Deux documents importants sont tombés sur notre table de rédaction.
Il s’agit du projet de société du candidat de l’UDH-Yuki, Guy Brice Parfait Kolelas, et la vidéo de la conférence de presse du candidat de l’ARD, Mathias Dzon, qui a eu lieu au siège de son parti le samedi 27 février 2021.

Les expéditeurs de ces documents sont des proches de ces deux candidats à l’élection présidentielle. Ils nous ont demandé des appréciations.
L’ont-ils fait de leur propre initiative ou ont-ils été mandatés par leurs leaders politiques ?
Peu importe la réponse à cette question. Cependant, nous n’allons pas dans cet article dire quel est le meilleur Programme de Gouvernement.
Car, nous, nous ne voulons pas utiliser le mot Projet de Société à la place de Programme de Gouvernement.

Ces deux documents, à notre avis, se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Les ressemblances

La première et grande ressemblance est que les deux candidats promettent de créer une nouvelle organisation de l’Etat c’est-à-dire des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ainsi que des institutions affiliées pour recréer la Nation congolaise.

Mais, il y a aussi les répertoires des services que Guy Brice Parfait Kolelas et Mathias Dzon rendent prioritaires pour améliorer les conditions de vie des Congolais.
Nous nous abstenons de faire la critique de leur vision politique pour la simple raison que nous les respectons, et nous voulons être démocrate.
Pourtant, nous nous donnons le droit de croire que cette façon de faire la politique au Congo, met le pays dans un cycle de recommencement éternel.

Le Congo compte près de 5 Millions d’habitants. Cela suppose qu’il existe 5 Millions de visions politiques. Chaque citoyen a une vision ou se crée un modèle de société dans laquelle il veut vivre, même si certaines visions peuvent se ressembler et être regroupées.

Les sources de l’instabilité et du sous-développement

Nous pensons que l’instabilité politique et celle des institutions du Congo, le phénomène du recommencement éternel ainsi que le sous-développement viennent du fait que chaque candidat vient avec son Projet de Société c’est-à-dire son organisation de l’Etat et celle des institutions affiliées et navigue à vue.
Or, ces changements qui interviennent à chaque mandature ne permettent pas la stabilité et le principe de la continuité de l’Etat ainsi que le développement du pays. On ne veut pas continuer ce que l’autre a commencé.

Faire évoluer la science politique congolaise

Voilà pourquoi dans notre livre « Jean-Marie Michel Mokoko, mon président, » nous avons proposé de faire évoluer la science politique congolaise.
A notre avis, la seule institution habile à élaborer un Projet de Société doit être la Conférence Nationale Souveraine que les Congolais doivent institutionnaliser.
Elle sera convoquée par le Président de la République après 25 ans, par exemple, pour actualiser le Projet de Société, changer ou modifier la Constitution. Ceci garantira la stabilité des institutions et la paix, ainsi que les contrats avec les multinationales.
Dans ce document précieux, on trouvera, entre autres, la doctrine politique, économique et sociale dont doit se servir le pays, l’organisation de l’Etat et les missions des institutions affiliées.

On peut y définir aussi les missions des Eglises et leurs rapports avec l’Etat. Puisque le sujet fait couler beaucoup d’encre et de salive chaque fois que les les chefs religieux prennent position dans un débat politique.
Aussi faut-il dire que le Projet de Société inspire la Constitution. Elle est au-dessus de la Constitution et sert de matrice des Programmes et Calendriers de Gouvernement que proposent les candidats à une élection présidentielle.
Nous signalons que les candidats ne proposent pas des Projets de Société ; mais des Programmes et Calendriers de Gouvernement.
Un pays ou un Etat ne doit avoir qu’un seul Projet de Société qui est élaboré par une Conférence Nationale Souveraine et accepté par tous les citoyens à travers leurs représentants à cette grande rencontre citoyenne.

Les cartographies

Mais, les candidats à une élection présidentielle ont aussi les cartographies pour rédiger leurs Programmes et Calendriers de Gouvernement.
Ils ont par exemple, la cartographie agricole qui doit leur permettre d’élaborer des plans de développement de l’agriculture dans chaque département.
Ils doivent avoir la cartographie énergétique pour voir quel type d’énergie développer dans tel ou tel autre département.
Les cartographies doivent exister dans tous les domaines de la vie.
C’est le travail que chaque gouvernement doit faire. Elles doivent être modifiées à la fin de chaque mandature par rapport aux réalisations qui ont été faites.
Il doit être demandé à chaque gouvernement de publier les nouvelles cartographies un an avant l’année de l’élection présidentielle pour permettre aux nouveaux candidats de rédiger leurs Programmes et Calendrier de Gouvernement.

Mettre la charrue avant les bœufs

Pour conclure, nous disons que les Congolais ont mis la charrue avant les bœufs. Ils auraient dû, vu la crise multidimensionnelle que connaît leur pays, commencer par convoquer une édition de la Conférence Nationale Souveraine, pour réorganiser l’Etat et ses institutions affiliées, et définir des nouveaux concepts, maquettes et plans de développement, et une Conférence économique pour faire connaître aux partenaires du pays, ces nouveaux concepts, maquettes et plans de développement.

Les Programmes et Calendriers du Gouvernement allaient être élaborées par rapport à ces deux documents : Le Projet de Société élaboré à la Conférence Nationale Souveraine, et les Conclusions de la Conférence économique du Congo.
Car, aucun Président, qu’il soit nouveau ou ancien et reconduit, n’aura les moyens de sa politique tant que la crise multidimensionnelle que connaît le pays ne sera pas traitée par tous les Congolais au cours d’une Conférence Nationale Souveraine.

A ceux qui nous ont envoyé les deux documents nous disons encore merci ; mais nous craignons qu’à l’issue de l’élection du 21 mars prochain que les Congolais chassent une dictature pour la remplacer par une autre dictature.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain