Pascal Lissouba a-t-il été incompris ou n’a-t-il pas compris comment parler aux Congolais, un peuple qu’il a représenté lui-même comme structuré en « classe-tribu ».

Avertissement 1

Cette nouvelle avait déjà été publiée en ligne, dans le recueil « 50 cheveux sur une tête nue », aux Editions de la Fondation littéraire Fleur de Lys, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de la République du Congo, célébré en 2010.

Cependant, c’est à la demande de nombreux lecteurs qui veulent avoir un livre sous les formes imprimée et audio, que nous avons été contraint de faire cette deuxième édition, chez Amazon, après une relecture du premier texte qui nous a permis de réactualiser l’histoire romancée, et de l’embellir avec d’autres couleurs des mots, des phrases et des expressions du même discours du président Mokatissi Ngambo, le personnage principal de cette nouvelle, qui, en réalité, est le Président Pascal Lissouba.

Nous avouons qu’au moment où nous avons écrit la première version de cette nouvelle, nous n’avons pas pu voir toutes les couleurs de son discours.

Certaines se cachaient encore dans les filigranes ; d’autres qui sont faites à partir de la combinaison de plusieurs couleurs, avaient pris du temps pour se mélanger et s’affirmer.

Il nous a donc fallu, au fil du temps, faire une relecture du texte mis en ligne, et celle des filigranes du discours du Président Pascal Lissouba, pour découvrir que nous étions très distrait, et que nous n’avions pas tout compris.

Pire, nous avons découvert le Président Pascal Lissouba qu’à travers son passé, peu glorieux, les guerres politiques qui ont ponctué son règne, mais aussi la propagande de ses opposants.

D’où le titre « La cinquantième porte d’un pouvoir moribond », avec lequel nous avons mis en exergue les crimes de sang que ses opposants politiques mettaient sur son dos.

Mais, il y a aussi le reniement public des valeurs traditionnelles comprises dans la cérémonie de lavement des mains, organisée à la Conférence nationale souveraine par un prélat, Monseigneur Ernest Kombo, ayant provoqué le déclin de son pouvoir, qui justifie aussi ce titre.

Or Lissouba avait tourné la page sombre de l’histoire, et voulait en écrire une nouvelle.

Il avait élaboré un nouveau discours politique qu’il avait savamment taillé sur la science et la technologie.

Aujourd’hui, nous reconnaissons que Lissouba était, plusieurs années, en avance sur tous les Congolais qui ne comprenaient pas encore l’introduction du savoir scientifique et technologique dans un discours politique.

D’après Pascal Lissouba, la science et la technologie devraient être la base du développement.

La science, forme évoluée de la pensée humaine, et la technologie, l’outil qui lui permet de se matérialiser.

Il suffit de leur donner une valeur ajoutée pour qu’elles ne soient pas « ruine de l’âme » .

Mais, le Président Pascal Lissouba était incompris par les Congolais, même les intellectuels.

Or, sous d’autres cieux la science et la technologie accompagnent la vie quotidienne des nations et des peuples.

Les gouvernements s’en servent pour créer des richesses et des emplois, et améliorer les conditions de travail et de vie des populations.

Et, les populations en profitent pour se donner une grande liberté d’entreprendre.

Puisque la science et la technologie leur permettent de créer, eux aussi, leurs propres emplois et leurs richesses.

Avertissement 2

Au-delà de son côté roman, « Il s’appelait Mokatissi Ngambo » pourra paraître comme étant, à la fois, un livre-confession, un livre-hommage et un livre-accusateur. Peut-être aussi un livre outrageux.

Un livre-confession parce qu’il s’agit d’autocritique.

Un livre-hommage parce que comme le signifie le nom de Mokatissi Ngambo, passeur en français, le Président Pascal Lissouba voulait réellement une transition technologique du Congo.

Malheureusement, nul n’est prophète chez lui.

Ce livre est donc pour nous une occasion de lui rendre un hommage pour sa bonne perception de l’avenir du monde.

Un livre accusateur. Nous accusons les intellectuels congolais d’avoir laissé les politiques formater les mémoires des Congolais, même dans les domaines où eux sont professionnels et ont la connaissance.

Voilà pourquoi les politiques congolais ont profité de cet abandon pour créer, avec la fiction, une « conscience nationale » qui est loin de comprendre ou qui a de la peine à accepter que c’est avec le discours scientifique que les Congolais devront développer leur pays et se développer, eux-mêmes. Ce sont les impératifs des Temps Nouveaux.

Un livre outrageux pour les Congolais victimes des guerres politiques sous son règne et qui verront, non seulement, leurs plaies saigner de nouveau ; met qui auront raison de nous donner tous les noms d’oiseau.

Sans doute, certains ne nous pardonneront pas d’avoir écrit ce livre. « C’est trop d’honneur pour un criminel de guerre » risqueront-ils de dire.

Déjà, certains avaient donné une signification péjorative au nom de Mokatissi Ngambo. Pour eux, il désigne une personne qui précipite ses concitoyens dans les tombes c’est-à-dire un tigre de l’espèce humaine.

D’autres, plus malins, le rimaient avec un autre nom : Mokotissi Niongo.

Le sobriquet que les habitants de Lungazi-lwa-mona-bakento avaient donné au Président successeur de Mokatissi Ngambo (Nyongologue).

Tout simplement parce qu’il paye les salaires des fonctionnaires, les pensions des retraités, les bourses des étudiants avec les dettes qu’il octroie auprès des pays étrangers et des institutions internationales.

Introduction

Après la Conférence Nationale souveraine en 1991 qui a permis au Congo de se remettre sur les rails , un grand intellectuel, le professeur Pascal Lissouba, est élu Président de la République du Congo, à l’issue de l’élection qui s’était déroulée en 1992. Il devient le sixième Président du Congo.

Et, les Congolais croient en ses facultés de comprendre et connaître les situations du pays, de trouver les bonnes réponses, à des moments opportuns, et de concevoir de bons projets de développement.

Mais, si les jeunes s’enthousiasment, s’emportent et se passionnent ; les adultes, eux, restent très prudents. Pour cause, le nouveau Président et une vieille connaissance.

Il fut Premier Ministre, et ministre de l’agriculture dans le gouvernement d’Alphonse Massamba-Débat.

Et, il est le père d’une idéologie rétrograde : la « tribu-classe  » qui oppose, dans la conquête du pouvoir politique, du leadership national et dans leur affirmation, les tribus d’une même entité.

Dans cette lutte, tous les moyens peuvent être utilisés.

La «  tribu-classe », encore en gestation, est en concurrence avec d’autres idéologies : socialisme bantu d’Alphonse Massamba-Débat et socialisme scientifique, ramené d’Europe par les intellectuels parmi lesquels Pascal Lissouba et Ambroise Noumazalaye, provoque beaucoup de troubles dans le pays.

Pourtant, Pascal Lissouba a aussi élaboré une autre théorie : celle de la « Tribu, la région ou le peuple locomotive  » à travers laquelle les tribus, régions ou peuples doivent admettre que dans tout pays, il y a une tribu, une région ou un peuple qui doit tracter les autres.

Et, cette mission est naturelle.

Au Congo, c’est la région du Pool qui joue ce rôle.

Mais, ce rôle ne dépend ni de la volonté des peuples eux-mêmes, ni du prince, ni de leur histoire commune, ni non plus de leur position géographique…

Pourtant, c’est sans complexe que ce rapport entre les tribus, les régions et les peuples doit être vécu. Néanmoins, pour beaucoup de Congolais de la jeune génération, les temps ont changé.

Ils pensent que Pascal Lissouba a, lui aussi, changé, après la Conférence Nationale Souveraine que d’aucuns prennent pour un pont qui a permis au Congo de gagner l’autre rive !

Cependant, la conception du pouvoir et le triomphalisme de ses partisans vont désorienter le comportement du nouveau Président qu’une certaine opinion qualifie de mégalomane.

Mais, on dit aussi que c’est le reniement public des valeurs traditionnelles comprises dans la cérémonie de lavement des mains, rite mystique organisé à la Conférence nationale souveraine par un prélat, Monseigneur Ernest Kombo, qui a provoqué le déclin de son pouvoir.

Armand Serge Zanzala écrivain, journaliste

« Il s’appelait Pascal Mokatissi Ngambo », Editions Amazon