Guy Brice Parfait Kolelas, le candidat de l’UDH-Yuki est décédé à Paris, en France, le lendemain de son évacuation sanitaire, dans la nuit du dimanche 21 mars au lundi 22 de l’année 2021. A signaler que le Cardinal Emile Biayenda meurt le 22 mars 1977, juste après le décès du camarade Marien Ngouabi. Terrible mois que celui de mars.

Pako, comme aiment l’appeler ses fanatiques, avait senti un grand malaise alors qu’il était dans la dernière étape de sa campagne à l’élection présidentielle.

Retenu dans un lit d’une clinique privée de Brazzaville, il n’a pas pu clôturer sa campagne électorale.

Cependant, sa mort, comme celle de tous les grands personnages, suscite et suscitera encore des interrogations.

Pako est-il mort de la Covid-19 qui se serait compliquée parce qu’il était diabétique ? Faut-il prendre au sérieux la thèse de l’empoisonnement qui se répand si vite dans tout le pays et à laquelle beaucoup de Congolais accordent du crédit.

Vu les pratiques du pouvoir en place et la longue liste des personnes mortes par empoisonnement pendant son règne, la technique du poison n’est à exclure.

Ce d’autant plus que Pako avait été publiquement menacé par le ministre d’Etat, Firmin Ayessa, au cours d’un meeting de campagne du candidat de son parti, Denis Sassou Nguesso...

Nous, les Laris nous disons que « Mambou wa lombo ma bakila mu lutambi, bakiri mo mou mounoua ! » Traduction littérale : si tes pieds ne m’amènent pas au crime, ta bouche peut t’y conduire.

Quant à nous, nous ne voulons pas prendre l’une ou l’autre version tant la médecine légiste n’a pas communiqué sur les causes du décès.

Mais, Nous voulons faire une analyse de la situation politique et juridique que crée cette mort et apporter dans cette situation une note religieuse.

En tout état de cause, Le Congo est condamné à deux situations : l’annulation pure et simple de l’élection, et la transition.

L’annulation de l’élection

C’est l’article 70 de la Constitution de Denis Sassou Nguesso, notamment celle du 25 octobre 2015 qui stipule que si avant le premier tour, un des candidats décède ou se trouve définitivement empêché, la Cour Constitutionnelle prononce le report de l’élection.

En cas de décès ou d’empêchement définitif de l’un des candidats restés en lice pour le second tour, la Cour Constitutionnelle déclare qu’il est procédé de nouveau à l’ensemble des opérations électorales.

Le quatrième alinéa fixe la date de la tenue de l’élection : quatre-vingt-dix jours à compter de la date de la prise de décision.

Guy Brice Parfait Kolélas ayant connu un grand malaise qui l’a empêché de clôturer sa campagne et étant décédé le jour du vote met le Congo dans cette situation.

Ceci veut dire que le vote du 21 mars doit être simplement et purement annulé.

Et 90 jours correspondent bien à trois mois. Pouvons-nous appeler Transition cette période de 90 jours ?

La loi ne dit pas si une autre liste de candidats est ouverte dans ce cas.

La reprise de toutes les opérations électorales n’est recommandée par la loi qu’en cas de décès de l’un des candidats restés en lice pour le deuxième tour. Donc après la proclamation des résultats du premier tour.

Nous avons dit que la mort du leader de YUKI-UDH met le Congo dans une situation politique et juridique qui risque de se compliquer dans l’interprétation des textes. Or les Congolais savent bien le faire.

Situation politique

Pouvons-nous dire que le Congo n’a plus de Président de la république ?

Il se trouve que depuis sa candidature et son entrée en campagne, Denis Sassou Nguesso n’est plus Président du Congo.

Il est au même pied d’égalité que tous les candidats à l’élection présidentielle.

Le Congo va avoir une transition de 90 jours, ce qui revient à dire que c’est le président du Sénat, Pierre Ngollo, qui va diriger le Congo pendant cette période de 90 jours.

Situation juridique

Le gouvernement ouvrira-t-il une nouvelle liste de candidats puisque que tous les candidats restés en lice sont tous originaires de la partie septentrionale du pays !

On n’y voit aucun candidat originaire du sud même si Mathias Dzon est originaire du département des Plateaux situé au centre du pays.

Une mort qui va redonner la vie ?

La mort de Guy Brice Parfait Kolelas va donner la vie au Congo. Cependant, il faut voir cet aspect sur le volet spirituel.

Pendant des décennies, les Congolais ont prié pour une alternance politique apaisée, et demandé à Dieu de leur donner un nouveau président.

Or, l’élection présidentielle de ce 21 mars peut être prise pour un sondage.

Et, si Denis Sassou Nguesso n’était pas un obsédé du pouvoir, il devra abandonner la course puisque les premiers résultats sortis des procès verbaux et qui sont ramenés par les délégués des partis politiques dans les bureaux de vote, placent Guy Brice Parfait Kolélas et Mathias Nzon au deuxième tour après avoir obtenu 35.3%, le premier, et 31,5%, le second.

Le vote des militaires que l’on redoutait et que l’on croyait profiter à Denis Sassou Nguesso, aurait été favorable à Mathias Dzon.

C’est un grand signal à l’endroit de Denis Sassou Nguesso et de son parti politique, le PCT.

Les Congolais ont demandé à Dieu une voie pacifique pour ramener le pays vers la paix et la démocratie, Guy Brice Parfait Kolelas l’ouvre. Mais, dans la douleur !

Que les Congolais lisent la page de sa mort avec les yeux de la spiritualité pour comprendre ce qui se passera dans le pays un de ces quatre matins.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain