Les obsèques de l’ancien joueur de Bastia qui ont pris la tournure d’un feuilleton (disons-le) morbide semblent avoir trouvé un épilogue hier mardi 26 janvier 2021. Jamais chronique d’un enterrement annoncé n’aura été aussi pleine de rebondissements.

On se souvient que la cérémonie d’inhumation prévue le lundi 25 janvier au cimetière municipale de Clichy-sous-Bois était demeurée lettre morte. Elle fut annulée, officiellement, pour des raisons (on va dire) techniques (indépendantes de la volonté du personnel des pompes funèbres). A noter qu’il y a une forte symbolique de l’eau dans cette histoire. (comme nous le fera remarquer la mère) . Ce lundi, envahie d’eau, la fosse mortuaire était inutilisable. Les pompes funèbres furent contraintes de suspendre l’enterrement. Une situation «  inédite  » . Mais officieusement (de sources parentales maternelles) on évoque une raison plus prosaïque : le refus administratif de la mairie de Clichy - sous- Bois d’autoriser l’ensevelissement. ( En matière d’inhumation, il se trouve que le maire, premier citoyen de la ville, a son mot à dire sur l’autorisation d’enterrer un corps sur sa commune. NDLR)

Né à Montfermeil, décédé dans la même ville, Christopher Maboulou aurait dû être enterré dans sa commune de naissance. Or, dans ce triste feuilleton, c’était sans compter avec le lobby musulman de la ville de Montfermeil. Converti à l’Islam, sur le tard, Christopher Maboulou devrait, pour la communauté musulmane, être enterré selon le rite islamique. Et le lieu agréé pour cette mise en terre se trouvait être le carré musulman du cimetière de la ville mitoyenne de Clichy-sous-Bois, ce qui n’était pas, soit dit en passant, du goût des parents maternels se réclamant de la foi catholique. Une vraie guerre de religions qu’on pensait révolue depuis la fin des Croisades. La suite on la connaît. Le lundi 25 janvier 2021, date prévue des obsèques, d’étranges circonstances (que certains ont mis sur le compte du magico-religieux ) ont empêché le déroulement normal des obsèques.
Le matin du mercredi 27 janvier 2021 nous est parvenu un SMS laconique de la mère : « Il a été enterré hier à Tremblay ». Tremblay est une commune éloignée de Montfermeil en allant vers Roissy. D’où les questions de la mère, légitimes, iconoclastes : pourquoi là-bas, une commune dont il n’était pas ressortissant ? Et pourquoi aujourd’hui seulement alors que la personne est décédée depuis le 10 janvier 2021 ? Pourquoi le niet de Clichy sous Bois alors qu’une certaine Ma Bijoux avait vanté les mérites économiques de respecter le souhait musulman de ne pas enterrer à Montfermeil. Quel deal a été passé entre le maire et les musulmans pour les dissuader d’utiliser le cimetière de Clichy/Bois ? Pourquoi il n’y a jamais eu d’autopsie ? On n’a jamais su le nom musulman de Christopher. etc. etc.

Famille déchirée

Bref, Christopher Maboulou a eu enfin droit à un repos éternel. « Ca commençait à trop bien faire, ça commençait à trop durer. » s’énervaient parents et amis.

Néanmoins il est parti en laissant derrière lui une famille déchirée. Très proche de sa maman de son vivant, il a été enterré sans la présence de celle-ci. Les personnes qui aiment les raccourcis ont mis les péripéties qui ont émaillé les obsèques sur le compte des «  bouderies » post mortem du défunt. Une sorte de colère d’outre-tombe car sa maman-chérie a été interdite de cérémonie funèbre par la partie paternelle composée d’une coalition où on retrouve sœurs, frères et père, tous, soit sympathisants islamistes, soit convertis à l’islam à la onzième heure. Tous sauf Jojo, l’autre frère aîné, resté fidèle à sa mère.

« J’en veux particulièrement à son père » confesse la mère, Bernadette Tsota. Selon elle, le père avait déjà sacrifié symboliquement son fils lors d’un séjour au Congo où l’ancien joueur de Bastia devait aller jouer pour le compte de la sélection nationale. Au demeurant il fut mis sur le banc de touche. On ne lui donna pas l’opportunité de jouer contre la RDC, au stade Alphonse Massamba-Débat. Le match se joua sous une pluie battante. (La symbolique de l’eau dont on a parlé plus haut) « Mon fils avait coutume de marquer systématiquement un but quand il jouait pour la première fois dans une équipe  » dit, fière, la mère. Score final du match : un but partout. En somme, le résultat eut été différent si Christopher, le franco-congolais, était sur le terrain.

Comme s’il y avait anguille sous roche, les observateurs se demandèrent pourquoi la rencontre fut programmée à Massamba-Débat au lieu de Kintélé au nouveau Stade dit de La Concorde. Encore une de ces incongruités dont les dirigeants congolais ont le secret. Si c’était à refaire, jure la mère, jamais je n’allais pas autoriser mon fils, de nationalité française, à jouer sous le maillot du pays de naissance de sa maman.

« Son père ramena mystiquement juste la coquille de son fils en France. L’âme était restée au Congo où elle fut vendue. C’était en 2018 » analyse la mère. Comprenne qui pourra.

Perspectives

Une marche sera organisée le 7 février 2021 à Montfermeil, à l’initiative de la mère. Elle aura lieu là où il est tombé, aux Bosquets (Montfermeil). L’autorisation du maire est attendue en vue de valider l’évènement. Chacun viendra avec une rose.

Une messe a été dite à St-Pierre Claver de Bacongo-Brazzaville Une autre sera dite à 17 kms de Brazzaville à l’Eglise St-Charles Luanga. « Où est née ma mère » dit la mère.

Solidarité

Enfin, à signaler : la solidarité des amis sportifs de Christopher. « Ils sont passés me voir de Châteauroux et de Belgique. Ils ont eu un geste généreux et m’ont assuré de leur attention  » a ajouté la mère.

G.D Bimbou

NB - nous signaler les coquilles repérées dans l’article