Les athlètes s’entraînent dans les étangs,...

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Les athlètes s’entraînent dans les étangs,...

Message par niaou » Sam 18 Juin, 11 2:11

Jean Fidèle Eba: «A l’intérieur du pays, les athlètes s’entraînent dans les étangs, les rivières et le fleuve Congo»

Vendredi 17 Juin 2011

Le Congo participera au championnat international de natation de Pékin en Chine prévu dans un mois. Les athlètes et les dirigeants partent avec la volonté de ramener une médaille, malgré les difficultés auxquelles est confrontée la fédération congolaise de natation. Le manque d’infrastructures oblige les athlètes à s’entraîner dans les étangs, les rivières ou le fleuve Congo. C’est pourquoi, le Congo sera représenté par deux athlètes résidant à Owando et à Mossaka. Ces deux localités figurent parmi les plus arrosées du Congo, selon Jean Fidèle Eba, directeur technique de la Fédération congolaise de natation.

Le Patriote : La natation est-elle connue et pratiquée au Congo ?

Jean Fidèle Eba : C’est un sport qui se pratique dans l’eau. Dans une piscine notamment. La natation n’est pas plus bien connue du public. Elle n’est pas vulgarisée à cause du manque des piscines olympiques. Les rares athlètes s’exercent dans les piscines privées ou dans les cours d’eau naturels.

Le Patriote : Etes-vous confrontés à d’autres difficultés en dehors du manque de piscines ?

J.F.E : Quand j’enseignais les cours de natation à l’université Marien Ngouabi, chaque étudiant de l’institut où j’évoluais bénéficiait de ces cours. A la fin des cours, les étudiants s’exerçaient dans la piscine. Comme elle n’est plus praticable, le cours n’est plus dispensé.

Le Patriote : cela veut-il dire que vous évoluez dans une fédération sans athlètes ?

J.F.E  : Pour avoir les athlètes, on s’est déployé dans les départements arrosés par des cours d’eau. Pour l’instant, on a deux athlètes, en dehors de Brazzaville. Le premier réside à Mossaka et le second à Owando. Lors de la détection beaucoup de nageurs ont été découverts. Par manque de moyens, nous ne pouvons pas les utiliser.

Le Patriote : Déboursez-vous de l’argent pour que les nageurs s’entrainent dans les rivières ?

J.F.E  : L’encadrement des jeunes se fait à Brazzaville où il faut payer 10 000 francs CFA par séance pour chaque nageur. A l’intérieur du pays, il n’y pas de problème parce que les athlètes s’entrainent dans les étangs, les rivières ou le fleuve Congo.

Le Patriote : Finalement combien d’athlètes compte la fédération congolaise de natation?

J.F.E  : Au niveau national, j’ai dit qu’on en a que deux. Au-delà, il y a des petits clubs à Brazzaville tel que le club Avenir, qui s’entrainent dans des piscines privées, non conformes aux normes olympiques.

Le Patriote : C’est donc avec ces deux athlètes que vous avez participé au 4ème championnat d’Afrique de la zone 2 ?

J.F.E  : Oui ! Mais les résultats n’étaient pas aussi mauvais que çà, malgré l’impréparation des athlètes. Le garçon d’Owando est arrivé à Brazzaville le soir et le matin il a pris l’avion pour Dakar. Il a quand même occupé la quatrième place et la dame de Mossaka s’est classée cinquième.

Le Patriote : Le Congo ne participera t-il pas aux jeux prévus en Chine dans un mois ?

J.F.E  : Nous participerons, mais sans préparation. Les deux athlètes de l’intérieur au moins s’entrainent tous seuls dans des cours d’eau. Nous avons un problème de structures et celui que connait le sport congolais en général ; le manque d’argent. Même si nous avons des problèmes des infrastructures, il nous faut participer.

Malheureusement le Congo ne participait plus. C’est pour cela que même si on avait les moyens, on ne s’attendrait pas à plus. On devrait avoir seulement deux places. Au fur et à mesure que le Congo participera, le nombre d’athlètes augmentera.

Le Patriote : A qui attribuez-vous la responsabilité de ces incohérences ?

J.F.E  : Aux pouvoirs publics. Ils devraient penser aux infrastructures et à la formation telle que cela se fait dans d’autres disciplines. Lors de la réhabilitation du stade Alphonse Massamba Débat, on aurait pu arranger la piscine olympique qui est une partie du stade. Aujourd’hui, les observateurs de bonne foi, ceux qui ne réagissent pas au gré de l’humeur reconnaissent que le football congolais avance grâce au centre de formation. On aurait assez d’avantages si le volet natation était pris en compte. Chaque arrondissement de Brazzaville devrait avoir une piscine olympique pour l’épanouissement de la natation.

Le Patriote : Qu’est ce qui vous pousse à œuvrer dans une discipline qui connait trop de problèmes ?

J.F.E  : Ce n’est pas parce qu’on connait des difficultés qu’on baisse les bras. Il faut innover. Il faut chercher. A Djiri par exemple les athlètes de Brazzaville s’entrainaient dans une piscine privée de 15 mètres alors que celle qui abrite les compétitions mesure entre 25 et 50 mètres. Vous constatez l’écart. Ce n’est pas le manque d’infrastructures fiable qui doit justifier notre absence au plan mondial. Le Congo sera présent à chaque rencontre internationale. Nous nous battrons pour cet objectif.

Le Patriote : Votre participation n’est-elle pas pour la photo de famille?

J.F.E  : On ne va jamais pour perdre. Mais dans l’espoir de gagner. Le Congo a été félicité par la fédération internationale de natation. Les dirigeants en voyant les photos de détection de nos athlètes dans les cours d’eau naturels n’ont pas cru à leurs yeux. Car le courant et les dimensions ne sont pas propices à de telles aventures. La volonté est là. La fédération internationale a loué nos efforts, en tenant compte des difficultés rencontrées sur le terrain.

Le Patriote : Le Congo est-il le seul pays africain à être dans cette situation ?

J.F.E  : Au niveau africain nous ne sommes pas seuls. Le Niger, le Mali semblent connaitre les mêmes difficultés au regard des conversations que nous avons entre nous.

Le Patriote : Sur qui comptez-vous pour avoir les moyens de votre action ?

J.F.E  : Quand nous sommes allés à Dakar, c’est un particulier qui nous a soutenus. Généralement ce sont les présidents et les présidentes qui préfinancent. L’argent de l’Etat arrive très en retard. Il faut qu’un particulier engage d’abord ses moyens avant que l’argent de l’Etat ne soit disponible. Nous avons un problème de lenteur. Le dossier circule pendant un semestre. L’argent n’est disponible au Trésor qu’à la fin de la compétition.

Le Patriote : Quel message avez-vous pour les deux athlètes congolais ?

J.F.E  : Je demande à ces athlètes de ne pas baisser les bras. Nous nous battons pour que les choses s’améliorent.

Propos recueillis par Henriet Mouandinga (Le Patriote)

SDC, Starducongo.com
niaou
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Re: Les athlètes s’entraînent dans les étangs,...

Message par niaou » Dim 19 Juin, 11 12:24

Ebonga ebongate, toujours chemin d'avenir...
:nono:
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