Depuis l’absence de Guy Brice Parfait kolelas au méga meeting qui a eu lieu à Brazzaville et qui clôturait sa campagne électorale des élections présidentielles de 2021, malgré les justifications qu’avait données son épouse pour ne pas laisser les militants et sympathisants de l’UDH-Yuki, céder au découragement et à la panique, beaucoup de Congolais soupçonnaient un empoisonnement. La pratique est courante dans le monde politique congolais.

La vidéo de Pako dans laquelle il a adressé aux Congolais son dernier message qui est devenu plus que testamentaire et qui a semé l’émoi dans le monde entier puisque beaucoup de médias étrangers l’ont commentée ; la mort qui s’en est suivie à Paris en France, la rapidité de l’épervier sur une proie avec laquelle la justice française, notamment le Tribunal judiciaire de Bobigny, s’est autosaisie du dossier, et celle avec laquelle les médias proches du pouvoir de Brazzaville avait annoncé le décès de Kolelas par le Covid 19, ne pouvaient que pousser à croire à une affaire louche et suspecte. Les aiguilles de la montre du pouvoir sont allées trop vite pour que l’heure donnée soit exacte.

Comme d’habitude, lorsqu’il veut gagner du temps. Il fallait à tout prix clore cette affaire avant la cérémonie d’investiture de Denis Sassou Nguesso pour rassurer les hôtes de son innocence. Mais, tout cela était sans compter avec la volonté de Dieu.

Tenez ! Juste après l’annonce de la mauvaise nouvelle : celle de la mort de Pako, deux pasteurs, en l’occurrence Kibondzi Bissila, en Suède, et un prophète Ngunza Lukaya-zu Mu Kinzambi kia Kongo, en France, avaient aussitôt mis les Congolais sur la piste de l’empoisonnement et annoncé, dans des vidéos mises sur le réseaux sociaux, que le porteur du poison était une femme.

Qui pouvait les croire à ces premières heures de la mort du leader de l’UDH-Yuki et candidat à l’élection présidentielle du 17 et 21 mars 2021 ?

La vérité finit toujours par jaillir

La nouvelle était bien parvenue dans les oreilles des Congolais ; mais tous attendaient encore les résultats de l’autopsie , et ceux d’une enquête judiciaire.

Pourtant d’autres Congolais, qui sont des grands fouineurs, ont découvert tout le circuit qui a conduit à l’empoisonnement de celui que les Congolais pleurent encore et pleureront longtemps tant que les plaies laissées dans leurs cœurs ne seront pas cicatrisées, et qui est devenu un martyr de l’alternance politique au Congo.

Bibiane Kouloumbou, Karaba la sorcière ?

D’après des rumeurs non contredites, le poison qui a tué Guy Brice Parfait Kolelas est parti d’un nouveau circuit que celui qu’utilise habituellement le pouvoir de Brazzaville et qui avait été révélé par l’ancien premier ministre congolais, Alphonse Poaty-Souchlaty.

Dans le circuit classique, les gardiens de la substance provoquant la mort sont Antoinette Sassou Nguesso et le ministre Pierre Oba.

Dans le nouveau, le poison qui a tué Pako serait parti de Michel Ngakala, un ancien batteur de tam-tam dans un célèbre groupe folklorique d’Oyo, recruté dans la milice populaire et qui devient commandant grâce à sa bravoure et son habileté à la chasse. Mais, il est aussi devenu un grand homme politique grâce à son appartenance au clan au pouvoir.

Michel Ngakala aurait donc imbibé le micro qu’avait utilisé sa belle-sœur Bibiane Kouloumbou dans l’interview qu’elle a réalisée avec Kolelas pour le compte de Telecongo.. Michel Ngakala est le mari de Marie-Jeanne Kouloumbou.

Faut-il y croire ?

Nous avons longé les couloirs du siège social de la Radio et la Télévision congolaise.

Les personnes rencontrées et qui veulent rester anonyme pour leur sécurité, nous ont rassuré que la pratique d’empoisonnement est courante et connue de tout le personnel qui évolue dans cette maison.

Beaucoup de journalistes sont morts par empoisonnement parce que leurs postes ou leur célébrité avaient provoqué la jalousie et la convoitise chez d’autres.

Elles nous ont parlé des cas précis de deux journalistes : Justin Mapouamela, technicien, et Borja Samba, journaliste.

Aussi, voulons-nous dire que si l’autopsie réalisée en France confirmait la thèse d’empoisonnement, la rumeur sur Bibiane Kouloumbou comme étant l’exécutante de la mission sur la mort de Guy Brice Parfait Kolelas, se dissipera difficilement. Elle deviendra une information. Mais, il faudra tout de même qu’elle soit confirmée par une enquête judiciaire.

La balle est donc du côté de la prompte justice française si le dossier n’est pas politisé et n’est pas rangé dans le tiroir des affaires d’Etat.

Oui, Affaire d’Etat ! Puisque nous avons appris que la police française avait pris le téléphone portable de Guy Brice Parfait Kolelas, dès le constat de sa mort. Comme si elle avait à faire à un terroriste ou une personne suspecte.

Mais, ce ne serait pas pour la première fois, dans le monde, que l’on se sert des journalistes pour emprisonner ou tuer les hommes politiques.

Le commandant Massoud, chef de guerre en Afghanistan, avait, lui aussi, été piégé par deux présumés journalistes marocains qui sont allés l’interviewer sur la situation de son pays .

Et, c’était au moment où le journaliste avait demandé au cameraman de mettre en marche la caméra que le drame est survenu à l’intérieur de la guesthouse où le commandant Massoud était assis. C’était, deux jours avant les attentats du World Trade Center aux Etats-Unis.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain