Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, a annoncé dernièrement la tenue d’une « concertation politique » à Madingou dans le département de la Bouenza. Dans la foulée, il a publié une liste de 45 partis politiques agréés.

L’élection présidentielle de mars 2021 approche au grand galop. Comment l’organiser sans qu’elle n’apparaisse tronquée ? Une seule astuce : convoquer une sorte de « monologue » ou de dialogue décousu, entre amis. « C’est bien beau tout ça, le dialogue fait partie de la culture bantoue. Mais quel en serait le contenu ? », se demande l’association Actions pour le Congo-Brazzaville avec Jean Marie Michel Mokoko-France (ACB-J3M) par un communiqué présenté par son chargé de communication, Jean Raphael Oyabi le 4 novembre 2020. Et de s’étonner que l’annonce, relative à la tenue d’une concertation politique à Madingou, n’émane pas de Martin Mberi, lequel menait, pourtant, des consultations tous azimuts en vue d’un dialogue national.

En fait, pour l’ACB-J3M, il ne peut y avoir de concertation nationale sereine sans les préalables, la libération des prisonniers politiques, en particulier Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa. Sinon, l’exercice s’apparenterait, une fois de plus, à de la diversion. Connaissant Sassou, détourner l’attention de la communauté nationale et internationale des vrais problèmes nés de la crise post-électorale semble être la visée du «  monologue » à venir.

Il faut être intéressé, calculateur comme l’opposant (l’est-il encore) Guy-Romain Kinfoussia, pour voir dans la future concertation de Madingou une initiative de « bonne intelligence ». Le président de l’Union pour la République et la Démocratie (UDR-Mwinda), dans sa déclaration du 31 octobre 2020, n’a pas eu de mots assez flatteurs à l’endroit de Sassou pour claironner que la concertation de Madingou, constituait « une démarche innovante, principalement orientée vers la satisfaction des besoins primaires de la population dans sa grande majorité, éloignés des revendications sectorielles d’une minorité de citoyens déconnectés des réalités quotidiennes… » (sic) Aussi fait-il entièrement confiance à Sassou, feignant d’oublier que c’est le champion toutes catégories en entourloupes politiques. « On tombe des nues, en lisant ça. En quoi cette concertation, à la sauce Sassou, serait-elle différente des précédentes, celles de Sibiti, Ouesso, Ewo, Dolisie, etc, sachant qu’elle ne sera pas inclusive, et que la politique au Congo peut vous conduire en prison à tout moment ? » Se demande l’ACB-J3M.