Héraults vs légendes

Débats sur le Congo, réflexions sur ce qui s'y passe, sur son avenir, la recherche de solutions.

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 29 Mars, 17 4:18

http://www.insightcrime.org/


Violent History Repeats Itself in Colombia’s Strategic Chocó Department

The ELN has denied responsibility for the killing of five civilians in the Colombian department of Chocó. The latest violence shows the zone's valuable strategic position and highly lucrative criminal economies are worth fighting over by criminal groups following the demobilization of the FARC.




Ils arrivent en France par la Guyanne, puis iront an Afrique direct...
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 29 Mars, 17 4:20

Les bandes d’Amérique centrale sont devenues le point de mire de bon nombre d’analyses de la région ces dernières années. On les accuse en particulier d’être les principaux responsables d’une violence criminelle ayant atteint des niveaux comparables à ceux associés aux conflits armés des années 1980. Les études empiriques semblent cependant suggérer que ces bandes sont principalement impliquées dans une criminalité localisée. Néanmoins, elles soulignent aussi l’existence de liens potentiels entre les bandes et une criminalité plus organisée. Cet article se penche sur la question à travers l’histoire de Bismarck, un jeune Nicaraguayen qui fut membre d’une bande au milieu des années 1990, puis devint trafiquant de drogue au début des années 2000, avant de se transformer en homme d’affaires plus ou moins légal par la suite. Son histoire démontre comment son passage d’un statut à un autre est plus complexe que généralement on le dit et met en lumière l’importance du contexte social pour comprendre la logique sous-jacente de cette transformation particulière.


https://www.cairn.info/revue-problemes- ... age-61.htm
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 29 Mars, 17 4:26

Les Maras, ces gangs armés qui piègent une jeunesse sans espoir


http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/ru ... spoir.html
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 29 Mars, 17 4:38

Les gangs africains font trembler les yakuzas

De plus en plus marginalisés, les mafieux japonais n'ont plus le moral. Leur nombre est en baisse et ils se font tailler des croupières par de nouveaux arrivants

http://www.lopinion.fr/4-juin-2014/gang ... uzas-13010
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Jeu 30 Mars, 17 2:07

Congo-Brazzaville : Disparitions forcées de jeunes adultes enlevés...
Il y a deux semaines le Ministre de la Justice nous a reçu pour préciser qu’au Congo, il n’y avait pas de cas de violations des droits de l’homme, suite à cette rencontre, pour les besoins de transparence et de vérité, les organisations de la société civile Congolaise œuvrant dans le domaine de la promotion, la protection et la défense des droits de l’homme et de la démocratie ont décidé de présenter régulièrement les familles apeurées, afin de témoigner de l’exactitude des faits.

Ces organisations ont été saisies par un collectif des Parents, le 03 Mars 2017 au sujet de la Disparation inquiétante de (leurs) enfants.

Il s’agit de :

NIMI – NGOMA – GUEDJ : âge de 20ans

AKONGA – HOSNY – Normand : âge de 23ans

AWAMBI – ELMICH : âge de 23ans

Arrêtés Courant mois de Février 2017 et détenus dans les geôles du Poste de Police Avancé de CONTRE – RAILS de Poto – Poto 2, relevant du Commissariat de la Coupole, cette opération serait effectuée par les éléments de la Police Nationale. Le Poste de Police Avancé de Contres – Rails est dirigé par l’Adjudant – chef MANOUNOU – ROMUALD – MORGAN.



« Chez nous les problèmes se règlent par le sang ». Cette règle est mbochi.

« NOTRE PAYS NE CONNAÎTRA JAMAIS LE BONHEUR TANT QU’UN PETIT GROUPE D’INDIVIDUS S’OCTROIE LE MONOPOLE DE L’INTELLIGENCE, DE LA PROBITE, DE LA FORCE ET SURTOUT DE LA VICTIMISATION. VOUS AVEZ VOULU LA GUERRE, VOUS AVEZ ETE BATTUS ET VOUS AVEZ PERDU… » (Dixit Patrick Gnoka).

sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Jeu 30 Mars, 17 2:08

Citez-moi un seul intellectuel digne de ce nom, qui soit Mbochi....
Quand on est rentier du pétrole, on a pas besoin d'être lettré...
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Jeu 30 Mars, 17 2:10

L’expulsion des deux journalistes, Luca Chianca et Paolo Palermo, qui travaillent pour l’émission d’investigation Reports de la télévision italienne RAI 3, a été révélée par RSF.
Selon l’organisation de défense de la presse, ils ont été arrêtés à Pointe-Noire, capitale économique du Congo, dans le Sud du pays, le 15 mars, alors qu’ils “enquêtaient sur une vaste affaire de corruption” portant sur des “pots-de-vins entre la société italienne Eni et des officiels nigérians”. Le groupe pétrolier Eni est présent au Congo et au Nigeria, deux pays producteurs.
L’ONG déplore que les journalistes aient été détenus “assis sur une chaise dans une pièce de deux mètres carrés, pendant trois jours et deux nuits, séparés et sans moyens de communication”, avant que la diplomatie italienne n’obtienne leur libération, le 20 mars, “en échange de la confiscation de leur matériel électronique et l’effacement de toutes leurs données”.
“Une garde-à-vue c’est une garde-à-vue”, a commenté M. Moungalla: “On n’est pas logé sur une banquette devant la télévision” mais “ce n’est pas un acte de torture”.
Les journalistes rentrés à Rome, la RAI 3 indique sur son site internet que “l’émission pour laquelle ils travaillaient […] sera de toute manière diffusée car les blackout ne réussissent pas toujours à effacer toutes les mémoires” des appareils électroniques. Selon RSF, “les communications internet et téléphoniques [ont été] bloquées dans la région de Pointe-Noire” au moment où les deux journalistes ont tenté de transférer en Italie les données en leur possession.



http://www.sukissa.co.uk/?p=21328
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Jeu 30 Mars, 17 2:10

Vous allez bientôt savoir ce que Dante vient faire dans le mythe d'El Sass l'insatiable...
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Jeu 30 Mars, 17 2:12

Rappel ;
http://www.sukissa.co.uk/?p=21054

Congo-Brazzaville: la Françafrique et la franc-maçonnerie tentent d’imposer Sassou-Nguesso comme président légitime

La France, la Françafrique avec sa franc-maçonnerie (les loges mères des loges du Congo-Brazzaville) ont une relation incestueuse avec le dictateur Sassou-Ngussso que les Congolais qualifient de colonialiste et de criminelle. Au moment où les Congolais disent non et infligent une déculottée électorale à Sassou-Nguesso pour qu’il parte ; c’est la France, c’est la Françafrique, c’est la maçonnerie française qui le soutient.
Devant Dieu et devant les hommes, Sassou-Nguesso a perdu l’élection présidentielle de mars 2017, parce que les Congolais ont très bien compris les enjeux et la dangerosité de son régime, voilà pourquoi ils voulaient tous s’en débarrasser. Mais c’est François Hollande, c’est la Françafrique et c’est la maçonnerie française qui l’a protégé, soutenu et tente de l’imposer aujourd’hui comme président légitime du Congo ; lui qui a fait un hold-up électoral.
Et depuis, que des crimes, que d’arrestations arbitraires au Congo-Brazzaville. Malgré ces crimes abominables, les visites des bras droits des candidats à l’élection présidentielle françaises de 2017 se sont multipliées au Congo-Brazzaville. De plus, l’acceptation par la France du nouvel ambassadeur nommé par Sassou-Nguesso ne cautionne-t-il pas le hold-up électoral de Monsieur 8%?
Sur ce, si la France est à l’origine des malheurs des Congolais, la Françafrique et la maçonnerie française sont ses chevaux de Troie au Congo-Brazzaville.
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Jeu 30 Mars, 17 2:29

Le cheval de "Brazza"



Analyse de scénario:


Critique analytique :

Après nous avoir fait pleuré avec un extra-terrestre, voilà qu'il recommence avec un cheval de bataille ! On a pu entendre ici et là qu'il s'adresse avant tout aux enfants. Personnellement, je ne suis plus une enfant et je n'ai pas eu le sentiment que le scénario était destiné à des moins de 18 ans. Les scènes montrant ces jeunes sur le front de la protestation sont terribles à voir. Le son et la photographie recréent l'ambiance chaotique de la guerre. Ces scènes là sont sans aucun doute moins dures que la réalité mais elles parviennent tout de même à recréer l'horreur de la lutte, et ça ce n'est pas destiné aux enfants. Évidemment, le cheval, est si fort que l'on peut penser qu'il ne peut qu'exister dans nos fantasmes. Vous l'aurez compris, Cheval de bataille est un scénario d'épouvante.

Cheval de bataille

La réalisation est impeccable. Le fanion ramené par le père lors de la guerre permet de traverser le temps. Il passe dans le camp ennemi après la mort du capitaine. Puis, deux jeunes déserteurs s'enfuient avec lui et un autre cheval noir. Le chemin sera long et difficile. Comme un soldat, il est solidaire de son compagnon de fortune : ce beau cheval à la robe ébène.
De très nombreuses scènes se font écho. Ainsi, tout le temps que les jeunes passent à apprendre à son cheval à accepter le harnais afin de pouvoir labourer les champs, sauve la vie de l'animal qui n'est pas abattu parce qu'il sait tirer une charrue.
Certaines scènes sont spectaculaires et d'une beauté à couper le souffle. Nous retiendrons notamment la scène de la fuite du cheval à travers le champ de bataille et les tranchées : à y regarder de plus près, l'on se rend compte que tout le monde est perdant sur le champ de bataille. Il y a des personnages humains qui refusent de perdre leur humanité sous prétexte que c'est la guerre. Enfin, deux scènes montrent explicitement que le réalisateur ne prend pas parti. Dans un premier temps, nous nous rendons compte que l'horreur est également présente dans le camp de l'ennemi. Puis, il y a cette scène où un combattant sort le drapeau blanc afin de venir en aide au cheval blessé. Un ennemi lui vient en aide. Durant ce court répit, les combattants redeviennent simplement des êtres humains, poussés par leurs bons sentiments pour sauver un animal pris dans des fils barbelés. Enfin, les références à la guerre à laquelle a participé le père et l'attitude de ce dernier vis à vis de ces exploits pour lesquels il a été honoré, sont une manière explicite de dire que personne n'est vraiment gagnant dans une guerre. Personne n'est du bon côté. Chacun se contente de se battre pour ce qu'il croit être le meilleur. Enfin, cela illustre parfaitement l'avènement du monde moderne. A cet égard, la scène la plus explicite est celle de la première charge contre un camp ennemi. Les sabres ne peuvent vaincre les mitrailleuses.

Cheval de bataille
L'on peut évidemment dresser un parallèle entre la manière dont les animaux et les hommes sont traités. Les hommes et les animaux perdent leurs identités respectives et ne sont plus que les instruments de la guerre. La déshumanisation est l'un des thèmes forts
La terre est l'élément dominant. En effet, les parents dépendent de la terre. Plus tard, l'on voit des pillards venir se servir dans le champ d'un grand-père. Bref, la terre fait vivre. Mais la terre c'est aussi la boue glacée des tranchées, la boue dans laquelle tombent les jeunes combattants.
Le courage est le thème traversant tout le film. Il se décline de toutes les manières possibles. Il faut avoir du courage pour se mettre face au fusil de son ennemi pour sauver son cheval de bataille. Il faut avoir du courage pour prouver à son propriétaire que le cheval peut labourer le champ. Il faut du courage pour s'engager et devenir combattant.

Cheval de bataille est une vraie réussite mêlant émotion et effroi, et passant d'un genre à l'autre avec une facilité déconcertante.



Les bêtes !!!
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 19 Avr, 17 2:58

Cinéma: «Les Initiés» brisent les tabous en Afrique du Sud
Par Sébastien Jédor
Diffusion : mercredi 19 avril 2017

Sélectionné au festival de Sundance, aux États-Unis, et à la Berlinale, en Allemagne, Les Initiés du Sud-Africain John Trengove sort aujourd’hui en France. Le film s’attaque à deux tabous majeurs en Afrique : les rituels d’initiation et l’homosexualité. Cette fiction aux allures de tragédie antique a été entièrement tournée dans la communauté xhosa dans la province du Cap oriental.


UN film qui dévoile de drôles de pratiques.... finalement, n'est-ce pas pour ça que les hommes ne respectent pas le corps des femmes ?
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 19 Avr, 17 3:00

Une grande catastrophe pour l'humanité entière ! un saint est mort sous le projectile d'un ennemi !!!
Soigner est un geste politique aujourd'hui !


Assassinat d’un médecin à Uvira : l’appel à la grève pas suivi au Sud-Kivu - See more at
http://www.radiookapi.net/2017/04/16/ac ... rXPLH.dpuf

sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 19 Avr, 17 3:01

Mais quelle horreur !!!! On tue les médecins maintenant !!!
French doctor, à l'aide !
Uvira: le gynécologue Byamungu abattu par des hommes armés

Publié le ven, 14/04/2017 - 14:45 | Modifié le ven, 14/04/2017 - 14:45
- See more at: http://www.radiookapi.net/2017/04/14/ac ... 2ozyL.dpuf
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 19 Avr, 17 3:04

sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 19 Avr, 17 3:09

! Aksanti kwako Baba Denis Mukwege!!
Laisser une réponse
Ovation debout sous les lustres du Palais
Une ovation debout… Il y a longtemps que les lustres du Palais Royal de Bruxelles n’avaient vibré, durant plus de dix minutes, sous une telle salve d’applaudissements. Ministres et anciens ministres, présidents d’Assemblées, militants des droits de l’homme et de la cause des femmes et surtout, la famille royale au grand complet (à l’exception du Prinmce Laurent) ont salué, avec respect et émotion, le Dr Denis Mukwege, directeur de l’hôpital de Panzi, au sud de Bukavu. A plusieurs reprises, au sein d’une assistance cependant chevronnée, les larmes ont failli couler lorsque le lauréat du prix Roi Baudouin pour le développement a évoqué le sort des femmes du Kivu. C’est que le Dr Mukwege, qui opère à Panzi depuis la fin des années 90, sait de quoi il parle : à Lemera d’abord, puis à Panzi, il a recueilli des milliers de victimes de la guerre ; 30.000 femmes ont été hospitalisées dans la section gynécologique de Panzi, 30.000 autres ont été traitées dans des cliniques mobiles dispersées à travers tout le Sud Kivu. La violence que traite et que dénonce le gynécologue est cette arme de guerre, silencieuse, implacable, qui est dirigée vers le corps des femmes. Depuis quinze ans, les femmes du Kivu sont violées, empalées, mutilées, victimes d’une sauvagerie inédite.

Humblement, le docteur Mukwege ne s’est pas contenté de rappeler les limites de son travail de praticien. Il a rappelé que le problème était plus vaste que la seule destruction physique, il a évoqué les traumatismes, les générations perdues, les tueurs laissés en liberté à cause de l’impunité érigée en recette d’une paix introuvable. Mais surtout, devant une assistance médusée, le médecin de Bukavu a mis les Belges devant leurs responsabilités, leur rappelant que, s’ils le voulaient, ils pourraient faire la différence : « le sang des innocents souille les consciences de tous, la responsabiloité de chacun est engagée. » Car pour lui, si les Belges le voulaient vraiment, ils pourraient mettre leur expertise, le respect dont ils jouissent encore, au service de la recherche de la paix dans l’est du Congo. Faire savoir au reste du monde que ce qui se passe dans ces forêts, sur les collines est inacceptable aux yeux de l’ancienne métropole, et agir en conséquence. Chaque jour, a-t-il rappelé, plus de mille femmes sont violées, et cette violence n’est pas seulement le fruit de la brutalité, de la volonté de conquète, elle découle aussi de l’appétit pour les richesses minières, elle vient du fait que des groupes armés sont venus des pays voisins, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, porter la violence au Congo, un pays qui n’a, pour se défendre, qu’une armée hétéroclite, fondée sur le principe de l’impunité…

Mukwege est allé plus loin encore que le constat clinique, que l’évocation crie des tortures sexuelles auxquelles les femmes sont soumises, il s’est interrogé sur les racines du mal, le repli identitaire, l’etnicisme, le refus de tenir compte de l’existence de l’autre. Et là, on s’est demandé s’il parlait encore du seul Congo, ou s’il avait élargi son propos à l’ancienne métropole elle-même, incapable de porter secours à son ancienne colonie car trop empêtrée dans ses propres problèmes. De cela l’habile lauréat ne dit évidemment pas un mot, mais ces questions se lisaient entre les lignes de son brillant discours…

Vers la fin, après avoir évoqué ces 500.000 femmes victimes de la violence sexuelle, après avoir décrit l’épidémie et plaidé en faveur de remèdes radicaux, c’est, au dessus des têtes de la noble assistance, aux femmes du Kivu que le docteur s’est adressé. « restez debout » leur a-t-il lancé, « restez debout, chères sœurs, mères, épouses, car la vie sera plus forte que la mort, cette tumeur qui vous accable sera un jour extirpée. Reviendra le jour où on entendra à nouveau le chant des femmes revenues des champs, les cris de joie des fiancées, restez debout car la souffrance des femmes congolaises aura une fin… »

Un tel discours, à la fois emporté, engagé, visionnaire, a littéralement subjugué l’assistance : les Belges, y compris la reine Paola, ne cachaient pas leur émotion, les Congolais se sentaient fiers d’être représentés par un tel homme, recevant avec tant d’éloquence et de modestie des honneurs considérables, dont il assure volontiers pouvoir se passer : « si la violence à l’encontre des femmes pouvait cesser, c’est avec bonheur que je reprendrais mon métier de médecin ordinaire… »

Colette Braeckman
Denis Mukwege, le docteur qui répare les femmes du Kivu


A la veille de recevoir le prix Roi Baudouin pour le développement, le Dr Denis Mukwege, directeur de l’hôpital de Panzi (Bukavu) a accepté de répondre à nos questions.

Vous venez de quitter Bukavu. Quelle est la situation sur place ?

Par rapport aux années 2001-2002, celles de la guerre, il y a eu migration du problème : naguère la violence se maintenait dans les zones de combat, aujourd’hui elle est pratiquée par ceux qui ont pour tâche de protéger la population. Voici deux jours encore, l’accès à l’hôpital de Panzi, où je travaille, était bloqué par des étudiants qui manifestaient et brûlaient des pneus pour protester contre l’insécurité. Tous les jours, il y a des viols, des tueries. Le mixage des groupes armés ou la démobilisation des combattants ont été réalisés sans que soient détraumatisés tous ces jeunes qui, durant trop longtemps, ont appris à tuer, à violer.

Dans la forêt, il y a encore des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, rebelles hutus) et la semaine dernière, ils ont emmené 17 personnes dans la brousse, comme esclaves physiques et sexuelles.

Dans des lieux reculés comme Mwenga, les femmes n’osent pas déposer plainte contre les violeurs car leur situation risquerait d’encore empirer.

Vu les dimensions du Sud Kivu, que se passe-t-il pour les femmes qui se trouvent en brousse ?

Des femmes qui se trouvent à Shabunda doivent parcourir 300 km ou prendre un avion… Malades affaiblies, elles ne peuvent se déplacer. C’est pourquoi nous avons créé des équipes mobiles, dans lesquelles se trouvent médecin, chirurgien, psychologue, assistante sociale ou infirmière. Ces équipes vont établir un premier examen, donner les premiers soins et emmener à Bukavu les cas les plus graves.

Ce qui me désespère, ce sont les cas de récidive. Comme celui d’une femme, qui après avoir été soignée à l’hôpital, avait bénéficié d’un miro crédit pour pouvoir se réinsérer sur le plan économique. Alors qu’elle avait réussi à redémarrer, voici deux semaines, elle et sa fille ont été violées une nouvelle fois, en pleine ville. Il n’y a pas pire que voir des femmes qui ont été soignées se retrouver dans la même situation…

Que font les Casques bleus de la Monusco (Mission des Nations unies au Congo) ?

Autant je ne suis pas prêt à demander leur départ, autant je crois que la sécurité ne pourra être rétablie que par une véritable armée, composée de soldats jeunes et bien formés, des hommes nouveaux, et non d’anciens rebelles recyclés. Cette réforme de l’armée a été un gâchis, il faut repartir à zero…

Au nom de la paix, de la réconciliation, on a voulu mettre tout le monde ensemble, sans opérer de tri parmi les combattants. Voici dix ans, on mettait une arme entre les mains d’un jeune enfant en lui disant qu’avec cela il allait pouvoir se débrouiller. Aujourd’hui que cet ancien enfant soldat est intégré dans l’armée, que va-t-il faire s’il n’est pas payé ? On a accepté l’impunité pour prix de la paix, mais les femmes sont les victimes de ces choix, et la paix n’est pas là non plus…

Quelles sont les origines de cette « épidémie de viols » ?

C’est en 1999, pendant la deuxième guerre du Congo que j’ai commencé à observer les débuts du phénomène de destruction des femmes. Auparavant, la société traditionnelle ne connaissait pas de tels cas.

Aujourd’hui cette violence née de la guerre a opéré des métastases, elle s’est répandue dans toute la société, au-delà des zones de conflit. On n’a jamais voulu traiter le problème en profondeur. A Bukavu, il y a une véritable militarisation : des groupes comme les FRF (Forces républicaines fédéralistes) ont quitté leurs montagnes, se trouvent en ville, avec leurs armes et leurs commandants, il n’y a pas eu de mixage avec l’armée gouvernementale et on ne sait pas à qui ils répondent…Ils refusent aussi d’être dispersés dans le pays, tout comme les militaires du CNDP, (Conseil national pour la défense du peuple) les anciens soldats de Laurent Nkunda…

Comment avez-vous été amené à travailler à Panzi ?

Après des études de médecine générale au Burundi, je suis allé travailler en brousse. Les femmes, transportées sur des brancards, mouraient souvent avant d’arriver à l’hôpital. Après une thèse en pédiatrie, j’ai fait à Angers une spécialisation en gynécologie. Au retour j’ai créé une école d’accoucheuses. En 1996, je travaillais à Lemera, lorsque la guerre a commencé, j’y ai perdu des malades que j’avais opéré la veille, ainsi que du personnel soignant. A Bukavu par la suite, j’ai créé une petite maternité dispensant des soins obstétriques à l’intention des femmes venant du sud de la province. En 1997, lors de la deuxième guerre, les Rwandais ont tout pillé et détruit et j’ai rouvert en 1999.

J’ai alors découvert que les femmes qui se présentaient n’étaient pas des cas de césariennes : beaucoup d’entre elles, après avoir été violées, avaient reçu des coups de feu dans les parties génitales. Il ne s’agissait pas de cas isolés : dès la première année, 45 cas se sont présentés. En 2000, Human Rights Watch a publié sa première enquête, assurant que la guerre se menait désormais sur le corps des femmes. Par la suite, cette présomption s’est vérifiée, il est apparu que chaque groupe armé avait sa propre stratégie de terreur : d’après les lésions présentées par les femmes, on pouvait savoir d’où elles venaient, qui les avait attaquées. Les unes qui portaient des brûlures au niveau de l’appareil génital venaient de Hombo, d’autres, blessées par balles ou ligotées, venaient de Lwinja…

Je me suis alors rendu à Addis Abeba, où se trouve un hôpital spécialisé dans la réparation des fistules ; je me suis formé puis j’ai fait venir à Bukavu des spécialistes éthiopiens. Avec des équipes américaines, nous avons appris à reconstruire la vessie détruite, nous avons travaillé avec des urologues…

Il s’agît là d’opérations très difficiles. Il ne faut intervenir que quand on est sûr du résultat, car en cas d’échec, lorsque les tissus ne sont plus vascularisés, la femme peut se retrouver handicapée à vie…Il y a maintenant à Panzi une équipe de quatre ou cinq médecins capables d’opérer les cas de fistules.

Il y a eu une grande mobilisation internationale autour de ces problèmes de viols, mais qui vous aide sur le terrain ?

Nous sommes soutenus par Echo. Grâce à l’aide humanitaire européenne, nous soignons de 3000 à 3600 femmes chaque année en prenant en charge le transport, les soins, la nourriture. Bien souvent, avant d’opérer, il faut traiter l’état général, car ces femmes sont sous alimentées. Traumatisées, elles doivent aussi être aidées sur le plan psychologique. Lorsqu’elles restent dans cet état où elles perdent les urines, les matières fécales, où personne ne veut s’approcher d’elles, elles se sentent « hors caste ». Il faut alors les aider à sentir que tout n’est pas perdu…Il y aussi 5% des femmes qui, malgré toutes les tentatives de réparation, ne guériront pas…

En outre, bien souvent l’entourage croit que ces femmes violées sont désormais porteuses du Sida, ce qui n’est le cas que pour 5 à 7% d’entre elles…Il faut alors aller vers le mari, la communauté, pratiquer la médiation familiale…

Lorsqu’une femme est violée, c’est toute la communauté qui est traumatisée. Nous avons eu des cas où des communautés nous disaient qu’elles acceptaient de réintégrer la femme, mais qu’elles refusaient d’accepter l’enfant issu du viol, né alors que la femme se trouvait en esclavage sexuel dans la forêt et appelé l’ « enfant du serpent », le « fils du péché »…Parfois, des hommes acceptent d’épouser la femme, mais refusent de prendre l’enfant qui l’accompagne… Le rôle de nos équipes de médiation, c’est de montrer que la femme n’a pas commis de faute, qu’elle est une victime, de même que l’enfant qui n’a pas demandé à naître. Demander l’abandon de l’enfant, c’est infliger à la mère un traumatisme supplémentaire.

Après les soins strictement médicaux intervient le suivi psychologique, et c’est toute la communauté qui doit être traitée.

Lorsqu’une femme a été violée en public, devant son mari et ses enfants, elle a le sentiment qu’elle n’est plus la femme qu’elle était. Le mari perd lui aussi le respect de lui-même. Un chef de village, dont la femme a été violée en public, ne se sentira plus à même, par la suite, d’exercer ses fonctions ; son autorité aura disparu. Après de tels viols, plus personne ne sait quel est son rôle sa place dans la communauté. A la perte d’identité personnelle, pour un mari, un père de famille, s’ajoute la déstructuration sociale. La communauté n’est plus capable de s’organiser, de guider ses membres. Il arrive que des hommes fuient, prennent des destinations inconnues, se demandant « comment vais encore regarder dans les yeux ma femme ou ma fille alors que j’ai été incapable de les protéger, et que je n’ai même pas été capable de me donner la mort… »

Des équipes de thérapeutes ont-elles été mises en place ?

Notre pays n’était pas préparé à cela, nous n’avions que quelques psychologues dans des facultés. Il est urgent de songer à ce suivi psychologique, car le problème va durer bien plus que dix ans. Il ya des milliers d’enfants qui n’ont aucune filiation, ils ont été abandonnés par leur mère et ne savent rien de leur père. C’est une génération perdue, qui a besoin d’une prise en charge psychologique de longue durée. Ces enfants là représentent un grand danger, ils sont une vraie bombe à retardement…La question est urgente : avons-nous suffisamment de psychologues pour faire face à ce problème ? Il faudrait créer à Bukavu une faculté de psychologie…

Un vrai problème de coordination se pose entre les différents donateurs, entre les ONG… L’autorité congolaise devrait reconnaître le problème et prendre le leadership de la coordination. C’est ce qui a été fait au Rwanda…Au Congo, on n’a pas encore mesuré l’ampleur du problème. La marche des femmes, en novembre dernier, a permis une grande mobilisation, mais on attend toujours les suites…

Alors que l’information devrait venir des autorités nationales, ce sont des chercheurs américains qui nous disent que chaque jour, 1100 femmes sont violées dans la province…

Lauréat du Prix Roi Baudouin pour le développement, qu’attendez vous de la Belgique ?

La Belgique a des relations privilégiées avec le Congo, une réelle expertise, et sa voix devrait être écoutée sur le plan international. J’espère que ce prix va réveiller les consciences. Aux Etats Unis les gens ont compris et l’opinion se mobilise. Il faut qu’en Belgique aussi, les citoyens fassent savoir aux politiques que ce qui se passe est inacceptable, intolérable. Si la Belgique prenait le leadership en ce domaine, les autres pays suivraient. Ne nous voilons pas la face : la protection des femmes, c’est aussi une question militaire. Les soldats belges ont une notion claire des droits de l’homme, ils sont respectés chez nous : je suis certain qu’une intervention de leur part ferait la différence, permettrait de résoudre en grande partie le problème. Le droit international prévoit la protection des civils. Pourquoi ce droit est il valable pour les Libyens, et pas pour les populations du Kivu ?

Ce problème n’a que trop duré, il y a un moment où la communauté internationale, et plus particulièrement la Belgique, doit dire non. Après avoir eu des contacts avec les femmes bosniaques, nous avons compris que dès le moment où la communauté internationale a décrété que ce qui se passait là bas était inacceptable, le résultat a suivi. Au Kivu non plus, on ne peut accepter indéfiniment la destruction des femmes, des communautés…

Tous ceux qui commettent de tels actes doivent savoir qu’il n’ y aura pas d’impunité. Les violeurs doivent cesser de circuler librement, ou même d’être promus au sein de l’armée…A Fizi Baraka, des auteurs de viols ont été traduits devant les tribunaux. C’est bien, mais on ne peut s’arrêter là…

Colette Braeckman
Cette entrée a été publiée dans conflit armé, infos - News - Habari, sécurité, Société le mai 26, 2011 .
Infos de la semaine 21 quater
Laisser une réponse
Le gynécologue congolais Denis Mukwege reçoit le Prix Roi Baudouin 2011

Le Docteur Denis Mukwege

Le Docteur Denis Mukwege




sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Ven 21 Avr, 17 2:30

La France donne sa chance aux râtés d'Hollywood :
https://www.youtube.com/watch?v=sIZDMVfCX1k

Geoffrey Carey : ma première fois avec Isabelle Adjani


Vous aussi, dites-nous votre miracle en 2 minutes 30
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Sam 22 Avr, 17 12:59

L’upads invite l’armée à décréter unilatéralement l’arrêt des combats.

Dans une déclaration qui sera rendue publique samedi 22 avril et que Jeune Afrique a pu consulter, Pascal Tsaty Mabiala, candidat malheureux à la présidentielle de 2016 et secrétaire général du premier parti d’opposition au Congo-Brazzaville, « interpelle une fois de plus le pouvoir sur sa responsabilité ». Et renouvelle ses propositions de sortie de crise, laquelle passe selon lui par « un appel radio-télévisé au pasteur Ntumi, lui demandant de rentrer sans délai à Brazzaville ».

L’Upads invite également l’armée congolaise à « décréter unilatéralement l’arrêt des combats ». Elle demande par ailleurs au gouvernement d’envoyer des émissaires auprès du pasteur Ntumi avec un « message de paix et de réconciliation » et d’ « organiser une table ronde sur la paix dans le Pool ».


http://www.jeuneafrique.com/431644/poli ... lise-pool/

J'avoue que la guerre asymétrique n'a aucune règle à part, "si tu trahi, je trahi". Mais comme t'es un traître, je n'ai aucune raison de t'obéir...
Pas marrant. Bref, vu le sort de simples candidats aux présidentielles, comment croire ce régime sur une envie de paix et de partage du pouvoir ?
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 05 Juil, 17 11:17

https://www.youtube.com/watch?v=c67DNXZTTaA

Regardez ce qu’ils ont fait au président Congolais SASSOU NGUESSO dans une loge franc-maçonnique
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 05 Juil, 17 11:26

https://www.youtube.com/watch?v=z9rOfJIrQss
Le Sphinx, rituel Franc Maçon d'intronisation de "l'Emmanuel" Macron.
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

Re: Héraults vs légendes

Message par sycie l'impérative » Mer 05 Juil, 17 11:27

https://www.youtube.com/watch?v=35wIv4mD-88
SASSOU NGUESSO CONSIDÉRÉ EN FRANCE COMME STALINE
sycie l'impérative
Veterran
 
Message(s) : 4181
Inscription : Jeu 20 Mai, 10 9:08

PrécédentSuivant

Retour vers Les Grands Débats

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Bing [Bot], Google [Bot] et 21 invité(s)