LITTERATURE EN SCENE AU CCF

Hommage à Tchicaya U Tam’si / Carte blanche à Dieudonné Niangouna

lundi 19 mai 2008 / 18h00 / entrée libre conférence : Marcel Poaty lectures : Dieudonné Niangouna + comédiens et slammeurs de Pointe - Noire

Il y a vingt ans, le 21 avril 1988, mourait Tchicaya U Tam’si (la petite feuille qui parle de son pays), une des figures majeures de la poésie et de la littérature du continent africain. Gérald-Félix Tchicaya naît en 1931 à M’Pili près de Pointe-Noire. A 15 ans, il part pour la France afin de rejoindre son père, député du Moyen-Congo. Après ses études il est journaliste à Radio France Outre-mer puis, lors de l’indépendance du Congo belge, fonde le journal Congo pour soutenir Patrice Lumumba. De 1961 à 1985, il est fonctionnaire international à l’Unesco. Si Tchicaya U Tam’si est surtout connu comme le poète de Mauvais sang, Feu de brousse et Epitomé, il est aussi l’auteur d’une fresque romanesque retraçant l’histoire du Moyen-Congo du XIXe siècle à l’indépendance (Les Méduses, Les Cancrelats, Les Phalènes, Ces fruits si doux de l’arbre à pain) et de pièces de théâtre (Zulu, Le Destin glorieux du Maréchal Nnikon Nniku prince qu’on sort). " Je suis homme, je suis nègre, pourquoi cela prend-il le sens d’une déception ? ". En 1955, à 24 ans et dès son premier recueil poétique, Tchicaya U Tam’si esquissait déjà ce qui deviendra le fil conducteur de son œuvre. Thème de la négritude certes mais qu’il développera en le recentrant sur son aventure personnelle et en le plaçant sous le signe d’Arthur Rimbaud. La poésie de Tchicaya est une poésie d’exilé, et en cela éminemment actuelle. Ses vers brisés, interrompus, répétés parfois, semblent remonter le temps en ressuscitant une enfance à la fois douloureuse et douce, une Afrique âpre et tourmentée que symbolise l’image récurrente du fleuve Congo. Admiré des grandes voix de la négritude que furent Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, ami de René Depestre, de Sony Labou Tansi et d’Henri Lopes, il n’en restera pas moins un écrivain solitaire, profondément attaché à sa terre natale, au-delà de toute idéologie.

mardi 20 mai 2008/18h00/ conférence + lectures : Dieudonné Niangouna + comédiens et slammeurs de Pointe - Noire entrée libre

Dieudonné Niangouna est né en 1976 à Brazzaville où il vit. Après des études d’arts plastiques, il se tourne vers le théâtre. En 1997, avec son frère Criss, il fonde la compagnie Les bruits de la rue et signe plusieurs mises en scène de ses propres textes dont La colère d’Afrique et Bye ! Bye ! En 2003, il lance à Brazzaville le festival Mantsina sur scène dont il est toujours le directeur artistique. Il participe à plusieurs ateliers et résidences d’écriture en Centrafrique, Cameroun, Burkina Faso et en France. En 2005, il est sélectionné pour la première édition d’Ecritures d’Afrique où il présente à la Comédie Française une mise en espace de son texte La mort vient chercher chaussure. Aux Francophonies 2005 de Limoges, il met en scène Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès. En 2007, invité par le Festival d’Avignon, il présente sa pièce Attitude Clando et donne une série de lectures de ses textes et de ceux de Sony Labou Tansi. Trace, un recueil de ses récits et pièces, vient d’être publié en France aux éditions Carnets-Livres. " Bing ! Boom ! Bah ! ", c’est ainsi que Dieudonné Niangouna a baptisé son écriture et son jeu théâtral : un langage d’une grande force expressive qui prend sa source dans les rues de Brazzaville et un jeu dont le rythme s’accélère jusqu’à l’explosion et au silence pour reprendre de plus belle dans un incessant jeu-contre jeu. Pratique du chaos qui constitue une réponse aux temps troublés que l’écrivain connut dans son enfance (la guerre civile) et qui permet de donner la parole à ceux qui tentent coûte que coûte de survivre. Chez Dieudonné Niangouna, les mots sont moins des signes que des balles qui claquent, le sens dépendant de la perception émotionnelle du son.