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Temps Présent

Autopsie d’un afro-pessimisme grandissant.

Beaucoup d’Africains perdent espoir en l’avenir tant il devient incertain à cause de multiples problèmes socio-économiques et politiques que connaît leur continent. L’ampleur des dégâts sociaux, la dégradation du niveau de vie et l’instabilité politique sont perçues comme un mauvais sort. Ce sentiment d’impuissance à ne plus être capable de transformer un jour son destin fait penser aujourd’hui à une fatalité qui pèserait sur l’Afrique.

Il n’est pas rare d’entendre les Africains regretter les époques passées parfois même leur passé colonial en comparaison à la situation qu’ils vivent. Mais comment pouvons-nous expliquer ce paradoxe alors que la plupart des pays Africains sont indépendants depuis bientôt 50 ans?

L’africain était de facto devenu celui qui devait transformer le destin collectif après les indépendances, mais à ce jour, ces attentes sont restées de simples aspirations; car la majorité de ces pays n’ont pas pu trouver leurs marques, plongeant leurs populations dans un désespoir indescriptible à cause de l’immobilisme et les mauvais choix politiques des dirigeants politiques successifs.

L’école de qualité n’existe plus, l’accès aux soins de santé pour tous malgré d’importants revenus devient un souvenir lointain, des villages sont abandonnés et des villes salubres font partis des rêves, des routes viables n’existent plus, des nécessités comme l’eau et l’électricité deviennent des produit de luxe, l’accès à l’emploi n’est actuellement réservé qu’à quelques privilégiés de la société, des écarts entre classes se creusent tous les jours entraînant ainsi l’effondrement du pouvoir d’achat, les mœurs se dégradent dans l’indifférence des dirigeants bref, l’unité nationale est devenue une utopie.

Devant ce chaos, il est compréhensible qu’on regrette notre passé, on assiste impuissant des bras valides émigrés de force vers l’occident qui est perçu comme l’eldorado et unique solution pour échapper à une misère rampante. On ne doit la survie que grâce à la solidarité primaire qu’on reconnaît aux africains. La corruption devient endémique dans tous les secteurs de la vie et est réduite en un fait banal, la prostitution est presque tolérée. Le travailleur n’est plus récompensé, au contraire on fait la promotion de la médiocrité.

En politique la situation est très préoccupante. L’Afrique fait figure de mauvais élève de la démocratie. Tous les dictateurs africains ont vêtu leur nouveau costume de démocrate taillé sur mesure sans avoir changer leurs mentalités. On organise des élections dont on connaît d’avance l’issue, on a volé la voix au peuple car on ne l’entend plus. La pensée unique a repris du service et la différence est durement réprimée. La gestion transparente de la chose publique a cédé la place à l’opacité et, la mainmise de quelques initiés du pouvoir sur l’économie devient la règle. Le peuple a perdu confiance en ses politiques puisque l’anarchie est institutionnalisée bref, l’arbitraire a pris la place de la justice.

Devant ce tableau catastrophique de la situation générale de l’Afrique, la conscience collective est interpellée afin de sortir le continent noir de cette crise morale, économique et politique. La responsabilité de tout africain est sollicitée et tout esprit de démission ne règlera jamais rien. De la même manière que nos aînés avaient lutté pour la décolonisation et les indépendances, de nouvelles énergies devraient se fédérées afin de lutter pour le triomphe de la démocratie sur la dictature, afin de redonner confiance à la jeunesse africaine. Cette jeunesse a encore son mot à dire puisque l’avenir lui appartient. Il est temps qu’on comprenne que chaque Africain est une richesse comme l’ont dit les Sud Coréens du temps de la reconstruction de leur pays après la guerre. Il faut positiver car il n’y a pas de malédiction qui pèse sur l’Afrique mais, l’Afrique est d’abord malade de ses propres enfants. L’Afrique ne pourra se relever que si l’homme est mis au centre du développement et l’on doit arrêter d’attendre les initiatives venir des «pères fondateurs ou de la nation» car, ils ont montré leur limite puisqu’en panne d’idées. C’est le peuple qui fait l’histoire.

Posté par Romuald le 04 Juillet 2008 à 07h40
Dans la catégorie: A mon humble avis
(6) CommentairesPermalien

Commentaires

Posté par Leila le 04 Juillet 2008 à 08h29 | Permalien

Nous sommes nous mêmes africains responsables de nos malheurs. C’est une honte dans la plupart des cas les élections en afrique, les resultats sont souvent connus d’avance. si ce n’est pas connu on sait au moins qu’il y aura des fraudes qui vont entrainer des émeutes et le désordre, toujours le désordre avec mort d’hommes. Au kenya fraudes électorales et désordre, Zimbabwe violence préélectorale exclusion du challenger et fraudes aussi, pauvre Africa, qu’as-tu fais?

Posté par Romuald le 04 Juillet 2008 à 08h47 | Permalien

A Martin Manona,
Prière m’envoyer un email via le blog:
dix mille tentatives sans succès. Ton phone: un peu capricieux. A très bientot

Posté par peter le 05 Juillet 2008 à 09h44 | Permalien

je ne suis pas d’acord avec la position de l’éditorialiste sur la source des maux de l’afrique. Vous mettez tout sur le dos de l’absence de démocratie. je pense que votre analyse dénote d’une subordination intellectuelle au point de vue des occidentaux.
le pays le mieux géré au monde avec l’administration la moins corrompue et la plus efficace est l’Etat de SINGAPOUR qui n’est pas une démocratie de type occidental mais de type dirigiste(quasi dictature).
Le vietnam est passé en 20 ans de 90% de pauvres à 15%, de la famine à l’autosuffisance alimentaire, de la misère à la prospérité sans être une démocratie.
Le pb de l’afrique c’est un système de valeur valorisant la médiocrité, c’est une vision perverse de la grandeur(villas,gros 4x4,une floppée de 2eme bureau) alors que chez les autres la grandeur c’est la grandeur du groupe.
Le mal de l’afrique c’est des intellectuels incompétents car incapable de produire une nouvelle donne culturelle adaptée aux conséquences découlant de l’arrivée de l’homme blanc sur nos terres(esclavage,colonisation).

Posté par Mboukou L. le 06 Juillet 2008 à 09h53 | Permalien

Mon cher Peter, je partage votre deuxième partie de reflexion, mais la première me parait pas juste car, il me semble que vous n’avez pas lu tout l’article. l’auteur de cette reflexion a stigmatisé beaucoup de maux comme la corruption, la malgouvernance, l’absence de démocratie etc...... mais il n’a pas que parlé du manque de démocratie. D’ailleurs, il n’a pas non plus dit qu’il fallait une démocratie à l’ occidentale à l’afrique, relisez le texte en entier et vous verrez que votre observation n’est peut-être pas fondée. Mais moi je note par ailleurs une véritable résignation des africains devant surtout les problèmes politiques et ceci est due au fait que les hommes politiques sont à l’origines des tous les malheurs de l’afrique.

Posté par MARTIN MANONA le 11 Juillet 2008 à 19h51 | Permalien

Merci Romuald de réagir à mon message datant de deux mois.Je te relancerai après les vacances.
Ton frère et compatriote Martin Manona.

Posté par mokolo le 11 Juillet 2008 à 22h05 | Permalien

http://bembellycabinda.rmc.fr

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Cet espace me permet d'analyser et de commenter les grands sujets du moment au Congo comme ailleurs, c’est pour cela que je l’appelle «Temps présent». C’est en d’autres termes mon bloc notes, mais que je souhaite partager avec vous qui me rendez visite, n’est-ce pas? Nos échanges, c’est tout l’intérêt de cet espace.


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