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Consécration

Hommage au footballeur Christopher Maboulou : la tribune du stade Henri Vidal porte son nom

Ce mercredi 8 septembre 2021, à 18h30, une cérémonie officielle s’est déroulée à Montfermeil dans le 93, en hommage au footballeur franco-congolais Christopher Maboulou disparu le 10 janvier 2021 à 30 ans.

Le jeune footballeur est entré dans l’histoire de Montfermeil grâce à la décision municipale de baptiser la tribune du stade Henri Vidal, important pôle d’attraction de la ville. Avec sa capacité de 500 places, ce gradin porte désormais le nom de l’ancien joueur de Châteauroux, de Bastia et d’Athènes.

Rite de consécration qui inscrit le nom de l’artiste dans le marbre de la légende, cet hommage s’est déroulé sous l’égide de Xavier Lemoine, maire centriste de Montfermeil, de son adjoint chargé des Sports Laurent Chainey ainsi que du maire de la commune voisine Olivier Klein, édile de Clichy sous Bois (La République en marche).

La mairie a fait d’une pierre deux coups en rendant également hommage à une autre figure emblématique locale. La buvette du stade porte désormais le nom de cet illustre résident : Ali Sehli Mechmache, ancien dirigeant et bénévole au Football Club de Montfermeil, ancien footballeur, arbitre, et à l’origine de l’institution de ce qu’il est convenu d’appeler en matière sportive la 3ème mi-temps. Forte personnalité de l’intégration par le sport, Ali Sehli Mechmache est arrivé à la cité des Bosquets en 1970, six ans avant la construction de l’historique ensemble immobilier de Montfermeil.

L’évènement de ce mercredi 8 septembre a été marqué par la présence de nombreux parents et amis. Peu avant 18h, la fête a démarré sur la pelouse par un match amical opposants vétérans et jeunes de Montfermeil.
Puis est arrivé le moment-clef de la cérémonie : le dévoilement des plaques.

Dans sa prise de parole, le maire a rappelé le curriculum sportif de Christopher Maboulou, un « garçon né à Montfermeil, discret et talentueux ».

TEMOIGNAGES ET REMERCIEMENTS

Ont également pris la parole, madame Bernadette Tsota, et monsieur Fosco Maboulou respectivement mère et père du footballeur, ainsi que le fils et l’épouse d’Ali Sehli Mechmache.

Mme Bernadette Tsota, dans des propos larmoyants, a profondément remercié la mairie, les pompiers et la police. L’assistance de ces institutions a été remarquable lors de la tragédie qui a frappé sa famille et des prises en charges qui s’en sont suivies.
« Je remercie la reconnaissance de la mairie et des amis sportifs à la famille Maboulou » a dit le père qui a rappelé qu’il a vécu à Montfermeil pendant « des siècles. » : une façon de dire que bien qu’ayant quitté Montfermeil, l’esprit de cette cité continue de l’habiter.

On pouvait également noter la présence des frères et sœurs de Christopher, tous unis autour de la plaque commémorative. Le dévoilement de la plaque symbolique a été ressenti par tous comme une consécration posthume, un moment très fort immortalisé par les caméras. L’honneur du dévoilement a échu au papa de l’illustre sportif, Monsieur Maboulou en personne. Geste patriarcal accompli sous le regard ému de la grande lignée Maboulou (enfants, neveu et petits-enfants), sous les applaudissements d’une foule immense, émue.

Un clin d’œil à Gislain Boungou Boko, neveu de Maboulou. Ses propos très modérés ont ajouté à la convivialité.

Nous avons également noté la présence de nombreux compatriotes congolais, résidents à Montfermeil ou venus de loin partager ce rare moment avec la famille. Le médiatique artiste chrétien Moïse Baniakina dit Ya Moïse était de la partie. Il y avait également le très sociable Nkouka, autre figure remarquable de Montfermeil très actif à la messe d’action de grâce du 7 juillet dernier (cf. notre article)

VICTOR HUGO ROMANCIER DE MONTFERMEIL

Pour le contexte littéraire, Victor Hugo qui a situé une partie de son roman « Les Misérables » à Montfermeil disait de la jeunesse de Paris qu’elle camouflait son humanisme dans un réseaux d’actes violents générés par la misère. Ca c’était au 19ème siècle.

Au 21ème siècle, il suffit de regarder les jeunes des cités limitrophes de Paris pour donner raison à l’axiome selon lequel il ne faut pas se fier aux apparences canailles affichées par les jeunes des quartiers.

Derrière des look banlieusards parfois rebelles s’embusquent des solidarités profondes. Sous le bosquet (si on ose dire), des bouquets de fleurs...

Ce serait néanmoins faire preuve d’excès d’angélisme si on ne dit que règnent dans la cité des modèles d’individus dont l’archétype est le Thénardier des Misérables, mais aussi des modèles comme Jean Valjean. Il y a des Cosettes, des Marius, parfois triomphent des Montparnasse, mais aussi des Gavroche. Mais également des figures inquiétantes comme Javert.

Les incidents tragiques de Clichy-sous-Bois qui émurent la presse et l’opinion publique ont failli donner raison à l’équation : jeunes issus de l’immigration (afro descendants) = absence de perspectives et délinquance sur fond de chômage structurel. Quelle que soit la couleur des majorités au pouvoir, triomphaient des dichotomies conflictuelles policiers/jeunes. Il aura fallu les retournements acrobatiques des travailleurs sociaux pour conjurer des dysfonctionnements qui donnaient raison aux analyses de Pierre Bourdieu dans son essai intitulé « La misère du monde.  »

DYNAMISME URBAIN

Montfermeil est une ville en mutation. Le dire est un truisme intellectuel. Les anciennes tours en béton des Bosquets ont fait place à de nouvelles architectures. L’impact positif de l’habitat sur les habitus des habitants est indéniable. Sur le plan sportif, par exemple, les nouvelles installations du stade Henri Vidal serviront de structures d’entraînement aux athlètes des futurs jeux olympiques de Paris en 2023.

Le sport est un lieu où naissent des perspectives d’avenir. Parmi cette jeunesse dont les bottines foulent le gazon du stade Henri Vidal peut-être que des facteurs socioculturels et des motivations individuelles accoucheront de talents comme Mbappé, Kanté, Maboulou.

Ce n’est pas un hasard si Christopher Maboulou a effectué une brillante carrière. Il est originaire de deux Nations, Le Congo et la France, qui ont été respectivement championnes d’Afrique en 1972 (pour le Congo) et double champion du monde (pour La France).

RESOLUTIONS

Bref, Congopage est un franc maçon qui construit des ponts, des passerelles et non des murs de séparation.
Si nos papiers consacrés au décès de Christopher ont attisé des dissensions familiales, que toutes les parties blessées par nos lignes éditoriales trouvent ici l’expression de nos excuses.
Comme pourrait l’écrire Victor Hugo, lorsque l’enfant disparaît, le cercle de famille se soude davantage.
Depuis le Panthéon des artistes, Christopher doit dire à tous ses frères : « famille, je vous aime. »

A bon entendeur, que du bonheur.

G. BIMBOU




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