Gestion axée sur le résultat

Débats sur le Congo, réflexions sur ce qui s'y passe, sur son avenir, la recherche de solutions.

Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Sam 27 Août, 11 12:37

P. Gnoka a écrit :Salut Kamit & à tous,
Je suis juste passé pour te faire un petit coucou et surtout pour te dire de prendre soin de toi ;) .
Quant à ce débat sur la GAR (Gestion axée sur les Résultats) ou RBM (Results-Based Management), je le trouve assez maladroitement lancé. Mais bon, on peut tjours recadrer un sujet pour mieux l’orienter. En tout cas, je ne m’attarde plus dans ce coin pourri volontairement par Richard & Gus. J’y reviendrai certainement car je tiens à ce site dont je reste un membre éminent… Toi aussi ! lol
Pour l’instant, mon pavillon est planté là-bas chez Ya Mwindos où le Big G. tente de raisonner les petits intégristes en herbe.
Cela dit, le RBM n’est pas une nouvelle invention magique pour sauver les nations de la misère. Les exemples de réussite de politiques économiques et sociales foisonnent dans le monde entier. Toi qui a longuement vécu en occident es sans oublier que les pays du nord d’Europe sont des vrais exemples de réussite de politiques économiques et sociales. En Suède, comme tu le sais, les ministres font la queue, déjeunent et dinent dans des brasseries ; ils n’ont pas de chauffeurs. De nombreux ministres ont tout juste le niveau bac. Il n’y a pas de Sénat. La morale, la probité et le respect des droits humains sont des valeurs qui forcent l’admiration. Le Danemark, la Norvège, la Suède ou la Finlande… sont moins riches (en termes de PIB ou PNB) que l’Espagne et l’Italie ; mais, bien plus riches en termes d’équilibres sociaux et bonheur des citoyens.
Au Congo, l’urgence est dans la reconquête des valeurs humaines (la morale, le travail, la probité,…). Très franchement, je n’y crois pas. Kamit, n’oublie jamais d’où tu viens. Mon petit gars, tu me fais peur. Pendant un moment, j’ai douté… mais à la fin, j’ai la certitude qu’il s’agit bel et bien de TOI :o .
Pour faire bref, et ne pas m’enliser dans un discours fleuve (à la Mwana Mbocka ou toi-même :lol: ), je tenais à te rappeler que le Congo ne souffre pas du manque d’un modèle de développement. Si je ne me retenais pas, je te dirais une grossièreté… du genre : allez-y mettre votre GAR dans le… Poûah !
Fraternellement,
GNOKA.


Moi aussi j'ai failli croire que ce n'est pas toi. Mais à la fin...

La GAR n'est pas un modèle de développement, mais un système de planification adaptable à tous les modèles. Pour reconquérir des valeurs humaines comme tu le souhaites, il faut établir un plan, savoir comment procéder, et qu'est ce qu'on veut atteindre en valeur chiffré. Quelque soit ce que tu penses que le Congo a besoin, il faut une méthode pour savoir si ce que nosu faisons est bon et atteint bien ses objectifs.
Même si vous dites que le Congo a besoin... de prières, par exemple. Il faut déterminer combien de prières par mois pour atteindre le résultat de réduction de 10% de pauvreté, ou 10% de corruption en moins. Faut que vous définissiez des indicateurs de mesure de ce qu'on veut combattre. Puis on calcul ce que cela coute d'organiser ces prières, combien de séance, diffusés de quelle manière (stade? palais du parlement, télé, un par district); on budgétise, on forme les pasteurs etc... Puis on lance le projet. On suit, on évalue et on compare le résultat par rapport aux objectifs. Et on sait si notre voeux a été réalisé ou pas.

C'est seulement ça la GAR. Si vous voulez le modèle suédois, il vous faut établir un plan pour y parvenir. La GAR, c'est de savoir planifier.
Mais aussi, il faut comprendre qu'il ne m'appartienne pas à moi seul, ou à toi seul, soit disant intelligents, de prétendre avoir trouvé ce qu'il nous faut. Et c'est mon idée qui va l'emporter, si non la tienne, ou alors on se bat. C'est cette logique de "rien ne marchera, sauf ce que je dis". La GAR permet de créer les conditions d'une recherche participative et concertée des solutions. Et comme bien souvent, les politique ne sont pas toujours experts dans leurs domaines, ni bénéficiaires d'ailleurs, ils nous menent dns tous les sens, balayant les travaux de leurs prédécesseurs. La GAR permet d'avoir des plans qui dans les grands axes survivent aux changements politiques, et se complètent en expertise.
kamit
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Message par P. Gnoka » Sam 27 Août, 11 2:59

La GAR déchaînerait les foules au Congo si Kamit nous promettait la main sur le cœur qu’il aura pour tous de l’eau potable et électricité, hôpitaux et écoles, retour à la morale, à la dignité et à l'éthique bantu au sommet de l’Etat du pays de Marien.
Rassure-toi, ton exposé ne contredit pas mes lectures sur la question. La définition du GAR, ses objectifs et finalités sont facilement assimilables et acceptables par tout individu qui se donnerait la peine de lire les nombreux mémentos en ligne.
Le couac est que le GAR soit une méthode d’organisation. Comment peut-on penser « organiser » ou « planifier » le néant ou plus précisément le « bordel » ?
Le Congo est malade de son désordre. Tu nous parles de lois pour organiser l’économie ou d’autres sphères de la vie au Congo. Nous n’avons pas eu besoin de l’interview de Willy Matsanga pour connaitre le rôle des députés et sénateurs congolais. Nous savons tous que le Congo n'est pas un pays de droit. Les discours de Sassou n'amusent plus personne au Congo. Plus personne ne se fait d'illusion au Congo. Les lois de planification ou d'organisation s'appliquent dans un espace de droit où règne une discipline sociale. On organise ou planifie l'activité des hommes et femmes qui travaillent. Or, au Congo, vous passez le plus clair de votre temps dans les ngandas, réunions, à courir après le sexe et à dormir. Tu l’as dit : 7 heures à 14 heures !!!
Les femmes sont violées et battues au vu et au su de tout le monde. Les filles mineures se retrouvent enceintes dans tous les coins de rue. Il y a un désordre dans toutes échelles de la vie sociales. Les bars, les églises de réveil et groupes folkloriques nuisent au quotidien sans qu’aucun parlementaire ne bronche. La vie au Congo ne rime pas avec le droit. Laisse tomber mon frère. Ta GAR n’est qu’un arrêt sur le chemin d’avenir. Pouâh !
Bon week-end.
GNOKA
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Message par kamit » Lun 29 Août, 11 2:11

Il n'y a pas de néant au Congo il y'a des problèmes. Tu en as d'ailleurs énuméré quelques uns parmi les plus voyants. C'est ça qu'il faut organiser, et bien d'autres encore. C'est pas la GAR qui va apporter les solutions, mais les congolais experts et utilisateurs de premières lignes. La GAR met en place le canevas, oblige la concertation, et mesure les efforts.
Aujourd'hui on ne peut plus dire qu'il faut électrifier le Congo comme une simple incantation. Il faut exiger du ministre en charge de la question, son plan d'électrification. Pas seulement les discours et les déclarations à la presse.

Ou est le plan de la municipalisation accélérée du Pool? Qui a décidé de construire un hôpital plutôt qu'une usine de cahier? Goudronner Mindouli-Kinkala en priorité, plutôt que Brazzaville-Mayama-Kindamba? Ou est le diagnostic, le chronogramme des activités, la liste des intrants requis, les extrants attendus? Cela a été débattu avec qui? Peut-on dépenser 500 milliards (arrêtés par qui, après quelle étude?) sans aucune concertation avec les parlementaires, les commerçants locaux, les habitants etc...? Comment ces projets s'intégrent-ils dans le programme national? As t-o,n pris en compte les projets porteurs, c'est à dire ceux qui permettront à leur tour d'en développer d'autres, ou s'agira t-il encore de mettre ?25 millions dans la construction d'un palais présidentiel?
Aujourd'hui nous avons une route Brazzaville-Kinkala, financée par l'Union européenne, qui a cour terme (dans les 5 ans après réalisation) s'avère aussi inutile que l'aéroport d'Ollombo. Kinkala ne produit absolument rien (sauf des fonctionnaires; et encore...). Le tronçon allant jusqu'à Voka n'étant pas fait, cette route , n'a qu'un valeur symbolique. Elle est sous fréquentée, quasiment vide même le week end. Voici un projet unilatéralement décidé, au sortir de la guerre de 1998, par l'UE qui a voulu répondre aux hommes politiques du pool qui affirmait que la région est négligée par les régimes du nord. Et un fonctionnaiore bruxellois a décidé que comme réponse, il fallait faciliter le rattachement du chef lieu de cette région à la capitale. Or une plus large concertation aurait peut être pu favoriser l'axe Linzolo-Mbanzandounga-Boko-Voka, ou Mayama-Kindamba-Mindouli, beaucoup plus viables économiquement et humainement bien plus peuplés que Kinkala qui est un vrai désert, et où très peu d'hommes du Pool sont ressortissants.

Maintenant le président dit sa volonté de s'engager dans la gestion axée sur le résultat. Prenons le au mot, et exigeons la concertation des programmes d'action, la budgétisation. Exigeons la neutralité des structures de mesures et d'évaluation, comme l'exige les principes élémentaires de la GAR. D'ailleurs, il a souhaité que la GAR ne soit plus un principe dans notre pays, mais une loi. Donc une obligation administrative et financière. Aidez à sa rédaction (deux personnes seulement s'en occupent,sans aucun moyen de recherche ni aide juridique ou en personnel, ni même perdiem); Exigez des députés l'examen sérieux de cette loi. Bien avant même qu'elle n'existe, exigez un comportement GAR partout et pas seulement dans les 5 ou 6 ministères pilotes. Critiquez d'ailleurs les imperfections de ces pilotes.

Ainsi messieurs les critiques, vous aurez un tableau à base duquel juger de l'efficacité d'un ministre ou d'un DG, sa capacité à exécuter son plan.

Cracher sur la GAR c'est choisir la vocifération des nganda, par rapport au vrai travail quantifiable.
kamit
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Message par sycie l'impérative » Mar 30 Août, 11 12:58

Heum...Heum...
retour à la science des gouvernements illuminista pré-révolutionnaires du 18ème siècle, avec la théorie des mérites et des honneurs par laquelle on eut établit l'économie de marché, la démocratie civique, l'industrialisation et l'administration bureaucratique des nations ?
Un peu tard pour retourner en arrière...
Ce modèle a montré ses limites, notamment dans le clientélisme politico-économique, qui valide la falsification et l'inversion de valeurs morales sous couvert d'appartenances, d'immunités en tout genre, de construction d'une élite hors de portée des règles de l'ordre public. C'est surtout maintenir la nouvelle classe supérieure, sorte de monarchie recrudescente dans ses privilèges, et les classes infériorisées dans un sentiment d'avoir reçu récompense pour sa soumission, une gratification méritée, statutaire en guise de compensation pour tous les sacrifices consentis à des idoles qui défient tous les fantasmes permissifs qu'on n'oserait pas s'offrir, à juste titre, et par procuration.
Ce serait continuer à être déterminé, dans son devenir, par autrui, ceux-là même qui nous envisagent et décident qui l'on est et quels sont nos droits, et quelles limites nous ne devrions jamais avoir à franchir dans le progrès social et économique, et donc historique.
Et qui nous enfumerons toujours un peu plus en nous insufflant que nous avons fait nos propres choix...et que nous méritons les résultats que nous récoltons...
Est-ce que cela va suffire à chasser toutes les frustrations liées à l'absence de justice sociale, à la paupérisation grandissante, cela va t-il contribuer encore à la servitude volontaire, sous prétexte que l'état est mieux géré ?
En matière d'échanges, là où s'exerce la rivalité, la concurrence, verra t-on encore la sollicitation, par des promesses, d'un engagement à sens unique entre le promettant d'espoir d'un futur meilleur et celui qui est dans le besoin, aboutir à un retrait d'engagement qui ne lui aura rien coûté (au promettant), ni en cas de succès, ni en cas d'échec ? Tout au plus il pourra se vanter des mérites d'avoir réussi à mobiliser des énergies (travail quasi gratuit, domestication des revendications sociales, etc...) et produit quelque résultats (en distribuant de médailles, titres, récompenses, etc...)
Il ne faut pas oublier que le politique reste le maître des arguments...et que sa responsabilité est bien souvent exemptée à la lueur des situations de crises et d'instabilité, les boucs émissaires des actes râtés et leurs résultats médiocres.
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Message par kamit » Mar 30 Août, 11 2:35

Tu devrais apprendre à écrire en français usuel, Sycie l'impérative. Tout ce que j'ai compris, arrête moi si je me trompe, c'est que tu te demandes si tout ira mieux si l'Etat est mieux géré. La question se répond à elle même en fait. Je ne veux pas ici entrer dans les détails des projets, des visions, de ce qu'il y'a à faire ou pas. Je ne parle que de méthodologie. Même si des fois, je suis obligé à l'exemple.

Vous voulez qu'il n'y ait plus d'injustice et de caste régnante au Congo, de promesses non tenues? Je l'ai dit, le leadership visionnaire est un des trois piliers de la GAR. Les deux autres étant la gestion participative (chacun apporte du sien au projet) et la mesurabilité des efforts. En GAR le leader doit être celui qui réalise les pourcentages élevés dans la réalisation des missions qui lui sont assignés. Tout le monde est noté en GAR. La présidence de la république en tant qu'institution a sa note aussi par rapport aux missions qui ont été définies comme étant sienne. Et sur l'ensemble des ministère, elle arrive à la 22ème place je crois. Le ministère de la fonction publique est à la 5 ème place je crois.
Le système est à ses premiers essaies, il se corrige au fur et à mesure; Dans notre plan prévisionnel il faudra 5 ans pour qu'il s'implante. Mais le but, c'est bien entre autre, de réduire les inégalités de renforcer la qualité du leadership, la participation, l'élevation au mérite et au résultat.

Oui, il y'a des impératifs politiques souvent illogiques qui vont empêcher ou retarder la réalisation de tout ça. Mais le défi, c'est d'amorcer le processus qui va faire que "la raison d'Etat" (ou le caprice politique) occupe de moins en moins de place, pour faire émerger de plus en plus de rationalité.

N'importe quel projet peut trouver dans les principes GAR un cadre de conception (que nous appelons plan stratégique) et un cadre d'exécution (que nous appelons plan opérationnel). Je profite d'un petit congé pour diffusé tout ceci sur la toile. Mais un site sera prochainement disponible pour être au courant des notions de base, mais surtout pouvoir consulter les chiffres, les rapports, les évaluations. Mais aussi les appels à contribution lors des élaborations des plan: les grands cadres (ba kalaka ya nduenga comme ont dit ici) que vous êtes, n'aurez qu'à soumettre vos Cv, et vous serez sans doute invités à y participer.
Car il est impératif que les congolais le comprennent et s'en approprient pour qu'il fonctionne.
Mais attention: Si vous êtes pharmacien de formation, même si vous aimez la politique depuis l'enfance, que vous êtes le neveu de Youlou et que vous êtes un membre permanent de congopage depuis sa création, acceptez vous n'avez pas le profil adéquat pour le plan de réforme des instituions du Congo. Acceptez, si votre expérience de pharmacien est réussi, de participer à la réussite de ce secteur au sein des plans de la santé. En revanche, on a beau être patissier en France, le fait d'avoir été conseiller municipal quelque part là bas, vous donne un regard et une expérience intéressante sur le développement des politiques de décentralisation, et ainsi, votre participation à ces plans là aura un sens. Sauf si par malheur on a chois de prendre un seul congolais de France et qu'il se être un qui est chef de projet au ministère de l'intérieur, vous ne ferez pas le poids.

Tout ceci pour dire, nourrissez votre expérience dans votre domaine, construisez des projets et des propositions, et pesez sur les instances congolaises pour que la lancée de la GAR prise ne s'éteigne pas faute de participants. Ainsi vous ne direz que vous n'avez que les chefs que vous méritez.
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Message par kamit » Mar 30 Août, 11 3:18

La notation que nous faisons est très imparfaite parce qu'il manque beaucoup d'outils, et tout le monde n'est pas noté.

Le président de la république envoie une circulaire aux ministre, pour leur dire chaque année, les point principaux qu'ils doivent gérer. C'est sur cela qu'ils sont notés.

Ce qu'il faudrait, c'est que la présidence de la république puisse envoyer des lettres de mission. Ces lettres sont évidemment publiées, car sans transparence on ne peut pas évaluer. Ces lettres indiquent les tâches à accomplir en une année et précise les moyens affectés à cet effet. En fait, la lettre reprend les objectifs nationaux, et choisi dans le plan stratégique du secteur des points à réaliser maintenant.

Il devrait appartenir ensuite à chaque ministre d'adresser une lettre de mission à chacun de ses directeurs généraux en développant ces missions et en leur demandant un résultat précis, joint aux moyens qui leurs sont alloués; les DG à leur tour écrivent aux directeurs centraux, départementaux, pour donner à chacune des missions, des compétences, des tâches et un résultat. Les directeurs adresse leurs lettres de mission aux chefs de services. Enfin, chaque chef de service doit également faire une lettre (ce qui s'appelle cette fois ci une "fiche des attentes") à chacun de ses agents, qui précise aussi le volume des taches et leur nature, attendu sur l'année.
A la remise des rapports et des évaluations du bas vers le haut, on évalue le travail du ministère. Mais aussi celui individuel de chaque animateur; ce qui va justifier de ses avancements en grade et échelon, et de ses nominations.

Mais tout ceci n'est pas encore fait chez nous: on ne note que les ministères et la présidence. Ok, fallait bien commencer quelque part, et c'est pas mal d'avoir commencé par le haut. Mais le résultat est biaisé: s'il faut corriger des pans défaillant de la chaine, on ne saurait pas trop qui est le maillon faible. Ce sont finalement des notations sans effets, et sans avantages.
Il nous faut maintenant rédiger le canevas de rédaction d'une lettre de mission et d'une fiche des attentes, le système de notation, afin qu'ils soient uniformes pour toutes les institutions de la république. Dans tous les cas, à partir de 2013, les agents ne seront plus avancés au hasard de l'ancienneté, mais aux résultats obtenus selon les objectifs fixés de haut en bas par les lettres de mission. C'est pourquoi qu'il est importants qu'ils participent et ahère à la politique qui les concerne. On ne sera pas maintenu DG quand on flirte avec les 50% de réussite quand les autres caracolent à 90%. Il aura même honte le DG lui même de savoir qu'il est parmi les plus médiocres. C'est le système du maillon faible.
Mais attention, le but n'est pas de jeter des gens à la rue parce qu'incompétent. Il faut leur offrir des voies de recyclage pour qu'il se réforme, dans le même secteur ou ailleurs, dans la branche et le niveau qui leur correspondent. Des retraites anticipées seront également envisagés pour les irrécupérables.

Voilà à peu près ce qu'il y'a à mettre en place dans la section gestion axée sur le résultat, qui constitue peut être 20% des activités du Ministère de la FP, parce qu'à côté de ça, il faut continuer à gérer les 80.000 fonctionnaires dans leur recrutement, mise en stage, affectation, formation continue, mise à la retraite, décès, modifications divers de statuts, promotion, reclassement, reconstitutions de carrières, discipline et renforcement déontologique, rédaction des manuels de procédure, simplification administrative, informatisation de l'administration, communication interne à l'administration, lutte contre la fraude, la corruption... etc qui sont tous des urgences.
Je comprends le scepticisme de beaucoup et moi même je sais que je ne serai pas à l'aboutissement de tout ceci, parce que forcément appelé à d'autres fonctions d'ici là. Je ne m'inquiète pas tant que ça, parce que je ne suis pas venu trouver un désert comme on a tendance à le croire quand on est en Europe. Les prédécesseurs ont beaucoup travaillé, les successeurs en feront autant, j'en suis persuadé. Même si sur la GAR il faut un bonne connaissance du sujet, si possible une expérience ailleurs, une bonne impulsion du sommet pour réussir à poursuivre son implantation. Mais tant pis. Je ne crois pas que s'éteindra cette passion de l'Etat qui anime nombreux d'entre nous. J'ai foi au développement de l'Afrique, et j'aimerai tant transmettre cet amour du travail malgré les embûches inévitables. Mais surtout pas baisser les bras, parce qu'il y'aurait des réfractaires.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par sycie l'impérative » Mer 31 Août, 11 12:36

Mouai....
Depuis qu'un éminent dernier promu au comité central du parti ancestral avait fui au pays en emportant mon modèle environnemental et que je lui ai expliqué en long et en large ce qu'est le nouveau système qui permet d'intégrer les faux frais aux évaluations et études environnementales, tout ceci afin de ne plus être taxé de corrompu, corrupteur, voleur, escroc, détourneur d'argent public, et que la transparence était la meilleure cachette, depuis, donc, j'ai compris que le malin agit toujours en toute conscience.
Votre GAR est un système qui permet à chacun de se sentir investit d'une mission de sauvetage, de noblesse, de service rendu à la nation par la bonne gestion. Mais c'est un système qui permet de gratifier les meilleurs économes, afin de réduire les coûts de l'administration et des projets, de ne pas augmenter le niveau du pouvoir d'achat du fonctionnaire en maintenant les salaires surtout au plus bas, de continuer à imposer aux plus démunis de se battre dans la lutte des classes inversée, c'est à dire de se battre pour survivre dans l'espoir d'un jour meilleur,le meilleur afrodisiaque qui soit, la dopamine du peuple, et le meilleur émulateur de berlue...
On sent la propagande de la réforme mondiale à plein nez.
Oui c'est une chose que de donner le sentiment à tous que cela va mieux, que la forêt est replantée, que le désert reverdit... Ce n'est qu'un sentiment induit, suggéré,comme les rêves et les fantasmes...
Vous vantez le recadrage de l'administration publique, c'est bienbeau mais...
qu'allez vous faire des millions de chômeurs, de jeunes désoeuvrés, des diplomés et des aspirants étudiants qui rêvent d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte que chez eux ?
Où sont les initiatives populaires qui permettent à chacun de s'investir dans le capital, et ce sans capital ? Comment vont-ils avoir les ressources nécessaires pour créer de la valeur de leurs mains, du fruit de leur employabilité ? Avec le micro crédit ? Cela n'a jamais permis de créer une économie de masse, d'échelle, d'insdustrialisation, de recherche et de développement... Tout au plus à payer les frais de scolarité d'un niveau inférieur, à payer des évènements mineurs de la vie de tous les jours... Ceux qui n'ont pas les moyens de créer des coopératives et des mutuelles, comment vont-ils avoir accès aux soins et à l'éducation supérieure ?
sycie l'impérative
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par sycie l'impérative » Mer 31 Août, 11 1:04

Ce système est celui de 1789 qui est obsolète en occident. Le voici recyclé en Afrique. C'est sûr qu'il incite à un esprit de corps avec le collectif, à penser à englober la masse populaire dans un mouvement partagé vers le progrès social... lequel ?
Mis à part le plaisir d'attendre des résultats de cette réforme, celle de l'espoir renouvellé, il ne faut pas négliger la lassitude d'attendre la récompense promise, les frustrations, la compétition, les rivalités et les affrontements pour y avoir accès. C'est à dire une nouvelle lutte que vous appelez tribalisme, car chacun souhaite que cela aille mieux chez soi, dans sa proximité, ce qui est tout à fait normal; nul doute que chacun pense d'abords à sa famille, son village, sa région, et que cela est humain et nécessaire. Il ne faut pas se tromper de besoins à satisfaire. L'égo de chacun est la base du moteur d'une gouvernance dans une société d'ordre, telle qu'elle se dessine. Parallèlement à la mise en route de cette machine de l'administration publique du mérite, il y a l'administration des peines et des délits, le judiciaire. Ce modèle reflète le principe de l'acte utile, de l'administration de l'origine, de la preuve administrative, comptabilisée= utilitarisme.
D'autre part, chaque région, recelle en elle sa spécificité, ses richesses, ses cultures, ses ressources propres à développer, à exploiter. Quid de la gestion des talents et des spécificités culturelles ou environnementales ? Où est l'intelligence territoriale là-dedans ?
J'ai peine à croire qu'il a fallu autant d'années pour se rendre compte qu'il était temps d'investir dans les infrastructures de masse.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par sycie l'impérative » Mer 31 Août, 11 1:47

Pour aller plus loin, le peuple congolais n'aspire pas à devenir un peuple de fonctionaires, ou bien ? Qui détient le gros de l'argent ? les hauts fonctionnaires, leur famille, leur clan. C'est eux qui décident. Mélangeant le business et la politique... La mentalité du mérite est déjà profondément implantée et à sens unique dans un système autoritariste, partisant.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Mer 31 Août, 11 3:11

Sycie,

Tu commences pourtant assez bien.
sycie l'impérative a écrit :Votre GAR est un système qui permet à chacun de se sentir investit d'une mission de sauvetage, de noblesse, de service rendu à la nation par la bonne gestion. Mais c'est un système qui permet de gratifier les meilleurs économes, afin de réduire les coûts de l'administration et des projets,

C'est à peu près ça, sauf que c'est pas NOTRE GAR, rejeté avec dédain, c'est la nouvelle gestion publique mondiale depuis une quinzaine d'année.
Puis quand tu ajoutes "afin de réduire les coûts de l'administration et des projets," . Non, la GAR peut aussi augmenter les coups de projets. Pour réduire le paludisme, on va s'apercevoir qu'il faut former plus d'infirmiers et mettre plus d'argent dans cette formation. Puisque cette politique est retenue, on passera le budget de la santé de 10 à 15%. Mais globalement, la première partie de ton intervention, ça va. c'est après la virgule que ça se gate:

de ne pas augmenter le niveau du pouvoir d'achat du fonctionnaire en maintenant les salaires surtout au plus bas, de continuer à imposer aux plus démunis de se battre dans la lutte des classes inversée, c'est à dire de se battre pour survivre dans l'espoir d'un jour meilleur,le meilleur afrodisiaque qui soit, la dopamine du peuple, et le meilleur émulateur de berlue...

Ca se sont des décisions solitaires et personnelles que tu prends (esprit anti GAR à 100%) sur des programmes qui n'existent pas encore. Mais je peux déjà dire que toutes les décisions en matières salariales qui se préparent en ce moment au Congo, vont dans le sens de l'augmentation. Il n'existe aucune logique, aucun avantage de les maintenir bas. c'est une assertion noire gratuite.
Mais je ne voudrai pas m'enfoncer dans ces débats sur des éléments concrets. Car la GAR ne permet rien du tout de concret, d'office. Ni salaire haut, ni bas, ni gratification ni sanction. C'est un panier vide, un chemin désert, un processus. C'est aux utilisateurs de cet outils (les techniciens du domaines, les spécialistes, les politiques, les usagers responsables) d'en remplir le contenu. Elle permet, si tu as envie de baisser les salaires, de mesurer que ton but est atteint et a fourni les effets et impacts escomptés. Si tu veux les augmenter, idem. Tout ce qui m'intéresse c'est que tout ce qui est mis en place soit désormais mesurable.

Tu veux tuer les congolais parce que ta politique le veut ainsi? tu dois calculer comment les tuer, avec quoi, en combien de temps, pour combien d'argent, pour avoir quel effet, et quel impact. C'est ce qu'on appelle la chaine des résultats.

Oui, des fonctionnaires se sentiront utiles. Si tu n'es pas d'accord, tu dois mesurer à quel niveau, à quel pourcentage exact ils ne sont pas utiles.
Tu parle d' "espoir d'un jour meilleur". Le mot espoir est un mot antiGAR. La GAR c'est de donner une date (un point de référence) et une autre (un point cible), déterminer ce qu'on veut y améliorer, et calculer ensuite le progrès accompli. UN POINT C EST TOUT.

On sent la propagande de la réforme mondiale à plein nez.

Moi je sens plutôt le scepticisme gratuit et la prière noire, là où je vous parle de chiffres. Est ce une propagande que 400 fonctionnaires soient formés sur la gestion publique? Est ce une contradiction de chiffre que de répondre par "je sens", "j'ai l'impression", "je crois que"? ce n'est pas administratif.
Il fallait 26 mois en moyenne pour avancer un agent. Une initiative à résultat rapide (IRR) a permis de réduire ce chiffre par 4. rappelons qu'avancement rime avec augmentation de salaire. Cela signifie pour toi que la GAR est une politique de réduction de salaire et une propagande? Sur quel chiffre tu te bases? Grace à une IRR il nous a fallu 4 mois pour faible basculer tous les fonctionnaire dans la nouvelle grille avec effets financiers. Ca ne sent ni bon, ni mauvais, ce sont les chiffres qui parlent: aujourd'hui est donc mieux qu'hier.

Il faut que tout le monde change de mentalité et s'habitue à une certaine culture du résultat. Même vous qui attaquez, ça deviendra oiseux et inconsistant de continuer avec des terminologie spirituels (voleurs, paresseux, incompétents, je ne vous crois pas etc...) quand en face on vous oppose des chiffres. Ô on sait, ô on est habitué, ô on a déjà vu... Non. Elevons un peu le débat national, le Congo en gagnera. Moi je souhaite que même l'opposition soit une opposition compétente, de chiffre, qui parle de concret. Plusieurs pays appliqaunt la GAR ont formé l'opposition. C'est ce qu'il faut faire.

Oui c'est une chose que de donner le sentiment à tous que cela va mieux, que la forêt est replantée, que le désert reverdit... Ce n'est qu'un sentiment induit, suggéré,comme les rêves et les fantasmes...

C'est pas donner le sentiment, mais DONNER LE CHIFFRE. Les sentiments n'intéressent pas la GAR. Ca c'est des débats anciens, populistes et niais. Ca ne dit rien sur la vérité du Congo. Combien d'hectares replantés sur combien de prévu? comment nous classons nous par rapport à nos voisins, et comment améliorer nos efforts pour atteindre quel résultat? Le résultat n'est pas le dernie rmot car il faut calculer l'effet et l'impact. Ce sont deux notions totalement différentes avec des indicateurs différents.

qu'allez vous faire des millions de chômeurs, de jeunes désoeuvrés, des diplomés et des aspirants étudiants qui rêvent d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte que chez eux?

"Qu'allez vous faire"??? Vous qui? L'Etat c'est pas une personne! la responsabilité de régler des problèmes n'incombe pas à un individu à l'ensemble de la collectivité. Et la GAR est là, pour dire comment chacun peut y participer selon ses compétences et son rôle. Vous avez des compétences sur ces question là, et elles vous posent vraiment un soucis? faites vous connaitre. La GAr est là pour faciliter ce dialogue et faire éclore les idées les meilleurs. Mais ce n'ets pas celui qui t'explique l'utilité de la GAr qui va te donner les réponses à tout.
Je te parle de GAR et seulement de GAR qui n'est qu'un processus. Garde tes questioons lorsque le débat sera ailleurs.

Mais je re-soulève ton inquiétude sur les frais de scolarités d'un niveau inférieur. dans la GAR le diagnostics réussi est très important. c'est pas des reproches à l'emporte pièce. As tu mené une étude sur nos frais de scolarités par rapport au reste de nos voisins ou même du monde pour faire une telle revendication? As tu rencontré des associations de parents d'élèves qui s'en plaindraient? qu'est ce que tu veux atteindre comme résultat en baissant ces fameux frais (qui en réalité n'existent pas)? tu vois, hors GAR on risque de poser de questions qui n'existent pas pour résoudre des problèmes qui n'en sont pas. Sans impact et sans effet. La GAR veut changer les mentalités sur cette manière de poser les problèmes aussi.

Mais je vous affirme que l'enseignement a fourni son plan stratégique et il est magnifique. Si vraiment ça vous intéresse et que c'est pas juste le plaisir de vous plaindre, cherchez à vous en procurer et désormais critiquez les ratés dans ce domaines selon les prévisions de résultats qui s'y trouvent. Parce que la critique fait partie intégrante de la GAR. Elle est nécessaire, elle est sa lumière. Mais quand on critique en connaissance de cause.
Posez des questions c'est facile. Les bonnes les pas bonnes, on s'en fout. On se croit (là en l'occurence c'est de la croyance) utile ainsi. Il faut maintenant apporter les réponses sérieuses, cohérentes et consensuelles. La GAR vous donne le cheminement pour poser chacune de vos réponses. Elle n'est pas là pour seule répondre à tout, et même aux fantasmes.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Mer 31 Août, 11 3:54

Je réponds ici à tes deux derniers postes.

Ce système est celui de 1789 qui est obsolète en occident. Le voici recyclé en Afrique.

Je ne sais pas ou tu es allé lire de la gestion axée sur le résultat (ne serait ce que dans l'esprit) en 1789!!!!! On ne va pas s'éterniser sur ce genre d'amusement. J'ai expliqué l'origine de la nouvelle gestion publique, y'en a qui y ont trouvé une invention des IFI, et maintenant c'est 1789 :lol: :lol: :lol:
C'est trop difficile de reconnaitre qu'on a jamais entendu parler de quelque chose? Non, on ne va pas aller dans cette direction là. "Recyclé pour l'Afrique", ce sont des termes trop dénigrant surtout en matière de science. Pire encore quand c'est fait à dessein pour dénigrer alors qu'on ne connait pas le sujet puisqu'on le ramène à 1789! je raconterai la blague au boulot.

Tu m'as rappelé un copain, qui lorsqu'on lui demandait quel est son sujet de thèse alors qu'il n'en avait pas encore, répondait "Les masses médias au moyen age". Lui au moins savait que c'était pour rire.

Beaucoup d'entre nous sommes sortis des mêmes écoles que ces blancs qui vous fascinent, avons travaillé dans leurs administrations, et je ne vois pas en quoi vont-ils nous recycler quoique ce soit vieux de 220 ans comme à de vulgaires sauvages formés dans la brousse. Je travaille chaque jour avec les rapports d'évaluation des projets GAR du Canada, des plans stratégiques de la Suede, de la Hollande. Pas de la France, parce qu'ils sont vraiment balbutiant dans le domaine, et tu viens parler de recycler pour l'Afrique? Qui avait créé la GAR en 1789? Je suis blessé parce ce mépris qu'ont certains africains pour eux mêmes.

D'autre part, chaque région, recelle en elle sa spécificité, ses richesses, ses cultures, ses ressources propres à développer, à exploiter. Quid de la gestion des talents et des spécificités culturelles ou environnementales ? Où est l'intelligence territoriale là-dedans ?


Non, non, non. Là tu es entrain de t'enfoncer dans le débat pour savoir ce qu'il faut faire comme politique ici, ce qui constitue un risque ou menace à telle politique ...etc. Je ne suis pas là bas, comme on dit ici au pays. Je suis dans la méthodologie de poser un problème et de construire une solution mesurable. Je ne suis pas dans la proposition de solution, qui plus est dans tous les secteurs. Vraiment c'est magique d'être derrière le clavier. Et la santé, et l'enseignement, et la décentralisation, et les PME... mon dieu. Non. Moi ici dans ce débat, c'est GAR. C'est à dire processus.

A la fin je me demande si tu n'as pas raison de parler du XVIIIè siècle , puisque tu es entrain de parler de la mise en place d'un gouvernement et de ses attributions. Je parle de l'implantation de la gestion axée sur le résultat qui n'existait pas avant les année 60 et ne s'est mondialisé que vers 1995 par l'Amérique d'abord.
Je ne m'en fous pas du reste, mais c'est pas le rôle de la structure GAR en tant que tel, ni du débat qui m'intéresse ici. je suis un des premiers porteurs du projet fédéraliste au Congo. Mon premier article sur ce sujet date de mars 1991 (la Rumeur). J'ai écrit le manifeste fédéraliste, j'ai monté l'initiative fédéraliste, et d'autres ont pris le relai. C'est pas que ça ne m'intéresse pas, ou que je ne le connais pas, mais comme les programmes de santé ou de l'enseignement, c'est déplacé dans le débat actuel.

Si la GAR s'implante dans le sous-secteur de l'administration du territoire, il y'aura un plan stratégique là bas aussi qui définira la politique à mener en la matière. Et il faudra être outillé dans le domaine pour y être invité, et peser de votre force de conviction pour la prise en compte de cet idéal d'une gestion locale plus affirmée. Je crois savoir, à titre d'information, que le cadre stratégique national prévoit effectivement un renforcement de la décentralisation et des pouvoirs locaux. Le ministère de l'intérieur doit mettre cela en musique, et définir comment il compte le renforcer. En créant un commission d'élaboration de du plan de son secteur, partant de sa mission, de la vision de son chef, du diagnostics des principaux connaisseurs du secteur, et de la proposition des pistes de solution. Je ne peux pas ici te donner ou discuter avec toi d'office des pistes de solutions (donc des programmes et projets) qui vont en réalité être proposées par 300 compétences, parmi lesquels des anciens préfets, des cadres spécialistes de la décentralisation, des chefs de villages, des investisseurs de l'intérieur, les représentants de tous les autres ministères, des constitutionnalistes, des élus locaux, des groupes associatifs et culturels ....etc!!!
Tu n'es quand même pas entrain de croire que la GAR va imprimer des solutions prêtes pour tout le monde!???? Ou que ce sont les chargés de l'implatation de ce système qui sont entrains de réfléchir à toutes les réponses.

Pourtant j'ai bien commencé par là. ON NE PEUT PAS ETRE PARTOUT. L'administration c'est pas comme sur internet dans un forum, ou on peut participer à tous les débats et on a réponse à tout, une solution pour tout. La GAR permet aux spécialistes et aux concernés de premier plan, chacun maitrisant un bout de la question, de se retrouver et de décider de l'avenir d'un secteur avec mesure, suivi et responsabilité. Point.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Mer 31 Août, 11 4:58

DEFINITION DE LA GAR SUR WIKIPEDIA .FR
La gestion par résultats (GPR), ou axée sur les résultats (GAR), est un mode de gestion qui mise simultanément sur la qualité des services aux citoyens, l'optimisation des ressources disponibles et la conformité aux règles administratives.

La GPR constitue aujourd'hui un cadre officiel de gestion pour plusieurs gouvernements. C'est le cas de la Loi sur l'administration publique au Québec, la Loi organique sur les lois des finances en France, la Loi générale sur la performance par les résultats (GPRA) aux États-Unis...etc.

Dans son approche générale, la GPR permet aux gestionnaires publics d'améliorer de manière continue les Résultats de leur organisation. Par résultats, Mazouz et Leclerc (2008) font référence aux extrants, spécifiques et mesurables, d'un système d'offre de service. La mesure, l'évaluation, les indicateurs de performance, la reddition de comptes font partie des outils de la GPR.


On n'y parle ni de système du moyen age réchauffé pour l'Afrique, ni de formule des IFI pour pays en voie de développement. Je sais que dès qu'on dit que la France aussi le fait, ah, on se tait. Dès qu'on dit qu'un site de blanc l'a écrit, ah, donc c'est bon.
Je ne comprendrai jamais pourquoi c'est si difficile pour tant de personnes que d'apprendre. Pourquoi dénigrer systématiquement quand c'est un africain qui vous en parle, car vous croyez qu'il s'agit de seconde main. MOUYABI, voici le vrai combat à mener.
Nous ne sommes pas plus idiots que d'autres en Afrique.

J'ai été vraiment blessé par cette phrase de "recyclé pour l'Afrique", en inventant une viellesse de 220 ans de la méthode parce que dans l'esprit on ne peut pas croire qu'un nègre d'Afrique mange du même pain que le blanc. Quel mépris!
Je vous assure que le Bénin, le Rwanda, le kenya, le Maroc, le Burkina Faso sont bien plus avancée que la France dans ce domaine. C'est une honte que d'avoir des à priori de ce genre, basé sur rien.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par P. Gnoka » Mer 31 Août, 11 10:39

En réalité, les années n’ont aucune emprise sur Kamit. Il n’a rien compris ni appris sur la subtilité des échanges sur Internet.
Fidèle au même crédo, l’homme a toujours eu cette tendance valétudinaire pour alimenter à profusion les threads de son initiative comme pour s’auto-congratuler.
Hier évangéliste du séparatisme qu’il appelait pudiquement le fédéralisme, aujourd’hui, Kamit voudrait devenir l’avocat du gouvernement de Mpila.
Mon cher Kamit, tu deviens obscène :
C'est pas la GAR qui va apporter les solutions, mais les congolais experts et utilisateurs de premières lignes. La GAR met en place le canevas, oblige la concertation, et mesure les efforts.
Aujourd'hui on ne peut plus dire qu'il faut électrifier le Congo comme une simple incantation. Il faut exiger du ministre en charge de la question, son plan d'électrification

De quels experts nous parles-tu :o ?
Qu'attendez-vous pour mettre en place les canevas et tout ce que tu décris... Pourquoi viens-tu faire chier le monde avec toute ta logorrhée à la Con. :evil:
Les congolais n’attendent pas des miracles des experts, mais un minimum vital : eau, électricité, écoles, hôpitaux.
Peut-on dépenser 500 milliards (arrêtés par qui, après quelle étude?) sans aucune concertation avec les parlementaires, les commerçants locaux, les habitants etc...?

Kamit, tu vas trop loin :oops: .
Chacun sait que les congolais croupissent dans la misère la plus sordide en dépit des entrées massives de la rente pétrolière. Comment oses-tu prétendre insidieusement que la GAR rendra brutalement l’homme des masses plus démocrate partisan d’une redistribution efficiente des retombées pétrolifères ?
Maintenant le président dit sa volonté de s'engager dans la gestion axée sur le résultat. Prenons le au mot, et exigeons la concertation des programmes d'action, la budgétisation. Exigeons la neutralité des structures de mesures et d'évaluation, comme l'exige les principes élémentaires de la GAR.

Ça alors ! J'ai du mal à croire qu'il s'agit bel et bien de KAMIT sous ce masque. :o
Croirais-tu très sincèrement que le ministre Florent Tsiba en poste depuis 50 ans sera cette fois-ci jugé par la GAR ou au pire démis de ses fonctions faute de bons résultats…. Et puis, de quelle concertation parles-tu ? Ne ferais-tu pas par hasard allusion aux réunions, congrès, forums, symposiums et autres tralala dont vous affectionnez en lieu et place du VRAI travail ?
Bref, je te laisse peinard et te souhaite bonne chance pour la vulgarisation de la GAR, le nouvel arrêt sur la route de l’homme des masses.
Prends soin de toi & A+
Fraternellment,
GNOKA.

PS/ Mon gars, t'es pas obligé de faire ce sale job de petit commis collabo de la médiocrité. Le silence persistant de Loumo m'oblige à prendre congé. Je m'excuse d'avance si mon propos t'ai paru un peu dur ou déplacé. Désolé! :puf
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Jeu 01 Sep, 11 11:58

Eh non Gnoka, on ne se refait pas. C'est comme toi, la débat argumenté et rationnel n'est pas toujours ton fort.

Mais têtu que je suis, je reste sur ma lancée:
La GAR ne rendra pas Ntsiba meilleur, ni Sassou démocrate. Elle mesurera enfin l'étendu de leur médiocrité ou de leur dictature.

Les congolais n’attendent pas des miracles des experts, mais un minimum vital : eau, électricité, écoles, hôpitaux.


Eh ben, si c'est le cas, les congolais ont tort. C'est à eux tous (vous tous, nous tous) de contribuer à avoir ces choses, et non à les attendre. Quand je cite les experts, j'ajoute aussi les opérateurs économiques du domaine, les associations de concernés, les élus etc... C'est tout le monde qui doit contribuer aux solutions. Il manquait un cadre organisant cette participation, et la GAR vous l'offre. Savez vous que le ministère de l'énergie n'a pas trouvé des partenaires associatifs opérant dans le secteur de l'eau et de l'électrice pour arriver son programme biennal, comme l'exige la loi? Créez des associations de consommateurs autour de ces questions, si non c'est le petit frère du ministre qui va le faire, et vous serez aux tribunes pour vociférer comme des hurleurs professionnels.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par sycie l'impérative » Jeu 01 Sep, 11 4:07

Je ne suis pas anti-GAR. Qui définit et avalise ces études ? Vous passer sous silence les moyens de pression à tous les niveaux : où sont les signes d'indépendance des autorités de vigie dans les concertations à tous les niveaux ? Le système établi s'est très bien infiltré dans cette nébuleuse. En réalité, toutes ces donnes n'ont jamais été méconnues et tous les processus de la vie commerciale, économique, sociale sont connus, étudiés, analysés et même de loin. Toutes les entreprises locales, qu'elles soient exploitantes, exportatrices, et quelque soit le marché de destination, toutes connaissent l'environnement dans lequel elles travaillent et le sort de la population et des employés, et l'administration ne l'a jamais ignoré, encore moins les hauts décisionnaires. Puisque le modèle existe depuis toujours, le dispositif de vigilence sur le contrôle des dépenses et les résultats n'est pas en cause. C'est la mauvaise foi des décisionnaires à laquelle je m'en prend.
Voilà : c'est comme le scandale du Médicament qui a tué plein de gens en dépit de la police de l'industrie pharmaceutique.
Toute mission de contrôle et de restauration de l'ordre n'aura aucun impact bénéfique si les personnes qui tiennent les rennes sont sans aucun scrupule, qu'ils minimisent qu'une décision arbitraire peut sceller le sort de millions de personnes en bien ou en souffrances interminables.
Présenter une nouvelle méthode de gestion comme n'ayant aucune similitude avec l'ancienne n'empêchera pas d'arriver aux mêmes effets catastrophiques de plusieurs milliards d'écarts, parce que ce n'est pas l'outil qui est en cause. Si un outil permet un transfert d'apprentissage et donc un apprentissage plus rapide, son détournement est aussi simultannément en passe de voir le jour.
Le principe exceptionnel restera toujours, et l'autonomie de décision aussi.
Ce n'est pas au peuple de se sentir visé par la réforme, ou les mesures de contrôle, puisqu'il est dépendant des décisions prises pour plannifier son devenir, et que comme toujours, il est obligé de faire sans... jusqu'à un certain moment, où toutes les volontés doivent se confronter pour éviter les conflits d'intérêts.
Clairement, entre les beaux discours et la théorie, il faut un peu de sincérité : Pourquoi des gens connus pour détournement de fonds publics et d'autres pour des comportements franchement criminels sont-ils élus et occupent-ils encore des postes et reçoivent-ils encore des honneurs et l'argent gratos qui va avec ? C'est franchement ignoble de parler de changement quand on voit ça.
Faire comme si rien ne s'était passé pendant cinquante ans revient à accepter l'inconscience collective comme inéluctable. Ce qu'il faut assainir c'est les valeurs : pourquoi ceux qui représentent les anti-valeurs ont-ils le vent en poupe ? En plus ils dirigent, commandent et font la loi.
Dernière édition par sycie l'impérative le Jeu 01 Sep, 11 4:29, édité 1 fois.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Jeu 01 Sep, 11 4:24

sycie l'impérative a écrit :C'est franchement ignoble de parler de changement quand on voit ça.

Comme cela va mal, il ne faut pas parler de changement? :lol:
En effet, depuis Ekonda, Gnoka et d'autres, j'ai beaucoup lu ça: "donnez d'abord l'eau et l'électricité, ensuite vous nous parlerez des méthodes de changement". Il faut donc changer quand tout est arrangé?

Il ne faut pas être pessimiste. Je viens d'assister durant 3 heures à la formation GAR pour la Présidence de la république (pour les cadres sur place, deuxième en son genre en 2011). Elle n'a ouvert qu'hier, et j'ai entendu les mêmes critiques que vous faites ici. Pire encore, parce qu'ils connaissent quand même la situation et ses travers mieux que vous. Ce sont des réactions normales quand on entend parler de GAR au début. "On a toujours su qu'il faut gérer selon le résultat et on a perverti la gestion; alors qu'est ce que ce nouveau machin va changer? tous les projets seront toujours teintés de tribalisme, les chefs privilégient leur argent plutôt que l'intérêt collectifs, qu'est ce que la GAR va y apporter?" etc... j'ai entendu tous ça.
D'ici la fin de la journée ils comprendront. Je vous assure.

A toute...e méthodes ont marché ailleurs, dans des pays où la corruption ou le pouvoir personnel n'est pas à envier, et je ne voispas pourquoi ça ne marche pas au Congo. Je dirai même que ça marche déjà
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par sycie l'impérative » Jeu 01 Sep, 11 4:33

Mais enfin qu'est-ce qui n'est pas compréhensible dans ces revendications ? Entendre dire qu'il faut utiliser un nouveau système équitable et continuer d'être sous la coupe des même gens c'est intolérable. Qu'ils dégagent d'abord...
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par sycie l'impérative » Jeu 01 Sep, 11 8:28

Pour ne pas revenir en arrière, si je suis indignée, c'est que déjà il y n'y a pas si longtemps, j'avais fait le pari sur ce qu'il allait se passer au pays avec la mise en prison de quelques lampions au sujet de la corruption, cela a été fait. Et je ne suis pas devin. Pour le modèle du GAR, c'est évident qu'il va être mis en application forcée après l'audit de la gestion des états. Il n'y avait pas d'ordinateurs au moyen âge, ni avant son existence, mais cela n'a pas empêché de construire des édifices qui servent encore l'état en France (Mairies, Palais de justice, bâtiments publics de l'administration), ni des routes, ni des canaux, et de replanter la forêt, ni d'organiser la société et la nation. Certaines routes ont été construites de sortes qu'elles servent toujours depuis des siècles, quand il n'y avait pas de pétrole. En Afrique aussi, avant la colonisation et l'indépendance, il y avait des infrastructures, des organisations sociales et politiques. D'ailleurs quand un souverain était trop cruel avec son peuple, il finissait par être renversé de force. La tradition continue avec les coups successifs qu'a connu l'Afrique. Le drame c'est l'égoïsme, mais cet égoïsme a des causes et des effets, c'est surtout cela qu'il faut combattre et surveiller. Hors cela est impossible : qui va oser mettre sa famille en danger, en perdant son poste ou sa vie pour avoir critiqué ou dénoncé des faits connus de tous en plus ? Qu'est-ce que le Gar va changer à la conduite de ces gars ?
On essaie de nous faire croire que c'est le passé que rien n'est plus pareil, qu'il faut regarder de l'avant alors que le système est bien là, et plus renforcé que jamais.
Je vais vous dire mon point de vue personnel et mon sentiment...cela n'engage que moi, comme toutes les erreurs que j'ai pu faire ou écrire, et ce que j'ignore.
J'ai eu la chance de visiter pendant les années de la coopération les ministères du plan, cadastre et des finances de plusieurs pays, et justements les outils et les projets employés pour la gestion du travail de plannification et de gestion financière des budgets de ces états. Qu'est-ce que les outils et les projets ont a avoir avec la réalité vécue maintenant qu'on a du recul pour mesurer les conséquences, trente, quarante, cinquante ans plus tard ? RIEN. Ce ne sont pas les outils qui font les résultats d'aujourd'hui. Ce sont les décisions. Faire croire que le "bouketage" ne découle pas de décisions éclairées c'est du déni de réalité. Faire croire que c'est par hasard, alors là c'est à mourir de rire. Quand un décideur public emprunte des fonds vautours et que les contribuables paient les conséquences, des taux volatiles, c'est le système bancaire international et tout le système de l'argent qu'il faut revoir. Ceci n'est pas propre au COngo. Tous les pays du monde subissent les mêmes problèmes à cause du système de valeur de l'argent et de la gestion, dénué de lien affectif avec le destin du peuple. Le problème effectivement ne vient pas de l'outil, mais des liens sociaux, politiques, financiers, ces réseaux qui pourvoient à la destinée des intérêts particuliers et se fiche du reste de la population.
Donc mon attaque n'était pas sur le GAR, car un outil ne se lève pas un matin pour frapper le crâne du voisin à la machette par exemple... sans l'intervention d'un dingue derrière. C'est ce problème d'élan collectif dont j'aimerai bien qu'on nous parle. Pour le moment on voit des gens très peu recommandables se regrouper, se féliciter, se décorer, s'encenser de belles paroles, s'appropier même les "nouvelles valeurs", comme s'il en étaient les instigateurs et ils ont raison de se positionner comme tel, car c'est eux qui commandent, dirigent, décident ; il n'y a qu'eux encore et toujours...
Si je devais aller investir dans mon pays, sachant que je ne peux les sentir, ni eux me voir, ce n'est pas le GAR qui me convaincra. Il y a des gens adorables, des gens courageux, des gens bons et hospitaliers au Congo, attention, je n'ai jamais dit le contraire, mais aucune garantie de s'en sortir ni au niveau judiciaire, ni au niveau administratif, ni politique ou social si l'on a un différent avec un grand ponte, ou qu'il estime que nos affaires marchent sur leurs plate-bandes.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Jeu 01 Sep, 11 10:12

sycie l'impérative a écrit :Mais enfin qu'est-ce qui n'est pas compréhensible dans ces revendications ? Entendre dire qu'il faut utiliser un nouveau système équitable et continuer d'être sous la coupe des même gens c'est intolérable. Qu'ils dégagent d'abord...


Quelles revendications? Mettre l'eau et le courant avant d'apprendre aux gens comment le faire? C'est ça les revendications compréhensibles? pourquoi crois-tu qu'il n'y a pas d'eau et de courant? Faute de planification précise. on a été dépassé par l'accroissement de la population, parce que ne savait ni prévenir ni coordonner tout cela. Parfois même par peur de découvrir des problèmes trop grands, si jamais on s'amusait à faire des études exhaustives.
Sans plan, pas d'eaux, pas d'école, pas de boulot etc... suffisant pour tous.
Vous voulez la fin du tribalisme? Il faut réunir les meilleures compétences pour établir un pluriannuel, des indicateurs, et être capable de mesurer [dans la transparence] les avancées réalisées étapes par étapes.

Tous les problèmes d'un pays ne sont pas macro. Le premier projet GAR monté en république centrafricaine, était de fournir 100% des élèves du primaire de manuels scolaire sur tout l'étendu du territoire en 100 jours. Ce fut une IRR (initiative à résultat rapide). Il y'a dans ce pays une rébellion qui occupe certains territoires. Les rebelles ont naturellement raisonné comme toi Sycie: "il faut d'abord que Bozizé dégage". Mais on les a formé sur la GAR. 10 jours, il ont compris et participé activement à la distribution des livres, parce qu'il ont compris que ça redorait leur image que de faire ça. Ils ont exigé que la télé les films en action scolaire, il l'ont eut. Ils ont voulu démontrer que la distribution dans les zones qu'ils contrôlaient à a été plus rapide que partout, et ont souhaité que dans l'évaluation le critère de vitesse apparaissent, car ils ont voulu remporter ce "trophée". Cela a inciter l'armée régulière a engager ses camions aussi pour transporter les livres à l'intérieur du territoire.
Car la GAr crée un compétition individuelle et interservice. J'ai vu des DG m'affirme de leur surprise de voir des agents qu'ils croyaient incompétents, se surpasser parce qu'on leur a donné une mission, un objectif, dont dépend sa note. j'ai vu des agents m'avouer qu'après avoir participé à 3 IRR, ils ont décidé de passer un concours pour évoluer en grade parce que finalement, ce que faisait son chef n'était pas si difficile, ou qu'il a des idées pour tel secteur d'activité. la GAR est une libération des énergies. Je le vis, je ne le théorise pas!

Bien avant ça, dans la préparation de cette IRR, les fonds des partenaires financiers publics et privés à ce projet (la RCA ne croule pas sous le pétrole) n'ont pu être bouclé que parce que les donateurs ont reçu un plan et un contrat de performance sérieux, irréprochable et GAR.

Tout n'est pas macro dans la gestion d'un pays. Les projets vont de haut en bas et de bas en haut. Vous avez du mal à dissocier l'administration de la politique. Non, tout n'est pas lié. Je sais, quand on est à l'étranger avec cette suffisance qui nous habite, ce sont les pouvoirs du président qui nous intéressent et nous captent en premier. Mais la réalité est beaucoup plus mitigée. Dans 90% des cas ce n'est pas le président ou le préfet qui vous empêche d'atteindre des objectifs, vous ne savez même pas dresser ces objectifs vous même. On changera de président que c'est toujours vous, qui rédigerez les fiches de votre fonction et en proposerez les évolutions par exemple. Vous ne pouvez pas les copier dans un autre pays, parce que dans la pratique, la réalité sociologique n'est pas la même. Le président le plus intelligent et armé de la meilleure fois, n'y fera rien non plus, il ne connais pas ça. D'où il faut former chaque individu à intégrer le projet commun et général, et à mieux maitriser ses tâches personnelles. C'est ça la GAR.

Enfin, si mauvais serviteur il y'a, ce n'est pas que Sassou. Ce sont des dizaines de milliers d'acteurs publics qui sont incompétents et font retarder notre pays. Tant du pouvoir que de l'opposition, de l'administration que du secteur privé, et de la société civil. Même la diaspora a plus de 99% des gens qui n'ont aucune compétence à gérer un pays et pourtant diffusent des insanités contre-productifs.
On fait quoi? on tue tous les congolais pour recommencer avec une génération spontanée, pure, dévouée et savante?

Le premier pilier de la GAR c'est la mise en place d'un leadership visionnaire. Tout ceci ne marchera jamais, si l'accession aux postes à responsabilité (et pas seulement président de la république) continue à se faire sans critères sévères de probité, de compétence et d'expérience. La GAR vous donne l'outil, c'est à vous, congolais (du domaine, j'insiste sur ce point, si non on retombe dans la médiocrité et l'à peu près), de définir les critères, des conditions juridiques, de trouver des mécanismes les plus inviolables possibles, car ce en pas les gens de chez nous qui sont plus mauvais qu'ailleurs, mais la loi qui est moins contraignante. Il y'a des pays GAR ou il faut déposer un certificat de moralité fiscal pour occuper un poste de directeur central et plus. La désignation par un ministre ne suffit pas. Celui qui délivre ces certificats est un magistrat qui prête sermon et dont tous les comptes trimestriels (de lui même) doivent être publié dans un journal de place. En RDC, désormais il faut au moins le bac pour être candidat à une élection quelqu'elle soit, même chef de village. Nous on pense, en plus de cela, à la mise en place d'un test d'aptitude pour occuper des fonctions à partir de directeur central et seuls les 3 premiers sont présentés en conseil des ministres pour nomination.

C'est le président de la république qui a demandé aux initiateurs de la GAR de faire ce travail de critères généraux pour avoir un leadership national de qualité. Pourquoi je vais faire la fine bouche? Parce qu'il le jetera dans les tiroirs? Tant pis, mosala ya l'Etat e sila ka te. Quelqu'un déterrera ce travail après nous, et le complétera (comme moi je profite des débuts de solutions de mes prédécesseurs) jusqu'à trouver un jour un leader attentif et déterminé à les faire aboutir. Mais je en peux pas dire que je ne fais rien, jusqu'à l'arrivé de ce leader éclairé. Il ne pourra pas travaillé sans ce début de réflexion. Il faut commencer, complétéer ses prédécesseurs. C'est sans doute ceux qui n'arrivent pas à tout boucler en un mandat qui vous parlent de désillusion quand ils rentrent et d'être aspiré par le système. Ils n'ont simplement rien compris. L'Etat c'est comme ça. Un travail cumulé. En France on propose parfois des choses, pour se voir répondre qu'ils font trop gauche, quand le chef est de droite et vice versa. Mais quand arrive l'autre équipe, il s'appuie sur ces travaux là.

J'aimerai bien créer (dans ce projet de création d'un système de sélection d'une élite compétente) une école de l'élite administrative au Congo. Un ENA. Car l'ENAM forme des techniciens supérieurs spécialisés, pas des managers de grands corps, ou de capitaines d'industrie et des finances. La notion même de grand corps n'existe pas en droit congolais, pas plus celle de haut fonctionnaire. Je suis mis en minorité sur cette orientation. Je laisse le projet, il sera peut etre repris demain, quand une majorité en comprendra le sens parce que l'intérêt des grandes écoles sera mieux connu. Ou ne le sera peut être jamais, parce que j'ai totalement tort.
Le plus important c'est de donner le meilleur que l'on peut, et non s'endormir dans le fatalisme en attendant une révolution qui chamboulera tout et rendra le congolais génial, merveilleux, brillant, avec un président qui va écrire en mandat l'ensemble des dispositifs nécessaires. Soyons adultes.
Le successeur de Sassou ne fera pas de miracles sans tout cet effort.
Quand nous avons discuté de l'introduction de la GAR au congo, nous étions 3 sur 15 dans cette réunion à savoir de quoi il s'agissait. Quand les autres ont compris, ils étaient quasiment tous sceptiques à imaginer que la présidence l'accepte. Le Congo en appliquait certaines bribes obligés par les partenaires techniques et financiers, pas dans son ensemble, rien. Nous sommes allés au feu, et c'est entrain de prendre corps. les ministres ont été formés, les cadres supérieurs le sont, certains techniciens aussi, des projets GAR voient le jour, des plan stratégiques se rédigent, pour moi c'est un succès absolu. Mais si tous les cadres sont formés, nos successeurs ne regarderont pas ça comme une curiosité qu'ils vont rejeter.
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Re: Gestion axée sur le résultat

Message par kamit » Jeu 01 Sep, 11 11:27

sycie l'impérative a écrit :Pour ne pas revenir en arrière,


Si si, tu n’arrêtes pas au contraire de me faire revenir en arrière parce que tu veux critiquer sans comprendre. Tu attaques un outil que tu ne connais pas, tu ne sembles même pas me lire, et tu continues dans tes coups de poings comme un robot programmé. J'ai donné l'origine de la méthode, tu lui en crée une autre. J'ai parlé du leadership visionnaire, tu reviens dessus, pas pour attaquer ce que j'ai dit, mais comme si on y avait pas pensé. Au final, je ne cesse de me répéter.
Tu aurais pu me demander qu’est ce qu’un DIAGNOSTIC, parce que j’en ai parlé au moins 5 fois, et tu n’aurais pas alors produit l'argumentaire suivant:

sycie l'impérative a écrit :Hors cela est impossible : qui va oser mettre sa famille en danger, en perdant son poste ou sa vie pour avoir critiqué ou dénoncé des faits connus de tous en plus ? Qu'est-ce que le Gar va changer à la conduite de ces gars ?


SANS CRITIQUE, PAS DE GAR. C’est radical !

Mais pas la critique sauvage des sites internet où on cite tout et n’importe quoi, on accuse sans preuve, on dénonce sans proposition, et en toute ignorance du domaine en dehors des flashs infos. Celle là est inutile pour construire. En management, la critique s’appelle le DIAGNOSTIC. C’est impératif dans la résolution d’un problème. On ne par jamais de zéro ou du néant. On part d’une chose qui va mal, ou pas assez bien, ou mal adapté, et il faut décrire ce dysfonctionnement.

La méthode diagnostique la plus utilisée s’appelle SWOT en anglais, FFOM en français, pour Forces, faiblesse, opportunités et menaces.

Quand on fait un plan stratégique d’un secteur ou d’une institution, je l’ai dit, on réunit des gens dans une salle (élus, cadres, usagers constitués en association, experts, syndicats, partenaires étrangers et internationaux etc…).

Trois choses leurs sont imposées :
1. La mission de l’institution : on leur rappelle le rôle juridique de l’institution. Par exemple, le ministère des affaires étrangères est l’organe de contacts extérieurs du Congo,; ila le pouvoir de, le droit de ...etc.
2. La vision de celui qui anime cette institution : souvent le ministre. Par exemple, atteindre une performance des cadres du ministère, égale à celle des représentations de l’ONU.
3. Les objectifs stratégiques nationaux pour le secteur (définis dans le DSCRP). Par exemple, faire du Congo le leader dans la conduite du NEPAD (souvent il y'a 3, 4 ou 7 objectifs stratégiques pour un secteur).

Ensuite, nos congressistes sont chargés de faire le diagnostic.
- Ils doivent décliner en 5 pages par exemples, les forces du ministère, c'est-à-dire ses atouts internes. Par exemple, Le ministère a un équipement de pointe, le pays a un hotelerie en plein boom capable d’accueillir des sommets réguliers et importants, des relations normalisées et respectueuses avec 99% des pays etc… C'est un exemple.

-Puis en 5 pages les faiblesses, internes : mauvaise formation des diplomates (il n’y a même pas d’anglais dans leur formation, pas de stage dans d’autres pays), absence de plan de carrières qui favorisent les nominations politiques surtout dans les postes diplomatiques ...etc.

- En 5 pages, les opportunités (facteurs externes) : position centrale du congo, apte à réunir des grands sommets africains, demande mondiale en matière d’expertise sur le NEPAD ...etc.

- En 5 page les menaces : construction du hub aéroportuaire de Dakar qui facilitera plus ce choix par rapport à Brazzaville dans 2 ans, dénigrement des initiatives africaines à l'ONU etc… ;

Voici un diagnostic. Mais c’est dit de manière ramassé parce qu’il beaucoup de critères à respecter pour que le diagnostic soit complet.

Puis, on fait le lien entre le diagnostic, les objectifs, la mission et la vision, pour monter des programmes, d’où découlent des projets.

A la fin on les budgétise, c'est-à-dire on dit combien ça va couter et qui va financer (partenaires privés, partenaires internationaux, autofinancement, budget de l'Etat etc…) , on monte un chronogramme.

Voilà ce que tu appelles critiques, comment ça se traduit en termes de gestion administrative. On n'a pas besoin de faire du sensationnel (c'est pas une salle de rédaction d'un tabloïd) ni des accusations (c'est pas un tribunal). Tu ne peux pas proposer sans pointer du doigt ce qui ne va pas exactement, et sans complaisance. Dans les plans stratégiques qui se font, on dénonce tout. J'y assiste souvent et tout le monde parle, corrige les autres, s'y justifie. Je me suis quasiment fait agresser moi même sur l'absence de gestion prévisionnelle des emplois et des formations, et j'ai du me justifier pour que cette exigence ne soit pas retenue par les conférenciers car son élaborations est en cours, et les financements sont là et les freins viennent de X ou d'Y qui est en cours de réparation. Voilà pourquoi c'est nécessaire d'avoir les représentants des autres ministères, parce que vous êtes liés d'une manière ou d'une autre et les éclaircissement des uns et des autres sont capitales.
Dénoncer le népotisme par exemple, est une notion politique. En administration, c’est la compétence et les critères de nomination et de contrôle qu’il faut dénoncer. Et vos critiques vont se réfléter dans les ébauches de solutions que vous allez faire, c'est-à-dire vos programmes. Et il y’a des règles pour vérifier que les critiques contenus dans le diagnostic ont trouvé réponse dans le programme et projet. Par exemple sur le « népotisme » on va proposer la mise en place d’un cadre sectoriel régissant l’occupation des postes, l’intégration, et les carrières dans le secteur. Voir l'attribution des marchés, mais bon, maintenant je crois que le code nouveau en ce domaine est assez bien.

J'ai dit plus haut, quand nous avons fait le plan stratégique de la réforme de l'Etat, on nous avais accusé de faire une conférence nationale bis. C'est bien parce que tout le monde disait tout le mal qui mine la mise en place de réforme dans son secteur. Et la presse, obligatoire car la transparence est un critère absolu de la GAR, relatait au fur et à mesure les "critiques" fait. Ca a pris deux semaines, de 9 heures à 16 heures, pour 150 personnes pour boucler le cahier de diagnostic. J'avais dit aussi que certains avaient fuient au troisème jours quand les bruits que nous préparions une conférence nationale ont commencé à circuler, de peur d'être melé à un complot. 80% des participants sont restés. J'avais dit aussi que ce sont des aléas qu'il faut prendre en compte et continuer, et non ne rien faire. Nous avons fini le travail.

A la fin du travail et de l'adoption du plan, l’équipe d’élaboration vote un comité de suivi du plan. Il se compose de deux cadres maison, deux syndicalistes, deux partenaires étrangers, deux délégués de partis politiques (dont un de l’opposition), de deux représentants de deux ministères autres …etc. Il rendra son rapport sur l’exécution du plan, chaque année. La notation de ce ministère porteur du plan en dépendra (mais pas seulement, parce que les critères de suivi-évaluation, appellent à un dispositif un peu plus complexe).

ET TOUT CA, JE L’AI DEJA DIT !
kamit
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