Mfumbwa ou coco

Recettes et trucs pratiques sur la cuisine congolaise.

Mfumbwa ou coco

Message par Niaou » Ven 22 Avr, 05 4:46

Quelles sont, les différentes appellations du Mfumbwa ou coco?

J'avais une fois entendu quelqu'un l'appeler Tergal, car il ne se froissait , même après consommation, et ressortait intact, une sorte de "moussaka-saka" pour le nettoyage des parois intestinales, pas plus...

Et qui n'avait aucun apport vitaminal ou protéinal à l'organisme qui l'ingurgitait...

Et vous, qu'en pensez-vous?

:luv33
Niaou
 

Message par mài » Ven 22 Avr, 05 8:10

Mbote na Bino,
Mbote na Yo Niaou,

Okomi:

Quelles sont, les différentes appellations du Mfumbwa ou coco?


On orthographie plutôt « Koko ». Le lingala n’admet que très peu de mots commençant par « c » tel que « cei » (thé) ; « cembe » (barrage). Koko désigne aussi la canne à sucre (mais prononcé sans accent grave contrairement au "koko" qui désigne le fumbua) ce que je ne t’apprend pas évidemment, car je suis sûr que comme nous tous, tu t’es battu dans ton enfance avec la peau de la canne à sucre, dure comme le bois , pour pouvoir mâcher, tordre, mâcher, tordre et encore mâcher la pulpe jusqu’à ce qu’il ne reste plus la moindre goutte de son délicieux nectar sucré.

Si je ne m’abuse fumbua ou mfumbwa, comme tu l’écris, est l’appellation en kikongo de koko, en kitéké c’est mfuun. Dans tous les cas tu as raison, je te confirme (c’est l’un de mes rayons) que le koko est d’une grande pauvreté nutritionnelle. Le peu de vitamines qu’il a au départ, c’est à dire presque rien, est détruit par le séchage et/ou la cuisson. Le peu de protéine qu’il apporte n’est quasiment pas assimilable. Le koko est essentiellement composé, comme la plupart des feuilles, de cellulose que notre organisme ne peut pas digérer. Son seul intérêt, mais de taille, c’est la saveur et la texture en bouche qu’il apporte au plat. Un autre intérêt serait vraisemblablement (je ne sais pas si ça été étudié) et comme tu l’as souligné, le même que les autres aliments riches en fibres, ils améliorent le transit intestinal…

Quand j’entends parler de koko je pense tout de suite au « trois pièces » : koko, makayabu na emboto. Mais je pense aussi à ce jeu, cette danse des jeunes congolaises, dans laquelle elles miment la coupe des feuilles de koko, en s’accroupissant le plus bas possible, le tout en exécutant un mouvement de rein on ne peut plus évocateur, et en chantant :

« Kata koko miké miké ! Kata koko miké miké !… »

Niaou, Oyébi kobina ango ?
Dernière édition par mài le Ven 22 Avr, 05 8:55, édité 1 fois.
mài
 
Message(s) : 65
Inscription : Lun 04 Avr, 05 8:26

Message par mài » Ven 22 Avr, 05 8:18

La recette du « trois pièces », plat national congolais (des deux Congo) avec le « saka saka » et le « mossaka ».

Je la tire d’un ouvrage que je vous recommande vivement : « La cuisine congolaise » de Mialoundama F., Goma Mouyokani I., et Gami N., chez l’Harmattan. Il est très complet (en nombre de recettes) et permet de connaître les recettes des autres coins du Congo que celui dont on vient, et d’aller plus loin que ce que notre mère et nos tantes nous ont fait manger et nous ont enseigné. Mais un forum comme celui que vient de nous ouvrir Mère Evé est super car il permet d’échanger les variantes et surtout les « trucs » qui font toute la différence…

Bon trève de palabres, voici la recette :

« Trois pièces

Ingrédients et proportions :
Préparation et cuisson : 45 minutes

Pour 8 personnes :

1 kg de poisson salé
150 g pâte d’arachide
100 g de koko
1 oignon
50 g de ciboule
4 gombos

Tremper quelques heures auparavant le poisson salé après l’avoir découpé en morceaux. Ecailler et faire cuire. Piler l’ail, l’oignon, ciboule, le gombo et ajouter ce mélange dans la casserole en ébullition. Y verser ensuite la pâte d’arachide diluée et remuer de temps à autre. Cinq à dix minutes environ avant la fin de la cuisson, ajouter les feuilles de koko découpées en fines lamelles.

N.B. Les trois ingrédients constitués par les feuilles de koko, la pâte d’arachide et le poisson salé ou le poisson fumé expliquent le nom donné à cette recette. »


Personellement je trempe le koko dans de l’eau froide pendant que je prépare les autres ingrédients. Et je ne l’ajoute au reste que deux ou trois minutes avant la fin de la cuisson. Le trempage permet de laver les feuilles d’éventuelles impuretés, et d’hydrater les feuilles de koko à froid, car la cuisson peut les faire « rougir » ce qui n’est pas très appétissant.
J’ajoute aussi un piment vert en faisant attention à ne pas le casser ; ça permet d’avoir juste le parfum sans le piquant. Je sert du piment à part pour ceux qui aiment le plat bien relevé.
Et parfois il m’arrive d’ajouter du gimgembre à la sauce en début de cuisson, ça donne une note originale à la recette.


Pour les non-Congolais vivant en Europe :
On trouve le koko ou fumbua déjà coupé en lamelles, dans n’importe quelle boutique africaine. Et pas cher du tout. Malheureusement il vient souvent du Cameroun, le défaut étant que les Camerounais ont tendance à couper les feuilles en lamelles assez épaisses. Or tout Congolais sait que plus le koko est coupé finement, meilleur il est ; d’où le « Kata koko miké miké ! Kata koko miké miké ! » (Coupe le koko petit petit ! Coupe le koko petit petit !)

Bon appetit !
mài
 
Message(s) : 65
Inscription : Lun 04 Avr, 05 8:26

Message par Mecbohem » Ven 22 Avr, 05 8:19

mài a écrit :Si je ne m’abuse fumbua ou mfumbwa, comme tu l’écris, est l’appellation en kikongo de koko, en kitéké c’est mfuun. intestinal…


Si si tu t'abuses, là c'est plutot du lingala, en Kikongo, ce serait plutot mfumbu, sans A au bout, ce petit a qui fait toute la différence! 8)

___________
Mecbohem
Mecbohem
Veterran
 
Message(s) : 1238
Inscription : Jeu 01 Jan, 70 2:00
Localisation : Région parisienne

Message par mài » Ven 22 Avr, 05 8:49

Cette histoire de « Kata koko miké miké ! Kata koko miké miké ! » me fait penser à l’ambiguïté de la pudeur des Congolais.

Sauf récent et radical changement des mœurs, on ne croise pas d’amants dans la rue qui s’embrassent, on utilise pas de termes évoquant le sexe dans les conversations publiques et surtout pas en famille… Mais d’un autre côté, la plupart de nos danses et chants ont une connotation clairement sexuelle, et même chez les enfants, comme ce « Kata koko miké miké ! … ». Et on danse même dans des fêtes qui regroupent les membres d’une famille, des danses tout à fait obscènes. Souvenez-vous du cri et de la danse « Etutana ! Ango na ango ! » de Koffi. Quand je pense qu’on dansait ça en présence des mamans et de nos sœurs, je n’ose plus critiquer les Français qui se badigeonnent de salive à pleine bouche en publique ou caresses le postérieure de leur compagne dans la rue…

Pour les non-lingalophones : « Etutana ! Ango na ango ! » signifie: « Que ça se cogne ! ça et ça ! » . L’allusion est à peine déguisée, le pas qui l’accompagne est par contre extrêmement explicite : les bras tendus en avant se rapprochent en rythme et dans un mouvement de va et vient vers le bassin. Tout ça bien synchronisé avec les mouvements du bassin lui-même qui va également d’avant en arrière…
Dernière édition par mài le Ven 22 Avr, 05 9:01, édité 1 fois.
mài
 
Message(s) : 65
Inscription : Lun 04 Avr, 05 8:26

Message par mài » Ven 22 Avr, 05 8:52

Mecbohem Alobi:

Si si tu t'abuses, là c'est plutot du lingala, en Kikongo, ce serait plutot mfumbu, sans A au bout, ce petit a qui fait toute la différence!


Donc fumbu et koko sont deux synonymes en lingala ? J'étais persuadé que fumbu était équivalent de fumbua et que les deux étaient issus du kikongo. En tout cas merci !
mài
 
Message(s) : 65
Inscription : Lun 04 Avr, 05 8:26

Message par Mecbohem » Ven 22 Avr, 05 10:31

Pas de quoi la soeur!
Kaka bisso na bisso tse, pas etutana hein, j'ai bien dit bisso na bisso ba ango na ango! :lol: :lol: 8)

____________
Mecbohem
Mecbohem
Veterran
 
Message(s) : 1238
Inscription : Jeu 01 Jan, 70 2:00
Localisation : Région parisienne

Message par mài » Sam 23 Avr, 05 1:28

Eh Papa Mecbo !

Mapouya ekangi Yo O nini ? Okomi ko confondre basi na mibali !

Naza mobali; mibali pé Balanbaka. Talà kaka ba "grands chefs" !

Ne soit pas trop déçu !

A plus.
mài
 
Message(s) : 65
Inscription : Lun 04 Avr, 05 8:26

Message par Niaou » Sam 23 Avr, 05 5:52

Coco...= Koko

Congo... = Kongo


On orthographie plutôt « Koko ». Le lingala n’admet que très peu de mots commençant par « c » tel que « cei » (thé)


bref, si on se comprend, on peut ne pas chercher de midi à 14 heures les poux sur la tête d'un chauve, ...

Si l'idée est bien véhiculée, la syntaxe, on peut s'en foutre, non?

Un peu comme dans les messages (SMS) que mon petit-fils m'envoie sur mon portable...

J'entre en rage, mê ke ve tu? cé la vi et je m'en branle une partie de moi même...

:luv33
Niaou
 

Message par mài » Sam 23 Avr, 05 6:24

J'entre en rage, mê ke ve tu? cé la vi et je m'en branle une partie de moi même...


Tu es vraiment adorable ! Je sais bien que les chats n'aiment pas l'eau, mais tout de même, il n'y a pas de quoi entrer en rage. La courte remarque sur l'orthographe était plus destinée aux éventuels lecteurs non-lingalophones qu'à toi.
Mais c'est promis, je ne te reprendrai plus !

Bye !
mài
 
Message(s) : 65
Inscription : Lun 04 Avr, 05 8:26

Message par Mère Evé de Paris » Sam 23 Avr, 05 11:03

Ah si, ah si, faut la reprendre la Minette !
Si elle se met à nous parler en SMS, Ric va devoir ouvrir encore un forum supplémentaire dans la rubrique des langues ! :lol: :lol: :lol:

Merci pour les références littéraires Mài, je vais chercher ce bouquin de cuisine.
Et je cours ouvrir, puisque tu dis que tu es de la partie, un fil sur les propriétés nutritives des ingrédients de la cuisine congolaise ! Si tu peux nous éclairer…

:demoi:
Avatar de l’utilisateur
Mère Evé de Paris
Veterran
 
Message(s) : 4089
Inscription : Ven 19 Juil, 02 4:45
Localisation : Paris


Retour vers Cuisine

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité