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Temps Présent

Où va l’Afrique?

Je suis, par moment, tenté d’épouser la pensée de René Dumont qui, en 1962 affirmait par le titre d’un de ses livres que: «l’Afrique noire est mal partie».

47 ans après la parution dudit livre, tout indique aujourd’hui que l’Afrique ne va pas bien.

Le sombre tableau qu’elle affiche dans les domaines de l’économie, des infrastructures, de la démocratie, du respect des libertés publiques et autres …, conduit sans équivoque à constater que le continent africain en général, n’est pas sur la bonne voie. 

Quoique je ne sois pas un afro pessimiste et, en dépit des efforts que déploient quelques rares gouvernements pour améliorer le quotidien de leurs concitoyens, j’admets que l’image de l’Afrique caractérisée par des guerres, la misère, la pauvreté et les maladies ne manque pas de fondements. Et, l’irresponsabilité des africains en charge des affaires publiques entache davantage la réputation du continent. C’est à cet égard que nombreux de ces dirigeants sont regardés comme des aveugles à la tête de leurs peuples.

Pourquoi ces Présidents africains sont-ils ainsi traités? C’est à cause de leur manque de leadership et de vision. Malgré le temps passé aux affaires, ils n’ont jamais pris en compte les préoccupations de leurs peuples, ni moins encore posé les bases d’un développement harmonieux. Il y a d’ailleurs lieu de se demander s’ils ont conscience de la profonde et croissante misère dans laquelle vit le peuple. Ont-ils vraiment une stratégie pour répondre aux attentes du moment? Ce sont autant de questions auxquelles je souhaiterais partager la reflexion avec vous.

Sinon, comment comprendre qu’avec autant de richesses naturelles et une population aussi jeune qu’éduquée, que l’Afrique continue à tirer de l’arrière? Le bilan économique est piteux à cause des politiques hasardeuses et une dette colossale qu’elle traîne depuis des années et dont elle est incapable de s’en départir, empêchant ainsi tout développement possible. Au vu de ce qui précède, Je peux à juste titre penser qu’elle peine encore à trouver ses marques.

A ce sujet, Il ya deux thèses qui tentent de justifier cette situation. La première soutient que c’est à cause de la transposition du modèle de développement et de gestion des ex colonies sur les jeunes États africains indépendants que tout semble avoir pris la mauvaise direction. La deuxième par contre, pointe du doigt l’irresponsabilité des africains comme la cause principale de ses malheurs.

Dans un cas comme dans l’autre, ces deux tentatives d’explication de la situation d’infortune dans laquelle se trouve l’Afrique peuvent certainement avoir un brin de vérité. Mais, il est tout de même difficile de comprendre qu’après un demi siècle d’indépendance, que l’Afrique n’ait pas toujours tracer de façon claire son chemin et tenant compte de ses réalités, ses moyens et ses aspirations.

Je n’exclus cependant pas la responsabilité de certaines de ces ex métropoles depuis les indépendances jusqu’aujourd’hui mais, je continue à penser que malgré ce rôle nocif qu’aient pu jouer ces ex puissances coloniales, la plupart des Africains ayant eu la charge de conduire les destinées du continent avaient pêcher par irresponsabilité et manque de vision. Ceci a eu pour conséquence la perpétuation de l’influence de ces ex colonies sur les affaires publiques africaines et donc, le contrôle quasi-total des appareils économiques et politiques. 

Avec la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud, l’ouverture démocratique dans le reste du continent qui s’était traduite par Les tenues des conférences nationales et autres forums sur l’avenir de l’Afrique à partir de 1990, la fin des partis uniques et l’instauration du multipartisme; de même, l’organisation transparente et pacifique par certains pays des consultations électorales allant jusqu’à l’installation de nouvelles institutions démocratiques sans heurts, on avait cru en un nouveau départ hélas....

S’agissant du bilan démocratique dans le continent, il n’est guère enviable à ce jour, avec une démocratie piégée et qui à du plomb dans l’aile à cause du retour en force de la pensée unique et des dictatures modernes; c’est une démocratie qui s’essouffle et qui a perdu sa vigueur du début des années 90. L’espoir suscité par cet élan démocratique n’est plus qu’un simple souvenir pour beaucoup d’africains. Le processus démocratique à beaucoup d’endroits est étouffé quand il n’est pas simplement en panne. L’emprise du système politique et administratif par des régimes impopulaires permet dans bon nombre de cas de légitimer des élections factices, avec pour conséquences à terme une gestion clanique des affaires publiques, une confiscation des libertés publiques et une absence notoire d’alternance politique. Devant cet état de fait, les espoirs de voir un contre poids s’exprimer s’estompent au jour le jour à cause de la vulnérabilité d’une opposition politique et d’une société civile qui ont du mal à se faire une place puisque ne disposant pas d’assez de moyens d’action pour résister face aux dérives de ces nouvelles dictatures.

Malgré ce tableau sombre, il convient cependant de nuancer mon propos devant la situation globale de l’Afrique en louant les efforts fournis par des pays comme le Ghana et le Botswana en matière de bonne gouvernance et d’alternance politique. Ces efforts expliquent justement les bonnes performances économiques et la stabilité politique de ces dernières années dans ces deux pays.

Enfin, c’est par cette note d’espoir, que nous invitons les dirigeants africains qui se reconnaissent dans ce tableau que nous venons de peindre, à ne pas avoir honte ni hésiter de s’inspirer de ces deux exemples précités afin d’espérer construire des lendemains meilleurs pour les générations à venir. Aussi, que ceux des dirigeants africains qui s’entêtent à ramer à contre courant sachent qu’ils seront quelque soit le temps qui passe rattraper par la roue de l’histoire et jugés conséquemment.

Posté par Romuald le 06 Novembre 2009 à 22h02
Dans la catégorie: A mon humble avis
(12) CommentairesPermalien

Commentaires

Posté par Maadi Ba le 07 Novembre 2009 à 09h12 | Permalien

Très bonne reflexion mais est ce que ces gens dont vous parlez vous écouteront? ils sont sourds et têtus, il n’ya qu’un ouragan pour les balayer tous.

Posté par Manzila F. le 09 Novembre 2009 à 18h07 | Permalien

Je ne suis pas tellement d’avis avec vous quand vous avouez que l’irresponsabilité des africains ayant eu la charge de conduire les affaires du continent est la seule source du sous developpement et des problèmes de l’afrique. Il ya je crois des raisons extérieures comme la non maitrise du processus de décolonisation ou des indépendances. on ne pouvait rompre brutalement avec le système existant sans risque de créer l’effet inverse, je cite pour corroborer mon propos le cas de la Guinée Conakry qui pourtant a eu l’indépendance en 1958 mais est resté un pays avec une economie exangue dès la 3e année d’indépendance jusqu’aujourd’hui. Des réussite après après les indépendances il yen a eu: Cote d’Ivoire avec Houphouet Boigny, même le Congo-Brazzaville avec Massamba ma Ndémbani etc… les raisons de l’échec de l’afrique sont à chercher ailleurs. par contre taconclusion est très ouverte et incisive, oui il y a espoir, oui les gens qui jouent les sourds et les bourreaux de l’AFRIQUE seront jugés par l’histoire. Ou sont les Bokassa, et autres?....

Posté par carol le 11 Novembre 2009 à 12h54 | Permalien

Je crois qu’il y a une seule raison au sous développement de l’AAfrique: l’irresponsabilité des dirigeants.

Posté par LAVERITE le 13 Novembre 2009 à 22h29 | Permalien

Vous ne savez pas que les hommes politiques africains et surtout congolais vont en politique sans l’idée de servir leur peuples? rien d’étonnant que de voir le spectacle déshonnorant qu’il nous donnent. Ils viennent pour deux choses: servir le colon et bénéficier de sa protection, c’est le cas de Idriss Déby, Sassou Nguesso, feu Bongo, Paul Biya ..... etc.... et se voler et appauvrir leurs pays. C’est ce qui explique leur longévité au pouvoir.

Posté par LAVERITE le 13 Novembre 2009 à 22h41 | Permalien

lire:- “Leurs” au lieu de “leur”
- “...qu’ils nous...” au lieu de “...qu’il nous...”
- supprimer “se”; lire ...etc… voler...” au lieu de “… etc...se voler...”

Posté par MPanzou a NZinga a Kongo le 22 Novembre 2009 à 11h57 | Permalien

Réné Dumont avait raison!Plusieurs Africains l’avaient attaqué à l’époque, dont H.Boigny.Les Africains sont responsables de leurs grands problèmes! Mais les liens entre ces probèmes et la colonisation qui se perpétue sous d’autres formes, sont clairs. L’Afrique a besoin des leaders comme Osagyefo, Massamba Débat. La Guinée n’a pas réussi parce que Sekou était un dictateur aveugle: demander l’indépendance dans ces conditions là, nous fait penser aussi à la manière forte de P. Lumumba assassiné immédiatement par les Européens et les Américains.Les Africains devraient réfléchir et promouvoir d’abord une solidarité entre eux pour pouvoir faire face à l’influence néfaste des puissances étrangères en Afrique.Les leaders africains sont choisis et soutenus particulièrement par l’Europe qui a des intérets à défendre en Afrique.

Posté par KANGA MOT le 22 Novembre 2009 à 22h38 | Permalien

Tout à fait d’accord avec toi MPanzou a NZinga a Kongo. Des nos jours l’Afrique connait une crise de leadership, surtout dans les ex colonies françaises, j’en veux pour exemple la situation en afrique centrale, elle est vraiment très préoccupante. le cas du Niger, Guinée Conakry. Il faut une renaissance pour sauver l’Afrique.

Posté par stan le 09 Janvier 2010 à 23h36 | Permalien

tous ceux que vous avez dit je suis d’accord avec vous car aujourd’hui on peut parler du k.o de l’afrique. d’une part aussi ce sont les francais je precise bien qui sont a l’origine et de nos dirigeants qui se font manipuler comme si c’etait des illetrés . mais tot ou tard les jeunes majeurs et intellectuels du continent finiront par se revolter et on verra par ou passera les occidentaux. en passant je soutiens le projet des etats unis d’afrique

Posté par stan le 09 Janvier 2010 à 23h38 | Permalien

tous ceux que vous avez dit je suis d’accord avec vous car aujourd’hui on peut parler du k.o de l’Afrique. d’une part aussi ce sont les français je précise bien qui sont a l’origine et de nos dirigeants qui se font manipuler comme si c’était des illettrés . mais tôt ou tard les jeunes majeurs et intellectuels du continent finiront par se révolter et on verra par ou passera les occidentaux. en passant je soutiens le projet des états unis d’Afrique

Posté par Nimi Lukeni le 28 Mars 2010 à 14h54 | Permalien

Les africains sont responsables de leur propre destin. Un pays n’a jamais été constuit par des gens venus de l’extérieur. Si les africains sont là où ils sont c’est parce qu’ils ne savent pas où aller, n’ont pas conscience de leur destin.
Arrêtons de crier au complot. Aujourd’hui les chinois colonisent l’Afrique en prenant des pans entiers du secteur économique tels que la pêche, l’import-export, le textile, et ce en causant la faillite des hommes d’affaires africains. Qui est la cause de ça? Vous diriez que c’est l’homme blanc encore la cause? Ce sont les africains, faute de vision, pensent que les chinois vont construire leurs pays à leur place. Résultat, les chinois évincent même les mères qui vendent les baignets et autres tagawhisky. Trouvez-vous celà normal que les africains causent leur propre paupérisation?

Voilà un seul exemple montrant la responsabilité première des africains dans leur propre descente aux enfers. Pas de conscience nationale, pas de vision, pas d’ambition collective. L’Asie qui était au même stade de développement est aujourd’hui très avancé et vient même narguer l’africain chez lui. Très tropiques!

Posté par Sly jonhson le 23 Avril 2010 à 16h00 | Permalien

Il est évident que l’Afrique ne sera pas construite par les étrangers. C’est donc à nous qui nous réclamons de cette Afrique qui avons la lourde tache de la construire. Alors qu’est ce qu’on attend pour rentrer et mener les combats qui s’imposent? l’irresponsabilité des africains passe aussi par l’inaction et les commentaires stériles dont nous sommes les acteurs aujourd’hui. Pour combattre l’aliénation culturelle en cours actuellement, il nous faut agir sur terrain et non pas depuis l’Europe en attendant que le saint esprit viennent chasser pour nous les dictateurs et autres usurpateurs du suffrage universel.

Posté par Sly jonhson le 23 Avril 2010 à 16h15 | Permalien

Pensez vous que l’on puisse bâtir un programme ou un discours politique sur la simple perspective d’un hypothétique “point d’achèvement” pour accéder au programme ppte ? Toujours plus de mendicité, c’est ça l’espoir pour la jeunesse Congolaise et africaine? Alors que dans les années 60, c’était les indépendances et la perspective d’un progrès social, culturel ?

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