Affaire Mvoungouti

Vous avez séjourné au Congo? merci de nous partager ici vos souvenirs.

Affaire Mvoungouti

Message par niaou » Ven 06 Juin, 08 12:36

Affaire Mvoungouti: A quand l’indemnisation des autres victimes?

Le peuple congolais a encore présent en mémoire l’accident ferroviaire qui s’était produit, le 5 septembre 1991, à Mvoungouti, sur le nouveau tronçon du réalignement du C.f.c.o entre un train de la Comilog (Compagnie minière de l’Ogooué) et un train express du C.f.c.o. Près de 100 voyageurs y périrent et 300 autres furent blessés. La Comilog a indemnisé, pour un milliard deux cents millions de francs Cfa, quatre blessés légers de cet accident. A quand l’indemnisation des autres victimes? Les faits.

Le 5 septembre 1991, un train de marchandises 442, composé de wagons, propriété du C.f.c.o et tracté par une locomotive C.c 121, propriété de la Comilog, prenait le départ de Loutété, gare de formation, pour Pointe-Noire, conduit par un conducteur titulaire, M. Jean-Félix Makosso, agent Comilog, et un aide conducteur, M. Pierre Nzaou, agent C.f.c.o. A la gare de Mont-Belo, une relève partielle s’opérait au niveau des conducteurs. M. Jean-Félix Makosso se fait remplacer par M. Jean Marie Kangué, lui aussi, agent de la Comilog. En gare de Dolisie, la relève se poursuivait, M. Pierre Nzaou est remplacé par M. Joseph Makosso, agent du C.f.c.o.

C’est ainsi qu’au départ de Dolisie, ce train 442 sera conduit par l’équipe Jean-Marie Kangué, agent de la Comilog, et Joseph Makosso, agent du C.f.c.o. Après les différents essais de freins et les formalités d’usage, le T442 prenait le départ de Dolisie, à 20h49, pour Pointe-Noire, sa destination finale. Le train traversait normalement les gares de Ngo Nzoungou, à 21h14 et Ngoungou-Kibangou, à 21h25. A Mvoungouti, le T442 devait s’arrêter et être reçu sur la voie d’évitement, afin de croiser le train Express T.e1, en provenance de Pointe-Noire, qui devait passer, sans arrêt, sur la voie principale.

Contrairement aux dispositions prises en gare de Mvoungouti, le T442 passait sur la voie d’évitement à toute vitesse, franchissant les carrés fermés d’entrée et de sortie de cette gare et s’engageait, sans clé du bâton pilote, dans le canton Mvoungouti-Nzombo. Poursuivant ainsi sa course, il entrait en collision avec le train Express qui avait amorcé son entrée en gare de Mvoungouti. Cette collision occasionnait des dégâts matériels et humains très importants dont 100 voyageurs décédés et 300 blessés.

Dans la recherche des responsabilités, les compagnies C.f.c.o et Comilog s’étaient, tour à tour, refusées de s’incliner devant le verdict des tribunaux congolais et français, jusqu’au 19 juillet 2003. Ce jour-là, deux délégations gouvernementales de très haut rang, l’une congolaise et l’autre gabonaise, se réunissaient à Libreville, pour signer un protocole d’accord relatif au règlement définitif du contentieux lié à la cessation des activités de Comilog au Congo. Ce protocole d’accord, largement diffusé dans les journaux congolais, était signé de:
- pour la partie congolaise: le ministre d’Etat, chargé de la coordination de l’action gouvernementale, ministre des transports et des privatisations, Isidore Mvouba; le ministre du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, André Okombi Salissa;
- pour la partie gabonaise: le premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume; le ministre d’Etat, ministre des transports et de l’aviation civile, Paulette Missambo; le ministre des mines, de l’énergie, du pétrole et des ressources hydrauliques, Richard Onouviet; le ministre du travail et de l’emploi, Clotaire Christian Ivala; l’administrateur directeur général de la Comilog, Marcel Abeké.

A compter du 10 juin 2005, «tout le protocole d’accord était mis en application. Comilog adressait, à cette date, un chèque d’un milliard deux cents millions de francs Cfa, au premier ministre congolais, en application de l’article 2 qui stipule: «La Comilog accepte de payer à la partie congolaise, au titre des droits des travailleurs licenciés, toutes causes de préjudices confondues, le montant de un milliard deux cents millions de francs Cfa. Les modalités de règlement de ce montant seront arrêtées d’un commun accord entre les deux parties et annexées au présent protocole d’accord, pour en faire partie intéEu égard aux liens de fraternité qui unissent les deux peuples, la partie gabonaise s’était très vite exécutée et avait versé cette somme en intégralité, le 10 juin 2005. Cependant, le chèque, arrivé au Congo, s’est volatilisé et les ayants droits des victimes, malgré les nombreuses demandes d’audiences adressées à la primature, n’ont jamais été reçus par le premier ministre, de surcroît celui à qui le chèque était adressé.

Dans ce train de la mort, l’épouse et trois enfants d’un des cosignataires du protocole d’accord, s’en étaient tirés sans la moindre égratignure. Mais, considérés comme victimes, c’est, peut-être, à ces quatre heureux que ce chèque a été versé, à raison de quatre cents millions par victime. Pour avoir frôlé la mort, ce n’est pas trop cher payé. Mais, à quand l’indemnisation des autres victimes?

Patrice LOUBELO
Président de l’Association A.D.l.V.M
Lasemaineafricaine.com
niaou
Veterran
 
Message(s) : 6898
Inscription : Jeu 15 Fév, 07 12:10

Retour vers Souvenirs du Congo

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 17 invité(s)