Ne parlons pas de remords car c’est un sentiment inconnu dans la sassousphère. Mais à Mpila, l’heure n’était pas à la fiesta quand les résultats du vote sont tombés ce 22 mars 2021. Chronique d’une tricherie annoncée.

Dimanche 21 mars dernier, les Congolais ont été appelés à élire leur président de la République pour un mandat de cinq ans.

Sept candidats étaient en lice. Il s’agit de Denis Sassou Nguesso, le président sortant ; Guy Brice Parfait Kolelas, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou ; Albert Oniangue ; Anguios Nganguia Engambé et Dave Mafoulou.

Pour les Congolais, cette élection n’avait aucun enjeu puisque les dés étaient pipés et le hold up électoral programmé par le parti au pouvoir, le Pct.

C’est ce qui justifie, selon les analystes , le taux élevé d’abstention. Les Congolais ne sont pas allés voter.

Néanmoins, les élections se sont déroulées sans heurts et dans la paix, malgré la tricherie qui a atteint son comble.

Signalons que la campagne a été endeuillée par le décès du candidat Guy Brice Parfait Kolelas, survenu après un empoisonnement.

Cependant, malgré l’état de santé du candidat Guy Brice Parfait Kolelas, l’empêchant de clôturer sa campagne, son évacuation sanitaire en France et le décès qui s’en est suivi, le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, a proclamé les résultats. Deux jours après le vote : un exploit dans l’histoire des élections au Congo. Que vive la fibre optique même si le réseau internet était coupé.

La cour constitutionnelle qui devait statuer sur cet empêchement et ce décès n’avait pas annulé cette élection, comme le recommande l’article 70 de la Constitution du 15 mars 2015.

Les langues fourchues, mandatées dans les réseaux sociaux par le pouvoir, disent qu’il revenait à Guy Brice Parfait Kolelas de faire savoir son empêchement. La Cour constitutionnelle ne pouvant pas s’autosaisir.

Des chiffres qui confirment la tricherie

Le ministre de l’Intérieur qui a lu les résultats venus de la Cnei (Commission nationale électorale indépendante), a proclamé Denis Sassou Nguesso vainqueur de cette élection présidentielle avec 88,57% des suffrages exprimés, suivi de Guy Brice Parfait Kolelas, 7,84% ; Mathias Dzon 1,88% ; Albert Oniangue, 0,67% ; Dave Mafoula, 0,54% ; Kignoumbi Kia Mboungou, 0,37 et Anguios Nganguia Engambe, 0,15.

Mais, les Congolais qui savent compter et faire des opérations mathématiques, ont vite vu que ces chiffres sont fallacieux.

Le président de la Cnei a présenté des chiffres qui sont faux. Il se serait trompé dans ses calculs.

Mais, pour les Congolais ce n’est ni la précipitation, ni l’urgence de la situation qui aurait fait que les compilateurs de le Cenei se soient trompés.

Dieu avait bien voulu leur retirer l’intelligence pendant les calculs pour les « confondre » par les Congolais.

Ne dit-on pas que quand Dieu veut punir un roi, il commence par lui retirer la sagesse ?

Les Congolais ont donc vite constaté le déséquilibre entre le nombre d’inscrits qui est de 2.542.578 ; de votants, 1.719.538 soit 67,55% et des suffrages exprimés 1.763.343 voix.

Malheureusement, le nombre de voix exprimées (1.763.343) est au-dessus du nombre de votants (1.719.538). 43.805 voix fantômes se seraient ajoutées sur la liste des suffrages exprimés.

Même la somme totale des pourcentages des voix ne fait pas 100%. 0,03% ne sont pas pris en compte.

Mais, il faut aussi dire que les procès verbaux ramenés dans les quartiers généraux des candidats à cette élection, donnent d’autres résultats.

Guy Brice Parfait Kolelas est en tête avec 35,3%, suivi de Mathias Dzon, 31,5%. Les deux candidats devraient donc aller au deuxième tour.

Denis Sassou Nguesso viendrait après Albert Oniangue, et serait descendu à 2% par rapport à ses résultats (8%) obtenus pendant l’élection présidentielle de 2016.

Une ambiance morose au palais

Cependant, malgré le fait que les résultats étaient connus d’avance par Denis Sassou Nguesso (puisque le holdup électoral était programmé, et le ministre de l’Intérieur avait été reçu à Oyo par Denis Sassou Nguesso, avant la proclamation ) l’atmosphère morale dans laquelle s’est passée l’attente n’était pas rassurante. Elle n’a pas rimé avec la victoire.

On voit sur cette image un Denis Sassou Nguesso craintif et plein d’incertitude.

Mais, c’est son épouse, Antoinette Sassou Nguesso qui confirme bien l’ambiance morose qui a régné au palais.

Aussi, aucune bouteille de champagne sur la tablette dans ces hauts-lieux réputés pour ses orgies impériales.

Pas de refrain « Otchombe swa ye, boma ye ! » Justes des chuchotements du ministre d’Etat, le ministre Firmin Ayessa, le dragon qui a craché le tonnerre et le feu.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain