Il n’a jamais existé un royaume dans le district de Gamboma
L’article paru dans La Semaine Africaine n°2757, du 8 janvier 2008, portant sur les obsèques royales au notable Albert Bintsené Dzon «roi de Mbaya», en page 9, interroge plus d’un Congolais: existe-t-il un royaume dans la sous-préfecture de Gamboma? Quelles sont ses origines et ses limites? De quelle sous-groupe le peuple gangoulou fait-il partie? Ceux qui s’habillent comme des rois sont-ils des rois?
Rodhez Claver Ompou
Fabriqué par des hommes politiques qui, depuis plusieurs années, rêvent de diviser le département des Plateaux, pour des raisons qui leur sont propres, «le royaume de Mbaya» est sans origine ni histoire. Voici le rôle joué par le soi-disant roi, avant la suspension des pouvoirs traditionnels par le gouvernement du président Marien Ngouabi.
Monsieur Albert Bintsené Dzon, chef de terre de Mbaya, était le chargé des relations entre sa majesté le roi Makoko, qui a pour capitale Mbé, et le peuple gangoulou. C’est lui qui avait la mission de collecter les impôts (inkoura), pour les déposer à Mbé, chef-lieu du royaume téké. Il était reçu à Mbé, au même rang que les notables de la Lékoumou, de la Cuvette-Ouest, du Pool, des Plateaux et du Congo Démocratique.
C’est pourquoi les Téké, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et ceux qui acceptent la culture des autres, doivent obéissance et considération au roi Makoko, ce grand homme, gestionnaire incontournable: sa dignité étant héréditaire et le siége du royaume n’étant que le village Mbé.
Donc, le roi ne peut sortir que de l’une des six branches qui composent l’arbre royal: Empo, Essou, Ondzala, Impan, Inkoui, Onkossan. C’est pourquoi, M. Albert Bintsené Dzon, sortant du sanctuaire Nkobi Onguia, ne peut être roi.
Je n’ai pas besoin de faire un rappel historique qui remonterait à 1880. Les limites du royaume téké sont connues de tous les historiens du monde et les Gangoulou font bel et bien partie intégrante du royaume téké.
Grosse erreur pour certains cadres politiques et administratifs gangoulou
N’est pas roi qui veut l’être ou celui qui veut qu’il le devienne. Aujourd’hui, pour des raisons électorales et politiques, MM. Alain Akouala Atipault et André Obami Itou présentent ce notable comme «roi de Mbaya et chef traditionnel le plus ancien du continent». J’affirme que Monsieur Dzon Bintséné était un notable, un sage comme Douniama, d’Etaba, Ngapourou, d’Etoro et non un roi comme certains politiques le pensent. Un adage populaire dit: «Quelle que soit la durée d’un morceau de bois dans l’eau, il ne se transformera jamais en crocodile».
J’interpelle tous les historiens congolais qui assistent à la destruction de l’histoire du Congo par certains hommes politiques, de prouver le contraire. On n’est pas soumis d’avoir l’âge du notable Albert Bintséné Dzon, pour la tricherie culturelle et historique longtemps organisée dans le district de Gamboma. Ce comportement n’est pas celui du peuple gangoulou profond. Plusieurs vieux et jeunes de ce district s’indignent, aujourd’hui, du comportement de leurs cadres qui trichent avec l’histoire. J’aime bien le débat autour des problèmes du royaume téké, pourvu qu’il soit loyal. Le royaume téké est victime de beaucoup de complots et ceci depuis le Forum national. J’avais mis tous cela à l’actif de l’apprentissage de la démocratie, car nom-breux confondent l’histoire qui ne se détruit jamais avec la politique. On ne doit pas distraire un peuple toutes les années.
Pour s’en convaincre, la fabrication d’un roi pirate à Etaba (Maurice Intsilambia) et le détournement du transfert des restes de l’explorateur franco-italien, Pierre Savorgnan De Brazza, démontrent la complicité de certains cadres de ce pays contre le développement de ce village sacré qu’est Mbé et du royaume téké.
Chers frères et sœurs, chaque fois que le royaume sera menacé, je vais répondre durement, comme ce fut le cas du roi pirate Intsilambia, fabriqué de toutes pièces et aujourd’hui, réduit à sa plus simple expression. Nous demandons, très humblement, au ministre Alain Akouala Atipault de cesser d’amuser le peuple gangoulou et surtout de ne pas l’opposer au peuple baboma, tous liés par le sang et l’histoire.
Excellence Monsieur le ministre, le Royaume téké fait partie du patrimoine culturel de l’Unesco, qui ne demande ni destruction, ni modification par les gouvernements des Etats membres de cette institution onusienne. Occupez-vous des problèmes de l’information qui n’ont rien à voir avec la création des royaumes pirates.
Je réaffirme que le seul et unique roi des Téké est Sa Majesté Auguste Nguempio, investi solennellement, le 24 octobre 2004, par la Cour royale, à Mbé, selon les us et coutumes, ainsi que les rites traditionnels téké, inspirés par l’esprit de Nkwé-Mbali. Votre agitation n’a pour but que de divertir le peuple congolais.
Petit-fils du grand dignitaire téké Essou et fils du dignitaire Anatole Ngokon de Nsah, sous-préfecture de Ngo, j’appartiens au sanctuaire (Mouyou) du dignitaire Mouidzou.
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