Le Collectif des Originaires du Kouilou (COK) [1] a organisé une conférence débat sous forme d’un atelier de réflexion sur le thème : « Quel mal ronge la jeunesse congolaise ? » sous la présidence de mademoiselle Aimée Mambou Gnali.
C’est à l’Espace Mbongui, devant une assistance d’environ 200 personnes [2] que les débats ont eu lieu autour de trois déclarations qu’on pourra lire en cliquant sur le nom de son rédacteur dans la liste qui suit :
Politique d’appareil et mobilisation populaire par Joachim Mbanza, rédacteur en Chef de "La semaine Africaine"
La force publique et les citoyens par Georges Nguila, OCDH
Quel mal ronge la jeunesse congolaise ? par le Pr Lecas Atondi Monmondjo, enseignant université MN à la retraite
De nombreuses questions on été soulevées par l’assistance qui ont été prises en compte dans la rédaction des recommandations finales dont le texte suit. Ces conclusions seront communiquées à l’autorité, en espérant qu’elle en tienne compte.
RECOMMANDATIONS
Sur la formation à une citoyenneté responsable
Ayant constaté que les Partis Politiques au Congo usent bien souvent de méthodes d’embrigadement et d’instrumentalisation de la jeunesse, nous, participants à la conférence-débat organisée par le Collectif des Organisations de la Société Civile (ACAT, CJP, COK, CLANOK, FJEC, MCC, OCDH, RPDH ) à Pointe-Noire, au Forum Mbongui,
Appelons les organisations de la Société Civile, les confessions religieuses et les institutions d’enseignement à s’engager davantage dans la formation citoyenne des jeunes, afin qu’ils agissent en citoyens responsables au sein de leurs organisations respectives et pas seulement dans les Partis Politiques ;
Demandons au gouvernement de donner une grande place à l’instruction civique dans le système scolaire national pour que les jeunes soient nantis d’une éducation faisant d’eux des citoyens responsables et mûrs, capables d’échapper à la manipulation politique.
Sur la décentralisation
Les participants à la conférence-débat recommandent que la décentralisation qui est une opportunité pour le développement des régions et pour celui de la démocratie donne lieu à la formation des fonctionnaires des collectivités locales et des élus locaux
Sur le système éducatif et la transparence du marché de l’emploi
Face au chômage massif et dramatique des jeunes dans le pays,
Recommandons aux pouvoirs publics :
Que la refondation du système éducatif soit en adéquation avec les besoins du marché de l’emploi au Congo ;
Que soit mis en place avec l’appui du Ministère du travail, de l’ONEMO et des syndicats, les mécanismes administratifs garantissant la transparence du marché de l’emploi et les processus de recrutement du personnel dans l’administration publique, les entreprises publiques et parapubliques et dans les sociétés privées assurant une égale chance à tous les citoyens dans l’accès à l’emploi sur la base de leurs compétences dûment constatées ;
Que soit appliquée la loi sur l’exclusivité donnée aux nationaux dans l’exercice du commerce de détail.
Sur la force publique et les droits de l’homme
Face à l’inobservation des missions confiées à la force publique par les textes réglementaires, notamment à travers les articles 38 du décret 63/409 et 14 du code de procédure pénale,
Recommandons :
Que la police réfléchisse et s’interroge sur sa propre culture afin qu’elle devienne un outil réel de l’Etat de droit ;
Que le rôle des ONG dans la promotion et la protection des droits de l’homme soit reconnu et qu’un réel esprit de coopération s’établisse entre elles et la police qui, toutes, oeuvrent pour l’Etat de droit tant prôné par les hommes politiques et, ce, conformément aux engagements internationaux librement acceptés par le Congo en matière de droits de l’homme et d’interdiction de la torture en particulier ;
Que la police et les magistrats respectent les procédures et la compétence territoriale en matière civile ou d’infractions pénales ;
Que les bavures policières soient soumises à l’ouverture des informations judiciaires avec constitution de partie civile.
Fait à Pointe-Noire, le 27 août 2008

