La campagne présidentielle s’internationalise, et il est intéressant de voir comment certains pays jettent un regard sur cette élection majeure qui dessinera le visage de la France des années à venir. Certaines propositions des candidat (e)s ne chatouillent pas que les oreilles de l’électeur gaulois, leur écho traverse les frontières. Tel est le cas dans un article mis en ligne le dimanche 8 avril 2007 sur le site de la radio haïtienne Kiskeya. On semble se réjouir de l’évocation de la première République noire, notamment l’hommage qui serait rendu à Toussaint Louverture, une promesse que Sarkozy réaliserait s’il était élu. Voici en l’intégralité de cet article.


Toussaint Louverture pourrait être admis bientôt au Panthéon de Paris.
Une promesse du favori de la présidentielle française, Nicolas Sarkozy qui voudrait voir parmi les grands hommes de France Léopold Sédar Senghor, Charles Péguy et Louverture, le général noir décédé dans le froid glacial du Fort de Joux, il y a exactement 204 ans

Toussaint Louverture, le génial précurseur de l’indépendance haïtienne, pourrait faire son entrée au Panthéon -le mythique monument républicain réservé aux plus illustres français- en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle des 22 avril et 6 mai prochains.

Le candidat du plus grand parti de la droite libérale UMP a pris cet engagement dans une tribune parue le 22 mars dernier dans le quotidien conservateur Le Figaro, quelques jours avant le 204e anniversaire de la mort ce samedi (7 avril) du "premier des noirs".

"Je propose l’inscription du nom de Léopold Sédar Senghor dans la crypte du Panthéon, aux côtés de celui de Charles Péguy et de Toussaint Louverture", a écrit Sarkozy, considéré sur la base des enquêtes d’opinion comme le plus probable successeur de Jacques Chirac à l’Elysée devant ses principaux rivaux socialiste, Ségolène Royal et centriste François Bayrou.

C’est la deuxième fois que M. Sarkozy fait référence à Haïti, après avoir évoqué le mois dernier à la Guadeloupe l’idée d’une conférence sur la paix civile et le développement économique du pays.

A travers son texte titré ’’Pour une francophonie vivante et populaire", l’ancien ministre de l’intérieur et actuel président de l’UMP (Union pour la Majorité Présidentielle) a voulu prioritairement rendre hommage au père de la négritude et créateur de la francophonie, Senghor, homme d’Etat et écrivain sénégalais, disparu en 2001. "Notre pays s’honorerait à rendre enfin à l’homme de la négritude et fondateur de la francophonie, l’hommage qu’il aurait dû lui rendre au moment de sa mort", a lancé Nicolas Sarkozy en rappelant qu’il a été la premier dirigeant politique français à se recueillir sur la tombe du grand esprit africain.

Le candidat a rendu hommage à l’ancien académicien pour son dévouement au "rayonnement de notre pays" et a appelé à inscrire la francophonie dans une nouvelle dynamique avec une implication plus prononcée de la France.

Dans la foulée, le probable futur chef d’Etat a souhaité la création de "chaires francophones" dans les universités françaises avec l’apport d’écrivains afro-français tels Maryse Condé, Alain Mabanckou et Achille Mbembe qui, dit-il, ont fini par "s’exiler aux Etats-Unis".

Toussaint Louverture, dont la présence aux côtés des Jean-
Jacques Rousseau, Voltaire, Emile Zola, André Malraux et autres ...Napoléon Bonaparte est désormais envisagée, servit la France avec une rare intelligence d’administrateur et des qualités exceptionnelles de stratège militaire. Paradoxalement, sa mémoire n’a refait surface dans des cercles intellectuels de l’ancienne métropole qu’en 2004, à l’occasion du bicentenaire l’indépendance d’Haïti. Cet ancien esclave au destin singulier s’éteignit un an environ après sa déportation en France, le 7 avril 1803, dans un cachot lugubre du Fort de Joux, dans le Jura.

Rapatriés sous Jean-Claude Duvalier, ses restes reposent au Musée du panthéon national haïtien (MUPANAH). spp/RK

Radio Kiskeya