gilles a écrit:
Ne vaudrait-il pas mieux accepter la présidence de Sassou, (comme nous allons en France nous résigner à celle de Chirac le traineur de casseroles) et s'atteler plutôt à la reconstruction d'une économie et d'une société, en commençant dans les villages ? Ce qui a été perdu sur le plan de l'affrontement politicien pourrait être gagné sur le terrain, par la reconstruction d'une vie économique et sociale des régions. N'est-ce pas dans cette action "sur le terrain" que se créera une nouvelle conscience politique des citoyens congolais, tournée vers la reconstruction et non vers un affrontement destructeur ?
Question d'un Congolais :
"Gilles, ne vaudrait-il pas laisser Jean-Marie Le Pen appliquer enfin son programme en l'élisant le 5 mai pour qu'enfin le Front National soit confondu en France ?"
Bien sûr, je ne suis pas ironique. Vois-tu Gille, le Congo est plongé dans une situation de folie où la raison n'a plus cours. Ce n'est pas parce qu'on aura accepté une présidence que le Congo va décoller économiquement. Le mal du Congo est ailleurs. Il n'est pas dans le sentiment de révolte légitime qui anime son peuple dont les gouvernants maintiennent la tête sous l'eau depuis quarante ans.
Si, après plusieurs années de séjour au Pouvoir, la Présidence dont tu parles voulait propulser le Congo au rang des pays à économie dite "ouverte" elle y serait parvenue au regard des richesees minières que renferme notre sous-sol.
Si tu suis bien les délires de nos débats, tu te rendrais compte que les causes de la rupture de la paix civile ne sont vraiment pas là où on veut nous les montrer : insoumission des Ninja.
Aussi, tes conseils par trop lénifiants font exactement partie des propos réactionnaires que je combats avec une rare violence. Si tu veux réellement plaider pour la paix au Congo, il serait plus intelligent de ta part de chercher plutôt à convaincre l'actuelle Présidence de tirer sa révérence. Car l'histoire nous a montré que jamais une classe au pouvoir, fut-elle composée des meilleurs génies, ne peut avoir raison contre tout un peuple.
Or, malgré tout le dégoût populaire qu'ils inspirent, ceux dont tu exiges le maintien à la tête du Congo, s'y accrochent, quitte à marcher sur des tombereaux de cadavres. D'ailleurs c'est ce qu'ils font à 50 km de Brazzaville au moment où je rédige ces lignes.
Cela dit, mon cher Gilles, si tu tiens à les voir exercer le métier de politique, il n'est pas interdit que ton pays (que je suppose être la France), ne les récupère puisque, quelque part, ils ont tous la nationalité française et donc , par conséquent, ces messieurs entrent dans le modèle d'intégration culturelle des immigrés que Jean-Marie Le Pen veut pour son pays : c'est-à-dire des étrangers riches et prêts à verser le sang pour la France.
N'est-ce pas en vertu de cet axiome que tes
protégés massacrent dans le Pool afin de servir les intérêts pétroliers de l'Hexagone ?
Les tiens, sous la colonisation, ne procédaient pas autrement. Et, ils servaient bien la mère-patrie.
-------- Salutations