La planète finance s’est enrichie d’une nouvelle institution financière à l’instar de la Banque Mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque africaine de développement (BAD) dans la sous-région d’Afrique centrale. Il existe le club de Paris pour les créances publiques. Il y a le club de Londres pour les créances commerciales. Désormais, il faudra compter avec le club de Brazzaville pour la résolution des difficultés financières des pays d’Afrique centrale à économie de rente gangrénées par la corruption.

Selon Henri-Claude Oyima, ces Banques figurant parmi les créanciers du Congo sont réunies au sein d’un groupement d’intérêt économique, dénommé Club de Brazzaville. A tout seigneur, tout honneur. A la tête de cette nouvelle institution financière s’est huché Paul Obambi, président de la chambre de commerce de Brazzaville et patron des mines de fer de Mayoko.

Le club de Brazzaville est un groupe réunissant la BGFI-Bank, la Congolaise de banque (LCB), Ecobank et la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BSCA). Jean Dominique Okemba est le président du conseil d’administration de la BGFI Bank. Le président directeur général de la BGFI, Henri-Claude Oyima, a annoncé le 19 septembre 2020 à Brazzaville la mise en place par un groupe de banques d’un financement de trois cents milliards de francs CFA, destinés à soutenir les entreprises en République du Congo.

Quel est le montant apporté par chacune des structures ? Comment vont-elles être remboursées ? A quelles conditions ? A quel taux d’intérêt ? Taux d’intérêt fixe ou variable ? En titre minier ? L’opération financière du club de Brazzaville recèle trop de zones d’ombre. La BGFI, cette banque qui a été créée sur les cendres de la banque d’ELF, la «  Banque Française Intercontinentale (FIBA) », mieux connue comme la banque des Présidents africains, a été au cœur d’une enquête française contre le groupe pétrolier controversé ELF.

La gestion de BGFI BANK comprend des personnes françaises toutes proches de Jean Dominique Okemba et tous anciens dirigeants de la banque pro-africaine, Crédit Commercial de France.

Dans la recherche des solutions visant à apurer la dette intérieure du Congo-Brazzaville, le gouvernement avait conclu, en mars 2020, un accord de financement avec le Club de Brazzaville. Le prêt de 300 milliards de francs CFA du Club de Brazzaville, car il s’agit bien d’un crédit, doit servir à soulager les finances des entreprises engagées dans les travaux de sable de Jean-Jacques Bouya et à rembourser les arriérés de paiement liés à la dette sociale (caisses de retraite CREF et CNSS). En définitive, le Congo-Brazzaville s’endette pour rembourser sa dette. Un véritable cercle vicieux.

Blanchiment

En attendant le versement de la deuxième tranche, dans le cadre de son programme économique conclu en juillet 2019 avec le Fonds monétaire international (FMI), le Congo-Brazzaville est tenu de solder la dette intérieure afin de favoriser la relance des activités du secteur privé. Cependant, bien malin qui pourrait indiquer le montant exact de la dette intérieure ainsi que la liste des entreprises concernées, c’est-à-dire celles qui ont effectivement réalisées des travaux.

Et, si le club de Brazzaville dirigé par la troïka constituée de Paul Obambi, Jean Dominique Okemba et de Henri-Claude Oyima n’était qu’un instrument de blanchiment et de recyclage de l’argent volé du Congo-Brazzaville et visant à berner le FMI ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS