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Ce qu'il ne dira peut-être jamais, c'est le profond malaise des enfants de réfugiés politiques et économiques parqués en Essonnes par la politique taxonomiste de la préfecture et concentrés dans ces villes : Evry, Corbeil, Grigny, pratiquement tous originaire d'Afrique centrale, le malaise d'avoir quelque part au fond de leur dignité bafouée, la conscience que la localisation de leur vie et leur destinée s'est jouée au détriment de leurs parents et de leurs héritiers. Cette espèce d'envie d'en découdre, de régler un compte à la société, de prendre leur revanche sur un destin forcé, dont l'origine des enjeux est profondément enfouie dans la mémoire historique soigneusement occultée de leurs parents et des secrets de famille. C'est tous ces non dits qui provoquent chez la jeunesse l'illusion d'une destinée de héro, parcequ'ils portent en eux les stigmates de l'exode, des guerres et de la misère qu'ont fuit leurs parents, et des persécutions politiques, tribales. Le seul champs qu'ils peuvent investir sont les centre commerciaux, les hall d'immeuble, les gares, les caves, comme une prise de pouvoir, la reconquête d'un territoire, alors que le territoire d'où ils ont été arrachés se trouve ailleurs, en Afrique. D'où lui est venu son déclic ? Il s'est retrouvé au Congo, y a vu la vrai misère, la vrai souffrance, mais aussi la vrai chaleur de se retrouver chez lui. Il a certainement compris une chose : au lieu de dévier en France dans la délinquance pour se donner l'illusion d'exister, d'être quelqu'un, de faire preuve de brutalité, de violence, de vouloir tout casser, allez voir le pays de vos ailleuls, tout ce qu'il y a à bâtir, les écoles, l'accès au soins, à l'éducation, toutes ces infrastructures qu'ils cassent en France et qui manquent cruellement aux enfants qui suivent les cours debout dans la classe innondée jusqu'aux genoux, un morceau de charbon à la main en guise de stylo, et une pièce de bois en guise de cahier (pour ceux qui ont la chance d'aller à l'école), qui crèvent du palu parce que leurs parents n'ont pas eu les moyens de payer un médicament d'une valeur équivalente à un euro cinquante, et ça c'est encore le moins pire.
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