L'assassinat du colonel Eyoma : un immortel de trop.

Débats sur le Congo, réflexions sur ce qui s'y passe, sur son avenir, la recherche de solutions.

L'assassinat du colonel Eyoma : un immortel de trop.

Message par Gnoka » Mar 23 Déc, 03 8:25

:evil: :evil: :evil: :evil:

Le colonel EYOMA a été passé par les armes le 22 décembre 2003 au petit matin.
Les donneurs d’ordre de ce lâche et ignoble assassinat ne resteront pas impunis devant le tout puissant.
Le sacrifice de BONIFACE ANDESSA restera à jamais graver dans la mémoire des amoureux de l’équité, des détracteurs de la soumission, de la brutalité, la cécité et l’embrigadement.
Le sang appelle sang. On n’empêchera pas le cours du Congo en séchant un de ses affluents.
Gloire immortelle à la mémoire du colonel EYOMA.
Le Congo vaincra !
Dieu est Grand !

Paris le 23 décembre 2003.
Gnoka.
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Message par Mecbohem » Mar 23 Déc, 03 10:33

Et un immortel de plus, un !

__________
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Message par Joey the Kong » Mar 23 Déc, 03 10:43

Dommage, Gnoka, tu traites NToumi de rénégat et de bandit de grand chemin, et tu fais d'un milicien du même accabit un héros? Tu sembles perdre en cohérence depuis un bout de temps Gnoka, à moins que je manque d'informations en ma possession qui puisse m'éclairer sur la différence de démarche entre ce colonel Boni et le Pasteur Bitsangou.
Peut-être pourrais tu éclairer ma lanterne?
Est ce le fait que ce soit un chef de guerre du 'Grand Nord' qui permet que Boni puisse trouver grâce à tes yeux? Aide moi Gnoka, je veux comprendre.

Une chose est sûre. Les récents événements n'annoncent rien de bon concernant la stabilité du semblant de tranquillité qui régnait au pays.

Ntoumi semble vouloir monter s'installer à Brazzaville. Kolélas tente à tout pris de rentrer au bercail.
Un milicien qui semblait organiser un front au Nord du pays est abattu.
Sassou est dit gravement atteint du point de vue de la santé.

Protège notre pays, Seigneur.
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Message par Hervé-Gilles Koutsimouka » Mer 24 Déc, 03 12:38

Salut!



NGoka, je suis désolé pour vous, du simple fait que vous avez avec insistance rappeler le combat de cet individu qui vous a conquis en un très peu de temps. Tout individu dans la vie a des objectifs et un processus à suivre pour l’aider à atteindre ces fameux objectifs. Mon Congo à moi, c’est celui des congolais, qui donne place à tous natifs congolais et tous congolais de s’y retrouver dans ses frontières dans une bonne entente.

Malgré votre admiration pour cet individu guerrier que vous avez adopté en un très lapse de temps, je suis porté à croire que cette vie sacrifiée n’est pas différente de celle que Çà Suce Fort a sacrifié dont les squelettes sans sépulcres sont éparpillés çà et là dans les forêts du Pool.

Je vous trouve très mal adroit NGoka, d’avoir épouser son geste sans pouvoir expliquer sa philosophie aux congolais ne serait ce que les grandes lignes de sa pensée sur le net.

Prenez l’exemple du fédéralisme, l’idée a été véhiculée en bonne et due forme et même si MAHIKA n’était plus la roulette du processus ne serait jamais handicapée n’est ce pas!

Vous avez vraiment joué un mauvais jeu car Çà Suce Fort affaibli, capitule, les discussions sont en marche, votre guerrier s'affiche. Pourquoi n'avoir pas attendu où user de sa notoriété s’il en avait réellement à aider le processus de paix à fin qu’il puisse émettre ses idées à la famille congolaise reconstituée qui aurait du le comprendre.

Comme ce dernier n’avait pas écrit, comment pouvez-vous penser que les congolais s’en souvennent… Non je pense que c'est un manque de stratégie et qu’il y a quelqu’un qui a mal fait son travail. Je pense que c’est vous, je suis désolé.



Lovely.
Hervé-Gilles Koutsimouka
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Message par OTOA » Mer 24 Déc, 03 8:02

Mes condoléances, M. Gnoka puis Joyeux Noël et bonne année à tous !
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Message par Benda Bika » Mer 24 Déc, 03 1:46

Présentée comme cela, Gnoka, la mort de Boni devient une mort politique qui interpelle. "Fusiller" quelqu'un, même dans un pays en déficit patent de démocratie comme le nôtre et pour une personnalité aussi douteuse que Boni, ne peut appeler des circonstances atténuantes. Donc, il faut bien condamner la mort de Boni, si elle est survenue de la manière que tu décris.

Mais cela dit, Gnoka, je sais que tu as introduit l'expression de "Gun-men" dans cet espace. Et tu as dit la haine contre cette race de rongeurs gangréneux sur tous les tons. Ntumi, Kolélas, Lissouba, Mantsanga, Titus et autres « Chien méchant » sont des gun-men, mon ami. Tu m’as habitué à ne leur reconnaître aucun mérite, quelle que soit leur origine ethnique : ne commence pas avec celui-là. A moins que, comme le suggère Koutsimouka, tu ne saches son parcours et ne veuilles nous en dire plus sur le personnage.

De ce que je sais – très peu – Boni a fait le coup de feu sur le fleuve ; a écumé Mpouya où il a rançonné à qui mieux-mieux ; il a tenté une jonction avec quelques Ninjas en manque de mousquets. Et il serait tombé (piège ou hasard) dans l’effervescence suscitée (intentionnellement ?) autour du retour à Brazzaville de Ntumi. Ma version n’est pas puisée à une source indiscutable. Aussi me contenté-je de dire, quelle que soit mon aversion pour les exécutions capitales, que la mort de Boni ne doit rien inscrire d’historiquement bon dans notre Histoire.
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Message par Ya Sanza » Mer 24 Déc, 03 5:12

Si quelqu'un en fait la demande je mettrai ici en intégrale la dernière inteview de Boni faite par un de ses potes dans laquelle il prétend ne pas être celui qu'on dit.
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Message par Benda Bika » Mer 24 Déc, 03 7:14

N'attends pas qu'on t'en fasse la demande, Ya Sanza: ouvre un thread et nous discuterons. Merci.

BB
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Message par KALMA » Mer 24 Déc, 03 11:41

Un mort de trop !

S’il y a une chose que je respecte chez les gens, c’est la fidélité à la ligne tracée. Personnellement, j’étais abasourdi par l’alignement de Gnoka sur les thèses du colonel Boni. Il m’était difficile de comprendre ce positionnement de Gnoka après ses salves tirées systématiquement contre Ntumi. Il était tentant de faire le saut tribaliste et dire que Gnoka s’est proclamé porte-parole de Boni pour la simple raison que ce dernier était nordiste. Le raccourci était là dans toute sa simplicité.
J’ai cependant résisté à la tentation et ai accordé à mon cher Gnoka des circonstances atténuantes et le bénéfice du doute, car tout le monde peut se tromper.
C’est donc avec un profond respect que je lis les lignes par lesquelles Gnoka dit toute son indignation face à l’assassinat d’un homme. Là où d'autres se seraient éclipsés en rasant les murs, Gnoka assume.
Oui c’est d’un assassinat qu’il s’agit. On n'a pas besoin d'être nordiste ou sudiste pour le condamner. Le pouvoir a beau maquiller ce meurtre par « a succombé à ses blessures », le doute demeure. C’est d’ailleurs le sort qui apparemment était réservé à Ntumi, sauf que ce dernier semble plus futé que le pouvoir. Je pense qu’il regardera par deux fois avant de s’installer dans sa villa-tombeau où on ne tardera de le découvrir mort.
Ceci dit, Gnoka, il y a une dimension qui a manqué à ton idole, c’est la dimension spirituelle, celle-là même qui fait la « force » de Ntumi pour avoir tenu si longtemps face à Lekufé. D’aucuns sont tombés dans le piège et présentent Ntumi comme un produit de Sassou. Maintenant qu’il a pressé le citron, il voudrait le jeter. Pour ma part, je n’y jamais cru pour des raisons qui échappent à la majorité des Congolais.
La seule faute de Ntumi, c’est d’avoir inutilement exposé les populations du Pool à un génocide qui ne dit pas son nom. Il s’est lancé dans un combat inégal en se coupant du seul soutien dont il pouvait jouir, la population du Pool largement derrière Kolélas, ce qui a entre-autre accrédité un temps la thèse de la collusion avec Sassou. Cela, je l’ai souligné plus d’une fois ici. Ntumi a aussi eu le malheur d’adopter une posture stratégique qui politiquement affaiblit le Pool, mais ça, c’est surtout l’affaire de ses lieutenants.
Je voudrais finir ce message en m’interrogeant sur la culture de la mort chez nous. Si Mandela avait vécu au Congo, il y a belle lurette qu’il serait mort, mille fois mort. Pourtant il n’a jamais renié « U Nkoto we Sizwzé » la branche armée de l’ANC. Il est vrai que Ntumi ou Boni ne sont pas Mandela, n’empêche que tous ont cédé un temps à la tentation des armes. Mais il est surtout vrai aussi que le Congo n’est pas l’Afrique du Sud. Je vois venir les remarques sur Steve Biko et les autres, cela ne nous dédouane pas face à notre profonde barbarie.
Je regrette de le dire, mais il me semble que là-bas, le simple fait d’avoir côtoyé longuement les Blancs a laissé des traces négatives, mais aussi positives, tandis qu’au Bougnolo, seule règne la loi de la jungle.

J’assume Kalmaement mon indignation face à un pays où j’ai eu le malheur de naître, et où la vie d’un homme ne vaut absolument rien.

Ps : Gnoka, pour te consoler, n’oublie pas notre pari sur le parallèle entre Sadam de Tikrit et Sassou d’Edou, le match semble s’emballer, parole d’initié.
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Message par Loumo » Jeu 25 Déc, 03 6:00

Le colonel EYOMA a été passé par les armes le 22 décembre 2003 au petit matin.
Les donneurs d’ordre de ce lâche et ignoble assassinat ne resteront pas impunis devant le tout puissant.
Le sacrifice de BONIFACE ANDESSA restera à jamais graver dans la mémoire des amoureux de l’équité, des détracteurs de la soumission, de la brutalité, la cécité et l’embrigadement.
Le sang appelle sang. On n’empêchera pas le cours du Congo en séchant un de ses affluents.
Gloire immortelle à la mémoire du colonel EYOMA.
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Dieu est Grand !

Paris le 23 décembre 2003.


Comme ce message de Gnoka rédigé avec hargne dans le silence d'un appartement de la banlieue parisienne est pathétique ! Tu as été seul à te constituer en comité de soutien hexagonal d'un résistant qui a fait long feu. Comme une étoile filante, Boniface Andessa au sobriquet redoutable d'Eyoma (troubles entraînant la mort de protagonistes avec intention de la donner) est passé dans l'histoire tumultueuse du Congo de Sassou.
Il fut enseignant avant de mettre un fusil sur l'épaule pour aller défendre le sommeil de Sassou troublé par un autre enseignant, Lissouba.
La suite personne ne la connaît. Une dépouille mortuaire, la sienne, repose aujourd'hui à la morgue de Brazzaville. On le croyait en train de prendre le maquis du côté de Ngabé. Brutalement, Mokoki vient de le donner pour mort à Brazzaville où semble-t-il, il était allé(pour reprendre Benda Bika) faire le coup de feu à Bacongo, passant à travers les mailles du filet de ses anciens amis Cobras qui quadrillent chaque jour la ville depuis que leur chef, sassou, s'absente de plus en plus de Brazzaville.
T'es-tu demandé, Gnoka, comment a-t-il pu être libre de ses mouvements dans une ville infestée d'Angolais, de Ruandais de Tchadiens et de Cobras ?
Quelque chose ne tourne pas rond dans cette affaire.

Pendant qu'on vient de refroidir Eyoma, Willy Matsanga vient d'être élargi. Il est libre et malade à Brazzaville : on ne sort pas indemne des prisons conçues par Mobutu.

Willy Matsanga, transfuge Ninja ayant rejoint les rangs cobras avant d'avoir, de justesse, éviter une "éyomatisation" de Sassou, projette aller se faire soigner aux E-U.

Tu verras que Mokoki va lui coller une sale affaire pour le liquider avant qu'il ne s'embarque pour les Amériques. Tout se passe comme si le système commence à broyer ceux qui l'on mis en place, en commençant par le menu fretin. Mais comme Willy Matsanga a la baraka ( Ntoumi aussi), la machine risque de s'enrayer d'ici-là.

Les amis d'Eyoma ont promis le venger. C'est mauvais signe, très mauvais signe pour la météorologie sociale du Congo.
Mokoki est un personnage ambigu. Dans le cercle du pouvoir, sa position est plus éloignée du noyau dur que celle de Dabira et Adoua. Pourtant c'est à lui qu'incombe la tâche de "nettoyeur" de la République. Il est en train de se faire une réputation d'enfer aux dépens des déjà nommés Adoua et Dabira.
Le rapport de force est-il en train de prendre une autre configuration au sein de la famille FDU/PCT ?
Le cadavre d'Eyoma participe-t-il d'un système de communication où Sassou a intérêt à le voir comme un "signale fort" ?
Les observateurs disent que si Mokoki avait autant d'hommes que Dabira, il aurait mis, depuis belle lurette, un terme à cette affaire (entendez le régime de Sassou).
Reste que la manière avec laquelle il a manié les symboles de la force dans son dernier discours (au point d'éclipser Akouala) est un indicateur de l'assurance recouvrée des "Katangais". Car Mokoki comme Noumazalaye, Tassoua, Motandeau en est un.

Quand on regarde la manière avec laquelle il est en train de faire son boulot d'éboueur dans la ville, tout porte à croire qu'il a rallié un bon nombre d'hommes de main dans ses rangs.
"Les patates sont cuites" diraient les cuisiniers. Mais alors sont-ce les signes avant-coureurs d'un coup d'Etat ?
Mais d'abord qu'est-ce qui dit que Sassou contrôle encore "cette affaire" ?

Gnoka, il se peut que le sacrifice de ton chouchou n'a pas encore donné sa facture politique ? Il est encore tôt pour mesurer l'impact de cette atroce mort présentée comme celle d'un simple bandit de grand chemin.

Je compatis à ta douleur car j'ai pour principe de me solidariser d'un gangster qui se rebelle contre son commanditaire.

Dans sa planque forestière, c'est Ntoumi qui a su jouer sa meilleure carte. Avec ses Nsiloulou/Ninja dans la ville, il a réussi à placer une vigoureuse ceinture autour de Bacongo pour prévenir un remake du 18 décembre 1998.
Comme ça, quand "Katangais" et "Norvégiens" vont en découdre, ils ne pourront plus (cette fois-ci) venir chercher le bouc-émissaire dans les quartiers Sud.
Loumo
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Message par Ya Sanza » Ven 26 Déc, 03 6:02

Dans son N° 078 du 16 décembre 2003, quelques jours avant sa mort, LE DEFI publiait une interview de BONI que nous transcrivons ici in extenso sans correction aucune

INTERVIEW EXCLUSIVE DU COLONEL EYOMA
ImageLes langues se délient à propos d'une prétendue rébellion au Nord, dans les forêts de Mpouya, et peut-être à Ngabé. Mais, qui est à la tête de cette rébellion qui commence à défrayer la chronique ? Parait-on, ce Ben Laden s'appelle Andessa Boniface, alias Colonel Eyoma. Nous nous sommes rapprochés de lui. Il nous a reçu. Chez lui. Pas dans une forêt à Mpouya ou à Ngabé. Ici à Brazzaville. Très décontracté, sûr de lui, il s'est demandé qu'est-ce qu'il a fait? Pourquoi toujours lui? «J'ai été diffamé», a-t-il déclaré, «la justice va trancher ». Seulement, il n'a demandé que le rétablissement de son salaire qu'il a perdu depuis 1993. Aussi, il est déçu car, après avoir perdu sa mâchoire pendant la guerre, lui qui est aujourd'hui démuni, est nargué par Gozardo le petit frère de Ntumi qui roule maintenant carrosse.
Ben OSSETE OBELAS


Colonel Eyoma, vus êtes indexé comme étant à la tête d'une rébellion dans une forêt à Mpouya dans les Plateaux. Qu'avez-vous à dire ?

(Rire). Ben, sincèrement, si je te reçois chez moi, c'est parce que tu es un frère. Avec toi nous avons fait la prison de Lissouba à la Maison d'Arrêt Centrale de Brazzaville, on a souffert, sinon je ne recevrais personne chez moi. (Rire). La rébellion de Ngabé ou de Mpouya, ou de je ne sais où, n'engage que ceux qui ont trouvé le plaisir de la raconter. Ca n'engage que ceux-là qui font de mon nom leur fond de commerce. Tu m'as trouvé chez moi, dans ma maison, pourtant des gens me voient dans une forêt à Mpouya ! Je ne sais pas, il se pourrait que j'ai le pouvoir magique de dédoublement, la faculté d'ubiquité c'est-à-dire de se retrouver au même moment à plusieurs endroits différents!

Pourquoi des gens ont choisi votre nom pour désigner ce fameux chef

Ah! Ben, Je ne comprends pas. Même là où je suis chez moi, je ne comprends rien. Seulement je pense que j'ai eu à labourer un champ, j'ai planté le manioc, et on m'interdit de manger ce manioc que j'ai planté. On devrait me mener la guerre si je demandais ma part du manioc; enfin, je remets tout à Dieu. Des gens peuvent tout raconter, mais seul Dieu. nous jugera.

Penses-tu avoir été diffamé ?

Oui, j'ai été diffamé puisque je ne connais même pas cette prétendue rébellion qu'on me colle! Même si ici au Congo existe la loi de Tarzan, je sais que la justice est là, elle existe, et elle va trancher. Imaginez-vous que quelqu'un est tranquillement chez lui, et il y a des gens qui veulent faire de son nom leur fond de commerce, la justice va trancher.

As-tu une revendication particulière ?

J'ai été d'abord un fonctionnaire, agent de l'Etat. Je suis arrivé dans le milieu Cobra en 1992. En 1992, le Président Denis Sassou Nguesso n'étant plus Chef de l'Etat était en insécurité. J'ai été copté par mon grand frère, feu Oko Camille, pour s'organiser en vue de protéger te Président Denis Sassou Nguesso dont la vie était bel et bien menacée. Le Président Sassou, c'est le leader de mon parti. Je n'avais pas du tout hésité face à cette demande, celle de protéger notre Président, quoi qu'il n'était plus au pouvoir. J'étais enseignant et je percevais mon salaire. Mais, lorsque les tenants du pouvoir déchu avaient eu vent que j'étais Cobra, Ils m'avaient suspendu le salaire. Je ne demande pas des millions, non, j'ai déjà trop subi. Je veux qu'on me rétablisse seulement mon salaire et c'est tout. Je suis fonctionnaire, J'ai commencé à travailler le 1er octobre 1982 dans les Plateaux et j'ai pris mon dernier service comme professeur au CEG de Garnboma. Je n'ai pas besoin d'une villa à l'instar de Ntumi non. J'ai seulement besoin de mon petit salaire, rien que ça et c'est tout, pour vivre avec mes cinq enfants. Retiens bien, pas autre chose, que le rétablissement de mon salaire.

Parait-on qu'on vous a nommé lieutenant...

(Rire). Un lieutenant de la rue, oui ! Pas un lieutenant connu dans l'armée ou dans la police. Comme au sortir de la guerre du 5 juin on m'a attribué le nom de Colonel Eyoma, d'aucuns peuvent aussi raconter qu'on m'a nommé lieutenant. Je vous apprends que je suis combattant de la police, et je gagne 36.900 F cfa. Imaginez-vous, avant qu:on me suspende le salaire en décembre 1993, je gagnais 147.000 Fcfa. Mais, pour avoir combattu, pour avoir risqué ma vie, je ne gagne maintenant que 36.900 Fcfa ! D'ailleurs, je ne mène pas la guerre aux gens, c'est plutôt des gens qui s'acharnent contre moi. J'attends mon jour, je remets tout à Dieu.

Pouvez-vous connaître vos détracteurs ?

Je suis chez. moi à la maison, j'apprends par-ci, par-là, que Le Choc, - L'Observateur... m'ont désigné comme tête de file d'une rébellion à Mpouya, à Ngabé ou poeut-être ailleurs, ça fait rire. dernièrement j'ai assisté comment des gens achetaient un journal titré à la une, {Colonel Eyoma mène une rébellion au Nord}. J'étais là, et je regardais, des gens ne me connaissant pas me traitaient de tous les maux, ils achetaient pour s'abreuver des tonnes de mensonges; bref, ça n'engage qu'eux. J'ai trop subi, je ne peux pas te décrire tout mon martyre. Seulement je me demande, qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Quel péché ai-je commis ? Des gens vont braquer quelque part, c'est le Colonel Eyoma ; quelqu'un vole dans la rue, c'est le Colonel Eyoma, c'est toujours lui, le Colonel Eyoma, le gangs1er, le braqueur, le rebelle... Pourquoi des gens m'en veulent-ils ? Franchement je n'arrive plus à comprendre ce pays. Cher frère Ben, tous les petits qui ont combattu avec moi, c'est l'ossature de la guerre ; la Compagnie d'Intervention (CI), la Garde Présidentielle (GR), la Zone autonome de Brazzaville (ZAB) ; tous ces petits, dans les casernes militaires, ce sont des jeunes que j'ai formés en 1992, 1993 et 1994. Personne ne peut me contredire. Personne. Je dis bien tous ces jeunes, c'est moi qui les ai formés. Il y a d'autres qui sont même avec Ntumi . C'est le cas d'un petit que j'ai formé au CADD-MJ à Moungali, aujourd'hui il est avec Ntumi, un certain Frédy Koméka, c'est mon fruit, le petit qui était mon garde de corps lorsqu'on était en prison, tu dois le connaître. En pleine prison, il était mon garde de corps. En ce qui concerne mes détracteurs, seul Dieu nous jugera.

Colonel Eyoma, les portes du Médiateur de la République sont quand même ouvertes...

Je suis essoufflé. Je ne suis qu'une goutte d'eau dans la mer. Ca ne sert à rien de voir le Médiateur de la République parce que j'ai commencé à lancer mon cri d'alarme il y a longtemps. Comme je n'ai ni grand frère, ni grand-père, ni oncle, ni cousin, ni père, ni parent député, sénateur, ministre ou général dans l'armée... je n'attends que la justice de Dieu, car je ne crois plus en l'homme. Une fois je me suis retrouvé à Oyo pour une mission des Cobras en 1994, maman Antoinette Sassou Nguesso m'avait dit : «Papa, vous êtes nos anges, ceux qui avaient bouffé avec nous ont tous fui; mais moi et mon époux ne pourronst jamais vous oublier. Remettons tout à Dieu, un jour si on reviendrait au pouvoir, on ne vous oubliera jamais ». Ca, c'était la parole de maman Antoinette Sassou Nguesso, l'épouse de mon leader préféré; Denis Sassou Nguesso. Et encore il faut se demander comment j'étais rentré à Brazzaville, et quels risques j'avais pris. Non, Ben, je t'ai reçu sincèrement parce que tu es un frère, je sais comment dans la prison de Lissouba on avait souffert ensemble. Sinon je ne recevrais personne chez moi.

Tu t'étais retrouvé avec une mâchoire bousillée lorsque tu combattais Ntumi dans les forêts du Pool. Quelle lecture faites-vous sur son arrivée prochaine à" Brazzaville ?

Je te dis que pendant la guerre de Bacongo, avant que je sois évacué en Europe pour recevoir des soins de ma mâchoire bousillée, les réunions du Haut commandement se déroulaient à la Gendarmeux. Moi, Colonel Eyoma qui te parle, si je ne suis pas encore arrivé, la réunion ne commençait pas. Quand j'arrivais, c'était le top et on rentrait à Bacongo. Donc j'étais la pièce maîtresse. Et, après la guerre de Bacongo, il fallait faire la guerre du Pool. C'est toujours moi qui te parle, Colonel Eydma, j'étais la pièce maîtresse. Que ça soit le général Adoua, le général Essongo, ils le savent. Parce que tous les guerriers de Brazzaville n'écoutaient que moi. J'ai fait la guerre du Pool uniquement pour Ntumi. Demande moi pourquoi tous les grands guerriers sont-ils partis en France ? Frédy Menga, Romuald Moubenda, Marien Ikambi, Mizére, Akélé, Lengam Diouf, Sassay, Moungabio, Lemarra, Guel Bilisor, lieutenant Rose, Massamba Edith (une fille très courageuse, une véritable guerrière), Sawa La Main Noire...tous sont à Paris. Peux-tu me dire pourquoi sont-ils partis ? Je t'apprends qu'il y a deux étudiants qui avaient fart la guerre, des guerriers chevronnés, aujourd'hui ils sont abandonnés, Mariano et Férolle. 1i faut se demander comment vivent-ils. Entre-temps, il y a Gozardo, le petit-frère de Ntumi qui nous nargue, il nous défie dans toute la ville. Ah! La politique. Ceux qui font la politique étaient où lorsque nous combattions ? Ils étaient où ?
Il ne fallait pas qu'on nous dise d'aller dans le Pool car Ntumi allait venir. Ntumi va venir, d'ailleurs très bientôt. Et, Gozardo son petit-frère nous nargue, il roule maintenant carrosse une Prado climatisée suivie d'une colonne d'Hilux, Police Ninja ! Et moi, Colonel Eyome abandonné, piéton, pas d'argent, même là où j'habite dans cet immeuble, je dos quinze mois de facture d'électricité. Je suis simple combattant alors que j'étais fonctionnaire de l'état. Moi piéton je croise Gozardo dans sa belle voiture! Hier je laissais mes enfants seuls pour aller combattre Ntumi, j'ai perdu même ma mâchoire supérieure à cause de ces gens-là, les Ntumi et les Gozardo, aujourd'hui Gozardo me défie dans les ruelles de Brazzaville, Je remets tout à Dieu.
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Message par Ya Sanza » Ven 26 Déc, 03 6:29

Le 5 décembre, LE COQ N° 028 publiait cet article :

Le colonel Eyoma porte plainte pour diffamation

Boniface Andessa, alias colonel Eyoma, n'a pas apprécié, mais alors pas du tout, l'étoffe de chef rebelle que certains journaux de la place lui ont noué sur la tête. Pointé du doigt comme organisateur d'une pseudo rébellion qui aurait pour maquis. la forêt de Mpouya dans les Plateaux, avec un prolongement chez les «Katangais» du côté de Betou où ses hommes arraisonneraient notamment des bateaux, «Bony» est devenu quasiment un fugitif qui se retrouve - à son corps défendant - dans la peau d'un David Kimball, ce médecin américain de la célèbre série télévisée Le Fugitif, accusé d'avoir assassiné sa femme et obligé de fuir la meute pour avoir le temps de prouver son innocence. Certes, le fameux Eyoma n'en est pas arrivé là, mais c'est tout comme. A des proches qui l'ont rencontré récemment dans les environs de l'immeuble des Italiens à Brazzaville (à côté de la DRTV), sifflant une bière sur la terrasse d'un petit nganda, il avouera être obligé de se terrer désormais chez lui, de peur d'être pris pour cible par un «snipper», autrement dit un «tireur embusqué» à la recherche des «rebelles nordistes» qui menaceraient le pouvoir. «Je ne connais- rien à cette affaire; je suis surpris qu'on dise de moi dans la presse que j'anime une rébellion au nord du pays alors que je suis pour moi ici tranquille à Brazzaville !», s'est-il lamenté devant témoins. Comment en est-il arrivé là ? Connu pour ses prises de position anti-N'Tumi, un rebelle que caresserait selon lui le pouvoir de Brazzaville qui aurait en même temps abandonné les siens, c'est-à-dire les ex-miliciens cobras, Eyoma serait victime de sa langue un peu trop «pendue», que certains auraient décidé d'exploiter, Qui ? C'est la question à laquelle le «colonel» voudrait répondre en portant plainte contre les journaux qui l'ont jeté en pâture au public, au risque de l'exposer au sort de «chien méchant.»

Car, rappelle t-on, il n'y a pas de fumée sans feu. La pseudo-rébellion nordiste imputée au colonel Eyoma pourrait être un ballon d'essai lancé dans l'opinion par des groupuscules du genre M.22 dont certains de ces journaux sont très proches, pour «jauger la température» sur des troubles éventuels dans le nord du pays; un scénario à mettre certainement en rapport avec les troubles intervenus il y a peu entre conscrits et éléments de la force publique à Brazzaville, qui auraient entraîné semblerait-il dissipation d'armes de guerre au régiment blindé à Mpila en pleine journée. D'où le coup de gueule énergique du général Adoua demandant à tous les détenteurs illégaux d'armes de les remettre au plus tard le 30 novembre. Pauvre Eyoma ! Qu'a-t-il donc fait pour se retrouver en plein «eyoma» ?
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C’EST LUI LE BOUCHER DE BACONGO LE COBRAS BONI.

Message par Hervé-Gilles Koutsimouka » Sam 27 Déc, 03 12:54

Salut!



À lire son intervention, on se rendrait compte que le problème n’en était pas un de salaire.

BONI voudra t-il nous dire que son pantin de représentant en Europe ne savait pas ce qui se passait pour avoir narguer tout le monde un certain 5 décembre… Et de plus, BONI se prend pour le père Noël en nous apprenant qu’ il était assis chez lui sans savoir qu’il y avait une rébellion … De qui se moque t-il? Je pensais que c’était un colonel méritant du genre St Cyr, au fond c’en n’est qu’un de MADOUKOUTSÉKÉLÉ.

Vous savez dans toute chose la vérité finie toujours par sortir. C’est lui, le boucher de Bac City et du pool. Il dit : sans lui, la réunion ne devrait pas commencer, et c’est lui qui donnait les ordres. Je vous rappelle que Bacongo c’était un génocide contre la population civile sans arme et non une guerre.

Alors ENFOIRÉ DE NGOKA… Vous SAVEZ CE QUI S’ETAIT PASSÉ À BACONGO… ANTIGUNMEN ... ¨F.Y ¨ J’Y AI PERDU DE LA PARENTÉ QUI N’AVAIT RIEN N’ A VOIR AVEC TOUT ÇA ESPÈCE DE PETIT CON… QUE LE DIABLE EMPORTE ET DÉSOSSE TON PUTAIN DE COBRA ENFOIRÉ.

Ce que je regrette est que NTUMI lui ait cassé la mâchoire sans le priver la vie contrairement à NGOUABI a qui on n’avait pas laissé de chance.


COBRA BONI :

Je te dis que pendant la guerre de Bacongo, avant que je sois évacué en Europe pour recevoir des soins de ma mâchoire bousillée, les réunions du Haut commandement se déroulaient à la Gendarmeux. Moi, Colonel Eyoma qui te parle, si je ne suis pas encore arrivé, la réunion ne commençait pas. Quand j'arrivais, c'était le top et on rentrait à Bacongo. Donc j'étais la pièce maîtresse. Et, après la guerre de Bacongo, il fallait faire la guerre du Pool. C'est toujours moi qui te parle, Colonel Eydma, j'étais la pièce maîtresse. Que ça soit le général Adoua, le général Essongo, ils le savent. Parce que tous les guerriers de Brazzaville n'écoutaient que moi. J'ai fait la guerre du Pool uniquement pour Ntumi.


En plus il se demande pourquoi, les autres guerriers s’étaient enfuis… Pauvre petit con, il n’avait pas évalue combien proche l’épée de Damoclès suspendu sur sa tête était menaçante. Mais vraiment les gens sont FOUS… Vous venez foutre la démocratie en l’aire et vous vous plaignez ne pas avoir de salaire! N’est ce pas qu’avec des institutions fortes vous auriez du demander votre salaire même rétroactif sans passé par le ***propos injurieux, censuré***…

Selon vous, quelle loi vous garantissait un mieux être après avoir foutu la démocratie en l’air… Ces phrases : «Papa, vous êtes nos anges, ceux qui avaient bouffé avec nous ont tous fui; mais moi et mon époux ne pourronst jamais vous oublier. Remettons tout à Dieu, un jour si on reviendrait au pouvoir, on ne vous oubliera jamais ». Ca, c'était la parole de maman Antoinette Sassou Nguesso.

Quelle juridiction protège ces phrases… Pauvre BONI, vous n’avez pas vu plus loin que votre bout de nez. Pourriez-vous me dire avoir laisser une assurance vie à votre famille… Je ne croix pas. AH! Si Dieu pouvait instituer un procès pour mauvaise conduite, j’aurai voulu que vous y subissiez ses courus car pour une petite chicane de TAPETTE vous sacrifiez le bonheur de vos progénitures innocentes qui se retrouvent sans future et de vos proches. DIO DIAMBA!


COBRA BONI :

Demande moi pourquoi tous les grands guerriers sont-ils partis en France ? Frédy Menga, Romuald Moubenda, Marien Ikambi, Mizére, Akélé, Lengam Diouf, Sassay, Moungabio, Lemarra, Guel Bilisor, lieutenant Rose, Massamba Edith (une fille très courageuse, une véritable guerrière), Sawa La Main Noire...tous sont à Paris. Peux-tu me dire pourquoi sont-ils partis ? Je t'apprends qu'il y a deux étudiants qui avaient fart la guerre, des guerriers chevronnés, aujourd'hui ils sont abandonnés, Mariano et Férolle. 1i faut se demander comment vivent-ils.



Si je comprends bien, je pense que BONI était le cobra le plus frustrer des cobras. Parce que quelqu’un roule dans une voiture, climatisée ou que sais-je qu’il va décider de prendre les armes. Et BONI savait que l’argent se trouvait chez son chef mais merde pourquoi ne pas prendre d’audience non, rendez-vous et demandé sa part tant qu’à y être!

Les 50 milliards qui ne figuraient pas dans le budget, ATA BA LIÉ MBONGO YANGO, ÉKOSILATÉ C’EST TROP D’ARGENT ALORS POURQUOI NE PAS ALLER DEMANDER VOTRE PART À CES COMMANDITAIRES DES MEURTRES DE BACONGO ET DU POOL…N’EST CE PAS QU’IL A BIEN RECONNU ÊTRE APRÈS TOUT ÇA… EN TOUS LES CAS, BA NDÉKO NA BISSO ILS NE VOIENT PAS LOUIN, au lieu de faire une rébellion qui aura certainement entraîner des vies pour rien…Car on ne dit pas s’il était seul.


COBRA BONI :

Il ne fallait pas qu'on nous dise d'aller dans le Pool car Ntumi allait venir. Ntumi va venir, d'ailleurs très bientôt. Et, Gozardo son petit-frère nous nargue, il roule maintenant carrosse une Prado climatisée suivie d'une colonne d'Hilux, Police Ninja ! Et moi, Colonel Eyome abandonné, piéton, pas d'argent, même là où j'habite dans cet immeuble, je dos quinze mois de facture d'électricité. Je suis simple combattant alors que j'étais fonctionnaire de l'état. Moi piéton je croise Gozardo dans sa belle voiture! Hier je laissais mes enfants seuls pour aller combattre Ntumi, j'ai perdu même ma mâchoire supérieure à cause de ces gens-là, les Ntumi et les Gozardo, aujourd'hui Gozardo me défie dans les ruelles de Brazzaville, Je remets tout à Dieu.


Même là où j’habite, je dois quinze mois d’électricité, c’est sage de dire ça, car avant de payer son hydroélectricité, on devrait d’abord avoir un bail… L’avez-vous… Où ce sont les logements que vous avez pris en chassant les honnêtes individus qui y vivaient et qui payaient leurs factures!

QUE CECI SERVE À TOUS, CE PAYS DEVRA SE RELEVER UN JOUR ET AU PRIX DES SACRIFICES, DES CONGOLAIS BIEN INTENTIONNÉS.





Lovely.
Hervé-Gilles Koutsimouka
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Message par Loumo » Sam 27 Déc, 03 7:41

L'interview d'Eyoma est ahurissant. Il traduit le monde tel que le voit un Cobra. Un monde sans foi ni loi. Sans foi ? Pas tant que ça puisque tout cruel que soit le Cobra Bony (il revendique le carnage de Bacongo et du Pool) il "remet tout aux mains de Dieu", une force en laquelle il croit aussi. Quand il montait en expédition à Bacongo, Bony devait prier Dieu pour revenir sain et sauf à Poto-Poto.
Un monde sans loi ? Pas du tout. Les gangsters ont aussi leur code moral. La balance, la trahison sont sévèrement réprimées. La solidarité est de mise chez les gens du milieu. Le respect du chef est une règle quasi divine. Ainsi la solidarité envers la personne du Président Denis Sassou : elle est demeurée intacte chez ce colonel d'opérette,à plus forte raison quand Sassou perdra son pouvoir en 1991 après les élections présidentielles. Le soutien envers Sassou est resté également indéfectible au moment ultime, peu de temps avant que les balles de Mokoki ne l'expédient dans l'au-delà, c'est-à-dire au moment où l'homme pour lequel il sacrifia sa carrière professionnelle (Sassou) l'oublie totalement. Eyoma est resté sassouiste jusqu'à la mort. Son parti, le PCT ; son ethnie, le groupe mbochi, l'a naturellement fait adhérer à cette famille politique.

Pourtant à en croire le journaliste du Défi, Boniface Andessa dit Bony (militant actif) était devenu encombrant : trop fougueux, trop nerveux, trop bavard. Comme la plupart des hommes portés sur l'alcool, Eyoma avait la langue fourchue. Ses supérieurs ne supportaient plus son égocentrisme dans sa façon de relater (chose ô combien gênante) comment ils cassaient du lari. Il fallait l'éliminer. Pour ce faire, on lui colla un maquis sur le dos. Rien que ça.
Mais pourquoi spécialement lui ? Et pourquoi ça ?

Visiblement, la réponse, se trouve dans les fameux accords de paix entre Ntoumi et Sassou.
Eyoma est un anti-Ntoumi farouche. Il faillit même laisser sa peau dans les forêts du Pool pour traquer le Pasteur/rebelle. Une balle lui fracassa la mâchoire inférieure. Une évacuation sanitaire plus tard en France, aux frais du contribuable congolais, sans doute au Val de Grâce, Eyoma reprit du service pour aller dénicher Ntoumi à Vindza. Sans succès. La chirurgie esthétique a fait des progrès. La photo du bonhomme (voir ci-haut) ne laisse voir aucune marque au niveau des maxillaires.

Quand on sait les dégâts commis dans le Pool par les amis d'Eyoma (ça tirait sur tout ce qui bouge et même sur des choses inertes au point où, dit, Daniel Nkouta, ils ont inventé le "génocide des arbres fruitiers" ! ) on peut mesurer la férocité d'Eyoma, leader de Gnoka.

Camille Oko, l'homme qui recruta Eyoma, n'eut pas la baraka de notre colonel de l'armée de la mort. Il laissera sa peau "au front" où il voulait aller chasser du Ninja.

Mais, ses galons, Eyoma les reçut sur un champ de bataille dont il est fier : Bacongo. Ce devait être le fameux 18 décembre 1997. Dans son vocabulaire d'instituteur de campagne, il appelle " la guerre" ce qui s'est passé à Bacongo/Makélékélé. On se souvient que des milliers d'innocents (sans armes) y furent froidement exécutés. Bacongo fut une hécatombe pour les résidents. Les témoignages parlent de corps jetés dans les eaux profondes du fleuve Congo. Des corps, sans tombe. Pour Eyoma, c'était une "guerre".

Eyoma mérite bien son grade de "colonel" puisque rien ne se faisait dans les massacres de Bacongo sans son accord. Les vrais colonels et généraux de l'armée de Sassou recevaient leurs ordres du colonel Eyoma, transfuge de l'Education Nationale.
Disons qu'il mérite le grade de boucher/colonel puisqu'il ne faisait pas de quartier. On imagine son émotion quand il évoque ses faits d'arme en compagnie des Frédy Menga, Romuald Moubenda, Marien Ikambi, Mizére, Akélé, Lengam Diouf, Sassay, Moungabio, Lemarra, Guel Bilisor, lieutenant Rose, Massamba Edith "une fille très courageuse, une véritable guerrière"(sic), Sawa La Main Noire... aujourd'hui tous exilés en France.
Malgré l'aide des mercenaires ruandais et angolais, Eyoma et ses amis sont mis en échec par Ntoumi. Eyoma ne compte plus ses amis décimés par les troupes du Pasteur mystique. Cinq ans plus tard, Ntoumi reste insaisissable. Des accords de paix sont signés. Ntoumi est promu notable politique par son malheureux adversaire Sassou. Pendant ce temps, aux Cobras qui ont risqué leurs vies pour Sassou, on leur dit qu'ils peuvent aller voir ailleurs.
Le sang d'Eyoma ne fait qu'un tour. Le sentiment d'injustice est immense chez cet homme qui n'a pourtant eu aucun sentiment humain quand il tuait femmes et enfants à Bacongo.
Lorsqu'il voit Sassou dérouler le tapis rouge à l'attention de Gozardo (frère de Ntoumi), son monde s'effondre. Il ne croit plus aux valeurs morales du PCT, lui qui fit le voyage d'Oyo au moment où son chef, Sassou, fut abandonné de tous (dixit Antoinette Sassou).
Il organise un maquis non pas rural comme le dit Le Choc mais urbain ; disons une guérilla. Eyoma s'entraîne à d'abord braquer les petits commerçants Ouest-Africains des quartiers Nord. Le Pouvoir le laisse faire. N'avait-il pas recommandé aux Cobras, dès 1997, "de se servir" ?
Soudain le Pouvoir change d'attitude. C'est qu'Eyoma commence à s'en prendre aussi aux "dignitaires" du régime. Ngakala est braqué par Eyoma : crime de lèse majesté. Devenu incontrôlable, Eyoma monte jusqu'à Bacongo pour dire sa façon de penser à Gozardo qui, selon lui, le nargue en roulant les mécaniques dans des véhicules de luxe. Mal lui en prend. Dr. Gozardo lui fout une râclée. Dépité, Eyoma et sa bande se replient dans les quartiers Nord où ils s'en prennent aux petits commerces.
La suite, chacun la connaît : Mokoki le prend en chasse. Mokoki le tue.

--------------------------

REMARQUES

Eyoma ment quand il dit qu'il n'a pas fait de maquis. Son maquis fut urbain. En politique, c'est celui qui résiste qui a le respect de l'adversaire. Eyoma, fidèle parmi les fidèles est payé en monnaie de singe. Ntoumi, du moins, ses lieutenants, sont reçus avec tous les honneurs dus à leur rang.
Dans quel but ?
Si Sassou voulait opposer directement Ninjas et Cobras il a réussi : en créant des rivalités entre les deux familles.
Sassou voulait attirer Ntoumi dans un piège à Brazzaville.
En précipitant les choses, Eyoma a tout mis par terre.
Au fond, si on dit qu'Eyoma, l'adversaire sauvage de Ntoumi, l'a finlalement sauvé, on n'aura pas trop tort.
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Message par Hannibal » Sam 27 Déc, 03 12:12

Bonjour à tous,

L'interview du fameux colonel Eyoma m'inspire un dégoût du gangstérisme d'Etat dans ce pays.

Je pense que nous assisterons à la longue dans les rangs de tous ces camps crimenels au même phénomène de frustrés transformés en kamikaze. Chez les éléments de Ntumi car tous les combattants également n'auront malheureusement pas le sort du petit frère du chef qui roule carrosse comme le dit Eyoma ; chez les ninjas de kolélas ou encore chez ceux de Lissouba en errance actuellement...

J'ai une peur profonde, c'est de voir cette zone (RDC, Congo-Bzv, Angola, Rwanda, Tchad...) développer dans les 20 ans comme en Colombie des foyers permanents de guerrilla /maffia parce que cette activité deviendrait fructueuse.

J'en appelle à tous de ne pas jouer avec le feu. Ce qui se passe d'une part comme de l'autre (Nsisoulou, Cobra, Ninja, Aubevillois...) est loin des vrais défis auxquels nous sommes confrontés.

Dans les années 20, les visionnaires sud-américains demandaient l'unité de l'amérique du sud et personne ne les avait écouté. On sait tous ce qu'il en est aujourd'hui. Les Américains utilisent les divisions internes (gournements et rebellions confondus) sur fond de maffia pour les exploiter et ce au grand dam des populations bien sûr.

Dans les Années 60, dans le livre "Les Fondements Culturels et Economiques d'un Etat Fédéral d'Afrique noire", Cheikh Anta Diop disait ceci : Il faut faire basculer l'Afrique noire définitivement sur la pente de son destin fédéral.... Sinon, l'Afrique noire serait non balkanisée, car les régimes politiques des Balkans sont relativement stables, mais sud-américanisée. Elle verrait une prolifération de petits Etats dictatoriaux sans liens organiques, éphémères, affligés d'une faiblesse chronique, gouvernés par la terreur à l'aide d'une police hypertophiée, mais sous la domonition économique de l'étranger....

Sans être afro-péssimiste, il me semble que la voie dans laquelle nous nous sommes engagés n'est pas loin de celle qu'avait empruntée l'Amérique du Sud malheureusement, et les conséquences sont là sous nos yeux.

Je réïtère que malheureusement nous n'avons pas les leaders à la heuteur des enjeux et des défis auxquels nous réellement confrontés.

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Message par Joey the Kong » Sam 27 Déc, 03 2:27

Ya Sanza nous transmet une interview qui met à nu le personnalité de Boniface Andessa, à savoir un milicien frustré, malheureux de ne pas avoir eu sa part du gateau.

Elle révèle la nature de ce personnage, une marionnette dont la fougue guérrière à servir les plans du Maître à penser de la politique congolaise. Sur l' échiquier de ce dernier, il a la stature d'un soldat que l'on a utilisé et dont on se débarrasse parce qu'il devient insoumis et encombrant comme d'autres seigneurs de guerre des milices cobras l'ont été précédemment.

Il est intéressant d'analyser le motif de son mécontentement :

Il ne fallait pas qu'on nous dise d'aller dans le Pool car Ntumi allait venir. Ntumi va venir, d'ailleurs très bientôt. Et, Gozardo son petit-frère nous nargue, il roule maintenant carrosse une Prado climatisée suivie d'une colonne d'Hilux, Police Ninja ! Et moi, Colonel Eyome abandonné, piéton, pas d'argent, même là où j'habite dans cet immeuble, je dois quinze mois de facture d'électricité. Je suis simple combattant alors que j'étais fonctionnaire de l'état. Moi piéton je croise Gozardo dans sa belle voiture! Hier je laissais mes enfants seuls pour aller combattre Ntumi, j'ai perdu même ma mâchoire supérieure à cause de ces gens-là, les Ntumi et les Gozardo, aujourd'hui Gozardo me défie dans les ruelles de Brazzaville, Je remets tout à Dieu.


Les adversaires d'hier roulent en carrosse en plein Brazzaville, le soldat s'insurge, ne comprend pas, s'en remet à Dieu. Voilà la démarche de celui dont on a prété une rebellion, un mise en scène macabre en guise d'avertissement à tous les frustrés des anciennes écuries. Mais tout cela a été précédemment dit.

Quelle place, quel rôle joue le Pasteur Bitsangou sur l'échiquier de l'homme fort du Congo? Est-il insaisissable à cause de sa spiritualité et de sa ruse comme certains le laissent entendre? Ou sert-il au pouvoir afin de réduire l'unité politique du Pool, et attenuer l'influence de Bernard Kolélas qui depuis le départ forcé de Pascal Lissouba est le seul homme politique à tenir tête en terme de suffrage au général en place. Car regardons les choses de près, le 18 Décembre 1998 n'est pas le fait des ninja de Kolélas, mais plutôt l'action des Nsiloulou de Ntoumi. La réaction disproportionnée du pouvoir en place, la fuite des populations en forêt et leur séquestration par les miliciens de Ntoumi qui usaient d'elles comme bouclier humain à contribuer, amalgame faisant à ternir une certaine image des Ninjas de Kolélas.
Lors de la campagne législative suivant ces événements, le conflit est relancé de plus belle, réduisant l'influence d'un vote dans cette région et comme par hasard Ntoumi, n'est pas loin.

Bien que difficilement controlâble, il me semble qu'un Ntoumi à Brazzaville est plus sécurisant pour le pouvoir actuel, qu'un Békol. L'émergence d'un nouveau leader dans cette région et une connivence avec ce dernier sert les intérêts de ce pouvoir. Alors Ntoumi, marionnette, pantin du système en place? Visiblement ses parents directs semblent déjà tirer les marrons du feu. Serait-il lui même ouvert à un retour de de Békol et disposer à dérouler le tapis rouge au leader charismatique du Pool?

:o
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Message par Loumo » Sam 27 Déc, 03 3:17

Où es-tu GNOKA ?

Le silence de Gnoka est troublant. Le silence du représentant de Boniface Eyoma en France est éloquent. Gnoka s'est mis dans une posture inconfortable en prenant parti pour un acteur militaire dont il ne connaissait pas la biographie en dehors du fait (cela a dû être décisif dans le choix) qu'il était du Nord.

Eyoma vient d'être tué dans des circonstances non élucidées. Gnoka, tu as le devoir de prendre la parole et de t'exprimer en ta qualité de porte-parole.
Je suis prêt à t'épauler si tu veux porter plainte contre Sassou pour avoir tué, sans autre forme de procès, ton leader chéri.
Ce monde est vraiment injuste.
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Message par Ya Sanza » Sam 27 Déc, 03 4:17

Boni est le prototype du mercenaire de l'intérieur, celui qui agit avec la conviction de servir son leader chéri. L'imbécile qui meurt en fusible. Boni est certain d'avoir agi en défenseur de Sassou et se fait lâcher au moment où il a besoin de soutien.
Boni n'est pas différent des politiciens, sauf qu'il ne l'est pas pour deux ronds, le politicard sait qu'il lui faut trahir pour survivre, Boni l'ignore et il en meurt par fidélité et dévouement absurde.
Combien de ces assassins certains d'impunité vont encore mourrir ? Des centaines probablement, tous ces mecs qui ont servi un chef et qui aujourd'hui gènent leur leader charismatique. Ils sont bons pour la décharge publique ou pour la fosse commune. Alors qu'ils ont fait l'histoire dans l'une de ses pages les moins glorieuses, ils finiront dans la fange où les aura conduits leur vision obtuse de la société.
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Message par KALMA » Sam 27 Déc, 03 5:09

Eyoma, l’arbre qui cachait la forêt ?

Pour tout commencer, je voudrais adresser mes profonds remerciements à Ya Sanza. Son approche rehausse un peu la teneur des débats sur Congopage. On a enfin l’occasion de traiter des vrais maux qui minent le développement du Congo sans pour cela devoir compter uniquement sur nos élucubrations personnelles. La retranscription de ces deux articles de presse permet à tout un chacun de se faire, à travers recoupages, une idée de se qui ce trame au Congo. Encore une fois MERCI Ya Sanza.


Après avoir lu l’intégralité de l’interview de Boni, je comprends encore moins la prise de position de Gnoka en qualité de porte-parole d’un homme dont la frustration saute aux yeux. Il y a certes des circonstances atténuantes, mais Gnoka a fait preuve d’une diligence coupable. A moins qu’il se soit déclaré porte-parole sans avoir pris contact avec l’intéressé, ce qui ne ferait qu’aggraver son cas. Car on ne peut pas condamner la dérive socio-politique du Congo d’une part et soutenir ceux qui y participent activement d’autre part. Même si l’on pense ainsi accélérer la chute du dictateur pour soulager la souffrance du peuple, le moyen utilisé pour y parvenir fausse tout. Sassou n’a-t-il pas justifié son putsch en prétextant sortir le Congo de la gabegie organisée par Lissouba ?

Boni a joué faux sur tous les registres : moral, financier, éthique etc.
Eyoma :
Imaginez-vous, avant qu:on me suspende le salaire en décembre 1993, je gagnais 147.000 Fcfa. Mais, pour avoir combattu, pour avoir risqué ma vie, je ne gagne maintenant que 36.900 Fcfa ! D'ailleurs, je ne mène pas la guerre aux gens, c'est plutôt des gens qui s'acharnent contre moi. J'attends mon jour, je remets tout à Dieu.


Sur le plan moral et financier :

Voilà un citoyen qui gagne 147.000 cfa mensuellement, qui décide de son propre chef de rejoindre Sassou dans son exil. A l’entendre, il a voulu être dans le cercle restreint de ceux qui allaient consoler Dengues dans sa traversée du désert. Il l’a fait sur la seule base tribale (ce qu’il n’avoue pas par pudeur). Mais il l’a surtout fait à ses risques et péril. Résultat logique, ce qui restait de l’Etat lui coupe son salaire.
Le professeur Boniface Andessa est donc condamné à suivre Sassou ? Non ! A ce stade, il est encore libre de renoncer au risque qu’il a pris. Il peut encore réaliser la profondeur du gouffre dans lequel il est en train de descendre. C’est à cela que sert la sanction dans un Etat de droit : faire réfléchir le citoyen.
Andessa choisit de devenir Colonel Eyoma en espérant un jour rouler carrosse au sein d’un pouvoir reconquis par la force, car avec ses 147.000 mensuels et qui plus est ne sont pas réguliers, ce n’est pas demain la veille qu’il roulera dans une Prado. Il épouse donc une cause douteuse en toute conscience. En effet d’où pouvait-il tirer son assurance que Sassou allait revenir au pouvoir au bout de cinq ans et non vingt ? Mystère !
Le choix d’Andessa est donc émotionnel (la tribu), mais aussi cartésien (son envie de gagner plus facilement sa vie).
Remarquons que ce n’est pas Sassou qui est allé embaucher Andessa, mais c’est ce dernier qui est venu librement se mettre à la solde du général déchu.
C’est ici l’occasion de signaler à Hannibal que l’Afrique n’est pas malade de ses dirigeants qui viennent tous finalement du peuple, elle est malade de ses fils à la cupidité légendaire, capables de vendre leurs frères pour de la pacotille, capable mettre leur pays à feu et à sang pour gagner une misère. Le vrai combat se situe donc au niveau de la conscience individuelle d’abord, bien avant la conscience collective. C’est cette bataille que l’Occident (que nous critiquons trop gratuitement) a d’abord gagnée. Ce n’est qu’après, que les individus conscients ont commencé à bâtir des communautés conscientes. Faire l’unité de l’Afrique dans les conditions actuelles, c’est faire l’Union de moutons prêts à s’entredéchirer pour un oui ou pour un non.

Hannibal :
Sans être afro-péssimiste, il me semble que la voie dans laquelle nous nous sommes engagés n'est pas loin de celle qu'avait empruntée l'Amérique du Sud malheureusement, et les conséquences sont là sous nos yeux….
…Je réïtère que malheureusement nous n'avons pas les leaders à la heuteur des enjeux et des défis auxquels nous réellement confrontés.


Revenons cependant à notre ex-enseignant Andessa. Le voilà donc à la merci de notre général qui va exploiter à fond sa fidélité. Maman Antoinette Sassou a su caresser ce loup dans le sens du poil : « …vous êtes nos anges, nous ne vous oublierons jamais… »
Soulignons en passant qu’il y a une étonnante ressemblance entre le parcours de Sassou, enseignant formé à Bounda et devenu militaire pour accélérer son accès au bonheur, et celui d’Andessa qui cède à la même tentation.
Andessa n’a certainement pas remarqué le moment où il a basculé dans la barbarie. Convaincu de son bon droit, il a voulu être plus catholique que les papes de l’armée congolaise.
Moi, Colonel Eyoma qui te parle, si je ne suis pas encore arrivé, la réunion ne commençait pas. Quand j'arrivais, c'était le top et on rentrait à Bacongo. Donc j'étais la pièce maîtresse. Et, après la guerre de Bacongo, il fallait faire la guerre du Pool. C'est toujours moi qui te parle, Colonel Eydma, j'étais la pièce maîtresse. Que ça soit le général Adoua, le général Essongo, ils le savent. Parce que tous les guerriers de Brazzaville n'écoutaient que moi.

Tout est dit dans ces quelques phrases. Un Moi haïssable à l'envi. Andessa devenu colonel Eyoma (que ça sèche ?) a certainement voulu mettre à sec toutes les sources de la vie dans le Pool.
Auréolé de ses victoires macabres, il compte engranger les dividendes sous forme de poste ministériel ou l’équivalent. N’a-t-il pas l’assurance de Maman Sassou, assurance entendue encore en 1994 sur les bords de l’Alima ?
« Vaillant » guerrier, le colonel Eyoma n’est peut-être qu’un piètre négociateur. Tout est-il qu’il se retrouve chasseur de Ntumi alors que les plus malins partagent rapidement le gâteau à Brazza. Il chasse Ntumi avec d’autant plus de hargne qu’il veut coiffer au poteau ceux qui l’ont « driblé » lors du premier partage. En écrasant Ntumi, il serait l’homme de la consolidation du pouvoir. Or, il n’a pas pu accomplir cette mission héroïque, d’où sa haine personnelle à l’égard de Ntumi et tout ce qui lui ressemble tant soit peu à commencer par son cadet Gozardio.
Mais Sassou assiégé par une horde d’affamés peut-il satisfaire tout le monde ? Le colonel Eyoma, encore une fois fait preuve d’une cécité politique. Alors que ses lieutenants acceptent de se « barrer » en Europe :
Demande moi pourquoi tous les grands guerriers sont-ils partis en France ? Frédy Menga, Romuald Moubenda, Marien Ikambi, Mizére, Akélé, Lengam Diouf, Sassay, Moungabio, Lemarra, Guel Bilisor, lieutenant Rose, Massamba Edith (une fille très courageuse, une véritable guerrière), Sawa La Main Noire...tous sont à Paris.

Le colonel Eyoma est aveuglé par son rêve. Résultat, il en est réduit au bout du compte à une misérable pension de milicien de réserve avec 36.900 cfa, soit quatre fois moins que ce qu’il percevait avant sa descente volontaire aux enfers. Il va sans dire qu’à la moindre escarmouche, le pouvoir allait faire recours à Eyoma et ses lieutenants, car les « vrais » généraux ne se livrent pas aux sales besognes dont raffolent Eyoma et les siens.
Mais apparemment, le général de Mpila qui a déménagé à Oyo a bien d’autres soucis que faire éternellement la guerre. Ne voyant aucune guerre venir, et surtout continuellement « nargué » par les poulains de Ntumi, Eyoma s’est mis à chanter. Mais ses cantiques étaient d'un très mauvais goût pour le pouvoir. Jetait-il sur la place publique les secrets de la rebellion du 5 juin 1997. Menaçait-il de trahir ses commanditaires ? En tout cas, Il en disait certainement trop au point où, en haut lieu, sa disparition a été scellée sans retour. Restait à trouver les modalités. Le colonel s’est-il laissé piéger le 18 décembre ? Tout semble le confirmer.
Eyoma a donc été loser sur toute la ligne et c'est cela qui m'étonne le plus dans l'attitude de Gnoka qui déteste les losers. Sauf à croire qu'il avait l'intention de parfaire la communication de ce tribun brouillon.
Sa disparition n’annonce rien de bon, car quand le « révolution » commence à manger ses propres enfants, les bêtes qui se hasardent dans les parages ont intérêt à méditer si il leur reste des cerveaux en état de méditer. Ntumi ferait donc mieux d’envoyer son sosie (s’il en a un) dans la villa-tombeau qu’on lui a construite, histoire de voir l’accueil qu’on lui réserve.
Mais ce "pasteur-là" sait trop bien compter les jours qui restent à son ennemi juré sur terre, que je ne suis pas du tout surpris qu’il traînera encore quelques mois ses godasses du côté de Vindza.
J’espère que Loumo a compris que nous ne comptons plus en termes d’années mais de mois, et Gnoka aura sa double consolation, pour Marien et Boni.
Une dernière chose.

Loumo a dit :
La chirurgie esthétique a fait des progrès. La photo du bonhomme (voir ci-haut) ne laisse voir aucune marque au niveau des maxillaires.

Tu sembles faire preuve d’une naïveté bien coquine. Ce n’est pas par hasard que le colonel Boni, paix à son âme, beau garçon (soit dit en passant) se barre élégamment la partie gauche de la mâchoire à l’aide de sa main. C’est un simple jeu de photographe. A bien y regarder, il y a bien un début d’échancrure sur la partie gauche de la mâchoire. Il faut cependant admettre que la chirurgie a fait d’énormes progrès.

Kalma le Nkoyi-Mabayiste dépité par la cupidité des Bougnolois qui passent volontairement de 147000 cfa à 37000 cfa et qui trouvent quand même des raisons pour faire tuer des innocents dans le Pool.
L’Afrique est malade de ces piètres stratèges de l’ultra court terme.
KALMA
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Message par Hannibal » Sam 27 Déc, 03 6:33

Bonjour Kalma,

Je suis d'accord avec toi. Cependant, vois-tu, dans le cas particulier des pays africains on ne peut faire l'économie d'une éducation collective car les efforts individuels sont complémentaires de l'action collective. Et généralement, c'est l'éducation collective qui permet ensuite individuellement de renforcer les bases.

L'Europe, que tu as pris en exemple, malgré l'extraordinaire réussite de l'éducation collective, la démarche individuelle demeure toujours. Et Jules Ferry est célébré par la France non simplement pour avoir institué l'école publique, mais en plus pour avoir réussi a institué une éducation collective fortement idéologisée culturellement. En mettant au centre du système éducatif des figures qui ont le plus marquées l'intérêt national, même quant elles étaient décriées par ailleurs comme des esclavagistes colonialistes (Napoléon ou De Gaulle plus tard). Même la gauche française s'y plait bien.

On ne peut priviliger un au profit de l'autre. Et l'on n'attendra pas que chaque citoyen ait fini son parcours individuel d'émancipation de surcroit à son rythme, pour prétendre avoir une communauté consciente.

Je crois fermement que le discours politiquement irresponsable des leaders congolais conditionne largement le ralliement des militants à leur cause.

Eyoma était peut-être enseignant compétent, cependant dénué de conscience politique et cuturelle capable d'en faire un citoyen soucieux de l'intérêt collectif voire national.

On peut supposer, à défaut d'explication, que le discours de victimisation et du pouvoir du clan perdu dévéloppé par Sassou en 1992 avait du certainement pousser le colonel Eyoma a abandonné sa carrière à la fonction publique pour le suivre. Et c'est des centaines de personnes qui ont suivi Sassou, Kolélas ou Lissouba... sur la base des discours obscurantistes, biscornus et démagogiques de l'époque.

La suite des événements on le sait. Des alliances contre nature croisées en moins de 5 ans, sacrifiant la vie des populations transformées en masse moutonnière derrière un leader, pour un oui ou pour un non de ce dernier. Il est certain que si ces leaders étaient confrontés a des populations dotées d'une conscience politique et culturelle claire, ils se seraient ajustés.

Aussi, je suis d'avis avec toi qu'une vue à court terme où l'on confond précipitation et rapidité nous tuera. Le problème vois-tu Kalma, à mon avis, c'est qu'au de-là de Sassou, c'est du système qu'il faut attaquer. Une simple alternance politique ne suffira peut-être pas à resoudre la situation du congo.

Panafricainement

Hannibal "Mwana M'Boka"
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