Temps Présent
Au moment ou se tient la conférence de Bali sur l’après Protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique; les gaz à effet de serre, le développement durable, la bio diversité, etc… sont des mots qui reviennent en refrain depuis quelque temps chez certains officiels africains. Wow!, sommes-nous soudainement devenus tous écolo? Pas mal, même si certains sont toujours dubitatifs face à l’action humaine sur l’environnement.
Le réchauffement de la planète, la hausse du niveau des océans et des mers, la pollution due à l’émission de CO2 par des industries ne sont pas certes toujours perceptibles par tous, mais pour les pays du sud, des signes comme les pluies diluviennes, les températures trop élevées et sèches de ces dernières années même dans les zones autrefois humides ne trompent plus; il se passe bien des phénomènes qui malgré notre indifférence collective interpellent l’humanité.
Le débat sur les questions environnementales est désormais sur toutes les lèvres. Il ya quelques années la question était considérée comme utopique chez certains. Au début des années 90, le Président Pascal Lissouba à l’époque parlait déjà de la production du bio carburant à partir de la canne à sucre de Nkayi, il s’agit de l’éthanol. Ce bio carburant est bien une réalité aujourd’hui même dans certains pays en développement d’ailleurs, la question fait l’objet d’une attention particulière de la part des gouvernements Brésilien et Américain même si ce dernier n’est pas un bon élève en matière d’environnement. L’écologie occupe aujourd’hui une place importante, c’est même devenu un enjeu électoral dans l’hémisphère nord.
Les officiels africains commencent à introduire furtivement le thème dans leur discours sans avoir trop de conviction; si je dis sans conviction, c’est parce que certains le font pour la beauté du discours politique ou simplement par opportunisme car leurs pratiques et choix énergétiques par exemple sont contraires à la protection de l’environnement. J’ai discuté avec quelques délégués Africains de passage pour la conférence de Bali en Indonésie, je vous avoue mon amertume face à leur approche de la question. Sans exagération, ce sont de grands touristes dans la peau des écolo. Je me rends compte aujourd’hui des choix incertains opérés par certains pays africains en matière environnementale au nom d’un soit disant développement.
Les chefs de file de la protection de l’environnement en Occident sont des ONG qui sont de vrais groupes de pression. On ne démontre plus le rôle combien important joué par ces dernières, elles sont à l’origine de beaucoup de décisions tendant à forcer les entreprises les plus polluantes à adopter de nouvelles politiques environnementales plus vertes. Mais cependant, les ONG africaines ne possèdent pas toujours les moyens de leur politique malgré leur volonté. Les faibles moyens financiers dont elles disposent et les blocages venant des pouvoirs publics sont autant de freins à leur éclosion.
Oui, il est tout à fait normal que l’ensemble de la communauté internationale fasse pression sur les plus grands pollueurs de la planète qui sont les pays industrialisés plus l’Inde et la Chine. Ces pays devraient fournir plus d’efforts dans la matière que d’autres puisqu’ils sont les grands responsables des changements climatiques vécus aujourd’hui. Je suis aussi persuadé des difficultés que la communauté internationale éprouve à faire plier ces puissantes multinationales devant la nécessité de respecter de nouvelles normes environnementales. En raison de leur pouvoir économique, ces multinationales résistent même à leurs gouvernements faisant valoir avant tout leur profit au nom de la compétition internationale. Mais, n’empêche que nous devons déjà prendre conscience de la question écologique afin que nous puissions contribuer à l’effort de sauvegarde de la planète donc du continent africain pour le bien de notre postérité. Il s’agit ici de faire des choix responsables pour notre développement, d’arrêter l’exploitation sauvage des forêts africaines alors que les enfants continuent à s’asseoir à même le sol à l’école, tenir compte de l’impact environnemental avant et pendant l’exploitation de certaines ressources énergétiques alors qu’on continue à vivre dans le noir et sans eau potable, d’arrêter l’occupation et les constructions anarchiques sur des sites déclarés inconstructibles bref, il s’agit aussi d’assainir nos villes.
J’invite donc ceux qui parlent au nom de l’Afrique à comprendre que la question environnementale n’est plus une utopie, moins encore la seule affaire de quelques pays occidentaux grands pollueurs mais, celle de toute la communauté internationale. Qu’ils réfléchissent sur les moyens de contraindre ces derniers à corriger le tir afin qu’ils adoptent des attitudes on ne peut plus responsable vis-à-vis de l’environnement, la planète étant commune. Il n’est pas Juste que l’Afrique continue de payer le prix d’un développement dont elle ne tire pas les bénéfices, bien au contraire elle subit les conséquences de l’irresponsabilité d’une course effrénée pour le développement économique qui l’appauvrit d’avantage.
Dans la catégorie: Vu et entendu
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