La campagne présidentielle au Congo-Brazzaville s’est achevée sur une note dramatique avec le décès du principal challenger du khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, Guy Brice Parfait Kolelas, le patron de Yuki, dans les circonstances on ne peut plus troubles.

L’avocat français , William Bourdon, bien connu du pouvoir de Brazzaville dans l’affaire dite des Biens mal acquis (BMA), s’est constitué conseil de la famille pour élucider les causes de la mort du candidat Guy Brice Parfait Kolelas.

Sur l’air de «  c’en était fini cette fois-ci pour Sassou  », pour se faire une virginité politique, Mathias Dzon avait enfourché le cheval de celui qui allait terrasser le taureau Sasszou et embouché la trompette de celui qui allait laver plus blanc et qui lui-même était blanc comme neige. Mathias Dzon a surfé sur le niveau de la corruption, la gabegie financière, l’état des structures sanitaires et scolaires, la dépendance de l’économie du Congo-Brazzaville au pétrole, le clientélisme, l’état de paupérisation des populations du Congo-Brazzaville lors de la campagne présidentielle et a fini par s’attirer la sympathie et la gloire politique, le poussant à des envolées lyriques.

Les envolées lyrique de l’ancien ministre des finances avaient fait rêver plus d’un congolais assoiffé de changement, suscitant l’inquiétude dans le camp adverse. Mathias Dzon a marqué les esprits, convaincu au-delà de son camp et réussi à réveiller l’enthousiasme des populations du Congo-Brazzaville. Les étudiants de la Faculté des sciences de l’Université Marien Ngouabi ont saisi la balle au bond le jeudi 1er avril 2021 et poussé la chansonnette : «  to boyi Sassou, to lingi changement ». « Nous rejetons Sassou, nous voulons le changement. » Tout est dit dans un pays où dominent des non-dits.

Vas-y Mathias !

La nature ayant horreur du vide, la place laissée vacante par Guy Brice Parfait Kolelas est à pourvoir. Placé en troisième position avec 1,96 % derrière Sassou Nguesso et Guy Brice Parfait Kolelas, comme pour mieux l’humilier, l’heure de Mathias Dzon est arrivée de laver son honneur. Qu’attend-il pour prendre la tête de la contestation de la victoire annoncée de Sassou par Raymond Zéphirin Mboulou qui sera bientôt validée par la Cour constitutionnelle dirigée par Auguste Iloki ? Le temps n’est-il pas venu pour Mathias Dzon de mettre un point final au hold-up électoral de Denis Sassou Nguesso ? Il est l’heure pour Mathias Dzon de sortir de sa boîte pour galvaniser les troupes, y compris celles de Guy Brice Parfait Kolelas : « Ba yaka mambou  » (les prêts au combat).

Le recours entrepris en 2016 auprès de la Cour Constitutionnelle du Congo-Brazzaville et de la Cour africaine par Guy Brice Parfait Kolelas s’était avéré un coup d’épée dans l’eau. Le soulèvement populaire, voilà la solution face au culot d’un Sassou qui a donné des signes de problèmes psychiatriques durant la campagne présidentielle. Mathias Dzon va-t-il enfin lâcher le lion qui sommeille en lui en sonnant la révolte alors que l’éléphant d’Oyo est malade ? A-t-il peur de se retrouver en prison pour déstabilisation des institutions aux côtés de Jean-Marie Michel Mokoko et Okombi Salissa ? Après tout, en dictature, la prison est un grade : ceux qui l’obtiennent n’usent point d’usurpation. Nelson Mandela Madiba en est le concept politique.

Benjamin BILOMBOT BITADYS