêcher la survenance et un effondrement économique dont il attribue la faute à ses prédécesseurs...à la France... aux Etat Unis... à ses adversaires...aux mercenaires etc...

    Mon cher Gnagna, la fonction de chef de l’état exige de son détenteur de manifester des aptitudes à obtenir une cohésion et une unité nationale... à éviter ou juguler des conflits potentiels. Si on n’a pas été capable de le faire, il est inutile de recourir à des jérémiades du genre "on m’a empêché de...’" ou de s’investir dans un vécu persécutif systématique en imputant les raisons de ses échecs ou de son incompétence à la thèse du complôt dont on aurait été victime et qui nous aurait empêché de... Les grands hommes d’Etat se reconnaissent dans leur capacité à affronter à bras le corps et juguler les situations de crise qui se présentent pendant leur gouvernance. C’est aussi pour çà qu’ils sont élus et c’est ce qu’on attend d’eux.

    Je n’ai pas fait allusion à la Centrafrique et au Gabon dont le Chef d’état est actuellement le plus ancien.

    Baya (post 13) a fait allusion au fait que le titre d’intellectuel constitue une "appellation d’origine non contrôlée". Pour toi, si j’en crois ta réaction, le titre d’intellectuel semble devoir présenter des corrélations étroites avec le niveau du diplôme.

    Pour ce qui me concerne, je n’ai pas encore trouvé de définition satisfaisante.

    Comme je l’ai expliqué plus haut, je considère mon grand-père analphabète comme un grand "intellectuel".

  26. Posté par Daioris, le 2 septembre 2007 à 19:53

    Ah oui djanbaar, évidemment c’est différent... je te comprends bien, surtout que ça ne fait pas tellement longtemps que cette langue s’est imposée chez vous... Il est encore temps d’en changer... Mais d’autre part, elle permet d’être entendu sur la scène internationale, ce qui ne sera pas forcément le cas d’un langage africain... ou alors, effectivement, il faut miser sur l’anglais en seconde langue... Ce ne serait pas une mauvaise idée en tout cas... bizzx

  27. Posté par catha lyse, le 2 septembre 2007 à 21:36

    première possibilité : Révolutionne !

    le peuple africain, renverse ses potentats. Pas facile ; du sang, des deuils, des viols, des exécutions sommaires, la famine, épidémies, des frères tuants leurs frères, l’armee tirant sur le peuple), Hmmm....çà arive déja...(Guiné Conakri debut 2007, CI 2004...) Bloccus eventuels, interventions armées des puissances etrangeres souterraines et sournoises, qui appuient ces pathetik pantins aux desseins ravageurs, tristes victimes com je pourrais l’être, de leurs instincts de l’ombres. je l’appellerai " L’aube des charniers" dont la suite serait je l’espère "Phénix africanus".

    Mais il faut que des grands hommes ou femmes, je ne vous oublie pas mes dames, prennent la suite. Si c’est pour qu’un spectre remplace un fantôme... Or un plitocard altruiste, ou même seulement juste, çà n’existe pas sur terre. A peine sur le fauteuil de Président que déjà, et sans pleine lune, sous la tendre laine blanche pousse sa robe grise maculée du sang des innocents, qu’une queue saille de son arriere train, et que ses canines s’hypertrophient. Les grands africains dont vous parlez(Mandella...) étaient dans l’opposition. Qu’auraient ils fait sur un trône ?

    Possibilité radicale(de la dernière chance ?), délétaire pour les enfants d’Afrik, couteuse en vies humaines, et pas forcement sure. Ce qui fut possib en 1789, l’est ce encore aujourd’hui ? Que l’on me donne la dernière révolution de ce type en date. Une révolution du peuple face à de injustes autorité. Si c’est com les manifs en France... Ou faut prevenir les RG(renseignements generaux), bien suivre l’itineraire donné.... Vous pouvez contester et gueuler, mais pas trop fort, et où on vous le dit. Surement pas devant l’Elyse par ex...Sinon, PAN, CRS, lacrymo, lance a incendie... Ces manifs planifiées, prévues, jugulées sont une tragique pantalonnade, une fumisterie.

    Deuxième ; une révolution à bas bruit, plus longue, moins spectaculaire. Sous entend des H d’esprits éclairés, inventifs, et visionnaires, relayés dixit Ngnagna, par des maillons, au plus profond de la plèbe.

    De quoi Afrik a t elle besoin ? Un chef de guerre, un Chavez, un Gandhi, Un Ché, un Mandella... ?

  28. Posté par Fosse Sceptique, le 2 septembre 2007 à 23:08

    Molékinzela (post 17)

    Pour moi, le définition d’un intellectuel est la suivante :

    Un(e) intellectuel(le) use de son expertise et savoir, acquis dans le domaine des sciences, des arts ou de la culture, pour informer et mobiliser l’opinion publique en faveur d’idées qu’il(elle) considère justes. Depuis des siècles, sa fonction consiste à donner un sens aux mouvements de sociétés, à éclairer la voie menant à plus de liberté, à moins d’aliénation, en somme à plus de progrès. Quel « intellectuel » Franco-Africain en vogue de l’heure répond à ces critères ? En lieu et place de véritables prises de position de leur part, il nous abreuvent d’une profusion de bavardages dont la signification profonde reste souvent un mystère. Quand il s’agit de projeter ces « idées » en actions futures, on est en plein desert.

  29. Posté par djanbaar, le 3 septembre 2007 à 01:40

    Mais d’autre part, elle permet d’être entendu sur la scène internationale, ce qui ne sera pas forcément le cas d’un langage africain...

    Ah bon ? Les japonais ne se font pas entendre ? les chinois ? les russes ? Ce n’est pas sa langue qui fait qu’un Etat soit entendu, leki Daioris, mais bien son importance (économique, stratégique, etc). Les israelites parlent par exemple hébreu, mais je peux te certifier qu’ils sont très bien entendu sur la scène internationale. Et inquiete-toi pas pour l’Afrique, si d’aventure, elle réussit à sortir de son marasme actuel, tu n’en reviendras pas de voir comment on l’entendrait, et plutot deux fois qu’une, même si c’est dans un langage africain qu’elle s’exprime.

    Et d’ailleurs les africains qui parlent francais présentement, ou anglais, ou espagnol ou portugais, se font-ils entendre ? Je ne crois pas.

  30. Posté par Daioris, le 3 septembre 2007 à 01:59

    :s moui... C’est vrai que t’as raison djanbaar...

  31. Posté par TEASER, le 3 septembre 2007 à 05:52

    . Ils ne sont pas Africains et ne "redeviendront" jamais Africains. Idem pour TOBIRA ET CESAIRE (Poste BAYA Pierre):il vaut mieux la fermer quand on parle de Césaire !On ne peut nier son africanité qu’il revendique lui-même, peste ! et encore, il dit :"Condy Rice et OBAMA sont Américains. Seule l’Histoire les lient à l’Afrique. Ils ne sont pas Africains et ne "redeviendront" jamais Africains." Condi peut-être, mais Obama est de père KENYAN !!!!Ah,le Bantou (ce concept est forgé par la colonisation,il n’existe pas) ignorant.

  32. Posté par Mila, le 3 septembre 2007 à 07:39

    Les japonais ne se font pas entendre ? Juste une observation mineure au passage : le concepteur japonais de dessins animés Miyazaki que j’affectionne particulièrement (il faut voir le voyage de Chihiro une sorte d’alice au pays des merveilles avec un graphisme à couper le souffle) ses personnages ont des têtes d’occidentaux et se font le salut à la japonaise !

  33. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 12:57

    hey tout le monde, je viens réagir sur le point concernant les intellectuels africains, quelqu’un a posé la question de savoir ce qu’est un intellectuel.j’ai trouvé dans un livre écrit par un auteur dont j’apprécie le feu lorsqu’il décrit sa société. Etant lui même "intellectuel", il s’en prend, dans ses propos à cette caste. A vrai dire les intellos ont la vie dure, étant la conscience de leur temps, c’est vers eux qu’on se retourne le plus souvent lorsque des dérapages sont constatés, on dit souvent qu’ils n’ont pas fait leur travail.Quel intellectuel adepte des caméras et des magazines (c’est le cas de beaucoup d’entre eux, en france du moins) a réagi face aux rafles de familles entières par la police nationale en mal de chiffre afin d’atteindre son quotas d’expulsion annuel ?

    Je reviens donc à mon auteur "(...) Je poursuis mon chemin et ma méditation. Je ma’arrête à l’élite africaine, appelée telle presque par abus de terme ; tant bardés de diplômes, mais incultes, ceux que, à partir de leur niveau d’instruction très logiquement on range dans cette catégorie sociale sont loin d’agir en hommes et en femmes de discernement et de compassion pour jouer leur rôle d’éveilleurs de consciences. Encore que la culture ne conduise pas nécessairement à l’héroïsme, ni à la sainteté si elle n’est pas la quête d’un idéal qui soulève. Mais enfin, ce serait déja si bien que l’universitaire et le diplômé africains ne dédaignent ni les lettres ni les arts par quoi l’homme s’ouvre aux problèmes de l’homme. (...° Ce qui s’est passé hier au rawanda et au Congo Brazzaville, et à peu d’ici (comment en douter puisqu’il s’agit d’un engrenage), dans d’autres régions de cette afrique qui n’est jamais sur ses gardes, me donne toute la mesure de l’inertie spirituelle et morale des clers et des lettrés de l’Afrique Noire dont on peut se demander, au douloureux constat de leur passivité et de leur silence face à la vitesse sans-cesse croissante de la dégradation de leurs pays (à laquelle beaucoup d’entre eux ne sont pas étrangers), s’il en existe un seul à qui on puisse rendre témoignage de la passion qu’il met, avocat sans frontières, à la défense des faibles et des petits, au témoignage aussi de son détachement des biens de ce monde, et, bien enetendu, à la coloration de sa pensée batalleuise en faveur de la justice et de la solidarité entre les hommes, s’il en existe un seul à qui on puisse accorder la prestigieuse appellation d’intellectuel dont tant de diplômés Nègres Africains se prévalent avec tant de superbe".

  34. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 13:10

    je continue sur les intellectuels, avec le même écrivain bien sur, puisque je ne fais qu’emprunter sa pensée sans toutefois l’articuler à la mienne, bien que mes reflexions y tendent parfois.

    "(...)Pars sa formation autant que par son tempérament, passionné de justice et assoifé de vérité, au service de la science ou de la cité, l’intellectuel est en principe un professionnel de la remise en cause de l’ordre du réel existant. cela,non par manie, mais parce que sa conscience, en permanence reste éveillée au vif de la vie.Une vie toujours en mouvement où, malgré les grandes ressemblances, hier, aujourd’hui et demain sont loin d’être le retour du même au même. et si, écouté ou pas, loué ou blamé, inlassablement il critique, c’est par souci du mieux. au service d’une cause, de la cause (la justice, la vérité), il ne dort jamais. Il est, à sa façon, le croyant que le zèle de la maison de Dieu dévore et empêche de dormeir. Zelus domus tuae comedit me s’exlame le psalmiste. Quelqu’un a dit admirablement que l’intellectuel est "un réservoir d’amour". Or, où sont, depuis que la mort, la viellesse et la maladie avaient étouffé ou affaibli la voix de ceux-là, Gontran-Damas, Césaire, Senghor, qui, plus qu’ont ne l’a dit ont un temps réussi , par leur combat exemplaire, à redonner aux noirs d’afrique et des Antilles une âme, une espérance et de la vaillance pour oser proclamer leur existence niée par les Blancs ? Où sont donc et combien sont-ils aujourd’hui à qui on puisse attribuer l’inconfortable manteu de l’intellectuel, source de tant de joie amère ?"

  35. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 14:31

    de peur d’avoir des problèmes avec l’exception de citation, je suis dans l’obligation "légale" de mentionner le nom de l’auteur de l’oeuvtre citée. il s’agit en l’occurance de Dominique Ngoie Ngalla, Route de nuit, Publibook, 2006 pour mes citations des posts 33 et 34

  36. Posté par Mila, le 3 septembre 2007 à 14:55

    mais enfin la vie de l’intellect n’a jamais été une garantie en soi de la conscience, de l’intelligence et de l’amour… j’ai l’impression que l’auteur (post 33 à 35 ) parle plutôt de la sagesse, qualité qu’on trouve chez des personnes simples, sans instruction, et pas intellectuelles justement

    Si en plus cette qualité se cumule avec le courage, le charisme, le pouvoir du verbe ET de l’action, alors on a un leader charismatique ! ça court pas les rues quand même, sous tous les cieux

    si elle se cumule avec de la virtuosité, alors on a un artiste charismatique

    si elle se cumule avec la vigueur de l’esprit et du verbe, le courage et l’engagement, alors on a un phare !

  37. Posté par Kidikoi, le 3 septembre 2007 à 14:59

    " Quand il s’agit de projeter ces idées en actions futures, on est en plein désert" Oui Fosse sceptique ( post 28 )....Il ya bien souvent un trou noir entre les idées, les discours et... les passages à l’acte. Un agitateur de particules qui créerait une espèce d’anti-matière et un étrange immobilisme. Il y a bien un fossé, et je trouve les coups de gueule de plusieurs posts assez sains. Plutôt que de tenter de donner une définition à "l’intellectuel",c’est à dire sous sa forme nominale, je préfère me contenter de l’adjectit qualificatif...rien qu’ un petit mot qui viendrait compléter le reste.

    Le risque en critiquant certains intellectuels, c’est qu’ils ne saisissent pas le sens de cette critique et qu’ils n’y voient que la manifestation d’une jalousie suscitée par leur réussite professionnelle et "sociale".

    Je ne connais pas les motivations profondes d’un Achille Mbembé ou d’un autre, Achille produit des analyses interessantes comme d’autres également qui ne partagent pas les mêmes "théories" ...MAIS si cela se cantonne à des discussions théoriques de salon, inutile en effet de se faire beaucoup d’illusions.

    L’anéantissement de l’apartheid n’est pas le fruit de simples réflexions intellectuelles mais de la mise en place de réseaux intelligents animés par des hommes et des femmes de tous les milieux, conscients que seules les actions concrètes peuvent être payantes et constructives.

    MANDELA raconte, dans son auto-biographie, comment il a été inspiré par Gaur Radebe ( ce collègue qui le conduira à rejoindre l’ANC) :

    "Gaur croyait qu’il valait mieux trouver des solutions que produire des théories (...)En aoùt 1943, j’ai défilé avec Gaur et 10 000 autres personnes pour soutenir le boycott des bus d’Alexandra, une manifestation de protestation contre l’augmentation des tarifs de 4 à 5 pence. Gaur était un des responsables et je l’observais en pleine action. De façon modeste, j’avais quitté mon röle d’observateur pour devenir participant. Je trouvais que défiler avec les siens était exalatant et encourageant. Mais j’ai aussi été impressionné par l’efficacité : après 9 jours, pendant lesquels les autobus ont circulé à vide, la compagnie a remis les tarifs à 4 pence.

    Au cabinet, je ne m’interessais pas qu’aux idées de Gaur. je parlais avec Hans Muller (...) C’était l’homme d’affaires typique qui voyait le monde à travers le prisme de l’offre et de la demande. Un jour, Mr Muller a tendu le doigt vers la fenêtre : "Regardez, Nelson,, m’a-t-il dit. Vous voyez ces hommes et ces femmes qui descendent et remontent la rue en courant ? Pourquoi est-ce qu’ils travaillent aussi fiévreusement ? je vais vous dire : tous sans exception recherchent la richesse et l’argent. Parce que la richesse et l’argent, c’est le bonheur. C’est pour cela que vous devez vous battre : l’argent et rien que l’argent. Quand vous aurez assez d’argent, vous ne voudrez rien d’autre dans la vie".

    Sans commentaires...

    Mandela a renoncé à sa carrière, a vécu dans la pauvreté et a payé son combat pour la justice et la liberté par 27 années d’incarcération. Figure exceptionnellle, oui biensûr, cas unique ? Non, je vous invite à lire ses mémoires...Il y cite de nombreux hommes, frères de lutte, qui ont fait le même choix que lui. Lire ou relire Mandela, cela rend bigrement humble mais aussi optimiste sur la faculté d’avoir du bon sens humain et d’agir efficacement.

    Il y aurait tant à dire encore sur Mandela et le combat du peuple sud-africain !

    Nelson MANDELA, " Un long chemin vers la liberté" ( Poche)

  38. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 15:06

    Mila post 36, c’est vrai qu’il s’agit de sagesse, en effet. mais l’acception d’intellectuel dont il s’agit ici n’est pas celle fondée sur les capacités de l’esprit, c’est à dire du raisonnement. il s’agit de l’intellectuel au sens de celui qui se soulève, cette caste dont l’éclosion et non la naissance (car Montaigne, Plutarque, Sénèque,Victor Hugo le furent déja) date de l’affaire Dreyffus, où Zola et Anatole France s’insurgent contre le nationalisme aveugle et l’antisémitisme. Il ne s’agit pas de dire qu’il n’ay pas de vrais lettrés en Afrique, loin de là, méfions nous des exagérations incongrues ! C’est un coup de gueule envers des gens qui ont tant reçu du point de vue des choses de l’esprit, mais dont les réactions face aux choses des hommes auxquelles ils sont sensés être ouvert, car leur sensibilité a été polie, font preuve de la plus grave incurie. Bien à vous

  39. Posté par BAYA Pierre, le 3 septembre 2007 à 15:13

    Ah je vois que le secouage de cocotier a pris un peu. Bon on va pousser le bouchon un peu plus loin.

    De quelques rappels historiques pour éviter le blablatage inutile des experts en "intellectuologie".

    Dans le monde francophone et latin auquel nous appartenons tous au moins en partie, le mot "intellectuel" en tant que concept est né en 1894 avec l’Affaire Dreyfus et le J’accuse... ! de Zola adressé au président. Dans sa lettre ouverte, cet homme de lettres au brio reconnu s’attaquait à une diffamation ourdie contre le capitaine Dreyfus (juif et donc bon coupable). Plusieurs autres hommes de lettres, journalistes, médecins etc se joignent alors à son combat et signent une pétition en faveur de Dreyfus. A partir de cette affaire et du retentissement du J’accuse..., Emile Zola sera dit Intellectuel et ce sera la naissance de l’intellectuel en France (Cf. J. Julliard et M. Winock in Le dictionnaire des Intellectuels). Historiquement Intellectuel c’est donc cette personne qui acquiert une légitimité (Zola grand écrivain) et une renommée dans un domaine et le réinvestit pour défendre une cause sociale, politique etc. Même s’il est difficile d’imaginer un intellectuel sans la moindre formation dans un quelconque champ de savoirs, un intello n’a pas forcément un "pedegree universitaire élogieux" (Molékinzéla). A titre de comparaison Emile Zola a juste terminé son secondaire, il est pourtant un intellectuel ; à côté de ça il ne suffit pas d’avoir Bac+80 pour être intello. il ne suffit même pas de pondre 1 roman par semestre pour l’être. Henri Barbusse en France n’a écrit que Le Feu dans lequel il s’opposait à la guerre contre l’Allemagne et y dénonçait les affres de la guerre et ceci contre une large partie de l’opinion publique. Il est pour considéré comme un intellectuel. Beibeder publie tous les ans, gagne des prix, et il ne viendrait à personne l’idée de dire que ce dernier est un intellectuel.De même Lumumba est un intellectuel. Mabanckou ne l’est pas. Um Nyobé est un intellectuel (sans jamais avoir eu son Bac). Achille MBEMBE ne l’est pas, du moins pas dans cette perspective là. Un expert, un spécialiste, un haut diplômé n’est pas forcément un intellectuel. Aujourd’hui tout le monde veut être intellectuel parce que ça fait manger gratuit ici et là. Si on parle dans ce cas des gens aux gros diplômes qui parlent un langage grandiloquent et alambiqué,on doit distinguer les grands intellectuels (ceux qui créent des concepts et des théories, de nouvelles grilles de lecture) et les petits intellectuels (ceux qui vulgarisent ou alors récitent les théories des premiers). Machiavel est un grand intellectuel. Hobbes, Bodin et tous les autres copieurs ne sont que des vulgarisateurs de la pensée de Machiavel, de petits intello. ça c’est pour les intellectuels du papier, du stylo et du micro. Des comme ça on en a des millions, surtout en Afrique. Làbas on crée la confusion et on laisse croire que Docteur=intello. Du coup on voit tout le monde bénéficié de cette AON appellation d’origine non-controlée.

    Avec une telle cacophonie Ngnagna voit en Mabanckou un intellectuel capable de "défendre l’adoption de la langue anglaise au Congo et la sortie du CAMES". On finit par prendre des fourmis pour des éléphants. Ngnagna "pense qu’une contestation médiatique des intellectuels africains en France pourrait avoir un impact [compte tenu] de leur pouvoir làbas". Quel pouvoir ? Làbas où ? Mabanckou ou Mbembe vous ont menti qu’ils ont un "pouvoir" en France ? Ils ont chacun une notoriété qui est due à leur brio dans leur domaine. Mais ils n’ont absolument aucun pouvoir en France. Ce sont des vulgarisateurs qui ne passent jamais sur les médias sans nous reciter du F.Fanon, du W.Dubois etc comme arguments. De petits intellos en somme. Ils pourraient tout au plus avoir une influence. Ils n’en ont aucune. trop peur de se mouiller, trop soucieux de leur petite image et leur tapioca, ils restent à l’ombre et font de l’agitation ici et là comme un écureuil qui tourne en rond dans sa cage pour se donner l’impression d’être en train d’avancer. Ou alors peut-être ont-ils vraiment des couilles mais sont simplement le degré zéro de la communication. Lequel parmi eux s’est exprimé sur le discours de Sarkozy à Dakar sur une chaîne écoutée ? On publie sur le blog de son copain, sur son propre site, dans les journaux en Afrique dont toute la France ignore l’existence et vous croyez qu’ils ont "un pouvoir". je rêve.

    Ngnagna je commence à me demander si vous n’avez pas été recalé au CAMES. Je ne comprends pas cet acharnement. Vous êtes contre le CAMES, la France et la langue française. J’ai un ami qui vient de me souffler que c’est pas la langue qu’on parle qui chasse la pauvreté. C’est pas l’anglais qui est en train de sortir la Chine de la pauvreté depuis 1978. Ce sont les idées. Elles s’expriment dans toutes les langues. Enfin il me semble.

    djanbaar,

    Votre compréhension des relations internationales est restée au Moyen-âge. Vous parlez des relations entre Etats et vous n’y voyez que des "intérêts". Vous êtes resté sur Machiavel et ses copieurs alors que nous étions passés à l’école de l’interdépendance et de l’interrelation. Les Etats sont concurrencés sur la scène internationale par d’autres acteurs qui "contraignent" les Etats à prendre des mesures qui ne leur apportent pas forcément quoi que ce soit. Certes Machiavel ne mourra jamais mais on a compris qu’il fallait redéfinir ce qu’on comprenanit par "intérêts". Les intérêts sont devenus globaux. C’est pourquoi les USA vont lutter contre le terrorisme en Afrique ou que la France augmente son aide publique au développement, ou encore que Tony Blair demande un plan Marshall pour l’Afrique et la suppression de la PAC pour sauver les agriculteurs des pays pauvres. La pauvreté en Afrique cause l’immigration clandestine massive vers l’Occident, qui cause à son tour des risques pour ces pays riches. C’est pourquoi les USA financent la reconversion des producteurs de cocaïne en Colombie. Donc lorsque vous parlez des "intérêts des Etats" dites-nous exactement ce que vous entendez par-là. L’Occident est obligé d’oeuvrer pour sortir l’Afrique de la misère parce que cette misère est une bombe contre les pays riches. C’est pourquoi ça m’amuse que vous souhaitiez chasser la France de l’Afrique alors que les investissements en Cote-d’ivoire par exmple c’est plus de 60% de l’économie. Relisez les Objectifs du Millénaire et essayez de comprendre leurs buts ; demandez pourquoi les pays riches encouragent la micro-finance pour les pays pauvres. Dès qu’on parle de relations internationales tout le monde sort l’épouvantail des "intérêts". Chers amis il existe de nouvelles grilles de lecture. Elles ne constestent pas le réalisme aronien par exemple, mais s’adapte au monde actuel avec le transnationalisme de Badie ou de Smouts entre autres. L’Afrique attire moins de 2% de flux mondiaux des IDE investissements directs étrangers. Et vous proposez qu’on rompt nos relations avec l’un des premiers bailleurs de fonds du continent. Permettez-moi de douter de l’efficacité de votre théorie.

    Teaser,

    vous me traitez de "ignorant" et m’apprenez que "bantou est un concept forgé par la colonisation, ça n’existe pas".Quelle découverte !! Vous méritez un Nobel. Un jour vous nous direz que c’est la colonisation aussi qui a forgé Oussama ben laden. Relisez La Crise du Muntu : authenticité africaine et philosophie, F.EBOUSSI BOULAGA. On en reparle après. Et moi qui croyait qu’on avait tous fini nos Humanités ou alors qu’on avait pris le temps de refléchir par nous-mêmes. "bantou ça n’existe pas". Mon Dieu ! Purée de bon sang de bon Dieu de merde ! Bantou ça n’existe pas. Donc je n’existe pas. My God ! Cher ami, Césaire, Condé et les autres peuvent toujours revendiquer leur africanité toute leur vie, cela ne change rien à la réalité. L’africanité de leurs origines est incontestable. Mais ce ne sont pas des Africains. Aussi vrai qu’un descendant d’esclave n’est plus esclave aujourd’hui, un descendant de nègre africain même plus marron que moi n’est pas forcément Africain. Etre Africain, ou européen ou Américain c’est une affaire de culture, c’est pas inscrit dans les gènes, c’est une affaire socio-historique. C’est pourquoi un Zimbabwéen Blanc est Africain alors que Césaire même négro comme moi n’est pas Africain. Johnny Clegg est Africain. Les Kassav ne sont pas Africains. Même avec son père kenyan Barack OBAMA n’est pas Africain. Personne ne naît Africain. On le devient après la naissance et ça peut changer avec le temps. 2500 ans av.J.C "mon sang" était en Egypte. Les perses m’ont chassé de là. Aujourd’hui je ne suis plus un kémet égyptien mais un bantou d’Afrique centrale. Césaire n’est plus kémet égyptien, pas bantou du tout, mais Français ; et même plus Français que Sarkozy ou encore Santini si on s’en tient à la date d’arrivée et d’acquisition de la nationalité. Mais laissons le débat Français de souche versus Français de branchage à d’autres.

  40. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 15:21

    bravo le combat de Mandela ! cet homme m’a toujours inspiré, je crois et je pense qu’il faut une grande ascèse pour parvenir à ce qu’il a fait. grace à lui, dont les idéaux sont semblables à ceux de M Luther King Jr, la RSA est devenu ce pays arc-en-ciel qui fait rêver tant de personnes.Le combat de Mandela plus que celui de l’intellectuel est un combat de terrain. Mais à chacun ses armes.Senghor, Césaire,Voltaire étaient doté de leur plume, c’est là leur arme, ils l’ont utilisé de la plus belle façon. Leur faits d’armes sont encore là pour nous le prouver, c’est à dire leurs écrits(voir Voltaire sur l’affaire Calas, qui a donné le traité sur la tolérance). Mandela est vénérable, avoir réussi cette mission relève presque du mystique, alors que je ne lui connait pas, à ce que je sache de pratiques spirituelles extraordinaires. Sa mystique à lui c’est la foi en son combat !

  41. Posté par Kidikoi, le 3 septembre 2007 à 15:37

    Merci pour ce vol sur la "Route de nuit" BShady, cela me rapelle certains arguments d’un ouvrage intitulé " A quoi servent les intellos ?" ( j’ai oublié le nom de l’auteur...comme quoi ! ). Tu as peur / l’exeption de la citation ? T’inquiète je viens de citer un long extrait de l’auto-biographie de Mandela : 757 pages de mémoire vivace qui valent bien les 727 o.v.n.i. de cette rentrée littéraire. Rien ne vaut le témoignage de l’expérience vécue, éprouvée...hors des laboratoires de petite fabrique de prose théorique. Ecrire, discourir sur les injustices, les disfonctionnements de l’humanitude en ayant perdu tout ancrage avec la réalité du quotidien, sans aller jamais au front....c’est cela le talon d’achille de nombreux diseurs.

    LE TALENT NE SUFFIT PAS, IL FAUT AUSSI AVOIR DU TALENT DANS SA VIE.

  42. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 15:40

    en effet, le progrès comme l’histoire ne se font pas dans les ateliers de faux monnayeurs ! big up à toi kidikoi !

  43. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 15:42

    sorry pour mes fautes de grammaire, real sorry ! c’est de l’indécence !

  44. Posté par Kidikoi, le 3 septembre 2007 à 15:51

    Bshady, je ne vois de mystique dans le combat de Mandela et de nombreux moins connus sud-africains, mais un sens aïgu de la conscience et du bon sens humain. J’y vois beaucoup d’abnégation personnelle ( ce qui est certes peu "donné" à tout le monde) et le sens du combat collectif, où la victoire n’est pas celle d’un homme mais celle d’un peuple et d’une parcelle d’humanité.

    Dans ses mémoires Mandela ne se répand pas en commentaires, en analyses, il raconte...C’est cela sa force, rien à inventer, les faits, les actions menées sont là. Non Mandela n’est pas"un intellectuel", c’est un homme en mouvement.

  45. Posté par Blaise KIBONZI, le 3 septembre 2007 à 16:02

    Très cher(e) Fosse sceptique (post 5). J’ai bien aimé ton expression "Intellectuel people".

    Dommage que ça soit sorti après la publication du Petit Larousse 2007. Elle y avait sa place.

    Tu l’as trouvé tout seul ?

    Il y avait eu auparavant des "intellectuels (africains) du ventre".

    Oui chers amis, ils étaient où nos intellectuels, quand Laurent GBAGBO à lui tout seul livrait le seul vrai combat jamais mené par les africains depuis la chute de l’apartheid en Afrique du Sud ? N’est ce pas qu’Ils étaient tous (à quelques rares exceptions près) rangés derrière Jacques CHIRAC pour garder leurs visas en FRANCE ? Alors que c’était l’occasion jamais rêvé de dénoncer ouvertement preuve visibles à l’appui la part de responsabilité de la FRANCE dans la paupérisation de l’Afrique. Et qui justifie même en grande partie l’immigration africaine (en tout cas c’est mon cas).

    N’est ce pas que j’étais ridicule ici comme seul soutien public de Laurent GBAGBO ? Aujourd’hui où en sommes nous. GBAGBO a remis les pieds à BOUAKE.

    La FRANCE a soutenu des putschistes contre un Président élu démocratiquement. Et des prétendus intellectuels africains osaient donner raison à la FRANCE contre GBAGBO.

    Les intellectuels africains auraient pu montrer aux français (par exemple) le lien entre la destabilisation d’un pays comme la Cote d’Ivoire, et l’immigration. Des gens qui ne peuvent plus vivre, travailler, étudier chez eux faute de guerre qu’est ce qu’ils font ? Et c’est ce qui s’est aussi passé au Congo-Brazzaville et dans les 2 cas, la FRANCE est coupable d’avoir soutenus militairement des putschistes contre des régimes démocratiquement élu (malgré tout ce que l’on peut penser de LISSOUBA et de GBAGBO).

    CHIRAC a osé publiquement qualifié de "dérive fasciste", le régime de Laurent GBAGBO, quand bien même il embrassait SASSOU à la bouche.

    Or dans le même temps, il y avait des étudiants congolais en 1er cycle qui étudiaient en COTE d’IVOIRE faute de pouvoir étudier au Congo (avis au passage à Alain MABANCKOU qui a trouvé "SASSOU ouvert à la culture et à l’éducation de la jeunesse"). Quand bien même SASSOU préfère organiser ses FESPAM (où fut invité Alain MABANCKOU) plutôt que de reconstruire la FAC des Sciences (par exemple), où enseignait jadis Emmanuel DONGALA et détruite pendant la guerre. SASSOU en aurait même refilé une partie (me dit-on) au rebelle NTUMI, pendant que les éminences grises comme les DONGALA s’exilent aux ETATS UNIS, Théophile OBENGA. C’est ça un Président attentif à l’éducation de sa jeunesse ? Pourquoi croyez-vous que nous congolais avons immigré aussi massivement malgré nos BAC+10 ?

    Et c’est ce Président là que la FRANCE soutien à tour de bras, alors qu’elle tente de lyncher publiquement Laurent GBAGBO sous les acclamations des africains, après un travail de calmonie ultra-médiatisée.

    Je crois qu’il faut tout simpleemnt rayer le mot "intellectuel" du dictionnaire africain. ça n’existe pas, ça n’existe plus.

    Bien au contraire l’agonie actuelle de l’AFRIQUE (hors Afrique du Sud)arrange même beaucoup. Il constitue un bon fond de commerce pour de nombreux exilés. Au moins tout le monde peut aujourd’hui s’improviser "spécialiste de l’Afrique". Le mal est tellement profond que l’Afrique ne sait plus à quel saint se vouer.

    Comme on dit chez moi : "Lorsqu’on atteint les limites de la médécine des blancs, on retourne voir le charlatan". Et aujourd’hui dans le lot des spécialistes de l’Afrique, il y a beaucoup de charlatans (au sens Africains du terme). C’est-à-dire avec des très bons capables de soigner (en ne demandant pratiquement rien), et ceux qui y trouvent un bon moyen pour manger. Ceux là, ce sont ceux qui demandent souvent beaucoup (en terme de rétribution).

    Blaise KIBONZI

  46. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 16:03

    et sur ce blog qui veut être intellectuel ?je ne pense pas qu’il s’agisse d’une volonté. c’est un appel qu’on reçoit lorsqu’on est marqué par un idéal incorruptible, plus fort que tous nos désirs et nos envies. il y’a des choses qui nous paraissent être anormales car notre raison les perçoivent comme telles, c’est pourquoi on commence par prendre sa plume, et, lorsque l’activité intellectuelle étant devenue intense, on en fait un métier. En fait l’intello vit de la quête de son idéal ( pour ceux qui vendent bien).Il ne faut pas forcément être bardé de diplôme, mais quand même être dôté d’une immense culture, non pas pour ratiociner comme des sophistes mais pour réagir sur la base de choses de la vie qu’une vie ne suffirait jamais à nous enseigner, mais qu’on trouve volontiers dans les beaux livres, car " les livres ont encore cela d’utile et de rare : ils nous lient d’emblée avec les plus honnêtes gens ; ils sont la conversation des esprits les plus distingués, l’ambition des âmes candides, le rêve ingénu des philosophes dans toutes les parties du monde ; parfois même ils donnent la renommée, une renommée impérissable, à des hommes qui seraient parfaitement inconnus sans leurs livres" (Eric Poindron). C’est en cela que les livres nous font parvenir les choses, qui par la suite nous transmettent ce feu dévastateur et briseur d’icones des intellectuels.

  47. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 16:12

    oui kidikoi, j’essaie d’observer les hommes, j’utilise le terme mystique pour Mandela car il faut beaucoup de détachement pour parvenir à l’ordre injuste qu’il a su faire régner dans son pays, lorsqu’on sait ce que les descendants des boers y on fait. Meme les prêtres et pasteurs rwandais n’ont pas réussi à appliquer les évangiles pendant le génocide rwandais, à plus forte raison un avocat.Mandela n’est pas M.L.King Jr, ce nest pas un preacher, c’est un homme qui se saut de chair et de sang. la mystique ne réside pas dans l’attente et la lutte, mais dans sa capacité surnaturelle à pardonner. il suffisait d’un claquement de doigt pour que l’afrique du sud connût un lynchage populaire de blanc. mais Mande la s’est élevé et a vu plus loin que les exortations à la vengeance. l’homme même l’intellectuel, deleure un homme, un pêcheur !Mandela, sans blsphémer, car je ne juge point, je ne m’arroge pas les pouvoirs de la conscience suprême, s’est déja racheté

  48. Posté par Mila, le 3 septembre 2007 à 17:00

    Je cite certains d’entre vous

    "Mandela est vénérable, avoir réussi cette mission relève presque du mystique, alors que je ne lui connait pas, à ce que je sache de pratiques spirituelles extraordinaires"

    "Dans ses mémoires Mandela ne se répand pas en commentaires, en analyses, il raconte...C’est cela sa force, rien à inventer, les faits, les actions menées sont là."

    "la mystique ne réside pas dans l’attente et la lutte, mais dans sa capacité surnaturelle à pardonner. "

    Moi aussi j’ai été frappée par cette force de Mandela, cette capacité d’être, d’observer et d’agir sans juger, son humilité, cette capacité à pardonner , si j’osais ce sont des qualités que je qualifierais de christiques (siouplait ne me demandez pas d’argumenter)

    Quand je pense qu’il a fuit un mariage forcé !

  49. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 17:15

    en effet mila, moi aussi je trouve que ce sont des qualités christiques, voila pourkoi je dis que mandela est un mystique. On ne lui connait pas l’aura spirituelle de Ghandi pourtant !L’Afrique du sud n’est pas devenue la Rhodésie du sud, elle est restée unie, elle n’est pas devenue le pakistan, encore que ce sont des raisons religieuses qui ont emmené cette partie musulmane de l’Inde à devenir le Pakistan. En gros, du pardon de Mandela naîtra peut-être la nation sud africaine.

  50. Posté par Kidikoi, le 3 septembre 2007 à 17:15

    Bshady," capacité surnaturelle à pardonner", oui je te suis dans cette perception du mystique...Car le pardon a culturellement, intellectuellement une dimension religieuse. Histoire de mots, qu’il faudrait pourtant dépasser pour revenir à de l’humain.

    Après sa libération de Robben island, Mandela retourne voir ses compagnons de geôle. L’un d’eux lui dit : " Madiba, j’ai combattu le gouvernement toute ma vie , et maintenant je devrais lui demander pardon ?" Je comprenais leurs arguments, mais ils manquaient de réalisme. Chaque soldat aimerait vaincre son ennemi sur le champ de bataille, mais dans ce cas précis , une telle victoire était inaccessible. La lutte avait lieu maintenant autour de la table des négociations."

    L’idée de libérer l’opprimé et l’oppresseur c’est cela l’audace, l’intelligence d’un Mandela. Rappelez-vous l’unique débat TV Mandela- De Klerk. Du haut vol.

    On apprend à nos enfants à assumer et à s’excuser pour leurs bêtises. Du moins c’est ce que je fais avec mon fils Une fois que l’on s’est dit " pardon", "non , je ne recommencerai pas, j’ai retenu la leçon", on peut alors continuer à avancer. C’est pas mystique, c’est pratique et pas si con, c’est plutôt l’orgueil souvent qui dit "non".

    Ce jour là Mandela a su flatter intelligemment l’orgueil de De Klerk, en déclarant à la fin de la rencontre : " Je suis fier de vous tenir la main afin que nous puissions avancer ensemble" De klerk a eu l’air étonné et ravi.

    Y a-t-il un volontaire dans ce village pour étonner et ravir Sarko ? Ah bon, y a pas de pilote non plus dans l’avion ?!

    C’est dans des instants comme cela qu’on regrette la disparition de La Triplette de Belleville pour aller au casse pipe.

  51. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 17:40

    ah ouais ! elle est passé où la triplette de bellevile ou vélo-pédalé ? j’aimais monter dessus, moi !si vous savez où elle se cache, prière de l’inviter à revenir dans cet endroi magnifique. c’est vrai c’est plaisant de discuter dans ce blog depuis qu’il s’est assaini. si-si

  52. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 17:43

    quelle belle pièce qu’Othello !

  53. Posté par Daioris, le 3 septembre 2007 à 17:45

    Baya post 39 : Cette définition de 1894 n’est pas à considérer comme identique aujourd’hui, le concept d’intellectuel a quand même évolué. Je pense qu’aujourd’hui, un intellectuel, c’est quelqu’un qui remet en cause les bases de la société dans laquelle il vit, qu’il soit diplômé ou non, mais avec suffisamment de "sagesse" d’expérience, que pour pouvoir débattre avec pertinence des choses. Peu importe qu’il agisse de lui même, moi je pense que c’est de transmettre ses arguments et ses opinions avec charisme à ces autres qui l’écoutent et veulent se rebeller qui fera bouger les choses...

    Autre point : je ne pense pas que les intellos "copieurs" soient moins bons que les précédents du simple fait qu’ils soient partis sur des bases déjà soulevées pour en construire d’autres. D’autant plus que les "grands intellos" comme Machiavel, se sont également forcément basé sur des théories soulevées par des intellos précédents pour construire leur oeuvre... C’est juste qu’ils ont davantage marqué l’histoire que leur prédécesseurs... Mais finalement, c’est un peu normal d’avoir au fond, un maître à penser quelque part, qui nous permette d’évoluer, de progresser... On ne peut pas toujours repartir à zéro, tout est question d’accumulation de connaissances, des siècles et des siècles de savoir qui de temps à autre, font éclore une étincelle de génie...

  54. Posté par Mila, le 3 septembre 2007 à 17:57

    Je ne crois pas que le pardon de Mandela soit une posture de façade. Je me risque même à penser : il n’a pas besoin de pardonner puiqu’il observe sans juger, c’est en cela que sa force est "surnaturelle" . J’ai été bouleversée par le témoignage à la télé d’une résistante française au nazisme torturée par la Gestapo. Elle a dit qu’elle avait demandé à revoir son tortionnaire pour lui pardonner, "par don" Le don c’est pour elle-même, tant la haine est un poison (et un attachement... à son bourreau ça c’est moi qui rajoute). Son témoignage a forcé mon respect et m’a été une source de méditation.

  55. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 17:59

    malheureusement en Afrique on croise beaucoup d’intellos copieurs, il n’y’a qu’a regarder du côté des égyptologues, on dirait qu’ils ont bradé la reflexions scientifique pour un combat idéologique. Les autres historiens et penseurs qui ne cadrent pas leurs recherches sur l’Egypte comme seule source de la renaissance africaine ont tort selon leurs propos, dommage ! On devrait être plus ouvert d’un point de vue intellectuel et non se laisser guider par quelques gourous ou maîtres à penser, il me semble que nos chaînes physiques sont brisées, pourquoi donc maintenir une tutelle intellectuelle. IL FAUT LAISSER LES GENS S’EXPRIMER ? A CONDITION QUE LEUR ARGUMENTATION SOIT SERIEUSE ET LOGIQUE.LES MEILLEURS SORTENT TOUJOURS DU LOT DE TOUTE FACON 5REGARDEZ LZS COURSES CYCLISTES !)

  56. Posté par Mila, le 3 septembre 2007 à 18:13

    Daioris, j’ai besoin de "phares" ça oui, mais de "maîtres à penser" NON, NON et encore NON !

  57. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 18:53

    moi je l’aimais bien cette triplette, surtout sa façon de tirer à la "sniper". c’est dommage, elle peut revenir sous un autre pseudo.c’est ça la liberté numérique !

  58. Posté par B Shady from the underground, le 3 septembre 2007 à 18:58

    elle avait un esprit funny qui était assez rare dans cet endroit. mon bizutage a été rude,je vous assure. Malgré les couacs, ce blog est , somme toute intéressant.C’est nous tous que nous devons applaudir pour la qualité de l’animation.Merci au modérateur, que sont donc les libertés sans contrôle ? la sanction est la bride de notre société démocrazique, elle s’avère nécessaire quelquefois.

  59. le 3 septembre 2007 à 19:36

    La discours du sarkozy a été écrit par un autre. Sarkozi il connais rien à l’aFric. Mépris , rien que du mépris....

  60. Posté par djanbaar, le 3 septembre 2007 à 19:57

    C’est pourquoi ça m’amuse que vous souhaitiez chasser la France de l’Afrique alors que les investissements en Cote-d’ivoire par exmple c’est plus de 60% de l’économie.

    @BAYA Pierre, honnêtement, c’est un peu lourd de débattre avec des gens qui ne prennent pas la peine de comprendre ce qu’on leur dit. J’ai écris ceci, et je le réecris : On ne peut pas reconstruire l’Afrique en posant déjà comme préalable qu’il ne faut pas couper les ponts avec la France. Parce que si on trouve dans un domaine meilleur partenaire que la France, eh bien, on n’hesite pas à changer.
    Par exemple, il m’est arrivé de rouler sur les autoroutes allemandes et francaises. Eh bien, s’il faut choisir un partenaire pour des autoroutes en Afrique, ce ne sera certainement pas une entreprise francaise. Car les autoroutes allemandes sont nettement meilleures (mieux fait, plus belles, meilleure signalisation).

    Votre discours sur les intérêts des Etats m’a bien fait rigoler. Si vous croyez que les Etats font de la philantropie, continuez de vous fourvoyer. Les Etats ne connaissent qu’un seul leitmotiv : profit, profit, profit. S’ils faisaient de la philantropie, les casques bleus ne se seraient pas simplement retirés du Rwanda, alors qu’ils savaient très bien que des massacres avaient lieu. Si les Etats faisaient de la philantropie, l’apartheid n’aurait pas duré une seule journée. Si les Etats faisaient de la philantropie, on n’aurait pas assassiné Lumumba qui voulait se battre pour les intérêts du Congo. Les Etats-Unis ne combattent le terrorisme que parce que les terroristes ont montré qu’ils pouvaient frapper le sol américain.
    Vous me semblez bien naifs quand vous parlez "d’investissements francais". Restez dans votre admiration bé(a)te des francais. C’est votre problème.
    En ce qui me concerne, la France, soit-disant amie de l’Afrique n’a cessé de nous entuber (sorry pour le terme Alain !) dès le premier jour où elle a posé le pied en Afrique. Sarkozy dans son discours à Dakar nous a fait savoir qu’elle n’est pas prête de changer de cap et veut continuer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Eh bien il est temps qu’on leur dise avec qui nous voulons être. Les affaires d’amie de l’Afrique, c’est terminé !
    Si vous voulez rester colonisé, c’est bien pour vous, et c’est votre manioc.

  61. Posté par Kidikoi, le 3 septembre 2007 à 19:59

    Mila, post 55, je n’ai pas sous-entendu que le pardon chez Mandela était une posture de façade. Surtout pas, j’ai trop de respect pour l’homme sincère et honnête qu’il est pour lui prêter une posture. Je tentais juste de désacraliser le terme de"pardon". Ce que tu dis est juste, sur cette capacité à observer sans juger, mais de là à y voir une force surnaturelle...

    L’exemple que tu cites donne une dimension humaine au pardon et donc à cette faculté citée ci-dessus. Le par-don permet d’évacuer la haine et cet attachement au bourreau comme tu le dis. Oui, cela force le respect mais n’est pas si surnaturel que cela. Ce qui est encore rare chez l’humain, n’est pas forcément incompatible avec sa nature...

  62. Posté par Mila, le 3 septembre 2007 à 20:07

    entièrement d’accord avec toi Kikidoi, d’où les guillemets

  63. Posté par La môme, le 3 septembre 2007 à 20:46

    Dis papa, c’est quoi en fait "un écrivain engagé" ? Engagé dans quoi ? On ne lui prête pas de gages sinon ? C’est quelqu’un qui essaye d’apporter des réponses à des questions auxquelles les intellectuels arrivent pas à répondre ? Dis, papa tu m’écoutes ou en fait tu t’en fiches ? Allez, dessine-moi plutôt un mouton.

  64. Posté par Fosse Sceptique, le 3 septembre 2007 à 20:59

    Blaise Kibonzi (post 45) : J’aurais voulu être le père de cette formule "intellectuel people", mais la franchise veut que j’ai piqué cette belle appelation d’un article de magazine.

    Kidikoi (post 50) : Rappelez-vous l’unique débat TV Mandela- De Klerk. Du haut vol.

    Je te conseille aussi le discours de Lumumba, devant le roi Baudoin à Léopoldville (Kinshasa), lors de la proclamation de l’indépendance du Congo. Je replace le décors : Baudoin monte à la tribune et prononce un discours Sarkozien, plein de condescendance et d’idées recues. Sur son fauteuil, Lumumba est très agacé, il prend le discours qu’il avait préparé, et au dos du papier, réécrit une réplique cinglante à baudoin, séance tenante. Quand Baudoin termine son discours, Lumumba monte à la tribune et prononce le sien. C’est du béton armé, Lumumba ne concède rien aux Belges, absolument rien. Les Belges et Congolais sont pantois, un chef d’état nègre sans complexes qui répond du berger à la bergère, du jamais vu ! Ce discours devrait être enseigné dans toutes les écoles Africaines. Lumumba, voici un vrai "quelqu’un". Il n’avait pas fini le secondaire non plus !

  65. Posté par Denis S-N., le 3 septembre 2007 à 21:24

    Monsieur Mabanckou,

    Je sais qu’on s’en fout de ce que je dis ici et que vous même me prenez pour un fou quand je parle de la franc-maçonnerie dont vous faites partie, et nous le savons tous. Je voudrais parler de livre : Lettre à Jimmy que je vois exposés dans les librairies des métro de paris. Je l’ai lu, eh oui, je ne regrette pas mes 17 euros même si cet argent va chez les francs-maçons parce qu’il faut donner votre cotisation annuelle en tant que franc-maçon ! Et c’est des gens normaux comme nous qui payons votre cotisation annuelle à la franc-maçonnerie française. Bon, je crois que dans votre livre aussi vous vous attaquez trop aux anciens de la négritude. Qu’est-ce qu’ils vous ont fait ? Votre livre est pourtant bon, bien écrit et argumenté mais pourquoi cette rage contre les anciens ? Estce que c’est parce qu’ils n’ont pas été des francs-maçons comme vous ? Vous ne pouvez quand même pas les défendre (les anciens, pas les francs-maçons) ? Et pourquoi vous avez publié aux éditions Fayard pas aux éditions du Seuil qui vous a fait connaître dans le monde entier ? C’est de l’ingratitude. Franchement je ne comprends plus les gens !

  66. Posté par Molékinzela, le 3 septembre 2007 à 21:34

    A propos de l’usage du terme générique "Bantu", on peut épiloguer longuement là dessus.

    A mon avis, il convient de revenir à son sens étymologique : "Bantu" en langue ki-kongo d’Afrique Central veut simplement étymologiquement dire :Les gens... les personnes... les ëtre humains...

    "Bantu" est le pluriel de "Muntu" qui veut dire : La personne... L’être humain.

    On retrouve ces deux concepts en lingala à travers des homonymies phonologiques comme : "moto" (La personne humaine) et "Bato" (Les êtres humains).

    Un ami sud africain me faisait constater que le concept de "bantu" avait exactement la même signification et se traduisait strictement de la même manière qu’au Congo, dans certaines langues sud Africaines. Il trouvait donc absurde que son usage fut dévoyé lorsqu’il sert à classifier un type physique de noir africain (Afrique central en général) par opposition au noir de type "soudanais" (ouest africain).

  67. Posté par Fosse Sceptique, le 3 septembre 2007 à 21:46

    Molékinzela, le terme Bantu n’a jamais été le fait d’une distinction physique, mais un regroupement sur des bases linguistiques, il me semble.

  68. Posté par Kidikoi, le 3 septembre 2007 à 22:01

    "Rolihlahla" en xhosa signifie "tirer la branche d’un arbre", mais dans la langue courante il désigne "celui qui crée des problèmes".

    "Rolihlahla", c’est le npm de naissance de Mandela.

    Où est passé B’52 ? Balayé de l’écran en laissant tout seul B Shady et sa réplique sur Othello. Sans commentaire. Silence, ici on blogue.

  69. Posté par Fosse Sceptique, le 3 septembre 2007 à 22:29

    Documentaire essentiel sur Lumumba contenant un extrait du Fameux discours devant Beaudoin.

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/lumumba/video/xginu_lumumba_news

  70. Posté par Daioris, le 3 septembre 2007 à 22:30

    Mila, je me suis mal exprimée... On ne peut pas évoluer sans tuteur(s) en quelque sorte, sans admirer certaines personnes... Cela n’oblige en rien à se faire l’esclave d’une théorie, mais cela peut guider, tout simplement vers une envie d’approfondir certains points, s’en servir comme d’un tremplin en quelque sorte, par ce qu’il(s) éveille(nt) en nous comme questionnements et comme intérêt... Qui peut dire qu’il s’est construit tout seul ? Je ne voulais pas dire qu’on ne doit pas réfléchir par nous même sous prétexte que l’on suit l’un ou l’autre intellectuel... Mais cela ne peut apporter que des points positifs de regarder à droite et à gauche pour se creuser son chemin personnel... Enfin à mon avis en tout cas... Gros Biz

  71. Posté par Molékinzela, le 3 septembre 2007 à 22:54

    Post 67

    Fosse Sceptique,

    Je ne suis pas si certain que la désignation de "noire bantu" repose sur des bases linguistiques.

    La réalité est que le terme générique de "Bantu" est un concept aux contours flous.

    j’ai souvent eu l’impression que lorsqu’on parlait des "noirs bantu", c’était pour les distinguer des noirs de type "soudanais".

    D’ailleurs, ceux qui font usage de ce concept, rangent les nigérians et les togolais et béninois dans la catégorie des "noirs bantu". Ces derniers présenteraient (selon les auteurs) un morphotype physique plus ressemblant avec les noirs d’Afrique Centrale qu’avec les Sénégalais ou maliens et guinéens. Ceux-ci étant considérés comme faisant partie de la catégorie des noirs dits "soudanais".

    En tout cas, l’ambiguité montre bien l’absurdité de l’usage de ce concept.

    Peux-tu développer ton idée concernant la classification selon les critères linguistiques ?

  72. Posté par Fosse Sceptique, le 3 septembre 2007 à 23:47

    J’ai toujours cru qu’etre Bantu, se définissait comme faisant parti d’un ensemble culturel dont les langues et les croyances étaitent étroitement apparentées entre elles, bien que non identiques. Les Bantu sont évidement une création académique. Mais les éléments ethno-linguistiques liant cet ensemble culturel sont bien réels. Par exemple, l’humain en lingala se dit moto. Tenez vous bien, l’humain en Ewondo Camerounais se dit aussi Moto. Mais aucun peuple du Sénégal ou du Mali n’a ce terme pour désigner l’humain. Je pense qu’on peut trouver le concept un peu maladroit, mais la réalité de la convergeance des cultures dites "Bantu", elle me semble valide. Il faut aussi signifier les perversions liées au racisme, comme en Afrique du Sud ou le terme Bantu devint synonyme d’Africain de souche. Vous vous souvenez certainement des tristement celebres Bantoustans. Le terme Bantu sera donc rejeté par ceux qui y voyait un instrument d’oppression et de dégradation.

  73. Posté par Fosse Sceptique, le 3 septembre 2007 à 23:53

    Pour finir, les Bantu pour moi c’est un peu comme réunir les Francais, Italiens, Portugais, Espagnols, sous la désignation de "peuples Latins". Ca semble un peu farfelu mais la réalité veut que les similitudes de ces langues entre elles partent d’une influence latine commune.

  74. Posté par TEASER (bis repetita), le 4 septembre 2007 à 03:07

    Réponse à Blaise KIBONZI (poste 45) :"

    "Achille MBEMBE ne l’est pas (un intello), du moins pas dans cette perspective là. Un expert, un spécialiste, un haut diplômé n’est pas forcément un intellectuel". Ah bon, en voilà un qui est contre les grands diplômés. Qu’est qu’un intellectuel ? Pas que celui qui est cultivé, mais surtout celui qui pense, réfléchi aux problèmes de l’Homme et de son monde ; celui qui expose, systématise sa reflexion sur un sujet donné.Mais la condition préalable à cela, c’est l’instruction.Or, souvent on y accède par les études, l’école, les études supérieures ; car ce sont elles qui nous aident à assouvir cette soif de connaissance. L’intellectuel n’est pas qu’un consommateur de connaissance,mais aussi et surtout un producteur ! en ce sens, Mabanckou,qu’on l’aime ou pas,en est un.(Et d’ailleurs, chose très rare, est ouvert à vos critiques, cad dire donc vos rélexions !). La preuve, il peut méditer sur le destin des africains (Lettre a JIMY). La preuve, il enseigne.Mais,il n’est de même nature que Mbembe (qui est le type même de l’intellectuel non assoupi):plus sociologue et politiste, plus engagé. Pourquoi dénigrer,à l’évidence, plus expert, plus instruits que vous ? Pourquoi, le CICIBA est en déconfiture ? (Savez-vous d’ailleurs où est son siège de recherche ?) Pourquoi OBENGA,qui a tant travaillé sur les Bantous, ne se définit jamais comme BANTOU ? Où mettez-vous les peuples "non classé comme bantous",comme les FANGS ?

  75. Posté par YETNA, le 4 septembre 2007 à 06:31

    Je commence serieusement a douter de la pertinence des idees de Mr MBEMBE. Surtout quand il dit (j’espere que Mabankou a ete fidel aux propos de MBEBE) qu’il serait suicidaire pour notre patrie l’Afrique de tourner le dos a la France, alors meme que c’est ce que un demi siecle de neocolonialisme nous impose.

    MBEMBE me decoit quand il pense que l’Afrique a besoin de ce cordon obilical qui permet a la France de nous vampiriser depuis trop longtemps.

    Question a Mr MBEMBE que nous a apporte cette relation avec la France pour qu’il soit suicidaire d’y renoncer ? reflechir ainsi n’est ce pas etre en contradication avec sa reponse remarquable au insultes de ce petit raciste de SARKOSY a DAKAR ?

    L’Afrique n’a besoin de la tutelle de personne pour reconstruire sa prosperite. Elle n’a besoin que d’une chose que l’on lui foute la paix. Mais est-ce demain que les pillards rennonceront a convoiter ses resources ?

    Mr MBEME rassurez nous, vous ne pensez pas que tourner le dos a la France serait suicidaire ?

  76. Posté par Mila, le 4 septembre 2007 à 08:23

    Coucou Daioris, si j’étais une plante en effet je pourrais avoir besoin d’un « tuteur », mais la verticalité étant en principe une caractéristique humaine, je n’ai pas besoin de tuteur et encore moins de béquille ;-) . Par contre je ne saurais vivre sans lumière et en ce sens j’ai besoin de « phares » et d’être éclairée. Pour le reste je te parlerai selon mon expérience. Dans les moments critiques de ma vie j’ai pu en effet échanger avec l’un ou l’autre pour identifier des ressources et des alternatives mais en définitive la réponse ou l’acte à poser je l’ai trouvé à l’intérieur de moi….Dans les moments vraiment critiques notamment face un grave danger ou à la mort j’étais seule face à moi-même, et personne ne m’a donné la réponse, en tout cas personne d’extérieur. Je t’embrasse.

  77. Posté par Mila, le 4 septembre 2007 à 08:59

    d’ailleurs les aveugles sont parfois des visionnaires

  78. Posté par Mayombe82, le 4 septembre 2007 à 09:02

    TEASER (post 74),

    "Pourquoi OBENGA,qui a tant travaillé sur les Bantous, ne se définit jamais comme BANTOU ?" Ah ! bon ? Première nouvelle, j’avoue que je ne savais pas du tout ! @+, M82

  79. Posté par Ngnagna, le 4 septembre 2007 à 09:27

    Molekinzéla

    Prends la peine de bien me lire.

    Je t’ai bien lu. J’ai tout simplement démandé les diplômes de ces présidents.

    Baya

    J’ai un ami qui vient de me souffler que c’est pas la langue qu’on parle qui chasse la pauvreté.

    Le développement est soutendu par les sciences et la technologie. Et dans ces domaines, l’anglais est indispensable. Les chinois, les indiens et etc vont se former majoritairement aux USA et Angleterre. Si ton ami observe bien l’Afrique, il verrait que les touristes parlant anglais visitent plus les pays africains anglophones. Les investissements suivent à peu près le même schéma. La langue peut bien contribuer à chasser la pauvreté.

    Je

  80. Posté par Mayombe82, le 4 septembre 2007 à 09:53

    Je parle le français, héritage colonial et butin de guerre comme disent nos auteurs depuis ma prime enfance. Mais j’avoue que plus le temps passe, plus j’ai du mal avec cette langue. Au Congo, un intellectuel est un homme qui a étudié. Tout simplement. Si j’ai un DEUG (bac+2), je suis vis-à-vis d’un bachelier (bac+0) un intellectuel. Si j’ai atteint la classe de seconde, je suis vis-à-vis d’un frère qui a « cassé son bic » en classe de 5ème un intellectuel.

    Tout est donc relatif.

    Les français, à qui nous devons a priori la langue française n’arrivent pas à s’entendre sur la définition du mot « intellectuel ». Cette guerre n’est pas prête de se terminer. Achille Mbémbé un intellectuel ? Je ne sais pas. Je n’ai pas moi-même de définition rigoureuse d’un intellectuel car j’estime que c’est un Homme qui doit non seulement être libre, mais en plus vivre réellement du travail de sa réflexion, de sa pensée. Un Homme qui va à contre-courant de ce que dit et/ou pense le pouvoir en place (du pays où il vit ou de son pays d’origine), un homme qui… bref ! je risque de m’étaler sur la question, tant je n’ai pas LA définition de ce vocable. Ce terme est trop récent. A priori, il est apparu sur la scène lors de l’Affaire Dreyfus qui a vu les Zola Emile et Cie se mobiliser. Quand j’entends des expressions comme « intellectuel de gauche », « intellectuel de droite », je bondis dans mon fauteuil.

    En Belgique, certains parlent français. Idem en Suisse. Itou au Canada. Dans ces pays, des dictionnaires ont été élaborés avec leurs mots qui n’ont pas forcément les mêmes significations qu’en France. Au lieu de nous étriper parfois (ou souvent) sur des définitions, nous ferions mieux, nous aussi de faire nos dicos, avec le français du Kamerun, celui du Niger, celui de la CI, celui de… Et on pourra dire sans encombre : « Je l’ai nioxée hier, c’était très bon ! » ; « Tu m’as enjaillée ! » ; « Le Vieux Songolo dans la rue Mpangala a de la chance, tous ses enfants sont des intellectuels ! » @+, M82

  81. Posté par B-K, le 4 septembre 2007 à 10:02

    M82, vaste programme que celui que tu propose ! Walaï sur les fesses de ma soeurs, qui va te suivre sur cette voie ? Tous ceux qui sont à la recherche du caviar et du champagne perdus vont te dire d’enlever leur nom dans tes histoires de dico-là ! L’homme noir même quand c’est nous na nou, ya toujours palabre ! Walaï personne ne va te suivre !

  82. Posté par Mila, le 4 septembre 2007 à 10:23

    Je suis d’accord avec toi M82 (post 80) les mots sont à géométrie variable et parfois in...ables ;-) la signification d’un mot a quelque chose de conventionnel et comme nous ne sommes pas toujours d’accord...

  83. Posté par B Shady from the underground, le 4 septembre 2007 à 10:40

    si on continue comme ça là, ça va chauffer dê ! qui est intellectuel oh, qui ne l’est pas oh, hum !quittez dans ça ! non mais, sérieusement ce débat est nécessaire. l’intellectuel c’est celui qui fait du projet "humain" le sien, à savoir rétablir l’homme dans sa dignité ;ce qui fait que celui qui porte catte casquette s’interroge et s’insurgent contre tout ce qui contraire à l’épanouissemnt de l’homme. c’est tout, beaucoup de gens ont raison quant à leurs définitions sur ce blog, donc avançons un jour !sinon affaire d’intellectuel va faire on va rester ici jusqu’ààààààààààààààààà ! Vous pouvez lire à ce sujet "lettre d’un Pygmée à un Bantu" où un Pygmée nommé Aka de pygmidie écrit une lettre très ironique, mais pleine de vérités sur les bantus(mais il faut plutot élargir au Noir africain),leurs turpitudes et leurs relations complexes avec leurs tuteurs d’hier, les blancs. much love to ya’ll !

  84. Posté par Kidikoi, le 4 septembre 2007 à 12:18

    " To be un intellectuel or not to be un intellectuel ", it’s not the real question, du moins pas la priorité selon moi. A décortiquer certains simulacres on risque de pondre d’autres simulacres pour continuer à tourner autour du pot..OK,on ne fait pas du hamlette, sans casser des oeufs, mais si la coquille est vide...à quoi bon ?