Les populations du Congo-Brazzaville qui avaient voté massivement pour le général Jean-Marie Michel Mokoko lors de l’élection présidentielle de 2016 au point d’envisager un second tour Guy Brice Parfait Kolelas-Jean-Marie Michel Mokoko, n’eût été la tricherie de Sassou Nguesso et Henri Bouka, trépignent d’impatience et ont les yeux rivés sur le khalife d’Oyo Denis Sassou Nguesso.

L’état de santé du général Mokoko qui croupit en prison suscite des inquiétudes. La même prison d’où était sorti le colonel Marcel Ntsourou les pieds devant. Jean-Marie Michel Mokoko échapper a-t-il à ce funeste destin ? Denis Sassou Nguesso accorder a-t-il le pardon à son frère d’arme de la Cuvette ? Donner a-t-il le quitus pour une évacuation sanitaire du saint-cyrien Mokoko ? Ou le laissera-t-il crever du covid 19 dans les structures sanitaires mal équipées du Congo-Brazzaville ?

Comparaison n’est pas raison

La vie du saint-cyrien Mokoko est entre les mains de Sassou qui peut en disposer à sa guise tels les croyants cèdent et confie la leur entre les mains du Bon Dieu. « Que sa volonté soit faite… » ».

La vie de l’ancien chef d’Etat major des forces armées congolaises (FAC) testé positif au coronavirus (covid 19) dépend de la décision du fils de « Mama Mouébara » qui en a broyé bien d’autres tels Marien Ngouabi, Cardinal Emile Biayenda, Alphonse Massamba débat, Pierre Anga, Barthélémy Kikadidi, Ndoudi Nganga, Samba dia Nkoumbi, Marcel Ntsourou...

Denis Sassou Nguesso signifie par cette épreuve qu’il joue désormais son va-tout, qu’il prend en main toutes les commandes, et incarnera, à lui seul ou presque, les décisions qui seront prises dans les jours qui viennent : le droit de vie ou de mort. Et, par delà le marché, le sort médical qui sera réservé au natif de Makoua.

Appel

Jean-Marie Michel Mokoko est un homme seul, abandonné par les siens, civils et militaires, qui l’avaient encouragé à croiser le fer avec Denis Sassou Nguesso, son frère du septentrion. C’était le pêché de lèse majesté. l’appel du saint-cyrien Jean-Marie Michel Mokoko à ses frères d’armes réputés redoutables « guerriers » était un pétard mouillé (Cf la vidéo de Jean-Marie Michel Mokoko trafiquée par le trublion Tony Moudilou) : «  A mes frères d’armes de la force publique, souvenez-vous de nos engagements de la Conférence Nationale Souveraine. Nous sommes une force publique et républicaine au service du peuple, envers lequel nous avons des devoirs et des obligations  ».

Malheureusement, l’appel du général Mokoko n’a pas eu d’écho. Il a fait flope. Il n’a pas été suivi d’effets. Trop d’adversaires d’arme au sein des FAC à cause des dérives tribaliques du commandement militaire, dirait Henri Lopes (Lire l’article de Serge Armand Zanzala, in congopage.com, 4 juillet 2020).

Denis Sassou Nguesso est resté sourd aux appels à la libération de Jean-Marie Michel Mokoko lancé par Jean-Yves Le Drian (septembre 2019) , Hervé Zebrowski et Louis Alliot, le maire de Perpignan « Pour l’honneur de Saint-Cyr, demande d’évacuation sanitaire de JMM Mokoko ».

Denis Sassou Nguesso est un psychorigide. Jean-Marie Michel Mokoko se trouve entre le marteau et l’enclume. Le marteau Sassou Nguesso et l’enclume le covid 19. Le destin de Jean-Marie Michel Mokoko est accroché au bon vouloir de l’homme d’Edou-Penda. Cette surdité et cette rigidité réduisent pratiquement à néant l’hypothèse d’un « tournant », «  il a changé » dans le quinquennat de Denis Sassou Nguesso, à propos duquel, au Congo-Brazzaville, on a beurré d’innombrables tartines.

Benjamin BILOMBOT BITADYS