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Adrien Houabaloukou, Président de La Convention des Démocrates Indépendants (CDI) est binational et candidat à la députation française. La pratique des vidéos lui est familière. Dans celle qui suit, datée du 8 mai 2021, il se livre à un exercice de rhétorique libre, sur fond d’anaphores. A l’instar de feu Béchir Ben Yahmed, Houabaloukou livre ici son « Ce que je pense ».

A. Houabaloukou s’est appuyé sur une actualité qu’il estime mondialisée. En tant qu’économiste, de surcroit lecteur de Marx, il ne peut que constater la flexibilité des frontières de la France, s’étendant de la Méditerranée au Tchad et bien sûr au Congo. On voit les effets de cette élasticité sur la politique intérieure desdites anciennes colonies devenues néocolonies.

Mainmise française

Tout compte fait, L’Afrique francophone, chasse gardée de la France, demeure le terrain de jeu de L’Elysée qui y tire le gibier quand elle veut, pousse les pions à sa guise. Pour preuve, Idriss Deby a été abattu comme un animal, sans sommation. Emmanuel Macron, a carrément entériné la situation éminemment chaotique d’une succession dynastique puisque, il y allait de l’intérêt de son pays La France. On l’a vu chuchotant, durant les obsèques, à l’oreille du fils du dictateur, sans du reste, son masque sanitaire. Que lui disait-il ?

Comme Marien

Pensez qu’après un séjour à Brazzaville chez monsieur Sassou, le Président Idriss Deby a été tué dans des conditions on ne peut plus ténébreuses (comme Marien Ngouabi en 1977 -NDLR). Dans le même temps, Marine Le Pen, dont la politique n’est jamais lisible, n’a pas caché des accointances avec Deby le maréchal du Tchad qui les arrosait généreusement, elle et Macron.

La victoire de Sassou

A. Houabaloukou se demande : que font les juristes congolais, incapables de lire le droit alors qu’un candidat (probablement potentiel vainqueur des présidentielles congolaises) est décédé en pleine compétition électorale sans qu’on n’annule, entre autres anomalies constitutionnelles, le processus politique en cours. Au contraire, avant l’heure légale des comptes, Sassou s’est arrogé la victoire avec un culot indescriptible et à la vitesse de l’éclair. La France chargée, de réaliser l’autopsie du rival politique de Sassou, ne dit rien. Au contraire elle a validé l’investiture en envoyant à Brazzaville l’ancien maire de Coulommiers ( 77) pour le représenter. De quoi est mort Guy Brice Parfait Kolélas le véritable vainqueur des présidentielles ? Mystère et boule de gomme.

A vrai dire, Sassou n’a ni légitimité ni légalité. Guy Brice Parfait Kolélas n’est plus de ce monde. Ce que pense Adrien Houabaloukou c’est qu’l n’est pas bon que les Congolais se tirent à boulets rouges dans un face à face effroyable. Au contraire, c’est d’un dialogue dont ils ont besoin et non d’un Premier Ministre évanescent. Prenons exemple sur le peuple tchadien qui a su s’interposer entre les militaires loyalistes et la vague rebelle qui voulait en découdre avec les velléités dynastiques des pro-Idriss Deby Itno. S’asseoir autour d’une table pour un dialogue est l’alternative qui s’offre à un Sassou dont les limites de l’incompétence ont largement été dépassées. Comme en 1991 (Conférence Nationale Souveraine)
Voilà ce que préconise Adrien Houabaloukou.

Chant des esclaves

Adrien Houabaloukou, sur fond du chant de la Liberté de Nana Mouskouri (Nabucco de Verdi), s’est permis de s’ingérer dans les affaires politiques du Congo et La France parce que, rappelle-t-il, résident de Creil dans le Département de L’Oise (Les Hauts-de-France) il possède en effet la double nationalité. D’ailleurs pour la petite histoire, il y eut un précédent. Une campagne qu’il bâtit au Congo-Brazzaville alors qu’il visait la députation en tant que candidat des Français de l’étranger fut jadis financée par sa seconde patrie, La France. Aujourd’hui il entend récidiver bien que ce fut jadis une tentative malheureuse.

Désert médical

Précisément, au Congo-Brazzaville, son premier pays, l’asymptote de l’épouvante est atteinte quand au CHU de Brazzaville, décrit A. Houabaloukou, trois médecins s’acharnent sur un malade dans un bloc opératoire démuni d’électricité alors que, autre versant absurde du système, le Congo se permet d’offrir un hôpital de campagne à La Guinée voisine en fournissant également des médecins formés à Cuba. « Charité bien ordonnée commence alors par les autres ? » Pourquoi pas !
L’Afrique n’est pourtant pas un désert médical. Témoin : un hôpital marocain a réussi à pratiquer un accouchement de neuf jumeaux portés par une femme mauritanienne.
Quand on pense qu’un petit palu fait prendre un vol pour Paris, on se demande si la cruauté n’est pas érigée en modèle de santé au Congo.

Largesses salariales

Le Creillois Houabaloukou, ingénieur et prof dans l’enseignement supérieur en matière de Logistique, s’est également permis d’envoyer une volée de bois vert, à l’ex-maire de Droite, Xavier Bertrand, président de la Région Les Hauts de France, qui s’est alloué une augmentation de salaires de 4.000 euros afin de compenser un manque à gagner induit par l’absence de cumul de mandat municipal. Et dire que monsieur Bertrand s’est livré à des coupes drastiques sur le budget régional : « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. » C’est ce que fit également Nicolas Sarkozy dès qu’il fut élu Président de la République. Avec un tel appétit glouton, on imagine alors ce que fera Xavier Bertrand si jamais il devient Président de la France.

Convention de la Gauche

Au sujet justement du sommet de l’Etat, Adrien Houabaloukou ne cache pas sa sympathie pour Jean-Luc Mélenchon, meilleur candidat actuel de la gauche que des gens mal intentionnés veulent à tout prix renvoyer à son passé trotskiste, lui qui fut un excellent ministre de l’Enseignement sous le gouvernement Jospin Autant renvoyer François Mitterrand à ses flirts pétainistes pendant la seconde guerre mondiale !

Le choix de Jean-Luc Mélenchon capable de représenter la gauche est également celui de Marie-George Buffet, « communiste modérée ». C’est celui également de Yannick Jadot, député Ecolo, qui ne cherche à dribler personne quant à, si on dire, faire l’union de la gauche. Aussi, une Convention de la gauche s’impose même si certains comme Arnaud Montebourg ont jeté l’éponge.

Thierry Oko

De l’élection présidentielle ratée du Congo à ma candidature à la députation française (Adrien Houabaloukou)