Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah, rénovateur de l’écriture congolaise ?

Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah : les jalons La Semaine Africaine 04/12/03

Les Jalons, c’est le titre du recueil de poèmes que vient de publier, aux Editions Souvenirs (Bénin), l’écrivain congolais Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah. En partenariat avec la collection Itinéraire littéraire, qui se donne pour vocation de promouvoir les nouveaux talents pour l’émergence d’une nouvelle génération d’écrivains en Afrique. Et grâce au concours de l’organisme culturel Horizon Nord Sud de la France, la revue Vent livresque du Québec et l’ Association des Amis des Editions Souvenirs. Nous avons interrogé le jeune auteur sur son nouvel ouvrage.

De quoi parlez-vous dans votre recueil de poèmes, Les Jalons ?

Avant de répondre à votre question, permettez-moi de préciser que la collection Itinéraire littéraire publie deux ou trois auteurs, dans chaque pays francophone. Au Congo Brazzaville, nous avons été deux à être choisis. Moi, je l’ai été à travers Les Jalons, et Hervé Milongo, grâce à L’Envol des pleurs.

Cela dit, la thématique de mon ouvrage est très variée. J’ai ouvert le recueil par le jour. Vous y trouverez, aussi, L ’ailleurs, Prix à payer, Liberté, La fée de Noël, De tes nouvel1es, Sanglot, Chagrin quatre, L’amour, Toi qui t’en vas, Remède, Alerte, Mea culpa, Insurrection, Réfugié, Ode à Pointe-Noire, bref toute une panoplie de poèmes.

Par ailleurs, Les Jalons, est un ouvrage composé de poésie lyrique, mais aussi satyrique. Ce recueil sera, du reste, dédicacé, le 6 décembre 2003, dans la salle des conférences le Sueco, à Pointe-Noire. La cérémonie se déroulera en présence de Frédéric Pambou, directeur de la culture et des arts au Kouilou.

Quelle a été votre source d’inspiration, pour abattre un si grand travail ?

Je n’ai pas de source d’inspiration précise. Tout ce qui nous entoure m’inspire. Je suis un observateur assidu de la société humaine. En parcourant ce livre, les lecteurs vont se rendre compte, en plongeant leur regard dans l’univers poétique qui s’y trouve.

Auriez-vous des ambitions ?

Je fais partie intégrante de la nouvelle génération des écrivains congolais qui" somme toute, vont remplacer Sony Labou Tansi, Létembet Ambily, Jean-Baptiste Tati Loutard, Maxime Ndébéka, etc. qui ont déjà fait leur temps. Nous devons presser le pas, pour prendre le javelot qu’ils nous ont tendu, pour le lancer plus haut, afin que lai littérature congolaise ait toujours ses lettres de noblesse. Pour cela, je me suis donné le devoir et l’exigence de marquer ce siècle. Antoine de Saint Exupéry n’avait-il pas dit : « Chaque époque égoutte son héros ». De ce point de vue, je me suis fait le devoir et l’ambition d’être le héros de ce siècle.

Propos recueillis par Equateur Denis NGUIMBI


Surprenant de modestie.

Je me suis donc rendu ce matin à la dédicace. On m’y présente un petit jeune homme tiré à quatre épingles dans un costume un peu trop grand pour lui, trop heureux de l’intérêt que je lui porte.

Il pose devant moi son "oeuvre", une mince plaquette format A5, en me demandant aussitôt 3000 francs. Ne pouvant en toute décence parler d’un auteur sans l’avoir lu, je me sépare avec regret de la somme.

Interview :

Ya Sanza : Votre nom est un peu long, comment vous appelle-t-on usuellement ?

Yvon Wilfride Lewa-Let Manda : Lewa-Let Manda

YS : C’est là votre premier ouvrage ?

LLM : Non c’est le deuxième parce que j’ai aussi fait une pièce de théâtre intitulée "Mon patron n’est pourtant pas un blanc" qui a été jouée à l’occasion de la "Journée Mondiale du Théâtre" le 27 mars dernier.

YS : Le dernier numéro de "La Semaine Africaine" vous consacre un article, vous y reconnaissez-vous ?

LLM : Bien sûr que oui, je me reconnais dans cet article parce que mes propos n’ont pas été trahis.

YS : Pour ma part je vous trouve très dur vis à vis de la précédente génération d’écrivains congolais qui se trouvent ne pas être des gens négligeables. D’après vous ils ont fait leur temps. Pouvez vous développer ?

LLM : Oui, vous savez, je l’ai dit dans cet article de "La Semaine Africaine", chaque siècle accouche de son héro, même lorsqu’on voit dans la littérature française le romantisme a relayé le cassicisme et après le romantisme il y a eu le Parnasse et après le Parnasse il y a eu le symbolisme et après le symbolisme nous sommes partis au surréalisme. Voyez-vous la vie c’est la contradiction et la contradiction engendre l’éclosion, c’est le développement, et lorsque je parle de la nouvelle génération des écrivains congolais, parce que les ténors de notre littérature, je veux parler de Jean Malonga, le phénoménal Sony Labou Tansi, Tchikaya U’Tamsi, Sylvain Mbemba, Emmanuel Dongala et les autres ils ont fait leur temps. Non, ils ne peuvent plus avoir la même verve que lorsqu’ils ont commencé et maintenant, je pense, même le mot, qu’ils doivent donner le relais à la nouvelle génération pour créer de nouveaux horizons.

YS : Je vous laisse la responsabilité de vos parole, pas persuadé du tout que ces gens soient au bout de leur oeuvre. Vous dites aussi avoir l’ambition de devenir le héro de ce siècle. Vous ne trouvez pas ce propos un peu fat et un peu incompatible avec le genre poétique ?

LLM : D’abord, pour votre gouverne, je n’embrasse pas que la poésie parce que j’embrasse tous les genres littéraires, ma première parution c’est une pièce de théâtre, là c’est un reccueil de poèmes, j’ai dans mes tiroirs des nouvelles, d’autres pièces de théâtre et donc je vais embrasser tous les genres littéraires.

YS : Je vous remercie, l’avenir nous dira si vous êtes celui que vous nous dites.


J’ai donc lu le livre. Les 17 courts poèmes devant révolutionner le genre. Et j’y ai trouvé un chef-d’oeuvre de banalités lues mille fois dans les cahiers des midinettes.

Je vous offre ici un de ceux-ci afin que vous pussiez juger :

- Sanglot

- D’un clin d’œil
- Tout a viré au lugubre
- La voix des abîmes
- M’abassourdit.

- Après un tour d’horizon
- Mon flair charrie un bidonville
- Un cauchemar bourdonne à mon ouïe
- Mon leitmotv a percuté un iceberg.

- Comment as-tu fomenté cette perfidie ?
- Pourquoi m’ensevelir vivant ?
- Me voici la proie de la fournaise.